Lioubomir Ivanov

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Lioubomir Ivanov en 2007

Lioubomir Lalov Ivanov (еn bulgare : Любомир Лалов Иванов, translittération internationale Ljubomir Lalov Ivanov) est un mathématicien, homme politique et essayiste bulgare né le 7 octobre 1952 à Sofia. Il dirige depuis 1990 la section de logique mathématique à l'Institut de mathématique et d'informatique de l'Académie bulgare des sciences. Il est également, depuis 1994, président de la Commission bulgare pour les toponymes antarctiques, et, dans le cadre de son activité dans le cadre d'ONG, président de la fondation atlantiste Manfred Wörner (également depuis 1994) et a été de 2001 à 2009 président du Club Atlantique de Bulgarie, la vitrine officielle de l'atlantisme en Bulgarie.

Carrière universitaire et activité de recherche[modifier | modifier le code]

Ljubomir Ivanov est diplômé de l'Université Saint-Clément d'Ohrid de Sofia où il a obtenu un diplôme de magistăr en mathématiques en 1977, puis son doctorat, par une thèse sur les espaces opératifs itératifs sous la direction de Dimităr Skordev. En 1987, il a obtenu le prix Nikolaj Obreškov de l'Académie bulgare des sciences, qui récompense chaque année des mérites particuliers dans le domaine des mathématiques et de la physique et constitue le plus important prix scientifique du pays[1].

Il est l'auteur de nombreuses publications non seulement dans le domaine des mathématiques et de l'informatique, mais aussi, plus récemment, de la linguistique, ainsi que de la politique étrangère et de sécurité et de la toponymie. Sa découverte de la linguistique, combinée avec son activité de logicien, le conduisit à s'intéresser aux questions de translittération de l'alphabet cyrillique. Partisan de la domination de la langue anglaise, il proposa en 1995 (tout d'abord dans le cadre de son activité de cartographie antarctique) un système de translittération du cyrillique entendant s'inspirer de cette langue[2]. Ses relations dans le monde politique lui permirent d'imposer ce système, qui devint en 2000 et 2006 le Système bulgare officiel de translittération des caractères cyrilliques. Il est en outre l'inspirateur de la loi bulgare sur la translittération de 2009, qui menace de poursuites pénales tous ceux qui utilisent un autre système[3]. Ljubomir Ivanov estime son système adapté pour remplacer l'Alphabet phonétique international dans la transcription phonétique (qu'il appelle « re-romanisation ») de l'anglais[4]. En matière de translittération, sa démarche est exclusivement celle d'un mathématicien-logicien et refuse catégoriquement de prendre en compte les facteurs culturels et historiques propres aux langues slaves[5].

Ljubomir Ivanov (au premier plan) montre sa carte de l'île Livingston au pape Benoît XVI lors d'une visite du Club atlantique de Bulgarie au Vatican (décembre 2005)[6].

Ljubomir Ivanov a également eu pour le compte de l'Académie bulgare des sciences une importante activité d'exploration dans l'Antarctique : il a participé aux expéditions estivales de 1994/95, 1995/96, 2002/03 ainsi qu'à l'expédition Tangra en 2004/05 sur l'île Livingston[7], à la suite desquelles il a réalisé des travaux typographiques et cartographiques (notamment l'élaboration de la carte de l'île Livingston et de l'île Greenwich[8]).

Carrière politique et associative[modifier | modifier le code]

Ljubomir Ivanov a été militant de l'Association indépendante Ekoglasnost en 1989, pour le compte de laquelle il a rédigé la Charte 89 pour la protection du patrimoine naturel bulgare. Il a également été cofondateur de l'association Fonds pour la nature[9] ainsi que du Parti vert en décembre 1989. Il participa à la Table ronde nationale de 1990 et fut membre du conseil national de coordination de l'Union des forces démocratiques (1990-1991). Il a été député vert dans la 7e Grande Assemblée Nationale (10 juillet 1990-2 octobre 1991). Pendant sa mandature, il est le rapporteur de la motion du 22 décembre 1990, demandant que la Bulgarie fasse acte de candidature auprès des Communautés européennes. En outre, bien que siégeant pour les Verts à l'Assemblée, il est à l'origine d'une motion demandant la participation de la Bulgarie à la Deuxième Guerre du Golfe[7]. Il a également exercé les fonctions de secrétaire parlementaire auprès du Ministère des Affaires étrangères en 1991[10].

Après la fin de son mandat de député, il se consacre au lobbyisme politique dans le cadre de fondations atlantistes : le Club atlantique de Bulgarie (Atlantičeski klub v Bǎlgarija)[11], fondé en 1991 par son collègue mathématicien et mentor Solomon Pasi, dont il sera le président de 2001 à 2009, pour devenir président du conseil d'administration après le retour de Solomon Pasi à la tête du club. Il est également actif dans le cadre du Conseil Streit pour une union des démocraties, pour lequel il rédige des textes stratégiques. Il crée en 1994 la Fondation de droit bulgare Manfred Wörner, qui se consacre également à la promotion des idées atlantistes. Il en est le président depuis sa fondation. La fondation Manfred Wörner soutient en 2004/2005 l'expédition Tangra en Antarctique. Dans ce cadre, Ljubomir Ivanov fait baptiser du nom de Manfred Wörner différents endroits à Sofia, ainsi qu'un objet géographique sur l'île Livingston[12].

Conceptions politiques[modifier | modifier le code]

Ljubomir Ivanov milite pour l'élargissement de l'OTAN, y compris à l'Ukraine et à la Russie. Ainsi, en 2006, dans Freedom and Union, Journal of the Streit Council for a Union of Democracies il affirme que l'adhésion de ces deux pays à l'OTAN est imminente[13]. Ljubomir Ivanov est un partisan inconditionnel de la politique de l'OTAN et des États-Unis, y compris dans leurs aspects les plus controversés tels la guerre d'Irak[14] déclenchée par le gouvernement de George W. Bush ou le bouclier antimissile projeté par le même gouvernement en Europe centrale et orientale[15]. Il milite en faveur d'une forte augmentation des dépenses militaires de son pays et contre une défense européenne, qu'il estime inapte à remplacer une présence militaire américaine dans les zones de crise, y compris dans les Balkans[16]. Bien qu'il ait été l'un des pionniers de l'idée européenne en Bulgarie, il se laisse parfois aller, sur le ton de la prophétie, à des propos anti-européens[17]. Il ne doit pas être confondu avec son homonyme Ljubomir Ivanov, né en 1956, diplomate, représentant permanent de la Bulgarie auprès de l'OTAN depuis 2004.

Choix de publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Biographie sur le site de l'Institut de mathématiques de l'Académie bulgare des sciences (consulté le 14 juin 2010).
  2. (en) L.L. Ivanov, « On the Romanization of Bulgarian and English », Contrastive Linguistics, XXVIII, 2003, 2, p. 109-118. ISSN: 0204-8701; Errata, id., XXIX, 2004, 1, p. 157.
  3. (bg) Journal officiel, No 19, 13 mars 2009.
  4. (en) « On the Romanization of Bulgarian and English », publication originale in Contrastive Linguistics, XXVIII, 2003, 2, p. 109-118. ISSN: 0204-8701; Errata, id., XXIX, 2004, 1, V.
  5. Cf., typiquement : Lyubomir Ivanov, Dimiter (sic) Skordev et Dimiter (sic) Dobrev, « The New National Standard for the Romanization of Bulgarian », in : Mathematica Balkanica. New Series Vol. 24, 2010, Fasc. 1-2. p. 121-130. (ISSN 0205-3217).
  6. (en) Pope Benedict XVI Blesses Bulgarian Atlantic Club (site du quotidien Standard, 7 décembre 2006, consulté le 28 juin 2010).
  7. a et b (en) Site Nationmaster.com (consulté le 14 juin 2010).
  8. (en) Carte des îles Livingston et Greenwich (consulté le 14 juin 2010).
  9. (bg) (de) (en) (fr) Site forthenature.org (consulté le 14 juin 2010).
  10. Ibid.
  11. (bg) (en) Атлантическият клуб в България (site officiel du Club Atlantique de Bulgarie, consulté le 14 juin 2010).
  12. (en) Composite Gazetteer of Antarctica: Wörner Gap (site consulté le 26 août 2010).
  13. (en) Freedom and Union, Journal of the Streit Council for a Union of Democracies, Series II – Vol. I, No 2, Summer 2006.
  14. (en) Bulgaria in NATO: Balkan Security and Black Sea Challenges, 2 décembre 2003 : « This is carried out by maintaining the capability and political will to project hard force when necessary against militant, non-democratic regimes, which is justified by their being a threat to regional security, as in Yugoslavia, Afghanistan, and Iraq [...] » (Site du Woodrow Wilson International Center for Scholars, consulté le 15 juin 2010).
  15. (bg) Interview dans Bulgarian Post, 9.02.2007.
  16. (en) Bulgaria in NATO: Balkan Security and Black Sea Challenges (Site du Woodrow Wilson International Center for Scholars, consulté le 15 juin 2010).
  17. Ainsi, après la démission de la Commission Santer en 1999 : (en) « NATO'S GLOBAL MISSION IN THE TWENTY-FIRST CENTURY », in : Perceptions, Journal of European Affairs, Center for Strategic Research, Ankara, June-August 1999, Volume IV, Number 2, p. 2 (« the EU's predictable harakiri », site internet consulté le 28 juin 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Cet article utilise le système de l'Organisation des Nations unies de translittération de l'alphabet cyrillique (également appelé « système scientifique de translittération »), le seul qui constitue une norme scientifique internationalement reconnue.