Limeuil (gisement)

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44° 53′ 00″ N 0° 53′ 18″ E / 44.8833, 0.888333 () Limeuil est un site préhistorique de Dordogne, France. Il a été occupé à la fin du Paléolithique supérieur et a livré près de 300 plaques calcaires gravées[1].

Géographie, géologie et description du site[modifier | modifier le code]

Le bourg de Limeuil

Le gisement se trouve sur la commune de Limeuil, pas loin de la confluence de la Vézère et de la Dordogne. Les chasseurs du Paléolithique récent se sont installés ici sous une petite butte calcaire coniacienne.

Le site archéologique s'étend sur une pente d'environ 30 mètres de longueur, sous deux affleurements de calcaire. L'occupation était donc essentiellement en plein air mais a été scellée par le surplomb rocheux.

Histoire[modifier | modifier le code]

La couche archéologique fut découverte accidentellement pendant les travaux à la boulangerie de Léo Bélanger. Le Ministère de la Culture de l'époque (direction des Beaux-Arts) chargea Jean Bouyssonie, un préhistorien de Brive, d'entreprendre des fouilles de reconnaissance. Ces fouilles, rendues difficiles par la proximité de bâtiments, se déroulèrent entre 1909 et 1913.

Stratigraphie et datation[modifier | modifier le code]

La seule couche archéologique rencontrée a été rattaché au Magdalénien VI sur des bases typologiques et stylistiques.

Une datation par le carbone 14 publiée en 1989 a donné un âge de 11 720 ± 120 ans BP pour un bois de renne du gisement[1].

Découvertes[modifier | modifier le code]

Le gisement a livré des vestiges en silex et en os, mais surtout des gravures sur pierre. Les vestiges en silex sont dominés par les burins (avec quelques « burins bec-de perroquet »). L'outillage en os contient surtout des harpons à double rang de barbelures. Des gravures exécutées sur os ou sur bois de renne sont caractéristiques de la période magdalénienne. Les objets d'art incluent un bâton perforé et décoré avec des rennes et des poissons. Des bisons, des chevaux et un renard sont également représentés. Ce dernier est un thème exceptionnellement rare dans l'art paléolithique. Le site est également rendu remarquable par l'une des plus anciennes représentations figuratives de ligne de sol entre les extrémités des membres des animaux.

Les gravures de Limeuil sont d'une qualité comparable aux œuvres d'art de Teyjat et affichent le même style naturaliste. Comme à Teyjat les cerfs et les rennes dominent (50 % des représentations), suivis par les chevaux (environ 30 %), aurochs, bisons et bouquetins.

L'originalité de Limeuil réside dans les 200 gravures sur dalles calcaires de tailles différentes (plaquettes, plaques). Plus qu'une centaine fut publiée par J. Bouyssonie. Du fait de cette accumulation d'œuvres d'art, André Leroi-Gourhan avança l'hypothèse d'un sanctuaire ou d'une « académie »[réf. souhaitée].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tosello, G., 2004, - « Limeuil », in: La Préhistoire - Histoire et dictionnaire, Vialou, D., (Éd.), Robert Laffont, Bouquins, pp. 857-858.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Capitan, L. et Bouyssonie, J., 1924, Un atelier d’art préhistorique : Limeuil - Son gisement à gravures sur pierres de l’âge du Renne Paris : Émile Nourry, 129 p.
  • Delluc, B. & G., Roussot, A. & Roussot-Larroque, J., 1990, Connaître la Préhistoire en Périgord, Éditions Sud-Ouest, (ISBN 2-87901-048-9).
  • Madelaine, S., 1989, « Contribution des anciennes fouilles à la connaissance des ongulés et de leurs milieux durant le Würm récent en Dordogne », Paléo, 1, pp. 36-46.
  • Tosello, G., 2003, Pierres gravées du Périgord magdalénien. Art, symboles et territoires, Paris : CNRS, Gallia Préhistoire, XXXVIème suppl., 577 p.