Lilly Reich

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Lilly Reich, (née le 16 juin 1885 et morte le 14 décembre 1947) est une designeuse allemande Moderne. Elle fut une proche collaboratrice de Mies van der Rohe pendant plus de dix ans.

Formation[modifier | modifier le code]

Reich est née à Berlin. Elle débuta sa carrière en tant que créatrice de tissu et de vêtements féminins.
Cette expérience fut, pour elle, formatrice dans la mesure où elle lui donna un intérêt pour le contraste des textures et des matériaux, ainsi que des aptitudes spécifiques, surtout en ce qui concerne l’emploi de tissus d’ameublement.

Elle travailla dans l’agence de Josef Hoffmann à Vienne à partir de 1908. Hoffmann était un designer moderne reconnu, créateur des objets tels que la chaise Koller en 1911, la chaise Broncia en 1912 et la chaise Kubus en 1918.

En 1912 elle rejoignit le Deutscher Werkbund, une organisation sponsorisée par le gouvernement chargée de la promotion de la production et du design allemands. Ceci va devenir une passion durable et un thème récurrent dans sa carrière.

Se faire un nom par soi-même[modifier | modifier le code]

Elle ouvrit sa propre agence en 1914 à l’âge de 29 ans, qui acquit rapidement une bonne réputation dans le milieu professionnel. Si bonne en fait que six ans plus tard, en 1920, elle fut promue directrice du Deutscher Werkbund, la première femme à un tel poste. Elle était responsable de la planification et de l’organisation des expositions de design organisées par le Werkbund dans l’intention de promouvoir les designers allemands. Une des expositions pour laquelle elle fut responsable concerna un millier d’objets de design allemands exposés au Museum of Arm à Newark dans le New Jersey. L’exposition en elle-même fut reçue avec peu d'enthousiasme, mais les années d’entre-deux-guerres n’étaient pas propices à accueillir quoi que ce fût en provenance de l’Allemagne, particulièrement juste avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais malgré ce climat inhospitalier, l’exposition eut un effet profond sur le design américain, et ses influences furent perceptibles dans le travail des designers américains après cette date.

Lilly et Ludwig[modifier | modifier le code]

Par l’entremise de son implication dans le Werkbund, Lilly rencontra Ludwig Mies van der Rohe. En 1926 elle déménagea de Frankfort à Berlin pour travailler avec Mies. Elle fut alors la partenaire de Mies d’un point de vue professionnel et intime pendant treize ans, de 1925 jusqu’à son départ forcé pour les États-Unis en 1938. On rapporte qu’ils étaient inséparables, travaillant tous les deux à l’organisation et à la mise en œuvre des expositions du Werkbund, aussi bien concernant la conception de mobiliers modernes que les nombreuses commandes architecturales comme le pavillon de Barcelone en 1929 et la villa Tugendhat à Brno.

Parmi leur mobilier au design moderne, les plus connues sont sans doute les chaises Barcelone et Brno.

Albert Pheiffer, vice-président du design et du management de Knoll, a fait des recherches et des conférences sur Lilly Reich. Il montre que :

  • « C’est devenu plus qu’une coïncidence si l’engagement de Mies et son succès dans les exposition de design commença en même temps que sa relation personnelle avec Lilly Reich. »
  • « Il est intéressant de remarquer que Mies n’a développé entièrement aucun meuble contemporain avant ou après sa collaboration avec Lilly Reich. »

Quand Mies van der Rohe devint directeur de l’école de design et d’architecture du Bauhaus en 1930, Lilly Reich le rejoignit comme professeur (le Bauhaus donna le statut de professeurs à plusieurs femmes). Reich enseigna le design intérieur et le design d’ameublement jusqu’à la fin des années 1930.

Les années de guerre[modifier | modifier le code]

En 1938, juste à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale, Mies émigra aux États-Unis. Reich continua jusqu’à sa mort de s’occuper de ses affaires en Allemagne. Elle lui fit une visite aux États-Unis en septembre 1939 mais ne resta pas et revint à Berlin.

Son agence fut bombardée en 1943, et elle fut envoyée dans un camp de travail obligatoire où elle resta jusqu’à 1945. Après sa libération à la fin de la guerre, elle fut l’instrument de la résurgence du Deutscher Werkbund, mais elle mourut à Berlin en décembre 1947, avant donc le rétablissement officiel en 1950.