Ligugé

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Ligugé
Jardin de l'abbaye Saint-Martin de Ligugé.
Jardin de l'abbaye Saint-Martin de Ligugé.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Poitiers
Canton Poitiers-5
Intercommunalité Grand Poitiers
Maire
Mandat
Joëlle Peltier
2014-2020
Code postal 86240
Code commune 86133
Démographie
Population
municipale
3 080 hab. (2011)
Densité 135 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 31′ 08″ N 0° 19′ 50″ E / 46.5188888889, 0.33055555555646° 31′ 08″ Nord 0° 19′ 50″ Est / 46.5188888889, 0.330555555556  
Altitude Min. 72 m – Max. 149 m
Superficie 22,77 km2
Localisation

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Ligugé est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Poitou-Charentes.

La ville est surtout connue pour son abbaye Saint-Martin, plus ancien établissement monastique d'occident encore en activité.

Géographie[modifier | modifier le code]

Établie sur la rive gauche du Clain, à 8 kilomètres au sud de Poitiers. La petite ville s'étage sur les pentes de la rive gauche du Clain. Les lotissements pavillonnaires récents qui forment les parties hautes témoignent de son intégration dans l'agglomération poitevine.

Géologie[modifier | modifier le code]

Localisée sur le seuil du Poitou, la commune est située en partie sur un horst, c'est-à-dire une structure géologique locale où, entre deux failles, la roche granitique du massif ancien sous-jacent est surélevée et apparait ainsi à la surface du sol. Ce horst est à peu près à mi-chemin entre le Massif central et le Massif armoricain. Les granites du horst de Ligugé sont visibles dans la vallée du Clain (Île de Port-Seguin) ainsi que dans l'ancienne carrière et la tranchée du chemin de fer Paris-Bordeaux au lieu-dit le Granit. Le horst se prolonge légèrement sur la commune voisine de Smarves.

Le horst de Ligugé avec ceux de Champagné-St-Hilaire (Vienne) et de Montalembert (Deux-Sèvres) constituent les trois principales structures tectoniques de la partie centrale du seuil du Poitou.

Article détaillé : Horst de Ligugé.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première abbaye de France était celle de Ligugé, fondée par Martin de Tours en 360.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

À partir de la Révolution, l'abbaye n'est plus le centre de la vie de la ville. Elle n'est plus là non plus pour pourvoir à tout. Ses possessions sont vendues comme biens nationaux, comme le moulin à blé sur le Clain[1].

Ligugé dans la révolution industrielle[modifier | modifier le code]

C'est l'industrie qui prend le relais de l’abbaye comme centre de l’activité dans la commune : d'abord avec une filature, qui s'installe dans un moulin à aubes, installé sur une île du Clain, et qui croît et prospère tout au long du XIXe siècle, avant de décliner et de disparaître dans les années 1970. Un imprimeur industriel s'établit également à Ligugé, Aubin, et connaît une belle réussite qui dure encore, puisqu'il est un des seuls indépendants encore existants en France. Il a connu trois sites différents dans la ville.

Le moulin des moines est agrandi en 1835 par M. Véran-Rahon, qui le transforme en minoterie productrice de gluten en plus des farines, et équipé de dix meules. En 1856, une filature de chanvre lui est ajoutée[1],[2], et s’approvisionne directement dans la région[1]. Elle traite aussi le lin, puis se diversifie dans la fabrication de ficelles. Elle emploie plus d’une centaine de personnes[2]. L’atelier de minoterie est détruit par un incendie en 1857[1]. En 1862, les quatre roues du moulin sont renforcées par une, puis deux machines à vapeur, puis remplacées par deux turbines hydrauliques en 1869. En 1870, la production de gluten est abandonnée[2]. Plusieurs chantiers d’agrandissement et de reconstruction de la filature et du bâtiment des turbines ont lieu dans les années 1890 et 1900. En 1907, la société devient Société de filature et de tissage de Ligugé (SFTL), en commençant la fabrication de toiles et de cordages en plus des ficelles, et emploie environ 300 salariés[2].

À cette époque, l’usine de Ligugé utilise à la fois l’énergie hydroélectrique à partir de deux turbines d’une puissance nominale de 135 kW, et l’énergie thermique fournie par deux chaudières. La matière première est livrée par chemin de fer grâce à un embranchement particulier[2].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une ligne à haute tension relie directement la filature aux unités de production de la Société des forces motrices de la Vienne à partir de 1930[1]. Les chaudières de la filature sont renouvelées en 1925 et 1935[2].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Ligugé, loin des frontières, est à l’abri. Ensuite, sa position, sur une grande voie de communication (la voie ferrée Paris-Bordeaux) à proximité d’un nœud de communications (Poitiers) attire de nombreuses attaques aériennes. La Luftwaffe bombarde la gare le 19 juin 1940, sans faire de victime, bombarde un train arrêté le 21[3], lâche des bombes sur les voies le 22[4].

L’abbaye est une étape de filière d’évasion et de franchissement de la ligne de démarcation, sous la responsabilité de dom Basset[5].

Jusque dans les années 1950, une plage entretenue sur les bords du Clain permettait aux citadins de Poitiers de venir s'ébattre le dimanche, par le train[réf. souhaitée].

En 1951, la filature possède 70 métiers (dotés de 3000 broches)[2]. En 1956, la SFTL devient la société industrielle de Ligugé (SIL) et ajoute une activité de cartonnages aux fabrications antérieures, par la fabrication de pots de yaourts et de boites de camemberts[2] : cette activité devient rapidement le principal débouché de l’usine, qui se dote de son propre service de livraison[1].

En 1972, la filature cesse ses activités, suivie en 1976 des cartonnages et de la fabrication de ficelles. Le dépôt de bilan définitif a lieu en 1980[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Bernard Couturier UMP[6]  
mars 2008 mars 2014 Bernard Mauze[7]    
mars 2014   Joëlle Peltier[8]    

Bernard Couturier, battu par surprise en 2008, laisse la commune endettée (1400 €/habitant, contre une moyenne nationale de 800 € pour les communes de même taille)[6]. De nouveaux lotissements, et des budgets serrés ont permis de réduire l’endettement, qui reste encore 25 % plus élevé que la moyenne des communes comparables[6].

Profitant de la réforme des collectivités territoriales de 2010 Ligugé a quitté le 1er janvier 2013 la Communauté de Communes Vonne et Clain pour intégrer l'agglomération du Grand Poitiers[9].

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel de Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Services publics[modifier | modifier le code]

Les réformes successives de la Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Mairie de Ligugé: plaque de bois gravée rappelant le jumelage de la ville avec Saint-Benoît et Lorch (Hesse, Allemagne)

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune de Ligugé comptait 3080 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2004, 2009, 2014 pour Ligugé). Les autres chiffres sont des estimations.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
346 337 351 634 636 780 804 792 824
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
998 1 045 1 411 1 488 1 448 1 381 1 465 1 600 1 588
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 607 1 551 1 558 1 410 1 501 1 490 1 488 1 570 1 568
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 541 1 675 2 206 2 700 2 771 2 817 2 804 2 823 2 990
2011 - - - - - - - -
3 080 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

La densité de population de la commune est de 129 hab./km2. Celle du département est de 61 hab./km2. Elle est de 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et de 115 hab./km2 pour la France (Insee, 2008).

La commune appartient à la Communauté d’agglomération de Poitiers qui connait un certain dynamisme démographique puisque sa population s’est accrue de 1,32 % par an en moyenne sur la période 1999- 2006 (Ce taux est de 0,7 % pour le département). Ceci illustre le constat démographique suivant : des zones rurales qui perdent de plus en plus d’habitants au profit d’une zone périurbaine autour de Poitiers et de Châtellerault. Cette vaste zone concentre 70 % de la population du département (soit environ 300 000 personnes) et 25 % des moins de 20 ans. En outre, en supposant le maintien des tendances démographiques depuis 1990, entre 2006 et 2020, la population de l’aire urbaine de Poitiers devrait s’accroître de + 16,5 % et celle de Châtellerault de + 5,0 %[12]. La population de la commune devrait donc continuer à croitre.

Économie[modifier | modifier le code]

Aperçu général[modifier | modifier le code]

La ville est une banlieue pavillonnaire de Poitiers. Elle possède une zone artisanale active, avec notamment l’imprimerie Aubin et le siège de la Mutuelle de Poitiers Assurances, mais aussi quelques ateliers de mécanique.

Le principal employeur de la commune est, de loin, l’imprimerie Aubin. Fondée par les moines de Ligugé, elle est rachetée par Eugène Aubin en 1906. Rachetée par le groupe CPI en 2007, elle est spécialisée dans l’impression de livres, de catalogues, de périodiques et d’emballages, et emploie 229 personnes[13].

Au total, 118 entreprises et commerces sont installés à Ligugé. Cependant, ils ne fournissent que 897 emplois aux 1300 actifs de la commune : plus de 400 Ligugéens vont travailler hors de la commune (2007)[6].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Selon la direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Foret de Poitou-Charentes[14], il n'y a plus que 11 exploitations agricoles en 2010 contre 20 en 2000.Cette baisse du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit -16%. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[15].

Les surfaces agricoles utilisées ont paradoxalement augmenté de 6% et sont passées de 866 hectares en 2000 à 925 hectares en 2010[14]. Ces chiffres indiquent une concentration des terres sur un nombre plus faible d’exploitations. Cette tendance est conforme à l’évolution constatée sur tout le département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, chaque exploitation a gagné en moyenne 20 hectares[15].

59 % des surfaces agricoles sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 23 % pour les oléagineux (colza), 5 % pour le fourrage et 1 % reste en herbes[14].

Industrie[modifier | modifier le code]

Activités de services[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L’Abbaye Saint-Martin de Ligugé naît avec les installations de fidèles de saint Martin autour de son ermitage. Un monastère est fondé, qui est abandonné et restauré de nombreuses fois.

La friche industrielle de la filature est aujourd'hui réinvestie par des artistes urbains, des joueurs de paintball, une quinzaine de chats, et quelques curieux. Son charme indéniable remémore le souvenir de l'identité ouvrière puisque les quartiers se sont développés grâce à la filature(rue du paradis, jardins ouvriers du Plantis, les maisonnettes…)

Le bois de Givray à son entrée, traversée par le Clain, l'ancienne filature reconquise par la végétation, les 70 variétés de lichens retrouvé au lieu-dit du Granit, Ligugé est une ville où chacun peut expérimenter le sens du mot environnement.

On trouve à Ligugé, dans le bourg comme dans les écarts, de nombreuses maisons bourgeoises de styles architecturaux très différents, notamment autour du square de Sonning où siège un joli kiosque à musique.

Le domaine de la Réauté est un monument historique inscrit pour sa façade et sa toiture depuis 1969 et pour ses jardins, ses portails et sa glacière depuis 1993. C'est une gentilhommière de style Louis XIII, avec un corps de logis central et des ailes de retour. Le portail sur rue est de style Louis XIII.

Légendes attachées à la commune[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f La Filature de Ligugé (Vienne), Région Poitou-Charentes, collection « Clins d’œil sur le patrimoine industriel ».
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Filature de lin et de chanvre, ficellerie, dite Sté industrielle de Ligugé », Le Patrimoine industriel de Poitou-Charentes, Région Poitou-Charentes, consulté le 28 décembre 2013.
  3. Christian Richard, 1939-1945 : la guerre aérienne dans la Vienne, Geste éditions, 2005. 348 p. (ISBN 2-84561-203-6) , p. 28
  4. Christian Richard, op. cit., p. 29
  5. Roger Picard, La Vienne dans la guerre 1939/1945 : la vie quotidienne sous l’Occupation, Lyon : Horvath, 1993. 264 pages. (ISBN 2-7171-0838-6), p. 153.
  6. a, b, c et d Christophe Mineau, « Ligugé se cherche un destin », 7 à Poitiers, no 30, 21-27 avril 2010, p. 8.
  7. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008.
  8. Composition du conseil municipal sur le site de la commune
  9. LCVA, « Ligugé dit OUI au Grand Poitiers », liguge2008.fr, juin 2011
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  12. Etude de KPMG pour le Conseil Général de la Vienne : FuturS en Vienne – diagnostic – novembre 2009
  13. Christophe Mineau, « Aubin attend des jours meilleurs », 7 à Poitiers (journal gratuit), (no)30, 21-27 avril 2010, p. 9.
  14. a, b et c Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  15. a et b Agreste – Enquête Structure 2007