Ligne de Maubeuge à Fourmies

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ligne de
Maubeuge à Fourmies
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Maubeuge, Sars-Poteries, Fourmies
Historique
Mise en service 1885
Fermeture 1969
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 240 000
Longueur 41 km
Électrification

Non électrifiée

Pente ou rampe maximale 16 ‰
Schéma de la ligne

La ligne de Maubeuge à Fourmies était une ligne ferroviaire non électrifiée à voie unique, inaugurée le 29 août 1885, qui reliait la gare de Maubeuge à celle de Fourmies. L'embryon de cette ligne est un embranchement à usage industriel mis en service le 29 octobre 1860.

Elle constitue la ligne no 240 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un industriel, M. Dumont, fait construire des hauts fourneaux à Ferrière-la-Grande. Mais il se heurte à des difficultés d'acheminement de sa production, notamment devant le mauvais état des routes. L'industriel sollicite l'autorisation d'établir un embranchement ferroviaire reliant ses usines à la gare de Maubeuge. Suite à un décret du 23 avril 1859, à un arrêté préfectoral en date du 14 janvier 1860 qui prévoit la création d'une station à Ferrière-la-Grande et à un jugement du tribunal d'Avesnes portant expropriation des terrains pour cause d'utilité publique du 28 mars 1860, l'industriel fait construire, à ses frais, la portion de ligne Maubeuge - Ferrière-la-Grande. La réception des travaux a lieu le 29 octobre 1860. Cet embranchement deviendra l'embryon de la ligne Maubeuge - Fourmies.

Le 9 avril 1861, la "ligne du chemin de fer industriel", Maubeuge - Ferrière-la-Grande, est mise en service.

Une loi du 15 septembre 1871 déclare d'utilité publique et donne la concession définitive à la Compagnie de chemin de fer du Nord-Est la construction d'une ligne de chemin de fer, ayant pour origine un point situé entre Erquelinnes et Jeumont et son terminus à Fourmies ou Anor en passant par Cousolre, Solre-le-Château, Liessies et Trélon. Deux itinéraires sont alors étudiés. L'un, part de la gare d'Erquelinnes (B). Il présente l'inconvénient d'emprunter le territoire belge sur 6 km et de créer un bureau de douane. L'autre part de la gare de Jeumont pour atteindre Solre-le-Château par Colleret, Cousolre, Aibes, Bérelles, ... Mais il se heurte aux réserves de l'autorité militaire car, selon elle, offre de sérieux dangers dans le cas d'une invasion par les frontières belges.

Une loi du 25 décembre 1878 propose un 3ème tracé qui fixe l'origine de la ligne à Maubeuge et rejoint Solre-le-Château par Ferrière-la-Grande, Cousolre, Hestrud. Là aussi, l'armée émet de sérieuses réserves.

Pour des raisons militaires mais aussi suite aux nombreuses interventions d'élus locaux et d'industriels, une loi du 22 juillet 1881 modifie le tracé et désigne Maubeuge comme gare d'origine de la ligne qui rejoindra Fourmies, gare terminus, en passant par Solre-le-Château. La Ville de Cousolre sera desservie par un embranchement se détachant à Ferrière-la-Grande et aboutissant à créer une gare sur le « mamelon du terne ». Dès septembre 1881, les travaux commencent, d'abord sur la section Solre-le-Château - Fourmies. Les travaux s'étalent sur 4 années.

La ligne de Maubeuge à Fourmies, y compris l'embranchement de Cousolre, est intégré au réseau de la Compagnie des chemins de fer du Nord selon les termes d'une convention signée entre le Ministre des travaux publics et la compagnie le 5 juin 1883. Cette convention est approuvée par une loi le 20 novembre suivant[2].

La réception des travaux a lieu le 20 août 1885. Le 29 août 1885 est inaugurée la ligne de chemin de fer Maubeuge - Fourmies, à voie unique, en présence de M. DEMOLE, Ministre des Travaux publics et M. Pierre LEGRAND, Ministre du Commerce. Au niveau de son tracé, la ligne quitte l'artère internationale Paris - Liège à la sortie de la gare de Maubeuge, puis remonte le cours de Solre en desservant Rousies (gare), La Machine (lieu-dit de Ferrière-la-Grande) (point d'arrêt), Ferrière-la-Grande (gare), continue vers le sud avec Ferrière-la-Petite (gare), Obrechies (point d'arrêt), Dimechaux (point d'arrêt), Dimont (point d'arrêt), décrit une courbe vers l'est au niveau de Sars-Poteries (gare) pour toucher Lez-Fontaine (point d'arrêt), Solre-le-Château (gare). De là, son tracé suit une orientation nord-sud en desservant Liessies (halte), Trélon-Glageon (gare), Couplevoie (hameau de Glageon)(point d'arrêt), pour se souder à la ligne Lille - Hirson avant d'arriver en gare de Fourmies.

À partir du 1er septembre 1885, la ligne est exploitée commercialement. En 1885, le service voyageurs est assuré par quatre allers et retours journaliers entre Maubeuge et Fourmies. Le trajet entre les deux villes dure environ 1h10 (vitesse moyenne : 34 km/h). Le samedi 3 octobre 1885, la ligne Ferrière-la-Grande - Cousolre est inaugurée. Le tronçon passe par Cerfontaine, Colleret, Quiévelon et Aibes. Le 1er juillet 1939, cette ligne sera fermée aux voyageurs, le seul point d'arrêt entre Ferrière-la-Grande et Cousolre était Colleret. Le dimanche 4 octobre 1885, la ligne Ferrière-la-Grande - Cousolre est ouverte officiellement au trafic.

En 1890 la gare de Rousies est la dernière gare à être construite sur la ligne.

À Sars-Poteries, la ligne a une jonction avec la Ligne d'Avesnes à Sars-Poteries ouverte au public en juillet 1901.

La gare de Rousies est détruite le 18 septembre 1914. Elle est reconstruite en 1921.

En 1945 la région Nord limite à la desserte à deux allers et retours dont un bihebdomadaire. Après 1945, des locomotives à vapeur séries 230 A, 230 D pour les voyageurs, 140 G et 040 D pour les marchandises circulent. En 1948 on revient à trois rotations journalières Maubeuge - Hirson plus une navette Fourmies - Sars-Poteries en soirée.

La relation de mi-journée est supprimée les lundis, mardis, jeudis et vendredis en 1952. En 1958 deux des circulations sont assurées en autorails, la troisième demeure en train léger, le soir au départ de Maubeuge, le matin à l'arrivée. En 1963 des machines diesels BB 63000 et 63500 circulent. À compter du 26 mai 1968, les autorails suffisent pour couvrir les trois prestations quotidiennes. Victime du développement de la motorisation individuelle, le service voyageur sera supprimé sur toute la ligne le 28 septembre 1969. Des autocars sont prévus en remplacement avec la même fréquence. Le trafic marchandise étant lui aussi très faible dans la partie centrale de la ligne, la région de Lille à laquelle elle a été rattachée en 1972, ferme le 3 avril suivant la section Ferrière-la Petite - Trélon-Glageon.

Le déclassement officiel de la ligne intervient le 8 mars 1975 et la voie est déposée entre Ferrière-la-Petite et Sars-Poteries. Ensuite, la ligne entre Sars-poteries et Trélon est rachetée par le Conseil Général du Nord en vue de la création d'un train touristique. Création de l'association ferroviaire Sambre-Avesnois, en 1983, elle s'implique dans le projet qui, en 1989, après avoir fait l'acquisition d'un autorail, relance l'idée du tourisme ferroviaire. Ce projet de création d'un train touristique ne verra pas le jour. Création de l'association "Autour du sentier Emeraude".

Le démontage des voies a lieu en 1996, la gare de Rousies est rasée un an plus tart. La dernière gare construite est la première gare démolie de la ligne. Pour précision, en 1972, la seule gare de Rousies avait assuré un trafic de plus de 30 000 tonnes ; le trafic voyageurs était lui aussi conséquent.

En octobre 2003 est inauguré le chemin de randonnée, dénommé « sentier Emeraude ». Suite à des travaux effectués sur un linéaire plus important, (de Ferrière-la-Grande à Glageon, le "sentier Emeraude" est intégré à la « voie verte de l'Avesnois ».

Aujourd'hui : De Ferrière-la-Grande à Glageon, la ligne constitue la voie verte de l'Avesnois, sentier réservé aux déplacements pédestres et cyclotouristes. Le tracé s'inscrit dans le projet européen EuroVelo (ligne EuroVelo3). Dénommé "route des pèlerins", le parcours doit permettre de relier Trondheim (Norvège) à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) par des voies réservées aux piétons et cyclotouristes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fascicule Gares et lignes du nord édité par le COPEF (Cercle Ouest Parisien d'Études Ferroviaires) en 1985.
  2. « N° 14214 - Loi qui approuve la convention passée le 5 juin 1883, entre la Ministre des travaux publics, et la compagnie des chemins de fer de du Nord », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 28, no 834,‎ 1884, p. 333 - 339 (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Guillot, membre de l'association ferroviaire Sambre-Avesnois (Maubeuge)
  • Les Racines De Florentine de Bernard Fosse - Chemins de fer du Nord et ses tramways

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]