Ligne de Saint-Étienne à Lyon

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Ligne de
Saint-Étienne à Lyon
Gare de Saint-Étienne-Châteaucreux.
Gare de Saint-Étienne-Châteaucreux.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Saint-Étienne, Lyon
Historique
Mise en service 1830 – 1833
Électrification 1957
Concessionnaires Ch. de fer de St-Étienne à Lyon (1827 – 1853)
Cie du Rhône à la Loire (1853 – 1853)
Cie du Grand-Central (1853 – 1857)
Ch. de fer PLM (1857 – 1938)
SNCF (depuis 1938)
Caractéristiques techniques
Longueur 58 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

1500 V continu

Nombre de voies Double voie
Signalisation BAL
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER, TGV, fret
Schéma de la ligne

La ligne de Saint-Étienne à Lyon est en fait une portion de la Ligne Moret-Veneux-les-Sablons - Lyon-Perrache entre la gare de Saint-Étienne-Châteaucreux et celle de Lyon-Perrache. C'est une ligne à fréquence élevée (un train entre toutes les 10 à 30 minutes), considérée comme une des premières lignes voyageurs de province en fréquentation avec plus de 15 000 voyageurs par jour. Elle est électrifiée depuis 1957 en 1500 V. La ligne fut construite de 1828 à 1833 par Camille Seguin et Marc Seguin pour un coût de 14 500 000 francs.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

Seguin avait mis au point un tracé qui devait s'adapter aux contraintes naturelles. Longue de cinquante-huit kilomètres et établie à double voie, la ligne de Saint-Étienne à Lyon suivait la vallée accidentée du Gier.

La construction a commencé en septembre 1826. Marc Seguin était l'ingénieur en chef.

Ce tracé nécessita à la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon d’acheter plus de neuf cents parcelles. Ces achats eurent un énorme coût dans la réalisation de la ligne car il n'existait pas alors de loi sur l'expropriation.

Données techniques[modifier | modifier le code]

Cette ligne de 58 kilomètres fut réalisée avec une descente lente vers Lyon. La première partie de la ligne, entre Saint-Étienne et Rive-de-Gier a été faite en recherchant une pente constante de 1,2 à 1,4 %. La section suivante, jusqu'à Givors, suivant le Gier, était plus plane, avec une pente de 0,65 %. La dernière section de la ligne, de Givors vers Lyon, a été établie pratiquement à plat. Pour maintenir une pente constante, il fut construit plusieurs ponts et tunnels. La ligne comportait un pont sur la Saône, un viaduc, et quatorze souterrains. Trois grands tunnels de forme ovoïde furent construits : entre 1827 et 1830 a été creusé le premier tunnel de Couzon, long de 977 mètres. Le deuxième tunnel, de seulement 400 mètres de long, a été creusé en 1831 à Lyon. Le troisième tunnel, de 1,5 kilomètre de longueur, a été creusé entre le pont-de-l'Ane et Terrenoire sous la ligne de partage des eaux Méditerranée/Atlantique.

L’itinéraire[modifier | modifier le code]

La ligne devait au début traverser Givors et continuer sur la rive gauche du Rhône mais suite à de nombreuses manifestations il fut décidé de la faire passer sur la rive droite.

La construction a duré cinq ans entre 1827 et 1832. La première partie à ouvrir était entre Givors et Rive-de-Gier, qui fut achevée le 28 juin 1830. Un raccordement entre les bateaux et les trains a été permis par la construction de la gare de Givors-Canal sur le canal se jetant dans le Rhône près de Givors. C'est devenu le plus grand port sur le Rhône et une ville industrielle active.

La traction[modifier | modifier le code]

Quatre trains de la Ligne Saint-Étienne - Lyon: train de voyageurs en traction équestre, train de marchandises en traction équestre, train de voyageurs en descente sans traction, train de houille tiré par une locomotive d'avant 1840.

Pendant les premiers mois de l'exploitation, des chevaux ont été employés comme mode de traction. Dans la direction Saint-Étienne - Lyon, les chevaux étaient installés sur un wagon pour la descente et placés devant le train pour le reste du voyage pour la traction. Pour le voyage retour, un cheval était employé pour transporter cinq ou six charriots vides.

Pour le confort, la compagnie de Seguin avait placé des draps sur les sièges et avait mis des courroies en cuir pour ouvrir et fermer les fenêtres. Les premiers ont été coupés par des passagers et transformés en vêtements et les courroies utilisées comme ceintures.

Ouverture des sections[modifier | modifier le code]

Au début en 1831, la locomotive Seguin transportait vingt-quatre à vingt-huit chariots vides entre Givors et Rive-de-Gier ou sept pleins.

Le 3 avril 1832, la section jusqu'à Lyon a été employée pour le transport de marchandises avec quelques passagers étant acceptés, ils reposaient sur de la paille dans des chariots.

La dernière section, à Saint-Étienne, a été ouverte le 1er octobre 1832 pour l'usage de passager seulement, le fret étant accepté quelques mois plus tard. Le 4 avril 1833, la ligne est ouverte en sa totalité.

Le matériel roulant[modifier | modifier le code]

En 1836, la compagnie possédait douze locomotives, 135 chariots et a transporté ses passagers d'extrémité à l'extrémité en six heures.

Les accidents étaient réguliers car de nombreuses personnes circulaient suivant la ligne ferroviaire. En 1844, la traction par les chevaux fut abandonnée et le voyage entier fut réalisé par des locomotives à vapeur, ce qui permit de réduire considérablement le temps de transport, passant à 2h30.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Les gares[modifier | modifier le code]

Voir le schéma de ligne (déroulant).

Trois terminus différents se sont succédé à Lyon. Le premier est établi à proximité du pont de la Mulatière. Cet embarcadère, constitué d'une simple baraque jugée peu commode[1], est détruit en 1840 par une inondation. Il est remplacé par une nouvelle gare, la gare du Bourbonnais, construite le long du quai Perrache. Ce nouveau terminus, plus adapté à cette ligne qui connait un réel succès[1], est ouvert en 1845[2]. La ligne est ensuite prolongée jusqu'à la gare de Lyon-Perrache, ouverte en 1856 à la jonction des lignes Paris - Lyon et Lyon - Avignon (ligne classique Paris - Marseille), et la gare du Bourbonnais est alors désaffectée[2].

Les principaux ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

  • Ancien tunnel de Couzon- Rive-de-Gier, construit en 1830 et fermé en 1856
  • Nouveau tunnel de Couzon-Rive-de-Gier, construit en 1856
  • Pont de La Mulatière, construit en 1914
  • Pont de Mulatière, construit en 1830
  • Tunnel de Terrenoire, construit en 1829

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

La ligne voit aujourd'hui passer des TER, TGV et des trains de fret. Les TER sont principalement assurés par des automotrices régionales de type Z 24500 tricaisses à deux niveaux (liaison vers Perrache et Part-Dieu). Quelques AGC (Autorails de Grande Capacité) remplacent aujourd'hui des BB 67300 et leur rame TER Corail et assurent des trains ayant pour origine/destination Lyon mais qui continuent vers Roanne. La traction fret est confiée désormais aux diesels BB 67400 en UM (Unités Multiples) du dépôt de Nevers car la majorité de trains continuent également vers l'artère non-électrifiée de Roanne. Depuis le début d'année 2009, les CC 72000 ont retrouvé cette ligne pour le compte de la filiale de la SNCF VFLI pour des trains de ballast à destination de Veynes et en provenance de Vichy. À noter aussi que la desserte de l'usine ArcelorMittal de Chateauneuf est réalisée depuis Badan par une locomotive BB 66700, plus dédiée à la manœuvre en triage. Le concurrent de la SNCF, EuroCargoRail, fait également circuler des trains tractés par des locomotives Class 66.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Defrance, Le matériel moteur de la SNCF, Editions N.M., Paris, 1969.
  • Jean-Chaintreau, Jean Cuynat et Georges Mathieu, Les Chemins de fer du PLM , Editions La Vie du Rail et La Régordanne, 1993.
  • Patricia et Pierre Laederich, André Jacquot et Marc Gayda, Histoire du réseau ferroviaire français, Editions de l'Ormet à Valignat (03), 1996.

Galerie Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J.-A. Bouvier, « La gare de Perrache. Ses conditions de site et les conséquences de son établissement » dans Les Études rhodaniennes, 1945, volume 20, numéro 20-1, pp. 97–111 [lire en ligne]
  2. a et b Dossiers électroniques de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel de Rhône-Alpes, « Gare du Bourbonnais »
  3. « Classé à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]