Ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre

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Ligne de
Paris-Saint-Lazare au Havre
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Carte de la ligne
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Le viaduc de Barentin, ouvrage remarquable de la ligne.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Paris, Mantes-la-Jolie, Rouen, Le Havre
Historique
Mise en service 1843 – 1847
Électrification 1966 – 1967
Concessionnaires Ch. de fer de Paris à Rouen,
Ch. de fer de Rouen au Havre (1840 – 1855)
Ch. de fer de l'Ouest (1855 – 1908)
Ch. de fer de l'État (1908 – 1938)
SNCF (depuis 1938)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 340 000
Longueur 228 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV – 50 Hz

Pente ou rampe maximale 8 ‰
Nombre de voies Double voie
(3 ou 4 voies sur certains tronçons)
(Anciennement à double voie)
Signalisation BAL
Trafic
Propriétaire RFF
Exploitant(s) SNCF et divers nouveaux entrants
Trafic Transilien de Paris-St-Lazare à Vernon
TER
Intercités
TGV d'Épône - Mézières au Havre
Fret
Schéma de la ligne

La ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre est l'une des grandes artères radiales du réseau ferré français, d'une longueur de 228 kilomètres. Elle relie Paris aux agglomérations de Mantes-la-Jolie, de Rouen et du Havre, à travers les régions Île-de-France et Haute-Normandie.

Tracée le plus souvent dans la vallée de la Seine, franchissant six fois le fleuve, cette grande radiale possède un profil plutôt favorable de Paris à Rouen. Au nord de la capitale normande, le plateau du pays de Caux, au relief pourtant peu accentué, doit être atteint par de longues rampes, rendant le profil un peu plus difficile et imposant de multiples ouvrages d'art. Elle possède un équipement de bon niveau, permettant un trafic élevé.

Ouverte de 1843 à 1847 et destinée à relier Paris à Rouen puis au port du Havre, elle assure un important trafic inter-régional de voyageurs, mais également un fort trafic de marchandises, reliant le port du Havre, second port maritime français, à l'agglomération parisienne. Elle voit circuler des « Corail » devenus « Intercités », ainsi que les trains du Transilien Paris Saint-Lazare et du TER Haute-Normandie. Sa saturation progressive, malgré la qualité de ses aménagements, a provoqué l'émergence de plusieurs projets, comme la ligne nouvelle Paris-Normandie, annulé avant d'être réactivé depuis, puis la liaison rapide Normandie-Val de Seine, permettant une importante augmentation de capacité et une accélération des relations.

Elle constitue la ligne 340 000[1] du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

De Paris à la mer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chemin de fer de Paris à la mer.

En 1838, la France compte divers tronçons épars de chemin de fer, mais aucune grande ligne entre deux agglomérations majeures du pays n'a encore été réalisée. Alors que le réseau britannique connaît une expansion continue depuis 1836, les réalisations marquent le pas en France, non en raison d'un manque d'enthousiasme des ingénieurs, mais de difficultés financières. Les industriels peuvent en effet difficilement assumer seuls une aussi lourde charge, et les financiers restent peu nombreux à tenter l'aventure. Toutefois, de grands projets commencent à être mis à l'étude, dont la réalisation d'une grande ligne de Paris à la mer[3].

Des capitalistes constituent deux compagnies, proposant deux tracés distincts : l'un d'eux suit la vallée de la Seine, l'autre emprunte les plateaux dominant le fleuve. En 1838, c'est la « compagnie des plateaux », constituée d'un capital de quatre-vingt-dix millions de francs, qui obtient la concession de la nouvelle ligne. Celle-ci doit relier Paris au Havre via Rouen, avec plusieurs embranchements vers Louviers, Elbeuf et Dieppe. Mais les actions du Chemin de fer d'Orléans subissent alors une forte dépréciation, et les fondateurs prennent peur : face au manque de confiance des investisseurs, l'entreprise échoue[3].

Paris - Rouen[modifier | modifier le code]

Les voies du groupe III vers Nanterre-Université (à gauche) et celles du groupe V vers Le Havre (à droite), à l'ouest de la gare de La Garenne-Colombes.

Le projet, réétudié, est de nouveau concédé en 1840 pour 99 ans. Cette fois, il a pour objectif de relier Paris à Rouen par la vallée de la Seine. La compagnie s'engage à réaliser l'infrastructure à ses risques et périls, dans un délai de cinq ans à compter de la date de la concession. Elle se voit dotée d'un capital de trente-six millions de francs constitué d'actions de cinq-cents francs, et d'un prêt de l'État de quatorze millions de francs portant un intérêt de 5 %, et remboursable par trentième à compter du 15 juillet 1848[3].

Tunnel de Tourville (1843)
La tête nord-ouest du tunnel de Rolleboise.

La ligne, longue de 128 kilomètres, est établie à deux voies, avec des pentes ne dépassant pas la valeur de 5 millimètres par mètre, et des courbes d'au moins mille mètres de rayon. Elle dessert de nombreuses villes, en particulier Maisons, Poissy, Meulan, Mantes, Bonnières, Vernon, Saint-Pierre-la-Garenne (station de Gaillon), Saint-Pierre-du-Vauvray (station de Louviers), Pont-de-l'Arche, et Tourville (station d'Elbeuf). La réalisation de l'infrastructure nécessite plusieurs ouvrages d'art remarquables et de profondes tranchées creusées dans le roc. De nombreux ponts, souvent obliques, et plusieurs tunnels sont nécessaires pour franchir les routes et les reliefs. Parmi les constructions particulièrement remarquables, figurent l'ouvrage permettant le passage sur la route de Meulan à Flins ainsi que le tunnel de Rolleboise. Il fut parfois nécessaire de dévier la route royale dans les parties les plus étroites de la vallée, afin de placer la ligne entre elle et le fleuve en contrebas. Elle s'achève à Saint-Sever, faubourg de Rouen situé sur la rive gauche[3].

La construction, qui débute en mai 1841, est activement menée. La brique est largement utilisée à l'exemple de l'Angleterre, l'ingénieur de la ligne Joseph Locke, les entrepreneurs (Mackenzie et Brassey), l'architecte des stations William Tite, ainsi que la majorité des dix-mille ouvriers présents sur le chantier étant en effet anglais[4]. Deux ans plus tard, la ligne est inaugurée le 9 mai 1843[5],[6]. Le premier convoi quitte à huit heures la gare de Paris-Saint-Lazare pour Rouen, précédé d'une machine circulant « haut-le-pied ». Le convoi atteint la capitale normande à 12 heures 56, après six arrêts, à la vitesse moyenne de 37 km/h. Le deuxième convoi quitte Paris quinze minutes plus tard : conduit par Locke, il emmène les princes[3].

Tout le parcours est décoré et à l'arrivée à Rouen, la garde nationale, la troupe, les députés avec bannières et emblèmes, ainsi que la population accueillent le convoi inaugural. La ligne est bénie par le cardinal archevêque de Rouen ; Locke et Thibeaudeau, secrétaire général de la compagnie, sont décorés de la Légion d'honneur par le roi. La population rouennaise s'est toutefois opposée au déploiement des couleurs anglaises dans l'ornementation du débarcadère, ainsi qu'à la présence d'ouvriers anglais dans le cortège. Les autres villes ne partagent pas ces oppositions historiques et accueillent tout le monde avec le même enthousiasme[3].

De son terminus parisien à Colombes, la ligne emprunte une partie de la ligne de Saint-Germain, moyennant le versement de 55 centimes par voyageur, 60 centimes par tonne de marchandise, 30 centimes par tonne de charbon, ainsi qu'un droit de gare de 40 centimes par tonne de marchandises chargées ou déchargées dans la gare Saint-Lazare[7].

Le coût de réalisation de la ligne dépasse de 30 % celui de la ligne d'Orléans. Il atteint 51 millions de francs en septembre 1844, auxquels s'ajoutent les frais liés à la demi-traversée de Rouen, soit 6,7 millions supplémentaires. La compagnie peut assumer ses charges grâce à deux emprunts de six et cinq millions, ainsi qu'avec un prêt de l'État d'un montant de quatre millions de francs. Heureusement pour elle, le succès est au rendez-vous et les recettes d'exploitation croissent rapidement : 11 899 voyageurs empruntent la ligne la première semaine d'exploitation, ils sont 17 241 la semaine du 22 au 28 août. L'ensemble du trafic rapporte 350 603 francs en juin, et 2 764 777 durant les six premiers mois. Le tronçon Rouen - Le Havre, concédé en juin 1842, lui apporte un supplément d'activité dès son ouverture en mars 1847[7].

Rouen - Le Havre[modifier | modifier le code]

Inauguration de la ligne entre Rouen et Le Havre en 1847.

La ligne de Paris à Rouen étant réalisée en 1843, il apparaît essentiel au gouvernement de la prolonger rapidement jusqu'au port du Havre. Ce nouveau tronçon mettrait Paris à six heures de la mer, en communication avec la Grande-Bretagne et l'Amérique. Il permettrait d'acheminer vers la région parisienne un fort tonnage de marchandises arrivées par bateaux, au fur et à mesure des besoins, sans stockage intermédiaire. Afin d'en faciliter la réalisation, la loi de concession accorde à la Compagnie une somme de huit millions de francs payable par quart suivant l'avancée des travaux, en plus d'un prêt de dix millions de francs au taux d'intérêt de 3 % avec franchise de huit ans. La ville du Havre ajoute une subvention d'un million de francs. Face au coût élevé de réalisation, la Compagnie, dotée d'un capital social de vingt millions de francs, doit également recourir à un emprunt de 18,75 millions avant mars 1847[8].

Contrairement au tronçon entre Paris et Rouen, le tronçon de Rouen au Havre délaisse la basse vallée de la Seine, pourtant ample, pour le plateau du pays de Caux, qui domine le fleuve de cent-cinquante mètres. Cet itinéraire, qui permet de se rapprocher de Dieppe dont la desserte est envisagée dès 1838, accroît le coût de construction par la réalisation de nombreux ouvrages d'art. Deux vallées sont exploitées pour permettre l'ascension du plateau à partir de Rouen et du Havre ; mais plusieurs vallées doivent également être franchies par d'imposants viaducs. La ligne compte ainsi une centaine de ponts, nécessite 4 895 338 mètres cubes de terrassements, et cumule 6 387 mètres de souterrains, pour l'essentiel exigés par le contournement de Rouen. Ce dernier est imposé par l'urbanisation de la vallée, la ligne ne pouvant couper la ville[8].

Tout comme sur le tronçon précédent, la brique est largement employée pour l'édification des ouvrages, malgré la prévention défavorable des entreprises françaises qui préfèrent la pierre. toutefois, le surcoût engendré est compensé par une baisse des coûts de main-d'œuvre, les ouvriers anglais de nouveau employés sur le chantier étant habitués à son maniement. De plus, la solidité des constructions est attestée par leur nombre important outre-Manche, et fait l'objet de tests imposés par les Ponts et Chaussées. Les épreuves retardent d'ailleurs la livraison de la ligne, achevée en janvier 1846. Ce mois-là, le viaduc de Barentin, tout juste achevé, s'effondre, créant de vives polémiques, accusant la surcharge de ballast ou la faiblesse des piliers. Il est rapidement reconstruit en six mois, nécessitant seize millions de briques. La ligne est finalement inaugurée le 20 mars 1847 avec un peu plus d'un an de retard, puis ouverte le surlendemain aux voyageurs, et enfin le 31 aux marchandises[8].

La tourmente révolutionnaire du 24 février 1848 interrompt momentanément le trafic : il faut attendre le 15 avril pour que le pont de Rouen, incendié, soit reconstruit, et le 15 juin pour voir reconstruit le pont d'Asnières, permettant la remise en service de trains Paris - Le Havre[9].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé et profil[modifier | modifier le code]

Un train à vapeur pour Le Havre franchit le pont ferroviaire d'Asnières, en octobre 1987.

De Paris à Rouen, le tracé est pour l'essentiel établi sur la rive gauche de la Seine, dont il suit le cours au plus près dans les parties rectilignes. Il coupe ses méandres les plus étroits par des tunnels, creusés dans les avancées du plateau boisé dominant le fleuve. Outre les deux grandes agglomérations reliées, la ligne dessert de nombreuses localités industrielles éparpillées le long de la Seine et de ses principaux affluents. La ligne se détache à Colombes de la ligne de Paris-Saint-Lazare à Saint-Germain-en-Laye, ouverte en 1837, traverse deux fois le fleuve en quelques kilomètres à Bezons puis Maisons-Laffitte, avant de s'établir sur sa rive gauche à partir de Poissy, après la traversée de la forêt de Saint-Germain-en-Laye.

Après avoir desservi Les Mureaux puis Mantes-la-Jolie, la ligne coupe un méandre grâce au tunnel de Rolleboise, suit de nouveau le fleuve sur une trentaine de kilomètres en desservant au passage Vernon, puis coupe un autre méandre par le biais de deux tunnels sous le contrefort de Venables. Le tracé traverse la large plaine alluviale de l'Eure, avant de couper la Seine au Manoir et de s'établir sur sa rive droite. Après le tunnel de Tourville, la ligne se replace sur la rive gauche à Oissel, et atteint la gare de Rouen-Rive-Gauche.

De Rouen au Havre, la ligne quitte la vallée de la Seine et s'établit sur la plateau du pays de Caux. Le tronçon quitte la ligne de Paris à Rouen-Rive-Gauche à hauteur des ateliers de Sotteville, franchit la Seine par un pont de 370 mètres de long, passe sous la côte Sainte-Catherine par un tunnel de 1050 mètres, franchit la vallée de Darnétal par un remblai avant de gagner la gare de Rouen-Rive-Droite, située dans une tranchée longue de 200 mètres, après un souterrain de 2272 mètres.

La ligne gagne alors le plateau de Caux par une succession d'ouvrages : elle contourne Rouen par le nord grâce à deux tunnels et atteint la vallée de Déville-Maromme-Bondeville. Puis, des tranchées et remblais ainsi qu'un pont biais de 140 mètres lui permettent d'atteindre le viaduc de Malaunay, haut de 26 mètres et formé de huit arches de 15 mètres d'ouverture. Peu après, se situe la bifurcation de la ligne Malaunay - Dieppe. Un tunnel de 2200 mètres, le plus long du tronçon, permet à la ligne de franchir le vallon de Fresquienne puis la vallée de l'Austreberthe par le viaduc de Barentin, haut de 32 mètres et long de 478 mètres. Elle longe alors la vallée jusqu'à Pavilly, puis la vallée de Saint-Denis avant d'atteindre le plateau cauchois à Motteville, 137 mètres au-dessus de son origine à Sotteville.

La traversée du plateau s'effectue sans grand accident de relief sur une quarantaine de kilomètres, hormis la vallée de Mirville franchie par un viaduc en courbe de 530 mètres de long et de 32 mètres de haut.

Après Motteville, la ligne dessert Yvetot puis passe à proximité de Bolbec. À Saint-Romain-de-Colbosc, la ligne descend vers Le Havre par la vallée de Saint-Laurent, sur onze kilomètres, en descente de 8 millimètres par mètre. Elle traverse la vallée de Harfleur, puis la plaine de Graville et atteint son terminus, la gare du Havre, située à l'est de la ville à proximité des bassins du port.

Équipement[modifier | modifier le code]

La ligne est à double voie sur la plus grande partie du parcours, avec plusieurs tronçons à trois ou quatre voies :

La ligne est électrifiée comme tout le réseau Saint-Lazare en 25 kV-50 Hz monophasé[10], équipée du block automatique lumineux[11], du KVB[12] et d'une liaison radio sol-train sans transmission de données, avec identification sur une partie du tracé[13].

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Le profil plutôt favorable de la ligne, sans être exceptionnel, autorise des vitesses généralement de l'ordre de 160 km/h, hormis en zone urbaine dense ou sur certains points singuliers du tracé.

Les vitesses limites de la ligne en 2011 pour les trains V 160 et V 200, en sens impair, sont indiquées dans le tableau ci-dessous ; toutefois, les trains de certaines catégories, comme les automotrices de banlieue ou les trains de marchandises, sont soumis à des vitesses limites plus faibles[14].

De À Limite
Paris-Saint-Lazare Potence A 5 (PK 0,5) 30
Potence A 5 (PK 0,5) Portique B (PK 2,1) 80
Portique B (PK 2,1) Portique C (PK 3,7) 90
Portique C (PK 3,7) PK (point kilométrique) 5,3 100
PK 5,3 Sartrouville 130
Sartrouville Maisons-Laffitte 140
Maisons-Laffitte Achères-Grand-Cormier 150
Achères-Grand-Cormier Mantes-Station 160
Mantes-Station Bonnières 150
Bonnières PK 122,1 160
PK 122,1 Bifurcation d'Eauplet (PK 135,1) 140
Bifurcation d'Eauplet Rouen-Rive-Droite 110
Rouen-Rive-Droite Barentin 130
Barentin PK 163,9 145
PK 163,9 PK 196,5 160
PK 196,5 PK 200,2 150
PK 200,2 Harfleur 160
Harfleur Le Havre 140

Ouvrages d'art remarquables[modifier | modifier le code]

Viaducs sur la Seine (entre Paris et Rouen)
Ouvrage Caractéristiques Situation géographique
Viaduc d'Asnières reconstruit en 1912,
longueur : 161 m
Clichy-la-Garenne, Levallois-Perret,
Asnières-sur-Seine
Viaduc de Nanterre et Pont des Anglais - Bezons * Nanterre, Bezons
Viaduc de Maisons-Laffitte * Sartrouville-Maisons-Laffitte
Pont du Manoir * Léry, Le Manoir
Viaduc d'Oissel reconstruit[15] Tourville-la-Rivière, Oissel
Viaduc d'Eauplet * Sotteville-lès-Rouen, Rouen, Bonsecours
Viaducs sur affluents de la Seine (entre Rouen et Le Havre)
Ouvrage Caractéristiques Situation géographique
Viaduc de Malaunay * Le Houlme, Malaunay
Viaduc de Barentin * Barentin
Viaduc de Mirville longueur : 520 m Nointot, Mirville

Tunnels[modifier | modifier le code]

Exploitation[modifier | modifier le code]

La locomotive Buddicom n°33, issue d'une série de quarante, construite pour l'ouverture de la ligne en 1843. Elle est aujourd'hui à la cité du train de Mulhouse.

La ligne a longtemps été le terrain des mythiques Pacific Ouest dont certaines étaient autorisées à 130 km/h. Les performances de ces locomotives à vapeur étaient loin d'être ridicules. Par exemple, en 1962 le train rapide de 1re classe avec supplément mettait 2 h 26 pour rallier Paris-Saint-Lazare au Havre, performance permise par la prise d'eau en marche par écope dans un bac longitudinal entre les rails, et un unique arrêt intermédiaire à Rouen - Rive Droite. Après l'électrification, en 1966, les temps de parcours se raccourcissent. Par exemple, en 1975, les trains rapides de 1re classe avec supplément La Mouette, La Frégate et L'Albatros, avec un seul arrêt intermédiaire à Rouen-Rive-Droite, couvraient le trajet en 1 h 45 seulement. Jusqu'en 1974, elle a vu circuler le mythique New York-Express, le train-paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique (French Line) qui assurait la correspondance, en gare maritime du Havre, avec le France.

En 2007, les temps de parcours s'échelonnent de 2 h à 2 h 04, tous les trains ayant un ou plusieurs arrêts intermédiaires. De ce fait, actuellement, il n'y a plus de train assurant le trajet en 1 h 45. Actuellement, ce temps de parcours serait difficile à garantir car depuis lors, le trafic de la grande couronne parisienne s'est accru et la ligne, qui accueille un fort trafic fret, est constamment au bord de la saturation. Le schéma directeur des lignes nouvelles de 1991 prévoyait une LGV Normandie. Aujourd'hui, ce projet n'est plus inscrit dans les plans de développement du ministère de tutelle, ce qui laisse peu de perspective d'amélioration à court terme sur cette ligne sauf au niveau de la fiabilité du matériel : l'ouverture du TGV Est Européen a libéré des BB 15000 qui étaient affectées aux liaisons rapides entre Paris-Est et l'Est de la France. Ces locomotives plus récentes remplacent petit à petit les vaillantes BB 16000 affectées à la ligne depuis son électrification. Pour faire face à la saturation de la ligne, particulièrement entre Poissy et Mantes-la-Jolie où les trains rapides sont souvent retardés par les trains de banlieue Transilien J, les régions Basse-Normandie et Haute-Normandie vont participer financièrement à l'aménagement de ce tronçon bien qu'il soit situé en Île-de-France.

Perspectives[modifier | modifier le code]

La liaison rapide Normandie-Val de Seine[modifier | modifier le code]

Le projet de liaison rapide Normandie-Val de Seine a pour objectifs l'amélioration de la ligne Paris - Le Havre, puis à terme la création d'une liaison directe entre la Normandie et l'aéroport Charles-de-Gaulle. Elle emprunterait la ligne du RER E prolongée à l'ouest, puis les voies dédiées au CDG Express. Ce projet fait suite à l'abandon du projet de LGV Normandie en 2001. Depuis l'annonce du Président de la République française, Nicolas Sarkozy, en juin 2009, le projet de la ligne nouvelle Paris-Normandie est réactivé et intégré dans le projet du Grenelle Environnement mais le projet de la liaison Normandie-Val de Seine reste toujours d'actualité avec quelques modifications de projet.

La ligne nouvelle Paris-Normandie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligne nouvelle Paris-Normandie.

La ligne nouvelle Paris-Normandie est un projet de ligne à grande vitesse, proposé au schéma directeur des liaisons à grande vitesse de 1991, reliant essentiellement Paris à la Normandie. Elle est de nouveau un sujet d'actualité suite au projet du Grenelle Environnement qui a été réactivé en particulier par le Conseil régional de Basse-Normandie et les conseils municipaux de Cherbourg-Octeville et de Caen. Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a donné son feu vert au début du mois de juin 2009 pour l'étude de la construction de la ligne nouvelle Paris-Normandie entre Paris et Le Havre et entre Paris et Cherbourg raccourci jusqu'à Caen dans un premier temps.

La ligne dans la culture[modifier | modifier le code]

L'écrivain Émile Zola devient un riverain de la ligne lorsqu'il s'installe en 1878 à Médan, près de Poissy. Il y écrit La Bête humaine, une œuvre publiée en 1890 dont la ligne Paris - Le Havre est le cadre, plus précisément entre Malaunay et Barentin, au lieu-dit de la Croix de Mauffras, avec son PN qui voit les trois grands accidents de la ligne (le meurtre, la Lison dans la neige, la Lison contre le carrier). Ce roman est adapté au cinéma par Jean Renoir : le film La Bête humaine sort sur les écrans en 1938. Le film connaît un grand succès avec, en tête de distribution, Jean Gabin dans le rôle de Lantier, le conducteur de la locomotive « La Lison ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fascicule Gares et lignes du nord édité par le COPEF (Cercle Ouest Parisien d'Études Ferroviaires) en 1985.
  2. Les Chemins de fer de l'Ouest. Tome I La Normandie. - Paris, Éd. Rimage, 1980 (En ce temps là... ..la vapeur!..).
  3. a, b, c, d, e et f François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 102
  4. Site culture.fr, Conclusion, dans Les chemins de fer atmosphériques. Deuxième partie p. 48
  5. La ligne de Paris à Juvisy et Orléans est ouverte quatre plus jours plus tôt, le 5 mai 1843, devenant la première au départ de Paris à relier la capitale à une grande ville du pays.
  6. François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 97
  7. a et b François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 103
  8. a, b et c François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 143
  9. François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, p. 144
  10. [PDF] RFF - Carte des lignes électrifiées
  11. [PDF] RFF - Carte des modes d’espacement des trains
  12. [PDF] RFF - Carte des lignes équipées de contrôle de vitesses
  13. [PDF] RFF - Cartes des lignes équipées de liaisons avec les trains
  14. Magazine Rail passion n°154, août 2010, p. 43.
  15. (inauguration en novembre 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Morlent, Le chemin de fer du Havre à Rouen et à Paris, 1847 (lire)
  • « Le chemin de fer de Rouen au Havre », dans L'Illustration, n°212 du samedi 20 mars 1847, pp. 43-46 (lire)
  • Hélène Bocard, De Paris à la mer, la ligne de chemin de fer Paris-Rouen-Le Havre, Paris : APPIF, 2005. (Inventaire général du patrimoine) (ISBN 2-905913-46-0)
  • La Mémoire des cheminots normands, historique de la ligne Paris-Le Havre 1841-1964, Igoville : Amicale des retraités des chemins de fer de Haute-Normandie.
  • François et Maguy Palau, Le rail en France - Les 80 premières lignes 1820 - 1851, 1995, 217 p. (ISBN 9782950942104)
  • Bruno Carrière, Les trains de banlieue, tome I, Éd. La Vie du Rail, 1997, 303 p. (ISBN 2902808666)
  • Bernard Collardey, Les trains de banlieue, tome II, Éd. La Vie du Rail, 1999, 335 p. (ISBN 2902808763)

Liens externes[modifier | modifier le code]