Ligne 3b du tramway d'Île-de-France

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Tramway ligne 3b
Tramway des Maréchaux est
Une rame de la ligne T3b franchit le nouveau pont sur l'Ourcq.
Une rame de la ligne T3b franchit le nouveau pont sur l'Ourcq.

Réseau Tramway d'Île-de-France
Date d’ouverture  : Porte de Vincennes à Porte de la Chapelle
Terminus Porte de Vincennes
Porte de la Chapelle
Exploitant RATP
Conduite (système) Conducteur (Conduite à vue)
Matériel utilisé Citadis 402
(46 rames partagées avec la ligne T3a au 15/12/2012)
Dépôt d’attache Pantin - Stade Jules-Ladoumègue
Points d’arrêt 18
Longueur 9,9 km
Communes desservies Paris
Pantin
Jours de fonctionnement Tous les jours
Lignes connexes (1) (2) (3a) (3b) (4) (5) (7)

Source

La ligne 3b du tramway d'Île-de-France, ou T3b, est une ligne de tramway reliant dans Paris la porte de Vincennes à la porte de la Chapelle dans un premier temps, puis ultérieurement à la porte d'Asnières, dans le prolongement de la ligne T3a (anciennement T3), ouverte fin 2006. Après trois ans de travaux, la nouvelle ligne est mise en service le 15 décembre 2012. Cette ligne de tramway est exploitée par la Régie autonome des transports parisiens (RATP).

Plan de la ligne T3b.
Plan de la ligne T3b.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Naissance du projet[modifier | modifier le code]

Carte de l'extension prévue du T3 à l'est de Paris.
Article détaillé : Histoire du T3, actuel T3a.

Depuis le lancement du projet de tramway des Maréchaux ou TMS, il était envisagé un prolongement de la ligne T3, de 2,4 kilomètres vers l'est jusqu'à la porte de Charenton (débat public du 30 janvier au 15 mai 2006)[3] dans le contrat de plan 2000-2006. Le tramway devait traverser la Seine. La longueur totale aurait été alors 10,4 kilomètres.

La question du financement a fait repousser cette extension, jusqu'à ce que la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012 englobe ce projet dans un plus ambitieux : prolonger le tramway des Maréchaux jusqu'à la porte de la Chapelle, permettant ainsi la liaison avec le pôle olympique. Les Jeux prévoyaient aussi une extension à l'ouest du pont du Garigliano jusqu'à la porte d'Auteuil.

L'échec de la candidature parisienne a retardé ces différents projets. Néanmoins, tandis que le projet d'extension ouest vers la porte d'Auteuil était ajourné, le projet d'extension fut maintenu ; le débat public se tint du 30 janvier au 15 mai 2006. La mise en service de ce nouveau tronçon est alors prévue en 2012[4].

Dans le cadre du projet d'extension, plusieurs variantes ont été proposées dont celle consistant à sortir de la ville de Paris pour desservir une partie de Pantin. À la gare Rosa Parks, elle devrait donner la correspondance avec le RER E et le projet de T8.

En septembre 2007, le tracé de l'extension a été choisi, avec passage au niveau des Grands Moulins de Pantin[5] et a été finalement validé le 10 octobre par le STIF[1]. Ce projet fit par la suite l'objet d'une enquête publique du 28 avril au 7 juin 2008, avec mise en ligne du dossier d'enquête[2].

Réalisation des travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux ont démarré en 2009, et entament leur phase active en 2010. De mars à mai 2010, l'ancien entrepôt Macdonald, le plus long bâtiment de Paris, situé entre la porte de la Villette et la porte d'Aubervilliers (19e arrondissement), est coupé en deux pour livrer passage au tramway. Ce bâtiment doit être reconverti en vue de faire partie d'un nouveau quartier d'ici fin 2013[6]. Parallèlement, la trémie routière de la porte de la Chapelle est définitivement fermée en février 2010, et comblée en octobre[7]. En octobre 2010, les piles de la passerelle enjambant le canal de l'Ourcq sont posées[8]. Le premier rail de la nouvelle ligne est symboliquement soudé le 24 janvier 2011 sur le boulevard Macdonald, devant une centaine de représentants des acteurs du projet, dont le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le président de la région, Jean-Paul Huchon, et le PDG de la RATP, Pierre Mongin[9].

Les travaux ont également permis la réalisation des dix-huit stations de la ligne.

Naissance du T3b[modifier | modifier le code]

Le samedi , la longue extension du tramway des Maréchaux est scindée en deux tronçons afin de garantir une exploitation adéquate de la ligne.

Le premier tronçon consiste en un prolongement de l'ancienne ligne T3 de la porte d'Ivry à la porte de Vincennes. Ce tronçon allant dorénavant du pont du Garigliano à la porte de Vincennes est alors rebaptisé ligne T3a.

Le second tronçon est exploité comme une nouvelle ligne autonome : la ligne T3b. Elle part de la porte de Vincennes pour rejoindre la porte de la Chapelle[10]. Une liaison complémentaire entre la porte de Vincennes et la place de la Nation a été envisagée mais le STIF n'a pas souhaité retenir cette option lors du lancement de l'opération.

Durant le premier week-end d'exploitation les lignes T3a et T3b offrent un service gratuit à leurs usagers[11].

Tracé et stations[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

La ligne passe par la porte de Chaumont, en .

La ligne relie la porte de Vincennes, à l'est de la capitale, à la porte de la Chapelle au nord, le long d'un tracé approximativement en quart de cercle à travers les 20e, 19e et 18e arrondissements de Paris. Elle dessert dix-huit stations réparties sur le tiers nord-est de la périphérie de Paris. La voie possède un écartement des rails standard de 1 435 mm.

Le terminus méridional de la ligne se situe en position latérale sur le côté nord du cours de Vincennes dans le 20e arrondissement, à proximité immédiate de la ligne 1 du métro et sous le viaduc de la ligne de Petite Ceinture. Il possède deux voies se prolongeant en tiroir. Le terminus de la ligne 3a possède une configuration identique, mais du côté sud du cours. Une traversée piétonne de cette large voie est nécessaire pour emprunter les deux lignes en correspondance. La ligne 3b se dirige vers l'est en position latérale et bifurque au nord sur le boulevard Davout, après une jonction de service à double voie avec la ligne 3a, qui s'oriente, elle vers le sud, le long du boulevard Soult.

La ligne suit le boulevard Davout, franchit la porte de Montreuil et entame une longue ascension sur la colline de Belleville, en position axiale. Après la porte de Bagnolet, où une communication entre les deux voies permet d'assurer, le cas échéant, le rebroussement des rames assurant un service provisoire - ou partiel - en cas d'incident, la ligne se poursuit cette fois sur le boulevard Mortier en rampe prononcée, jusqu'au carrefour de la rue Saint-Fargeau. Elle atteint peu après son point culminant à environ 120 m d'altitude, dessert la station Adrienne-Bolland, à quais décalés, et se poursuit en légère pente jusqu'à la porte des Lilas, où une communication permet également d'assurer un service partiel. Le tracé pénètre alors dans le 19e arrondissement de Paris par le boulevard Sérurier en position axiale. Il emprunte alors le boulevard d'Algérie et entame une longue descente relativement sinueuse, en position latérale côté est, en contrebas de l'hôpital Robert-Debré et du parc de la Butte du Chapeau-Rouge. Après avoir longé le boulevard d'Indochine où s'achève la descente, puis retrouvé le boulevard Sérurier, il atteint la porte de Pantin. La ligne s'oriente alors vers l'est et passe sous le viaduc du boulevard périphérique de Paris ; une jonction à double voie permet de relier, depuis les deux sens, l'atelier de maintenance situé sous le stade Jules-Ladoumègue. Pour atteindre l'atelier, la double voie de desserte longe le boulevard périphérique sur son côté est. La ligne s'incurve alors de nouveau vers le nord. Elle longe, en limite de la commune de Pantin et du département de la Seine-Saint-Denis, la route des Petits-Ponts, puis la rue Delphine-Seyrig, où elle longe l'atelier de maintenance. Elle franchit alors le canal de l'Ourcq par un viaduc, longe la rue Ella-Fitzgerald ainsi que les Grands Moulins de Pantin puis s'oriente vers l'ouest, le long de la rue de la Clôture.

Après avoir franchi le canal de l'Ourcq, la ligne rejoint la porte de la Villette, en longeant les voies ferrées du réseau Est, en .

La ligne repasse alors sous le boulevard périphérique, passe à proximité de la Cité des sciences et de l'industrie et atteint la porte de la Villette, où se trouve également une communication entre les deux voies, après avoir suivi le boulevard Macdonald. Le tracé est alors en position latérale côté sud, longeant sur ce tronçon la limite nord du parc de la Villette. Le tracé s'incurve alors vers le sud-ouest et longe un tronçon de l'avenue Corentin-Cariou, avant de bifurquer vers le nord-est sur le quai de la Gironde et de longer le canal Saint-Denis sur sa rive occidentale. Après être passée sous le viaduc portant le faisceau de voies aboutissant en gare de Paris-Est, la ligne retrouve alors le boulevard Macdonald et s'oriente de nouveau à l'ouest. Mais elle s'oriente de nouveau vers le sud-est à travers des entrepôts, avant de desservir la future gare Rosa Parks, en correspondance vers 2015 avec la ligne E du RER.

Après avoir desservi cette gare, la ligne bifurque vers le nord le long de la rue d'Aubervilliers et entre dans le 18e arrondissement. Elle s'oriente de nouveau à l'ouest et longe le boulevard Ney. Peu après le carrefour avec la rue de la Chapelle, la ligne atteint son terminus. Celui-ci est situé en position latérale côté sud, le long des voies de la Petite Ceinture, peu avant le passage du boulevard Ney sous le viaduc portant le faisceau de voies aboutissant en gare de Paris-Nord, et se prolonge par deux tiroirs de retournement.

Liste des stations[modifier | modifier le code]

La ligne comporte dix-huit stations. Les coordonnées et les zones sont approximatives.

      Station Lat/Long Zone Communes desservies Correspondances[12]
  o   Porte de Vincennes 48° 50′ 50″ N 2° 24′ 37″ E / 48.847234, 2.410334 (Porte de Vincennes) 1 12e, 20e (M)(1)
(T)(3a)
  o   Porte de Montreuil 48° 51′ 13″ N 2° 24′ 38″ E / 48.853524, 2.410651 (Porte de Montreuil) 1 20e (M)(9)
  o   Marie de Miribel 48° 51′ 25″ N 2° 24′ 36″ E / 48.856969, 2.409996 (Marie de Miribel) 1 20e
  o   Porte de Bagnolet 48° 51′ 52″ N 2° 24′ 32″ E / 48.864497, 2.408762 (Porte de Bagnolet) 1 20e (M)(3)
  o   Séverine 48° 52′ 10″ N 2° 24′ 32″ E / 48.869395, 2.408907 (Séverine) 1 20e
  o   Adrienne Bolland 48° 52′ 22″ N 2° 24′ 31″ E / 48.87286, 2.408516 (Adrienne Bolland) 1 20e (M)(3bis) (à distance)
  o   Porte des Lilas 48° 52′ 38″ N 2° 24′ 24″ E / 48.877189, 2.406595 (Porte des Lilas) 1 19e (M)(3bis)(11)
  o   Hôpital Robert-Debré 48° 52′ 44″ N 2° 24′ 06″ E / 48.878774, 2.401648 (Hôpital Robert-Debré) 1 19e (M)(7bis) (à distance)
  o   Butte du Chapeau Rouge 48° 53′ 03″ N 2° 23′ 49″ E / 48.884059, 2.396809 (Butte du Chapeau Rouge) 1 19e
  o   Porte de Pantin
Parc de la Villette
48° 53′ 19″ N 2° 23′ 45″ E / 48.888513, 2.395786 (Porte de Pantin) 1 19e (M)(5)
  o   Delphine Seyrig 48° 53′ 37″ N 2° 23′ 53″ E / 48.893521, 2.397969 (Delphine Seyrig) 1 19e, Pantin
  o   Ella Fitzgerald
Grands Moulins de Pantin
48° 53′ 51″ N 2° 23′ 42″ E / 48.897521, 2.395131 (Ella Fitzgerald) 1 19e, Pantin (RER)(E) (à distance)
  o   Porte de la Villette
Cité des Sciences et de l'Industrie
48° 53′ 51″ N 2° 23′ 10″ E / 48.897573, 2.386146 (Porte de la Villette) 1 19e (M)(7)
  o   Canal Saint-Denis 48° 53′ 56″ N 2° 22′ 54″ E / 48.898924, 2.381538 (Canal Saint-Denis) 1 19e
  o   Rosa Parks 48° 53′ 49″ N 2° 22′ 24″ E / 48.896808, 2.373368 (Rosa Parks) 1 19e (RER)(E) (dès 2015)
(T)(8) (à l'étude)
  o   Porte d'Aubervilliers 48° 53′ 55″ N 2° 22′ 06″ E / 48.898677, 2.368363 (Porte d'Aubervillers) 1 18e, 19 e (T)(8) (à l'étude)
  o   Colette Besson 48° 53′ 55″ N 2° 21′ 52″ E / 48.898596, 2.364307 (Colette Besson) 1 18e
  o   Porte de la Chapelle 48° 53′ 55″ N 2° 21′ 33″ E / 48.898508, 2.359104 (Porte de la Chapelle) 1 18e (M)(12) PC3

Les stations en gras servent de départ ou de terminus à certaines missions.

Noms des stations[modifier | modifier le code]

Toutes les stations désignées par le nom d'une personne illustre portent celui d'une femme. Ainsi, sur les dix-huit stations de la ligne, neuf portent des noms de femmes, marquant une parité symbolique selon les souhaits de la mairie de Paris.

Ces choix rendent hommage à des femmes combattantes : Marie de Miribel, fondatrice des œuvres sociales et hospitalières de la Croix Saint-Simon, Séverine, écrivain, journaliste libertaire et féministe, et Rosa Parks, figure de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, ou encore à la journaliste et exploratrice Alexandra David-Néel. Les autres portent les noms de personnalités du monde du sport et des arts : les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland, l'athlète Colette Besson, qui a remporté la médaille d’or du 400 m aux Jeux olympiques de Mexico en 1968, Ella Fitzgerald, grande chanteuse de jazz, et l'actrice française Delphine Seyrig[13].

Architecture des stations[modifier | modifier le code]

Tramway et art contemporain[modifier | modifier le code]

L'œuvre d'art La Station d'Anita Molinero à la station Porte de la Villette, lors de son installation, en .

La mise en service de la ligne donne lieu à l'installation de plusieurs œuvres d'art[14],[15] :

La sonorisation des rames a également fait l'objet d'une démarche artistique avec le travail de Rodolphe Burger, qui a conçu Les Voix du monde, une œuvre artistique autour de l’annonce sonore des points d’arrêt. Rodolphe Burger, qui est notamment déjà intervenu sur l'habillage sonore du tramway de Strasbourg, a ainsi conçu des annonces spécifiques à chaque station : des couples de voix énoncent les noms des stations traversées par le tram. Plus de six cents personnes ont participé aux enregistrements de l’œuvre dont quelques célébrités parmi lesquelles Jane Birkin, Philippe Manœuvre, Pascale Clark, Jackie Berroyer, Henry Chapier, Jacques Higelin, Patrick Poivey (la voix française de Bruce Willis)[16].

Exploitation de la ligne[modifier | modifier le code]

La rame Citadis 402 no 332 passant près de la porte Chaumont, en .

La vitesse commerciale prévue est de 19 à 20 km/h, bien qu'elle soit probablement surévaluée, le premier tronçon du T3a au sud peinant à atteindre les 18 km/h, comme le souligne un rapport de la Cour des comptes daté de novembre 2010[17]. La signalisation routière aux carrefours donne la priorité aux tramways, ce qui favorise leur progression (et est, de plus, dissuasif pour les automobilistes, choix qui était clair dès le début du projet).

La fréquence des rames est de cinq à six minutes aux heures de pointe et de six à huit minutes aux heures creuses, du lundi au vendredi. Elle est de quinze minutes de 22 h à la fin du service. Le samedi, l'intervalle entre deux rames varie de sept à dix minutes en journée et de huit à quinze minutes les dimanches et jours de fêtes.

Le premier départ de Porte de Vincennes est à h 30 (h 30 les dimanches et jours fériés) ; celui de Porte de la Chapelle est à h 30 (h 30 les dimanches et jours fériés). Le dernier tramway part de Porte de Vincennes à h 30 (h 30 les vendredis, samedis et veilles de fête) en direction de Porte de la Chapelle et à 1 h 05 (2 h 05 les vendredis, samedis et veilles de fête) en direction de Porte de Pantin ; celui de Porte de la Chapelle à h 30 (h 30 les vendredis, samedis et veilles de fête) en direction de Porte de Vincennes et à 1 h 05 (2 h 05 les vendredis, samedis et veilles de fête) en direction de Delphine Seyrig. Ces horaires sont allégés durant la période estivale[18].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une rame Citadis 402.

La ligne T3b est équipée de vingt-cinq rames Citadis 402 d'Alstom.

Ce matériel roulant, déjà présent sur la ligne T3a, a pour caractéristiques de posséder un plancher bas intégral le rendant accessible aux personnes à mobilité réduite, une ventilation réfrigérée, un système de vidéosurveillance. Les rames ont une longueur de 43,7 m pour une largeur de 2,65 m. Elles sont également composées de sept modules et le nombre de places assises est de soixante-dix-huit pour une capacité totale de 304 personnes par rame.

Le matériel, apte à une vitesse maximale de 60 km/h, est entraîné par six moteurs asynchrones d'une puissance nominale de 120 kilowatts, alimentés sous une tension de 750 volts continu, courant capté par caténaire via un pantographe[19].

Conduite et signalisation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Signalisation Tramway.
Cabine de conduite du Citadis 402.

La conduite sur la ligne se fait en « conduite à vue » ; on n'y trouve normalement que des panneaux de limitation de vitesse, des signaux de protection d'itinéraires et des signaux protégeant le franchissement des carrefours. Pour ces derniers, la voirie est équipée de signaux tricolores classiques de type R11 tandis que la ligne est équipée de signaux de type R17 et R18 associés à la signalisation routière.

Sur un fond noir, une barre horizontale de couleur blanche signale l'arrêt, un rond blanc annonce un signal d'arrêt et une barre verticale blanche la voie libre. Une signalisation d'aide à l'exploitation complète ces signaux, un losange lumineux signalant la prise en charge de la demande de priorité au carrefour.

Les signaux de protection d'itinéraires ou signaux d'exploitation se situent où se trouvent les appareils de voies (aiguillages). Les panneaux de limitation de vitesse se présentent quant à eux comme des panneaux carrés avec des chiffres noirs sur fond blanc. Enfin, les indicateurs de coupure de courant sont implantés en amont de chaque secteur d'alimentation de la ligne aérienne de contact (LAC). Deux ronds blancs alignés en position verticale annoncent une ligne alimentée, alignés en position horizontale une ligne non-alimentée[20].

Régulation du trafic (priorité tramway)[modifier | modifier le code]

Signalisation piétons et indicateur d'alimentation.

Le tramway est toujours prioritaire aux carrefours. Chaque contrôleur de carrefour suit en temps réel l'arrivée des différentes rames sur les lignes de feux des voies tramway (gestion de délais d'approche en secondes), et adapte dynamiquement (prolongation ou raccourcissement) les durées des deux phases de circulations des voitures (Maréchaux et radiales) afin de faire passer la rame sans qu'elle ait à s'arrêter à aucun carrefour. Pour ce faire, le contrôleur gére un algorithme de priorité tramway. Les contrôleurs continuent à fonctionner en mode coordonné entre chaque passage de tramway.

Tous les contrôleurs communiquent en ethernet sur un réseau fibre optique dédié. Ils s'échangent des tables de détections de boucles électromagnétiques (avec reconnaissance de balise numérique présente sur chaque rame, la détection magnétique temporisée servant en secours).

Un poste central de régulation du trafic permet d'exploiter la ligne en surveillant tous les contrôleurs et en permettant de régler certains paramètres (temps d'arrêts en stations, temps d'approches pour chaque point de détection, …). Ce système permet de grandement faciliter la phase de mise au point de la ligne durant la marche à blanc (fonctionnement sans passagers) afin de minimiser les interventions terrains. Les temps d'arrêts en stations sont pris en compte suivant des durées fixées de manière statistique dans des tables horaires (les délais d'approches finaux calculés par le PC et transmis aux contrôleurs tiennent compte de ces durées).

Certains carrefours sont équipés de caméras vidéos effectuant une analyse vidéo afin de déterminer une éventuelle occupation prolongée de la plate-forme tramway par des véhicules qui la traversent. Ceci permet d'anticiper le passage au rouge sur les feux concernant ces véhicules, afin que le tramway ne se retrouve pas bloqué lors de son arrivée, ce qui annulerait l'effet de la priorité assurée pour franchir le feu.

Ateliers[modifier | modifier le code]

Voies de liaison vers les ateliers d'entretien du Stade Jules-Ladoumègue

Le site de maintenance et de remisage de la ligne est implanté (48° 53′ 37″ N 2° 23′ 49″ E / 48.893511, 2.396843 (Ateliers de Pantin - Jules Ladoumègue)) sous une partie du Stade Jules-Ladoumègue et peut accueillir près de cinquante rames de tramway. Outre les rames nécessaires à l'exploitation du prolongement jusqu'à la porte de la Chapelle, la capacité de ce nouvel atelier permet une éventuelle augmentation du trafic et de futurs prolongements. Les équipements sportifs ont été reconstruits au-dessus du site de maintenance et de remisage, et complétés par de nouvelles installations[21],[22].

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

La tarification de la ligne est identique à celles des autres lignes de tramway exploitées par la RATP ainsi que l'essentiel des lignes de bus et accessible avec les mêmes abonnements. Un ticket t+ permet un trajet simple quelle que soit la distance avec une ou plusieurs correspondances possibles avec les lignes de bus et de tramway pendant une durée maximale de 1 h 30 entre la première et la dernière validation, mais pas avec le métro ni le RER.

Le financement du fonctionnement de la ligne (entretien, matériel et charges de personnel) est assuré par la RATP. Cependant, les tarifs des billets et abonnements dont le montant est limité par décision politique ne couvrent pas les frais réels de transport. Le manque à gagner est compensé par l'autorité organisatrice, le STIF, présidé depuis 2005 par le président du Conseil régional d'Île-de-France et composé d'élus locaux. Il définit les conditions générales d'exploitation ainsi que la durée et la fréquence des services. L'équilibre financier du fonctionnement est assuré par une dotation globale annuelle aux transporteurs de la région grâce au versement transport payé par les entreprises et aux contributions des collectivités publiques[23].

Le coût de l'infrastructure, évalué initialement à 615 millions d'euros, atteint 651,9 millions d'euros lors de la signature de la convention de financement le jeudi 16 avril 2009, soit 433,6 millions d'euros pour la Ville de Paris et 218,3 millions d'euros pour la région Île-de-France. S'ajoutent à ces chiffres 149 millions d'euros pour les travaux d'aménagement urbain financés par la Ville de Paris, et 86,1 millions d'euros pour le matériel roulant[24]. Il est réparti pour moitié entre la Ville de Paris et la région Île-de-France pour le tronçon de Porte d'Ivry à Porte de Charenton, et la Ville de Paris en finance 70 % de la section au-delà jusqu'à Porte de la Chapelle[5]. Certains opposants évaluent cependant le coût réel à 931[25] millions d'euros en janvier 2009[26].

Pour cette extension, en septembre 2009, la Ville de Paris a obtenu un financement de 500 millions d'euros auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI), après un prêt de 130 millions pour le premier tronçon du T3. Cet accord a été signé par Anne Hidalgo et Philippe de Fontaine-Vive, vice-président de la BEI. Le prêt, flexible, sera remboursable en vingt-cinq ans[27].

Trafic escompté[modifier | modifier le code]

La ligne T3b devrait transporter 90 200 voyageurs par jour ouvré entre Porte de Vincennes et Porte de la Chapelle, soit environ 270 000 par jour en 2013 pour l'ensemble du tramway des Maréchaux[28]. Le trafic du prolongement de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières est évalué à 85 000 voyageurs pour ce seul tronçon, soit 175 000 voyageurs par jour ouvré pour l'ensemble du T3b à l'horizon 2017[29].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Projets d'extension[modifier | modifier le code]

De la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières[modifier | modifier le code]

Suite à de nombreuses demandes exprimées lors du débat public sur le prolongement du T3, il est envisagé de prolonger la ligne T3b au-delà de la porte de la Chapelle jusqu'à la porte d'Asnières. Denis Baupin a exprimé le souhait de voir ce prolongement réalisé pour 2012 afin de desservir la ZAC Clichy-Batignolles et réduire la saturation de la ligne 13 du métro[5].

Le conseil du STIF du a indiqué que ce prolongement ne pouvait se faire sans apport financier de l'État. De ce fait, cette section sera alors peut-être réalisée dans le cadre du contrat de plan État-Région 2014-2020.

Le , les élus Verts au Conseil de Paris, ont déposé un projet de délibération qui propose de récupérer les deux cents millions d'euros consacrés à la rénovation d'un stade de rugby, le stade Jean-Bouin, pour les attribuer au prolongement du tramway des Maréchaux, de la porte de la Chapelle (18e) à la porte d'Asnières (17e). Le maire de Paris s'oppose toutefois à cette proposition[30].

Le , Annick Lepetit, adjointe au maire de Paris chargée des transports, annonce que le débat public serait lancé dès janvier 2011 pour un début des travaux en 2014[31]. Un mois plus tard, le 4 octobre, le STIF approuve cette future extension[32] qui devrait voir le jour en 2017 : l'extension de 4,7 kilomètres porte la longueur du T3b à 14,3 kilomètres. L'extension prévue comportera six ou sept nouvelles stations, pour un coût d'infrastructure et d'équipement évalué à 205 millions d'euros hors taxes, aux conditions économiques de janvier 2010, auxquels s'ajoutent 41 millions d'euros pour l'achat de douze rames supplémentaires[29],[33].

La concertation concernant ce prolongement a lieu du au 18 février. Ce prolongement concerne directement plus de 600 000 habitants et 384 000 emplois. Il devrait permettre de desservir la ZAC Clichy-Batignolles dans le 17e arrondissement, avec notamment la future cité judiciaire de Paris, ainsi que la ZAC Chapelle International dans le 18e arrondissement. Depuis le , il est en correspondance avec la ligne 12, par ailleurs prolongée à Aubervilliers. En outre, il doit assurer une correspondance avec la ligne 14, qui doit être prolongée jusqu'à Mairie de Saint-Ouen. Le calendrier prévoit le début des travaux pour 2014 pour une mise en service en 2017[34]. En revanche, le financement du projet reste flou, les élus parisiens, ainsi que des sénateurs dans leur rapport sur le futur tribunal de grande instance, souhaitant que l'État participe, contrairement à l'extension de la ligne de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle, entièrement financée par la Ville et la Région[35].

Le , à la suite de la concertation publique, le conseil du STIF approuve le projet du prolongement du T3 entre Porte de la Chapelle et Porte d’Asnières. Aussitôt après, le syndicat lance les études du projet sur les bases du tracé soumis à la concertation, la réalisation du dossier d’enquête publique et toutes les études y afférentes (schéma de principe, étude d’impact, dossiers de sécurité…). De plus, le conseil indique qu'il y a une forte attente pour un quatrième prolongement de la ligne au-delà de la porte d'Asnières[36].

Le 13 décembre 2012, deux jours avant l'inauguration de la ligne T3b, le STIF annonce la tenue de l'enquête publique sur le prolongement mi-2013, avec une ouverture toujours prévue fin 2017, un temps de parcours d'environ treize minutes, et une estimation de trafic de 76 000 voyageurs par jour. Le coût des travaux est dorénavant estimé à 240 millions d'euros, dont 47 pour l'achat des nouvelles rames nécessaires à sa desserte[37]. L'enquête publique a lieu du 27 mai au 27 juin 2013[38].

En octobre 2013, la commission d’enquête publique a rendu son rapport et donné un avis favorable au projet[39]. Elle a néanmoins exprimé des réserves sur le coût de ce tronçon de 4,3 kilomètres qui serait, selon la commission d’enquête, « très élevé au kilomètre »[39]. Par ailleurs, la commission d’enquête a regretté que le T3 ne soit pas d’emblée prolongé jusqu’à Porte Maillot[39].

Les stations de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières[modifier | modifier le code]

Les noms des stations ne sont pas définitifs. Les coordonnées et les zones sont approximatives[29].

      Station Lat/Long Zone Communes Correspondances[12]
  o   Porte des Poissonniers 48° 53′ 54″ N 2° 21′ 09″ E / 48.898318, 2.352473 (Porte des Poissonniers) 1 18e
  o   Porte de Clignancourt 48° 53′ 53″ N 2° 20′ 40″ E / 48.897951, 2.344357 (Porte de Clignancourt) 1 18e (M)(4)
  o   Porte de Montmartre 48° 53′ 52″ N 2° 20′ 15″ E / 48.897722, 2.337517 (Porte de Montmartre) 1 18e
  o   Porte de Saint-Ouen 48° 53′ 51″ N 2° 19′ 44″ E / 48.897626, 2.328972 (Porte de Saint-Ouen) 1 17e, 18e (M)(13)
  o   Porte Pouchet 48° 53′ 51″ N 2° 19′ 25″ E / 48.897499, 2.323672 (Porte Pouchet) 1 17e
  o   Balzac[40] 48° 53′ 44″ N 2° 19′ 02″ E / 48.895635, 2.317105 (Balzac) 1 17e
  o   Porte de Clichy 48° 53′ 38″ N 2° 18′ 45″ E / 48.893892, 2.312428 (Porte de Clichy) 1 17e (RER)(C)
(M)(13)(14) (Mise en service 2018)
  o   Porte d'Asnières 48° 53′ 24″ N 2° 18′ 14″ E / 48.889987, 2.303829 (Porte d'Asnières) 1 17e

De la porte d’Asnières à la porte d'Auteuil[modifier | modifier le code]

Concernant la section entre la porte d'Asnières et la porte d'Auteuil, le projet n'est pour l'instant plus à l'ordre du jour car la présence de la ligne C du RER a été jugée suffisante pour la desserte actuelle[41].

Annick Lepetit estime cependant que la boucle sera prolongée de la porte d’Asnières « au moins jusqu'à la porte Maillot »[31].

De la porte d’Auteuil au pont du Garigliano[modifier | modifier le code]

En raison d'une forte opposition au projet, exprimée par les riverains lors du débat public sur le prolongement du T3 entre Pont du Garigliano et Porte d'Auteuil, le projet de prolongement a été reporté sine die. Les habitants du 16e arrondissement de Paris estiment que le prolongement du tramway serait d'un coût excessif, ne correspond pas à une réelle demande de transports, sera destructeur de places de stationnement et mettra en péril le commerce local le temps de la durée des travaux[41]. Néanmoins, le 15 avril 2014, le maire de Paris, Anne Hidalgo, annonce sa volonté de prolonger le tramway jusqu’à la porte Maillot et à terme jusqu’au pont du Garigliano[42].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [PDF] « Conseil du STIF du 10 octobre 2007 », sur stif.info
  2. a et b Site de l'enquête publique : http://www.tramway.paris.fr. Annonces légales publiées dans le quotidien Le Parisien, édition Seine-Saint-Denis, du 8 avril 2008
  3. Site officiel du débat public sur le prolongement du T3
  4. RATP - Prolongement du tramway T3 de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle
  5. a, b et c Le Parisien - Tram : le tracé de l'extension, article du 29 septembre 2007.
  6. Le Parisien - Le plus grand bâtiment de la ville coupé en deux, article du 11 mars 2010
  7. Le Parisien - Le souterrain porte de la Chapelle disparaît au profit du futur tramway, article du 16 mars 2010
  8. Le Parisien - La passerelle du tramway sort de terre à Pantin, article du 28 octobre 2010
  9. Le Parisien - Prolongement du tram : le premier rail est posé, article du 25 janvier 2011
  10. Le Parisien - Le tramway fera une pause porte de Vincennes, article du 1er décembre 2008
  11. « Paris : le tramway T3 poursuit sa route » dans Le Parisien, article du 14 décembre 2012
  12. a et b Pour alléger le tableau, seules les correspondances avec les transports guidés (métros, trains, tramways, …) et les correspondances en étroite relation avec la ligne sont données. Les autres correspondances, notamment les lignes de bus, sont reprises dans les articles de chaque station.
  13. Le Parisien - Les neuf nouvelles stations du T3 auront des noms de femmes, article du 20 septembre 2012
  14. [PDF] « Des projets artistiques le long du tramway », T3 Mag n°10,‎ Janvier 2012
  15. « Les artistes et le tramway de Paris », Tramway de Paris - Démarche artistique
  16. « T3 : un nouvel art sonore pour l'information voyageurs », RATP
  17. [PDF] Cour des comptes - Rapport sur les transports ferroviaires régionaux en Île-de-France, novembre 2010, p. 95
  18. Site officiel de la RATP, voir la rubrique horaires
  19. [PDF] Fiche technique du Citadis 402 de la ligne T3 à Paris
  20. Jean Tricoire, Le Tramway à Paris et en Île-de-France, p. 140.
  21. Le Parisien - Les trams seront réparés sous des stades, article du 3 décembre 2010
  22. Site officiel du prolongement du T3 - Caractéristiques du projet
  23. Le financement des transports franciliens - Site du STIF
  24. Site institutionnel du projet - Financement
  25. Delanopolis : Çà va tramal !, 3 janvier 2009.
  26. CERF : Prolongement de la ligne de tramway T3 : La récession n'arrête pas le gaspillage par les élus, communiqué de presse du 23 décembre 2008.
  27. Tramway : Paris obtient un prêt de 500 millions d'euros de la BEI.
  28. [PDF] STIF - Ligne 5 du tramway bientôt sur les rails, 30 juin 2010
  29. a, b et c [PDF] STIF - Prolongement du T3 de la porte de la Chapelle à la porte d’Asnières, communiqué de presse du 4 octobre 2010
  30. 20 minutes - Putsch Vert pour le tramway, article du 29 septembre 2009
  31. a et b 20minutes : Le tramway T3 jusqu'à la porte d'Asnières, article du 3 septembre 2010.
  32. [PDF] STIF - Dossier d'objectifs et de caractéristiques principales, extension du tramway T3 de la porte de la Chapelle à la porte d'Asnières
  33. Article de TF1 News du 5 octobre 2010 intitulé « En 2013, le RER C va rouler plus vite dans Paris », annonçant par ailleurs la future extension du T3 jusqu'à la porte d'Asnières, prévue pour 2017.
  34. Site de la concertation publique sur le prolongement du T3 à la porte d'Asnières (17 janvier - 18 février 2011) sur « prolongement-t3-porteasnieres.fr », consulté le 17 janvier 2011
  35. Le Parisien - Le tram se rapproche de la porte d’Asnières, article du 17 janvier 2011
  36. [PDF] STIF - Le Conseil du STIF et le public approuve (sic) le projet du prolongement du T3 entre Porte de la Chapelle et Porte d’Asnières., communiqué de presse du conseil du 6 juillet 2011
  37. [PDF] STIF - Prolongement du T1 et du T3, communiqué de presse du conseil du 13 décembre 2012
  38. Page sur l'enquête publique du prolongement du tramway entre la porte de la Chapelle et la porte d'Asnières, sur tramway.paris.fr. Consulté le 29 mai 2013.
  39. a, b et c Prolongement du T3 à Porte d’Asnières – remise du rapport d’enquête publique, 11 octobre 2013, Mairie de Paris
  40. La station, qui était en option, est retenue dans le projet final.
  41. a et b Débat public - Cahier d'acteur n°9 Cercle Ouest Parisien d'Études ferroviaires - COPEF (archive)
  42. Tramway à Paris: Hidalgo veut boucler la boucle des Maréchaux, Le Moniteur, 16 avril 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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