Lignages de Bruxelles

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Les blasons des Sept Lignages de Bruxelles, gravés par Jacques Harrewyn, 1697.

Les sept Lignages de Bruxelles qui avaient nom[1] Sleeus, Sweerts, Serhuyghs, Steenweeghs, Coudenbergh, Serroelofs, et Roodenbeke ont formé depuis le Moyen Âge une classe d’hommes ayant le monopole jusqu'en 1421, au sein de l'administration urbaine, des fonctions dirigeantes civiles, militaires et économiques. Cette institution a existé jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Toutefois à partir de la révolution urbaine de 1421, les représentants des corporations formées en Nations, ont également exercés des charges correspondantes. Cependant, la charge d'échevin et de capitaines des milices urbaines fut toujours exclusivement réservée aux membres des Lignages.

Fonctions des Lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

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  • À leur première fonction civile et judiciaire correspondait leur rôle d'échevins c'est-à-dire de juges et d'administrateurs de la ville.
  • À leur seconde fonction militaire correspondait leur rôle de chefs des milices et de la cavalerie urbaines puis de capitaines des gardes bourgeoises.
  • À leur troisième fonction correspondait leur rôle dans le développement économique et leur service pour le bien-être de la population en tant que dirigeants de la Suprême Charité, fondateurs et gestionnaires d'hôpitaux, d'hospices et d'institutions de bienfaisance ainsi qu'en tant que Doyens et Octovirs de la Chambre de Commerce appelée Gilde Drapière, Surintendants du canal de Bruxelles ou responsables des travaux et de l'embellissement public.

Système de gouvernance[modifier | modifier le code]

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Les "Lignages de Bruxelles" constituaient ainsi, comme dans plusieurs autres cités européennes dirigées par des Lignages urbains, un type de gouvernance clanique où la capacité d'exercer une fonction publique était subordonnée à l'appartenance, prouvée par une preuve généalogique patrilinéaire ou matrilinéaire, à un de ces sept clans ou lignages privilégiés.

Ce système ayant existé sans interruption à Bruxelles du Moyen Âge jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, il a laissé de nombreuses traces dans l'histoire urbaine qui ne peut être évoquée sans rappeler cette ancienne organisation de la cité.

Histoire et institution[modifier | modifier le code]

L'élection annuelle ou Keuse, pour le renouvellement du Magistrat à la Saint-Jean d'été[modifier | modifier le code]

L'échevin Herkenbald égorgeant son neveu qui a commis une forfaiture. Il symbolise l'échevin des Lignages dirigeant la cité avec sagesse et justice. Cul de lampe ornant l'hôtel de ville de Bruxelles (reproduction de la sculpture originale du XVe siècle déposée au Musée de la Ville de Bruxelles).
Le héros bruxellois Éverard t'Serclaes traîtreusement poignardé par un vassal du seigneur Sweder d'Abcoude. Il symbolise l'échevin des Lignages défendant la cité avec force contre les ennemis d'au-delà des remparts. Cul de lampe ornant l'hôtel de ville de Bruxelles (reproduction de la sculpture originale du XVe siècle déposée au Musée de la Ville de Bruxelles).

Tous les ans le magistrat de Bruxelles était renouvelé à la Saint-Jean d'été.

Onze jours avant la Saint-Jean, aux Ides de juin[2], soit le 13 juin, les membres des Lignages se réunissaient pour procéder au vote et pour participer à un banquet solennel.

L'on procédait ainsi d'après un règlement de 1375:

  • Dans chaque lignage il est distribué autant de boules de cire que de membres présents.
  • Quatre d'entre elles sont marquées intérieurement d'un trait blanc, une d'un trait noir.
  • Les quatre lignagers qui se trouvent en possession d'une boule à trait blanc sont directement électeurs au deuxième degré. Ils se réunissent à part et choisissent à la majorité un candidat échevin.
  • À défaut de majorité, le détenteur de la boule à trait noir intervient et tranche.
  • Ces cinq électeurs ne peuvent toutefois désigner l'un d'entre eux.
  • Le façonnage et la distribution des boules sont répétés trois fois pour préparer l'élection de chacune des trois personnes à présenter au choix du duc, le 19 juin, c'est-à-dire un pour chacun des sept lignages, en vue de leur nomination solennelle le 24 juin à la Saint-Jean d'été.

Ce système de vote fut modifié au cours des siècles mais les votants devaient toujours jurer en conscience de choisir "le meilleur (pour défendre la cité), le plus sage (pour la diriger) et le plus utile (pour la rendre prospère)[3].

Les nouveaux élus entraient alors en charge le jour de la Saint-Jean d'été (24 juin).

Conditions d'admission[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir être admis en cette oligarchie des Lignages, il fallait prouver au moyen de preuves généalogiques que l’on était issu de ces familles privilégiées[4].

Mais cette condition ne suffisait pas, il fallait en outre avoir la qualité de Bourgeois de Bruxelles, n'exercer aucun métier et vivre uniquement de ses rentes. C'est ainsi que de nombreuses familles membres des Nations descendaient des Lignages mais ne pouvaient pas y entrer si leurs membres exerçaient des "métiers bourgeois" et avaient une activité économique. Les familles bruxelloises issues des lignages conservaient soigneusement (et même jusqu'à nos jours) leur généalogie afin qu'un des leurs n'exerçant pas de métiers (avocats, seigneur de village, etc.) puisse le cas échéant y être admis.

On estimait en effet dans l'Ancien Régime qu'il était incompatible d'avoir une activité au service de l'État et d'avoir des intérêts commerciaux.

Il en était de même pour la noblesse, classe dédiée au service de l'État, car dès qu'un de ses membres exerçait une activité commerciale il y avait dérogeance et il était exclu de la noblesse. Cette prescription visait à ce qu'il n'y ait pas confusion entre intérêts privés et publics.

Historique[modifier | modifier le code]

Rosace des Sept Lignages, gravée dans Puteanus, Bruxella Septenaria, 1656

Une charte de 1306 scellée par le duc de Brabant, Jean II renouvelait leurs privilèges tels qu’ils étaient d’application du temps de leurs ancêtres.

Durant tout l’Ancien Régime, les Premier-Bourgmestre, les sept échevins, le premier doyen de la Gilde Drapière, les Capitaines de la Garde bourgeoise, les Trésoriers de la ville et les Superintendants des Serments étaient exclusivement issus des sept Lignages.

Depuis les sanglants troubles civils de 1421 entre les gens des Lignages et les riches bourgeois chefs des Métiers, formés en corporations, ceux-ci purent se grouper en neuf « Nations », regroupant 49 corporations. Il est inexact d'appeler cette révolte de 1421 « révolution démocratique » car ce fut une lutte pour le pouvoir entre les lignagers détenteurs du sol et de riches membres des corporations détenteurs du nouveau pouvoir économique.

Ces "Nations", appelées ainsi car composées de bourgeois natifs, étaient également des organismes de droit public qui élisaient en leur sein, notamment, le Second-Bourgmestre, le Second-Doyen de la Gilde Drapière, les six Conseillers ayant, comme les échevins des Lignages, pouvoir exécutif (à ne pas confondre avec les actuels conseillers-communaux, faisant partie du pouvoir législatif communal).

Toutefois, le nombre des fonctions lignagères resta toujours supérieur à celui des fonctions des Nations de telle sorte que les décisions des Lignages aient toujours la majorité des votes.

Après la fin de l’Ancien Régime le pouvoir des lignages ne disparut pas d’un seul coup, et longtemps encore les descendants des Lignages de Bruxelles ont exercé des fonctions civiles ou politiques importantes dans la cité.

Demeures lignagères[modifier | modifier le code]

Les Lignages se réunissaient à l'hôtel de ville. Au Moyen Âge certaines familles membres des Lignages[5] et des familles seigneuriales, possédaient des maisons fortes, appelées herberghe, porta, dont les archives ont conservé les domonymes et que les historiens du XIXe siècle ont appelé des steen. Chaque lignage ne possédait pas son steen commun[6], comme c'était le cas dans d'autres villes comme, par exemple, pour les Paraiges de Metz, mais elles étaient les demeures d'importantes familles du patriciat urbain.

On relève[7] comme noms, la "Poorte van Coeckelberg", la "Poorte van den Galoyse", "de Gouden Poorte", la "Priemspoorte", la "Raempoorte" (à Overmolen), la "porta" des t'Serclaes, dit "le Palais", la "Slozenpoorte" (au Sablon), la "Poorte van de Tafelronde", la "Poorte van Vianen".

Henne et Wauters mentionnent encore[8] :

  • Cantersteen ("steen du chantre"[9]) à l'angle des rues de la Madeleine et de l'actuelle rue de l'Empereur. Ce steen était habité en 1252 par Guillaume Pipenpoy[10], bourgeois de Bruxelles, membre des Lignages et échevin vers 1227-1230.
  • Maximilaens-steen, in de Berghstraete (dans la rue de la Colline),
  • Serhuygs-kint-steen[11], ontrent de groote Merkt (près de la Grand-Place, aujourd'hui au "Roy d'Espagne"),
  • Valckenborgh, achter de groote Merkt (derrière la Grand-Place),
  • Sout-huys, achter den Choor van Sinte Nicolaes kercke (derrière le chœur de l'église Saint-Nicolas),
  • Payhuys, by Sinte Nicolaes kercke, recht over de Fonteyn van de dry Goddinnen (près de l'église Saint-Nicolas face à la fontaine des trois Grâces). Ce steen, mentionné à partir de 1350, était habité par la famille Paihuse, faisant partie de l'aristocratie urbaine bruxelloise[12].
  • Platten-steen, in de straete van den selven name (dans la rue du même nom, plattesteen).

Gardiens des portes et des remparts[modifier | modifier le code]

Les Lignages étaient chargés de défendre les portes et les remparts[13] de Bruxelles. En 1383, chaque Lignage eut la charge de défendre une des sept portes de l’enceinte de Bruxelles et une partie du rempart. Le Lignage pouvait aussi utiliser cette porte pour y enfermer les membres du lignage ayant eu une conduite blâmable. En 1422, suite aux sanglants événements de 1421 qui avaient mené à un nouvel équilibre du pouvoir entre les patriciens bruxellois rassemblés dans les Lignages de Bruxelles et les représentants des métiers qui constitueront alors les neuf Nations de Bruxelles, cette charge de défense des portes et des remparts fut également partagée.

  • La Porte de Cologne fut défendue en 1383 par le Lignage Coudenbergh, auquel s’adjoint en 1422 la nation de Saint-Géry.
  • La Porte d'Anderlecht fut défendue par le Lignage t’Serroelofs, auquel s’adjoint en 1422 la nation de Saint-Christophe.
  • La Porte de Laeken fut défendue par le Lignage Sleeus, tâche partagée à partir de 1422 avec la nation de Notre-Dame.
  • La Porte de Louvain fut défendue en 1383 par le Lignage Uten Steenweghe, secondé en 1422 par la nation de Saint-Jean.
  • La Porte de Hal fut défendue en 1383 par le Lignage Serhuyghs, secondé en 1422 par la nation de Saint-Laurent.
  • La Porte de Flandre fut défendue par le Lignage Sweerts, secondé en 1422 par la nation de Saint-Gilles.
  • La Porte de Namur fut défendue en 1383 par le Lignage Rodenbeke, secondé en 1422 par la nation de Saint-Jacques.

Droit à la bourgeoisie de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Tout descendant des Lignages de Bruxelles pouvait obtenir gratuitement la bourgeoisie de Bruxelles. L'article 210 des Coutumes observées par ceux de la ville de Bruxelles, transmises au Conseil de Brabant le 20 mai 1570[14], prévoyait en effet que :

210. Item, die van de zeven geslachten van Brussel zyn genietende dezelve ende gelyke privilegiën, rechten, vryheden, ende exemptiën als de voors. poorters, ende staen tot gelyken rechte ende judicature. (Article 210. Ceux des sept lignées de Bruxelles jouissent des mêmes privilèges, droits, immunités et exemptions comme les bourgeois prédits, et sont soumis aux mêmes droit et judicature.)

C'est ainsi que plusieurs descendants des Lignages Steenweeghs (les descendants de Gabriel van der Elst) et Coudenbergh (les descendants de Catherine Spyskens, d'Overysse) firent reconnaître leur origine lignagère pour bénéficier gratuitement de la bourgeoisie de Bruxelles.

Les Lignages de Bruxelles et la célébration de l'Ommegang[modifier | modifier le code]

Notre Dame des Victoires du Sablon, puissante protectrice de la ville de Bruxelles, debout sur sa barque. C'est sous son égide et en son honneur que se déroule chaque année l'Ommegang de Bruxelles auquel participent toujours les Lignages de Bruxelles.

Un des moments importants de la vie des Lignages de Bruxelles jusqu'à nos jours[15] est la participation annuelle à l'Ommegang qui était à l'origine la plus importante procession lustrale de Bruxelles faite en l'honneur de Notre-Dame des Victoires du Sablon, la puissante protectrice de la ville de Bruxelles.

Elle se déroulait le dimanche précédant la Pentecôte, qui était également le jour de la fête de la ville de Bruxelles.

Les magistrats et membres des Lignages, vêtus de la robe rouge écarlate -le fameux écarlate[16] bruxellois teinté dans le sang de taureau - précédant immédiatement avec le magistrat la statue de la Vierge, participaient, comme toujours actuellement, à ce cortège sacré.

La bourse d'étude van Bronchorst[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle par testament, Henri van Bronchorst[17]fonda une bourse d'étude en faveur des membres des lignages de Bruxelles afin de faire des études, à l'origine, à l'université de Douai. Le choix de cette université n'est plus obligatoire aujourd'hui, mais cette bourse, pour la rhétorique, la philosophie, la théologie, le droit ou la médecine, est toujours existante et chaque année, un descendant des Lignages de Bruxelles peut l'obtenir auprès de l'administration des bourses d'études. Le montant de cette bourse est augmenté par l'Association royale des descendants des Lignages de Bruxelles.

L'activité de bienfaisance des Lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Outre leurs fonctions judiciaires et administratives ainsi que militaires, les Lignages de Bruxelles exerçaient également la bienfaisance et se préoccupaient des besoins et du bien-être de la population.

C'est ainsi que l'administration urbaine a créé un service administratif de secours aux indigents, appelé la "Suprême Charité", dont les maîtres généraux étaient choisis uniquement parmi les membres des Lignages à la sortie de leurs charges dans la magistrature urbaine.

Entre le XIIe et le XVIIIe siècle le magistrat lignager de la ville de Bruxelles a fondé en tant qu'institutions officielles de nombreux hospices pour vieillards, établissements pour enfants, hôtelleries pour pèlerins, infirmeries et maisons pour pauvres.

À côté de cela, les membres des Lignages ont eu également au cours des siècles à titre personnel une importance activité de bienfaisance privée[18] et créé de nombreuses fondations et hôpitaux destinés à soulager la misère de la population ou des membres des lignages tombés dans l'indigence. Ces fondations privées ont continué à exister jusqu'à la fin de l'Ancien Régime et furent après la Révolution françaises regroupées au sein des Hospices Réunis, toujours existants.

Parmi ces fondations de bienfaisance fondées à titre personnel par des membres des Lignages, l'on peut citer:

  • 1128: Hospice Saint-Nicolas, cité dès 1128, à côté de l'église du même nom, destiné aux lignagers tombés dans la misère ou devenus infirmes.
  • 1263: Hospice Ter Arken, rue Salazar 17, fondé avant 1263 par un membre de la famille Clutinc et destiné aux membres du lignage Serhuyghs.
  • 1356: Hospice de la Sainte-Trinité, fondé avant 1356 par la fameuse mystique Heilwige Bloemart dite Bloemardine, fille de Wilhelmus Bloemart, bourgmestre de Bruxelles en 1282 et échevin en 1261, 1270, 1283, et destiné aux membres du lignage Serroelofs.
  • 1388: Fondation Sainte-Élisabeth de Hongrie ou de Landuyt, fondée en 1388 par l'évêque Jean t'Serclaes.
  • 1522: Hospice Sainte-Croix, rue Haute, fondé en 1522 par Charles t'Seraerts.
  • 1622: Hospice t'Serclaes ou de Sainte-Anne, rue de la Fiancée, fondé en 1622 par Anne t'Serclaes.
  • 1656-1658: Hospice dit des Neuf Chœurs des Anges, rue des Chevaux fondé en 1656-1658 par demoiselle Louise van der Noot.

Quelques institutions semblables[modifier | modifier le code]

Même si l'institution des lignages de Bruxelles, dont la base juridique était définie dans la loi municipale, avait un caractère de survivance unique, on peut la comparer à d'autres structures urbaines ou sociales similaires tels que les phratries antiques, les curies de Rome, les clans écossais et polonais, ou dans une moindre mesure japonais, qui constituent également un type d'organisation familiale de la société regroupant par voie féminine diverses familles ou gentes, sans bien sûr prétendre qu'il y aurait entre elles d'autres rapports qu'une ressemblance sous certains aspects[19] .

Les armes de la ville de Bruxelles sont de gueules plain. La plupart des lignages et des anciennes familles lignagères anciennes portent ce blason brisé de divers meubles.

En Irlande, il y avait les Tribus de Galway (Treibheanna na Gaillimhe).

Dans les villes allemandes, il y avait également des sociétés de patriciens, ainsi à Cologne il y avait les "XV lignages de Cologne", comme les Lignages d'Alten Limpurg de Francfort qui existent toujours actuellement.

En France, on peut citer les Lignages de Toul, les Paraiges de Metz et les Estendes de Verdun.

En Espagne, un même système de lignages (Caballeros villanos) existait également dans la ville de Soria.

Remarquons que Thomas More[20] donne un type de gouvernement semblable aux Lignages de Bruxelles à la ville d'Amaurote, capitale d'Utopie: "Trente familles élisent chaque année un magistrat que l'on appelait syphogrante dans l'ancienne langue du pays et phylarque à présent".

L'héraldique lignagère[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne l'indication des armoiries par famille le choix a été fait dans la liste qui suit, d'indiquer les armes les plus couramment admises. Mais en fait, il faudrait presque faire un armorial par personne, car très souvent les membres des lignages brisaient et personnalisaient leurs armes (jusqu'au XVIIIe siècle) soit en y ajoutant des meubles, soit en changeant un émail, soit en écartelant avec les armes de leurs ascendance lignagère, soit avec un franc-quartier etc. Cet usage des brisures[21] était rendu nécessaire car du fait même du système lignager, il y avait de nombreux membres du magistrat qui portaient le même nom de famille et leur usage était donc nécessaire pour identifier les décisions de chacun sans le confondre avec un autre membre de sa famille. L'étude des sceaux des échevins ou des jetons des receveurs du canal en donnent jusqu'à une époque récente de nombreux exemples.

Armoiries des sept Lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Blason des Lignages de Bruxelles, dans un manuscrit du XVIIIe siècle.
  • Blason famille fr Delpuech-de-Cagnac.svg Sleeus : de gueules plain qui est Bruxelles, au lion d'argent.
  • Coudenbergh : de gueules plain qui est Bruxelles, à trois tours d'argent ajourées du champ, ouvertes d'azur.
  • Steenweeghs : de gueules plain qui est Bruxelles, à cinq coquilles d'argent rangées en croix.
  • Serroelofs : de gueules plain qui est Bruxelles, à 9 billettes d'argent, rangées 4, 3 et 2.
  • Roodenbeke : d'argent à la bande ondée de gueules.
  • Blason famille be Sweerts (Lignage de Bruxelles).svg Sweerts : parti-émanché d'une demi pièce et de 4 entières d'argent sur gueules.
  • Blason Famille be Pipenpoy.svg Serhuyghs : d'azur à trois fleurs de lys au pied coupé d'argent.

Survivance des Lignages de Bruxelles : l'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Les actuels descendants des lignages de Bruxelles se sont regroupés au sein de l'Association royale des descendants des lignages de Bruxelles ou ARDLB, à laquelle le roi Baudouin avait accordé sont haut patronage [22], sa famille étant elle-même issue de chacun des sept lignages[23].

Les Lignages s’occupent actuellement principalement de la défense du patrimoine culturel et historique de Bruxelles.

Liste et armorial des personnes admises aux Lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Seigneuries appartenant à des membres des Lignages de Bruxelles[modifier | modifier le code]

Pour être membre de l’oligarchie des lignages de Bruxelles il fallait impérativement n’exercer aucune profession et vivre uniquement de ses rentes. Aussi, de nombreux membres des Lignages étaient ils seigneurs et vivaient-ils des revenus féodaux.

En se basant sur la recension de Désiré van der Meulen, la liste de diverses seigneuries possédées par les membres des Lignages a été établie. Ces seigneuries sont répandues un peu partout dans le Brabant tant flamand que wallon et témoignent de la puissance économique de la ville de Bruxelles et des lignagers bruxellois qui étaient ainsi possesseurs d’une partie importante du sol brabançon.

À côté du nom des seigneuries nous avons indiqué le nom de la famille lignagère.

  • Aa (de Tribolet, Villegas)
  • Alsingen (van Horenbeke)
  • Altena (des Pomereaux)
  • Annecroix (Huysman)
  • Anvers (marquisat d’) (van Beughem)
  • Assonville (van Caverson)
  • Attenrode (de Man)
  • Baerdeghem (de Martigny)
  • Beersel (de Man)
  • Belle (Huysman)
  • Berchem (Locquenghien)
  • Berg (Steelant)
  • Berghes (Longin)
  • Berghes-Saint-Winnocq (de Longin, Schotte)
  • Berleghem (de Rodouan)
  • Bernonsart (Madoets)
  • Blanckenaer (van Heusden dit d’Elshout)
  • Bodeghem (de Walsche, Fierlant)
  • Bois-Jean (du Bois de Fienne)
  • Bois-St.-Jean (Huys)
  • Bommelette (de Saint-Victor)
  • Boondael (de Varick)
  • Borchgravenbroeck (Charliers)
  • Bornival (van der Dussen)
  • Bouchout (van Laethem, van Transil, Villegas)
  • Boucquet (Francquen)
  • Bruxelles (Vicomté) (de Varick)
  • Bueken (van Christynen)
  • Buisseret (Charliers)
  • Bulloy (Orts)
  • Buysinghen (Micault)
  • Buzet (van Reynegom)
  • Calenelle (Marotte)
  • Carloo (van der Noot)
  • Celles (de Visscher, de Winter)
  • Chapelle-saint-Ulric (de l’Espinoy)
  • Chasteleer (du Chasteler)
  • Château (de Bregilles)
  • Chesnoy (van Nuffel)
  • Clabecq (de Coutereau)
  • Clercamp (Villegas)
  • Coelen (van der Dussen)
  • Coensbergh (van Reynegom)
  • Coquerie (La) (de Bretel)
  • Corbais (Hinckaert)
  • Corbeke (Donghelberghe, van den Heetvelde)
  • Court-au-Bois (la) (d’Olmen)
  • Court-Saint-Étienne (van Laethem)
  • Crainhem (Baronaige, van den Heetvelde)
  • Cruyckenbourg (de Fourneau, t’Serclaes)
  • Delval (de Beeckman)
  • Dieghem (van Brecht)
  • Droissel (de Launay)
  • Droogenbosch (Hertewyck)
  • Duras (van der Noot)
  • Duynen (van Nuffel)
  • Eeckhoven (van den Heetvelde)
  • Elewyck (Baronaige)
  • Erps (de Boisschot)
  • Esscheloo (Reynegom)
  • Estainbourg (Villegas)
  • Eversbeke (de Fourneau)
  • Eversberghe (de Busleyden)
  • Eynthout (van Spoelberg)
  • Eysinghen (de Varick)
  • Fauconval (de Bernard)
  • Fléchières (Brambilla)
  • Ganshoren (van der Eycken, Villegas)
  • Gentinnes (d’Udekem)
  • Gentisart (van Reynegom)
  • Ghelin (Bruno Caraccioli)
  • Ghete (de Coutereau)
  • Gierts (de Busleyden)
  • Glabbeke (de Cottereau, de Flodorp)
  • Gomont (Arazola de Onate)
  • Goycke (Baronaige, Taye)
  • Grand-Bigard (Estor, van den Tymple, de Boisschot)
  • Grosbergh (Bavière-Grosbergh)
  • Habbeke (de Fourneau)
  • Haeren (van den Wouwere, Madoets)
  • Haghedooren (van Gaethoven)
  • Haine (van Senst)
  • Ham (Villegas)
  • Hamme (van Hamme)
  • Harcourts (Schotte)
  • Havenguarde (de Martigny)
  • Haye (la) (de Gottignies)
  • Heembeke (van Oss)
  • Heetvelde (van Reynegom, Quarré)
  • Herent (t’Serclaes, van der Ee)
  • Herenthout (van Reynegom)
  • Herlaer (Donghelberghe, van Reynegom)
  • Herseau (Baronaige)
  • Heukelom (van Eynatten)
  • Heynsbroeck (van Nuffel)
  • Hobruge (de Man)
  • Hoelede (Locquenghien)
  • Honzem (Huysman)
  • Hooberghe (Quarré)
  • Hove (des Pomeraux)
  • Hovorst (Villegas)
  • Huldenberghe (de Baudequin)
  • Huysinghen (Micault, de Varick)
  • Immerseele (van de Werve)
  • Impel (van Reynegom)
  • Jauche (de Coutereau)
  • Jette (van der Eycken)
  • Jodoigne (de Villers)
  • Kestergat (van der Dussen)
  • Kieseghem (van der Noot)
  • Koekelberghe (van Zinnick)
  • Lacre (de la Biestate)
  • Laeken (Blitterswyck)
  • Laethove (van Impde)
  • Lennick (les deux) (de Man)
  • Liberchies (de Varick)
  • Libersart (de Varick)
  • Limelette (van Ursel)
  • Loddyck (de Man)
  • Lodelinsart (van den Eede)
  • Lombeke (de Fourneau)
  • Lomprez (de la Douwe)
  • Londerzeel (Boot)
  • Loonbeke (van der Vorst)
  • Loupoigne (de Mol)
  • Loyens (van Grave)
  • Luttre (Villegas)
  • Machelen-Sainte-Gertrude (de Gottignies)
  • Malèvre (Stradio)
  • Melis (Alvaredo y Bracamonte)
  • Melroy (van Velde)
  • Melsbroeck (Locquenghien)
  • Merchtem (Pipenpoy)
  • Meysse (de Gottignies)
  • Molhem (de Fraye)
  • Montigny (de Launay)
  • Moorsrolle (van Impde)
  • Moortsel (Loyens)
  • Mothe (la) (Huysman)
  • Mothe au Bois (la) (van Senst)
  • Mouillerie-Nuyenhove (de Lalaing)
  • Mousty (de Spanghe)
  • Nederbrulle (van Paffenrode)
  • Neder-Hespen (van Assche)
  • Neder-Ockerzeel (t’Serclaes)
  • Nederwinde (de la Biestrate)
  • Neeryssche (de Gottignies)
  • Neufcour (Huysman)
  • Nevele (della Faille)
  • Nieuwenhove (Berlo, de Steenhout)
  • Nosseghem (de Keysere, van Nevele)
  • Odomont (Charliers)
  • Oetinghen (de Mol)
  • Ohain (de Lalaing)
  • Olmen (Happart)
  • Oostkerke (de Corte)
  • Opdorp (de Marselaer, Aerts)
  • Ophalfen (t’Serclaes)
  • Ophem (van T’Sestich, van der Beken)
  • Over-Hespen (van Assche)
  • Pepinghen (Raveschot)
  • Perck (Baronaige, Marselaer, Steelant)
  • Peterbroeck (Geeraerts)
  • Peuthy (de Baudequin)
  • Poederlé (de Steenhuys)
  • Putte (van der Stegen)
  • Queue (La) (Josse t’Kint)(°9-10-1682/+5-3-1761)échevin de Bruxelles, du lign. Serhuygs en 1726.
  • Quieuvrain (Marotte)
  • Releghem (Villegas)
  • Rèves (Donghelberghe)
  • Rithoven (de Broechoven)
  • Rivière (van der Eycken, Villegas)
  • Rivieren (de Mailly)
  • Rollant (de Mol)
  • Rommerswael (van der Gracht)
  • Ruart (Verreycken)
  • Saint-Georges (van der Eycken)
  • Saint-Lambert (de Varick)
  • Saint-Pierre-Jette (Villegas)
  • Saint-Remy (d’Olmen)
  • Sanghen (de la Douwe)
  • Sart (le) (de Herzelles)
  • Schavenberghe (van Dongelberghe)
  • Schiplaeken (de Visscher)
  • Schoonhove (van Eynatten, van der Noot)
  • Serville (Villegas)
  • Sombeke (Boot)
  • Stabroeck (van Glymes)
  • Stakenbourg (van Reynegom)
  • Stalle (de la Douwe, de Mailly, van Hamme)
  • Steen (Duquesnoy)
  • Steenkerke (de Gottignies)
  • Steenwerve (de Boccabella)
  • Stockel (van Male)
  • ten Bossche (Powis)
  • Terbrugghe (Hinckaert, Burbure)
  • Termeeren (des Cordes, de Man)
  • Ternath (de Fourneau)
  • Thérouane (de l’Espinoy)
  • Thielen (van Baexem)
  • Thildonck (van den Heetvelde, l’Archier)
  • Thy (Huys, de Ghistelles)
  • Tiberchamps (Ryckewaert)
  • Tourneppe (Micault)
  • Traulez (de Visscher)
  • Ulleberghe (Streignaert dit Charles)
  • Ursele (van Doetinghem)
  • Velthem (Boote)
  • Viersel (Villegas)
  • Vieuxsart (de Beeckman)
  • Villers-Peroin (de Villers)
  • Vorselaer (Proost)
  • Vrechem (van der Noot)
  • Waelsberghe (Baert)
  • Waerbeke (de Steenhout)
  • Waesmont (van Uffele)
  • Walcourt (de Man)
  • Wambeke (de Fourneau)
  • Wannick (van der Noot)
  • Wegerwalle (du Bois)
  • Wemmel (Taye)
  • Wesenbeke (Boote, Burbure)
  • Westmalle (Powis)
  • Wilmeson (van Gaethoven)
  • Winxele (van Couwenhove)
  • Witterzee (van Caverson)
  • Woluwe-Saint-Lambert et Saint-Pierre (d'Armstorff)
  • Wolverthem (Baert)
  • Worques (de Fourneau)
  • Woude (de Bernaige)
  • Woudenbroeck (de Gottignies)
  • Zierlant (de Corte)
  • Zillebeke (Donghelberghe)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • 1646: Erycius Puteanus, Bruxella septenaria[2], Bruxelles, 1646.
  • 1650: Curiositeyten raekende de geslachten van Brussel, Bruxelles, vers 1650.
  • 1855: Nicolas Joseph Stevens, Recueil généalogique de la famille de Cock[3], Bruxelles, 1855.
  • 1859: Joseph van der Maelen, « Les sept lignages de Bruxelles », dans : Collection de précis historiques, (publié par Éd. Terwecoren, de la Compagnie de Jésus), Bruxelles, 15 juillet 1859, 182e livraison, VIIIe année, p. 329 à 333 [4], et 1er août 1859, 183e livraison, p. 348 à 355 [5].
  • 1862: Alphonse Wauters, Le duc Jean Ier et le Brabant sous le règne de ce prince (1267-1294), mémoire couronné de l'Académie Royale de Belgique, Bruxelles, 1862, p. 283[6](concerne les différents lignages à Metz, Toul, Verdun etc.)
  • 1869: Désiré van der Meulen, Liste des personnes et des familles admises aux Lignages de Bruxelles, depuis le XIVe siècle jusqu’en 1792, Anvers, Sermon, 1869, in-f°.[7]
  • 1923: Ch. Dens, Le dossier d'un candidat au Lignage de Caudenberg en 1752, dans "Annales de la société d'archéologie de Bruxelles", XXXI, 1923, p. 23–27.
  • 1949: Vicomte Terlinden, Coup d'œil sur l'histoire des lignages de Bruxelles, dans, "Présence du passé", tome II, 1949.
  • 1958: Henry-Charles van Parys, Schéma d'une étude juridique sur les lignages de Bruxelles, dans "Recueil du IVe Congrès International des Sciences Généalogiques et Héraldiques", 1958, p. 429–437.
  • 1959-1960: Philippe Godding, Seigneurs fonciers bruxellois (ca. 1250-1450), dans Cahiers bruxellois, 1959, p. 194 à 223 et 1960, p. 1 à 17 et 85 à 113 sous le lien suivant [8].
  • 1971: Baudouin Walckiers, Généalogies des familles inscrites aux Lignages de Bruxelles en 1376, d’après les travaux de J. B. Houwaert et d’après les sources originales, Bruxelles, 1971, trois volumes, publiées sous la direction de Henry-C. van Parys et François de Cacamp.
  • 1981 : Paul de Saint-Hilaire, Histoire secrète de Bruxelles, Albin Michel, 4 novembre 1981, (ISBN 978-2226013057), pp. 60 à 65.
  • 1981-1982: Joseph de Roovere, Le manuscrit de Roovere conservé au Fonds Général du Cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque Royale de Belgique. Filiations reconnues sous l'Ancien Régime pour l'admission aux Lignages de Bruxelles, éd. par M. Paternostre de La Mairieu, avec une introduction d'Henri-Charles van Parys, Grandmetz, 2 vol., 1981-1982 (Tablettes du Brabant, Recueils X et XI).
  • 1999: Baudouin Walckiers, Filiations lignagères contemporaines, Bruxelles, 1999.
  • 2009: Christopher Gérard, Aux Armes de Bruxelles, Lausanne, éditions L’Âge d’Homme, 2009, p. 49–50 et 94.
  • 2011: Gabriël Van Canneyt et Yves De Heyn, "De zeven geslachten van Brussel", dans : Familiekunde Vlaanderen regio Westkust - Driemaandelijkse Nieuwsbrief, okt.-nov.-december 2011, p. 47–49.

Pour l'héraldique lignagère[modifier | modifier le code]

  • 1855: Nicolas Joseph Stevens, Recueil généalogique de la famille de Cock, Bruxelles, 1855, cité dans les "ouvrages généraux" mais contenant aussi plusieurs planches de blasons en couleurs de familles lignagères, sous le lien suivant : [9]
  • 1898: Johann Theodor de Raadt, Sceaux armoriés des Pays-Bas Méridionaux et des pays avoisinants, Bruxelles, 1898, 4 vol.
  • 1921: Vicomte de Varennes, Armorial des Bourgmestres de Bruxelles, Bruxelles, 1921.
  • 1945: Georges Dansaert, L'armorial des roys-d'armes A. F. Jaerens et Ch. J. Beydaels, Liège, Dessain et Bruxelles, Librairie De Nobele, 1945.
  • 1964: Dr Georges Spelkens, "Armorial du lignage Serhuyghs", dans, Les lignages de Bruxelles, Bruxelles, no 13-14, année 1964.
  • 1979: Fortuné Koller, Armorial ancien et moderne de Belgique, Dison, Imprimerie G. Lelotte, 1979.
  • 2007-2008: Comte (Wenceslas) de T'Serclaes, "Florilège de jetons armoriés bruxellois", dans Les Lignages de Bruxelles, Bruxelles, no 159, année 2007, p. 193–218; no 160, année 2007, p. 225–249; no 161, année 2008, p. 257–270.
  • 2009: Baudouin Walckiers, Les Marselaer à travers cinq siècles, Bruxelles, 2009 (contient de nombreuses descriptions et dessins en couleurs d'armoiries).
  • 2009: Damien Breuls de Tiecken, Armorial bruxellois, Bruxelles, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mina Martens, Note sur l’époque de fixation du nom des sept lignages bruxellois, Cahiers bruxellois, 1959, pp. 173 à 193 et Henri-Charles van Parys, A propos de l’époque de fixation du nom des sept lignages bruxellois, Cahiers bruxellois, 1960, pp. 165 à 192.
  2. Les Ides de juin (13 juin) correspondaient dans le calendrier antique à la fête de Jupiter Invaincu (Festum Iovis Invicti). Jupiter ou Zeus était le protecteur des phratries. Hildegard Doerr, Walter Bednar et Rudolf Spann, Calendarium romanum, éd. E. Bozorghmehri, Herrsching, 1993, (ISBN 3-929280-05-1)
  3. Lors de la "Keuse" annuelle du nouveau Magistrat urbain qui a lieu aux Ides de juin, dix jours avant la Saint-Jean, tous les membres des lignages « s'engagent, si le sort les désigne parmi les quatre électeurs, à choisir en âme et conscience, le meilleur, le plus sage et le plus utile à la Sainte-Église, au Duc, à la ville et au lignage ». Lire: Henri-Charles van Parys, La Keuse ou vote des lignages pour l'échevinage, dans, Les Lignages de Bruxelles, Bruxelles, 1968, p. 21 à 28.
  4. Henri-Charles van Parys, L’admission aux lignages de Bruxelles, Cahiers bruxellois, 1958, pp. 107 à 137 et 253 à 281, 1959, pp. 9 à 30.
  5. Comme par exemple les Clutinc dont le steen fut démoli au début du XXe siècle. Paulo Charruadas, Aux origines de l'aristocratie bruxelloise, Bruxelles, éd. Archives de la Ville de Bruxelles, Studia Bruxellae, 2012, p. 49 : "La famille (Clutinc) posséda un steen sur le Blindenberg, attesté à partir du XIVe siècle et dont des vestiges ont été relevés et photographiés en 1911 par le Comité d'études du Vieux-Bruxelles". Lire aussi : Guillaume Des Marez, L'origine et le développement de la ville de Bruxelles. Le quartier Isabelle et Terarken, Paris-Bruxelles, 1927.
  6. Cette opinion commune erronée de l'époque romantique, selon laquelle chaque lignage avait un steen personnel, a été reprise, mais avec réserve ("selon l'opinion commune"), par les érudits Alexandre Henne et Alphonse Wauters dans leur Histoire de la ville de Bruxelles, Bruxelles, 1845, p. 22 : "Chacune de ces associations avait, selon l'opinion commune, un hôtel servant de lieu de réunion ou de refuge en cas d'attaque. On les appelait pierres (steen, lapis), parce qu'elles étaient solidement construites, tandis qu'autour d'elles des masures de bois et d’argile abritaient les cultivateurs et les artisans. Ces maisons ayant été plus tard partagées en un grand nombre de lots, ou destinées à d'autres usages, on n'a pas conservé un souvenir bien exact de leur situation, et l'on ignore complètement de quel lignage chacune d'elles dépendait".
  7. François de Cacamp et alii, Généalogie des familles inscrites aux Lignages de Bruxelles en 1376, Bruxelles, 3 volumes, 1971, passim.
  8. Alexandre Henne et Alphonse Wauters, Histoire de la ville de Bruxelles, 1845, t. I, pp. 22 et 23.
  9. Paulo Charruadas, Aux origines de l'aristocratie bruxelloise, Bruxelles, éd. Archives de la Ville de Bruxelles, Studia Bruxellae, 2012, p. 111, note 1179 : « Le nom Cantersteen signifierait vraisemblablement "steen du chantre", comme le laisse penser une mention de 1323 donnant la citation " retro lapidem cantoris" ».
  10. Paulo Charruadas, Aux origines de l'aristocratie bruxelloise, Bruxelles, éd. Archives de la Ville de Bruxelles, Studia Bruxellae, 2012, p. 111 : « Il (Guillaume Pipenpoy) est décédé au plus tard en 1252, lorsqu'il est fait mention du steen qu'il occupait autrefois au lieu-dit Cantersteen, entre le Coudenberg et le quartier Saint-Nicolas ».
  11. Anne Libois, Note sur deux Steenen bruxellois, le Serhuyghenoyssteen et le Serhuyghskintssteen, Cahiers bruxellois, 1956, pp. 25 à 40
  12. Paulo Charruadas, Aux origines de l'aristocratie bruxelloise, Bruxelles, éd. Archives de la Ville de Bruxelles, Studia Bruxellae, 2012, p. 109 : « La maison en pierre ou steen de la famille, mentionnée à partir de 1350, était située dans le quartier marchand, près de l'église Saint-Nicolas », qui cite P.-L. Régnier, L'urbanisation de Bruxelles au Moyen Âge, depuis les origines jusqu'au milieu du XIVe siècle, thèse de doctorat en histoire (ULB), Bruxelles, 1932, pp. 23-26.
  13. Roel Jacobs, "Lignages de Bruxelles", "Coudenberg", "t’Serroelofs, lignage", "Sleeus, lignage", "Steenweghs, lignage", "Serhuygs, lignage", "Sweerts, lignage", "Rodenbeke, lignage", dans : Dictionnaire d’Histoire de Bruxelles, sous la direction de Serge Jaumain, Bruxelles, 2013, sub verbis.
  14. Recueil des anciennes coutumes de la Belgique, publié par ordre du Roi, sous les auspices du Ministre de la Justice, par les soins d’une commission spéciale, Coutumes du Pays et duché de Brabant, quartier de Bruxelles, Tome premier, Coutumes de la ville de Bruxelles, par A. De Cuyper, conseiller à la Cour de cassation, membre de la Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de la Belgique, Bruxelles, Fr. Gobbaerts, imprimeur du Roi, successeur d’Emm. Devroye, rue de Louvain 40, Bruxelles, 1869.[1]
  15. Les membres de l"Association royale des descendants des lignages de Bruxelles" participent à l'Ommegang actuel reconstitué en 1930
  16. Claire Dickstein-Bernard, "Une ville en expansion", dans: Histoire de Bruxelles, publiée sous la direction de Mina Martens, Toulouse, Privat, 1976, p. 111: « Le drap qui fait la fortune de Bruxelles, celui que le drapier met sur son banc devant lui à la Halle, c'est l'"écarlate" ("scaerlaken"), drap tondu et retondu ("scaeren") mais que fréquemment l'on teint en rouge de graine (d'où le sens actuel du mot écarlate). Long de 48 aunes (33,360 mètres), il est fabriqué avec de la laine anglaise par les seuls "frères" de la Gilde qui en ont le monopole. Les autres drapiers ne peuvent fabriquer que les unicolores "marbrés" ou "mêlés" de 42 aunes, et les draps plus courts. »
  17. Henri van Bronchorst (ou Henri de Bronckhorst), né en 1560 et mort le 21 juin 1629, était, d’après Christophe Butkens (« Supplément aux trophées tant profanes que sacrés du Duché de Brabant », tome second, pages 277 et 278), d’une famille originaire de Gueldre, seigneur de Reittert (Ruttert d’après son testament et H.-C. van Parys), capitaine châtelain du château de Vilvorde par lettres patentes du 5 juillet 1600 ( 4 janvier 1601 d’après H.-C. van Parys), et avait fondé sept bourses d’études de 130 florins par an pour sept étudiants faisant leurs études en l’université de Douai, depuis en l’université de Louvain. D'après Butkens, il descendait des sept nobles et patriciennes et privilégiées famille de la ville de Bruxelles, ayant servi Sa Majesté quarante-deux ans avec honneur, fidélité et lustre, fut enterré dans l’église de Vilvorde. Son mausolée, avec une épitaphe et son portrait, existe toujours aujourd’hui dans l’église. L’appartenance d’Henri de Bronckhorst aux Lignages de Bruxelles ne semble cependant pas établie pour Henry-Charles van Parys (« La Fondation Bronchorst » dans la revue « Les Lignages de Bruxelles », 1986, pages 289 et suivantes). Henri de Bronckhorst, avant sa nomination comme châtelain de Vilvorde, avait été soldat, vraisemblablement de grade peu élevé, mais était également poète. Ainsi, il laissa un gros cahier de 129 feuillets contenant entre autres des vers latins, un poème en guise d’épitaphe pour son frère Englebert de Bronckhorst, tué à l’ennemi le 28 mai 1586 âgé de 24 ans, des poèmes divers consacrés à d’amoureux désespoirs ou à des expansions sentimentales, outre quelques sonnets, sixains, épigrammes adressés à une dame nommée Catherine de Baudequin, à Mme la baronne de Jauche, à Mlle de Melyn, à Mlle Magdaleyne van de Hecke, à Mlle d’Amancourt, à Mlle van de Werve, à Mme de Keghel, à une dame nommée Lucrèce Hincart ainsi qu’à une Mme de Liesfelt (Voyez Charles Ruelens, « Un poète belge inconnu, Henri de Bronckhorst (1560-1629) », Revue de Belgique, 1874, pages 171 à 185).
  18. Lire principalement: Stéphane Demeter et David Guilardian, "Implantation des hospices et hôpitaux à Bruxelles (XIIe-XVIIIe siècles)", dans Hôpitaux du Moyen Âge et des temps Modernes. Actes, Archaeologia Mediaevalis, n° 25, Bruxelles-Gand-Namur, 2002 (publié en 2007), pp. 53-60; ainsi que Claire Dickstein-Bernard, "Sens de l'hospitalité à Bruxelles au Moyen Âge", ibidem, pp. 69-80.
  19. Dans les cités grecques, les "phratries", tout comme les "curies" dans les cités romaines regroupaient les descendants d'un ancêtre commun, elles étaient dirigées par un "phratriarque", les membres étaient appelé "phrateres". De même à Bruxelles, les membres de la Gilde Drapière, représentant le pouvoir économique des Lignages étaient appelés "s'Gildens Broeders" "Frères de la Gilde". L'on peut également comparer cette structure avec les "clans" en Écosse. Lire: M. Guarducci, L'istituzione della fratria nella Grecia antica, 1937.
  20. Thomas More, Utopie, traduction de Marie Delcourt, livre II, Paris, Flammarion, 2009, p. 339.
  21. En ce qui concerne l'usage longtemps maintenu des brisures dans l'héraldique brabançonne, lire: Paul Adam et Frédéric Collon, « Armoiries brabançonnes médiévales d’après des sources inédites », « Caractéristique de l’héraldique brabançonne, La brisure en Brabant », dans Brabantica, volume IV, Bruxelles, 1959, p. 146: « Au point de vue de l'application des règles héraldiques, on doit semble-t-il distinguer, d'une part les pays où celles-ci sont rigoureusement suivies, comme la France, l’Angleterre, l’Ecosse, que l'on peut qualifier de pays d'héraldique classique ou de stricte observance, et d'autre part les pays où partie seulement des règles sont observées, comme l’Espagne, l'Allemagne, l’Italie.Sous cet aspect, et bien que hors du royaume, les pays "de par deçà le Rhin" suivaient les usages de France. "Ils formaient l'ancienne Marche d'Armes des Ruyers, comprenant les Brabançons, les Haynuiers, les Lyégeois, les Ardenois, les Hasebains et aultres de l’Empire deçà le Rhin." Cette grande marche d'armes avait eu primitivement son roi d'armes, « armorum rex de Ruyris», à la nomination du marquis de l’Empire, autrement dit le duc de Brabant; royauté dont le titulaire le plus connu est le héraut Gelre, auteur du célèbre armorial qui porte son nom. Les plus anciens monuments, soit français soit anglais, confirment que le Brabant observait rigoureusement les usages armoriaux de l'héraldique classique, spécialement en matière de brisure. Les œuvres d'Adenet le Roi (1240-1297), élevé et nourri à la cour du bon duc Henri III, montrent l'application des règles d'alternance des émaux, l'emploi strict de la brisure (soit par changement d'émail, soit par addition d'une pièce) et des surbrisures ou desconnaissances (endenté ou besanté). On doit, en passant, relever l'erreur de De Raadt lorsqu’il affirme que « le Moyen Âge évite la double brisure ». Jusqu’au XVIe siècle, la brisure était d'usage courant et l'édit des Archiducs du 11 décembre 1616, article 5, vint rappeler que les cadets étaient tenus de mettre en leurs armoiries quelque brisure. à l’exception des gentilshommes du Luxembourg et de Gueldre, pays où l’usage de briser n’existait plus. Le Brabant a connu les modes de briser les plus variés; le plus ancien, conservé plus longtemps qu'ailleurs, est la brisure par modification des émaux. Ainsi, tandis que les ducs de Brabant placent sur champ de sable leur lion d'or, les sires de Gaesbeek, issus de Henri Ier, portent le lion d'argent. » Bibliographie donnée: P. Roland, Œuvres inédites du héraut Sicile, 1867, p. 184. - Ant. de la Sale, Des anciens tournois, éd. Prost, p. 194-195. - Beelaerts van Blockland, Beyeren quondam Gelre, 1933. (4) de Raadt, Sceaux armoriés des Pays-Bas, 1, p. 68.
  22. Les Lignages de Bruxelles, n° 69, janvier-mars 1977, p. 134 : « Dans une lettre que nous nous faisons un honneur de reproduire ci-dessus pour l'information de nos membres, le Roi a bien voulu nous faire adresser Ses remerciements et nous faisant part de l'intérêt qu'Il aurait à prendre connaissance de nos travaux. Il a en même temps daigné accorder Son Haut Patronage à notre Association ». Voir aussi : http://www.gdml.be/lignages-roi.htm.
  23. Lire : Baudouin Walckiers, "Filiations du roi", dans : Filiations lignagères bruxelloises contemporaines, Bruxelles, 1999, pp. 8 à 21. Le roi Albert II descend du lignage t'Serroelofs, du chef de son ancêtre Charles, prince de Suède (1861-1951), dont l'ancêtre Guillaume, margrave de Bade-Bade (1593-1677) était le petit fils de Joos van der Eycken inscrit dans le Lignage Serroelofs en 1614 et y siégea jusqu'à sa mort en 1647 et fut bourgmestre de Bruxelles en 1639, 1641, 1642, 1646, 1647. Il descend du lignage Serhuygs du chef de son ancêtre Amélie, princesse de Salm-Kyrbourg (1760-1841), descendante de Wouter III van der Noot, décédé en 1432, seigneur du Risoir, admis au lignage Sehuyghs en 1403, échevin de Bruxelles. Il descend du lignage Roodenbeke du chef de son ancêtre Marie-Thérèse-Caroline Bruce, comtesse d'Ailesbury (1697-1736), descendante de Éverard t'Serclaes, décédé en 1388, le libérateur de Bruxelles, membre du lignage Roodenbeke. Il descend du lignage Sleeus du chef de son ancêtre Charles, prince de Hohenzollern-Sigmaringen (1785-1853), descendant de Jean de Locquenghien (1518-1574), membre du lignage Sleeus, bourgmestre de Bruxelles en 1549, 1550, 1553. Il descend du lignage de Coudenbergh du chef de son ancêtre Louis-Philippe, duc d'Orléans (1725-1785), descendant de Paul van Volcxhem, échevin de Bruxelles du lignage Coudenbergh en 1452. Il descend du lignage Steenweeghs du chef de son ancêtre Caroline-Jacqueline d'Argenteau (1678-1710), descendante de Wautier de Coekelbergh, échevin de Bruxelles en 1362 du lignage Steenweeghs. Il descend du lignage Sweerts du chef de son ancêtre Jean de Locquenghien (1518-1574) descendant de Guillaume van den Heetvelde, échevin de Bruxelles du lignage Sweerts en 1381, 1386, 1391, 1396, 1401, 1406 et 1414.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Manneken Pis en costume des Lignages de Bruxelles. L' Association Royale des Descendants des Lignages de Bruxelles a pensé à honorer le plus vieux bourgeois de Bruxelles, qui est bien digne d’en faire partie, et de lui offrir un habit de bourgmestre des Lignages de Bruxelles.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Lignages de Bruxelles.