Monty Python : La Vie de Brian

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Monty Python : La Vie de Brian

Titre original Monty Python's Life of Brian
Réalisation Terry Jones
Scénario Même liste que les acteurs
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Comédie
Sortie 1979
Durée 92 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Monty Python : La Vie de Brian (Monty Python's Life of Brian) est un film britannique de Terry Jones, sorti en 1979.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ribat de Monastir en Tunisie, lieu de tournage de certaines scènes du film

Dans l'étable avoisinante de Jésus de Nazareth, naît Brian Cohen. Les rois mages d'Orient qui suivent l'étoile se trompent et commencent à rendre hommage à Brian. Sa mère les accueille très discourtoisement et essaie de les flanquer à la porte. Son comportement change quand elle aperçoit les cadeaux précieux (de l'or, de l'encens, de la myrrhe) que les hommes apportent. Mais les rois mages comprennent leur erreur, reprennent les cadeaux et quittent l'étable pour aller rendre hommage au « vrai messie », Jésus Christ.

Trente ans ont passé, Brian et sa mère aiment aller aux conférences (incluant le Sermon sur la montagne de Jésus de Nazareth) ou aux lapidations. Les deux vivent ensemble dans la ville où ils rencontrent des malades et des mendiants, par exemple un ex-malade de la lèpre, qui a été guéri par Jésus et se retrouve dépouillé de son métier.

Comme la majorité de la population, Brian hait les occupants romains. Il gagne de l'argent en vendant des casse-croûte dans l'amphithéâtre (en réalité des organes de gladiateurs morts ramassés par sa mère). Ici, il prend contact avec le « Front du peuple de Judée » (FPJ) et en devient membre, après avoir passé, de manière burlesque, l'épreuve de courage.

La première mission de l'organisation terroriste a pour but l'enlèvement de la femme du gouverneur Pilate. Mais ils échouent car ils se battent dans le palais de Pilate avec l'organisation concurrente de « Galilée libre » qui a le même but qu'eux. Brian, qui était le seul à vouloir une entente entre groupes, survit. Il fuit et se retrouve, après être tombé d'une tour, dans un ovni. Cet ovni est poursuivi puis abattu par un autre et finalement s'écrase à l'endroit où Brian avait embarqué.

Brian est ensuite poursuivi par la milice romaine. Il tente de se camoufler avec une barbe postiche achetée au marché. Mais le marchand le contraint de marchander, une entreprise de longue haleine. Quand finalement le marchand se tourne pour faire le change, Brian fuit avec la barbe et une gourde que le marchand lui avait donnée.

Il arrive au quartier général secret du FPJ. Ses collègues, pensant qu'il était mort, ne sont pas heureux de le voir, car ils craignent que leur Q.G. soit découvert par les Romains. Peu après, un officier romain frappe à la porte. Le vieil habitant Mathias ouvre et pendant qu'une vingtaine de soldats fouille le petit appartement Mathias entame une conversation sur les différentes tortures romaines. Selon lui, la crucifixion est une des plus confortables car on y est au grand air.

Bien que les cachettes des hommes du FPJ soient ridicules, ils ne sont pas trouvés par les soldats romains. Les soldats quittent les lieux et Brian doit s'expliquer car son erreur a permis aux Romains d'arriver au quartier général. Avant qu'une discussion puisse se développer les soldats reviennent.

Ils ne trouvent, avec la même procédure qu'avant, qu'une cuillère de bois. Ils repartent et reviennent rapidement, mais le balcon sur lequel Brian est caché se brise. Il se retrouve alors sur la tribune d'un orateur fou qu'il a heurté dans sa chute.

Brian commence à prêcher pour ne pas être découvert par les Romains. Une masse de gens se rassemble pour écouter ce qu'il dit. Mais après le départ des Romains, il cesse de parler. La foule irritée croit maintenant que Brian connaît la formule de la vie éternelle. Brian, qui essaie d'expliquer qu'il ne sait rien sur cette formule, s'enfuit pour ne plus être importuné par la masse. Mais la foule court après Brian et le suit jusqu'au désert, portant la gourde et la babouche de Brian comme des reliques.

Ici il rencontre un vieil homme assis dans un trou creusé dans la terre et le rejoint pour se cacher. Brian lui écrase le pied et le vieillard commence à crier, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps (il avait fait vœu de silence). Les pèlerins du « messie » Brian le retrouvent, lui demandent des signes et la bénédiction, suite au miracle qu'il a accompli.

Après une nuit avec Judith, la seule femme du FPJ, des masses encore plus grandes se sont formées sous la fenêtre de Brian. Une situation bizarre prend forme et finalement Brian, fugitif, est arrêté par les Romains et condamné à la crucifixion.

Selon la tradition, Pilate a promis de libérer un condamné et le peuple choisit Brian pour ridiculiser le gouverneur une dernière fois, sachant que celui-ci ne sait pas prononcer les R correctement.

Comme Brian jure fortement, il n'entend pas cette bonne nouvelle et son voisin se fait passer pour lui. Brian, qui n'est libéré ni par sa mère, ni par le FPJ, ni par Judith, sera un mort involontaire, un martyr.

Le film se termine avec l'intervention totalement inefficace de l'escadron kamikaze du Front du peuple judéen (à ne pas confondre avec le Front du peuple de Judée), puis avec la chanson Always Look on the Bright Side of Life interprétée en chœur par les crucifiés.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Le doublage français du film n'a été effectué que dans les Années 2000.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Après le succès de Sacré Graal !, un reporter demanda à Idle quel serait le titre de leur prochain film. Bien qu'il n'ait même pas encore été question d'un autre film, Idle répondit au hasard « Jésus-Christ ou la Soif de gloire »[1],[2], réponse qui devint la réponse officielle des membres du groupe quand ils découvrirent qu'elle faisait taire les journalistes. De fil en aiguille, l'équipe commença à envisager initialement un film qui se moquerait de la vie du Christ de la même façon que Sacré Graal ! avait ridiculisé celle du roi Arthur. Toutefois, bien que non-croyants, ils décidèrent qu'après tout Jésus était « quelqu'un de bien » et ne trouvèrent rien à ridiculiser dans ses enseignements. D'un autre côté, ils se méfiaient des religions et décidèrent donc de faire une satire moquant la crédulité et de l'hypocrisie des adorateurs d'un messie improbable.

Le projet s'est dès lors déplacé sur un individu né en même temps, dans une étable avoisinante, et pris par erreur pour le messie. De fait, quand Jésus apparaît dans le film prêchant le Sermon sur la montagne, le comédien Kenneth Colley (qui interprétait Amiral Piett dans Star Wars, épisode V : L'Empire contre-attaque et Star Wars, épisode VI : Le Retour du Jedi) est parfaitement sérieux. L'humour s'installe seulement quand les badauds postés trop loin comprennent ses propos de travers.

Financement et distribution des rôles[modifier | modifier le code]

L'équipe décida d'écrire le script durant une période courte et loin des interruptions quotidiennes du Royaume-Uni. Ils se basèrent dans les Caraïbes pour écrire le scénario. Après l'expérience déplaisante qu'avait été le tournage rustique de Sacré Graal !, ils choisirent de tourner le film suivant en Tunisie. Par contraste avec le film précédent, beaucoup des Pythons considèrent ce tournage comme l'un des plus agréables du groupe et apprécièrent que le script ne soit pas décousu par assemblage de sketches sans rapport évident les uns en suite des autres. C'était pour eux un vrai film avec une histoire et non un film à sketches comme Sacré Graal ! ou The Meaning of Life (cf. interview John Cleese annexé au DVD). Mais leur imprésario Bernard Delfont paniqua en lisant le script, et refusa soudain d'avancer les fonds comme promis, juste avant que le tournage commence. Le projet fut sauvé par George Harrison, qui créa immédiatement Handmade Films afin de financer La Vie de Brian - dont le budget était estimé à 5 millions de livres. Il a affirmé plus tard qu'ayant lu le script, il voulait voir le film. Ce qui permit de dire aux Pythons que ce fut le billet de cinéma le plus cher jamais acheté[3]. La dernière ligne audible du dialogue, par-dessus la chanson finale, est d'ailleurs : « Savez-vous qui a payé pour ces âneries? Ils ne vont jamais revoir leur argent… »

Jones et Gilliam s'étant souvent disputés en coréalisant Sacré Graal !, il fut décidé que cette fois Jones serait le seul metteur en scène. Initialement, Cleese voulait prendre le rôle de Brian mais les autres préférèrent Chapman qui les avait impressionnés par sa « noble » prestance dans le rôle du roi Arthur. (Qui plus est, pendant les répétitions Cleese avait particulièrement brillé dans le rôle de l'activiste Reg qui apparaît dans les mêmes scènes.) À l'exception de Chapman, qui ne joua que Brian, Biggus Dickus et l'un des Rois mages, les membres de l'équipe jouèrent environ quarante rôles à eux cinq. La Vie de Brian eut aussi droit à une courte participation de George Harrison, ainsi que de Spike Milligan, qui se trouvait par hasard en vacances en Tunisie. Keith Moon aurait aussi dû faire une apparition, mais il décéda avant le tournage de sa scène.

Certaines scènes, qui satirisaient le sionisme, ont été censurées[4].

Réception[modifier | modifier le code]

Le film sortit en salle au Royaume-Uni le 8 novembre 1979 et en France le 8 avril 1980.

Lors de la distribution du film, de nombreux groupes chrétiens protestèrent, criant au blasphème, particulièrement choqués par la scène finale où les victimes d'une crucifixion de masse chantent (la chanson d'Idle « Always Look on the Bright Side of Life »). Lors de sa sortie initiale au Royaume-Uni, le film fut interdit par plusieurs conseils municipaux (dont plusieurs dans des localités dépourvues de salle de cinéma). Des militants distribuèrent des pamphlets devant les cinémas, offrant d'ailleurs un tapage publicitaire gratuit au film.

La Vie de Brian fut interdit pendant huit ans en Irlande, et pendant un an en Norvège (la publicité en Suède annonça : « le film tellement drôle que les Norvégiens ont dû l'interdire »)[5]. Le film ne fut pas distribué en Italie avant 1990, onze ans après sa sortie. Le film fut interdit à Jersey jusqu'en 2001, et même alors, il fut interdit aux moins de dix-huit ans.

Critiques[modifier | modifier le code]

Peu après sa sortie au Royaume-Uni, Cleese et Palin participèrent à un débat dans l'émission de la BBC2 Friday Night, Saturday Morning dans lequel Malcolm Muggeridge et Mervyn Stockwood, l'évêque de Southwark, attaquèrent avec mépris le film et ses auteurs. Cleese a souvent expliqué qu'il avait aimé le débat, car il trouvait le film intellectuellement défendable[6]. (Il déclara aussi dans une émission de Dick Cavett : « Soit ces gens sont stupides, ce qui n'est manifestement pas le cas, soit la rage les rend incapables de réfléchir, car en vérité ils m'ont fait gagner beaucoup d'argent ».) Palin par contre était visiblement hors de lui.

L'équipe de Not the Nine O'Clock News reprit d'ailleurs le sujet de cette polémique, en l'inversant : un évêque réalisateur d'un film sur Jésus Christ est pris à parti par un adepte des Monty Python, qui lui reproche notamment de minimiser les souffrances que « Saint John Cleese » a enduré pour eux, et de parodier celui-ci en utilisant ses initiales (JC) pour le personnage principal de « La Vie du Christ »[7].

Les Python ont toujours défendu (récemment dans les making of des DVD) que le film est hérétique plutôt que blasphématoire, car il se moque des pratiques religieuses plus que de Dieu lui-même. En comparaison de leur film précédent Monty Python : Sacré Graal !, Monty Python : La Vie de Brian est nettement plus scénarisé, tandis que l'humour y est moins absurde (« non-sens ») que satirique. Il tend à tourner en dérision différents tabous comme la croyance aveugle de certains groupes ou personnes en matière de religion, la supériorité supposées de certaines civilisations (romaines, entre autres) et souligne en la caricaturant à outrance la complexité du contexte historique, politique et confessionnel de l'époque et des lieux hautement symboliques où se déroulent les événements. L'intervention du hasard y prend une part évidente. On peut en conclure qu'il s'agit moins d'une charge contre la religion en soi, qu'une divertissante mise en lumière de la nature humaine dans sa recherche frénétique et maladroite de réponses spirituelles à sa condition malheureuse.

Le film a également bénéficié d'un budget plus important que son prédécesseur, améliorant les conditions de tournage et sa qualité finale.

En septembre 2011, Time Out London publie un top 100 des meilleurs films comédie ; le film se retrouve en 3e position[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Wilmut (1980). From Fringe to Flying Circus, Eyre Methuen Ltd, London,ISBN 0-413-46950-6.
  2. Jesus Christ- Lust for Glory
  3. Eric Idle dans le film George Harrison: Living in the Material World deMartin Scorsese
  4. (en) Eric Verlo, « Original Anti-Zionist jokes in Monty Python’s LIFE OF BRIAN remain cut out of Criterion special edition », 29 novembre 2011
  5. Tim lammers, 17 mai 2004, La passion du Python Jones à propos de La Vie de Brian, WMBC (en)
  6. The Pythons Autobiography By The Pythons — Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones, Michael Palin, John Chapman, David Sherlock, Bob McCabe—Thomas Dunne Books; Orion, 2003.
  7. (en) [vidéo] Not the Nine O'Clock News - Monty Pythons worshipers sur YouTube
  8. On parle de films

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • DVD zone 2 : Monty Python Life of Brian. La Vie de Brian, Columbia Tristar Home Entertainment, 2003, (EAN 8712609056426) (en supplément de l'édition, le documentaire Les Monty Python)