Lidice
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| Lidice | ||||
Une rue du nouveau village |
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| Administration | ||||
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| Pays | ||||
| Région | Bohême Centrale | |||
| Maire | Václav Zelenka | |||
| Code postal | 273 54 | |||
| Indicatif téléphonique international | +(420) | |||
| Démographie | ||||
| Population | 435 hab. (2006) | |||
| Densité | 92 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | ||||
| Altitude | 343 m | |||
| Superficie | 474 ha = 4,74 km2 | |||
| Divers | ||||
| Site(s) touristique(s) | Site municipal | |||
| Localisation | ||||
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Géolocalisation sur la carte : République tchèque Géolocalisation sur la carte : République tchèque |
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| Liens | ||||
| Site web | www.obec-lidice.cz/en/ | |||
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Lidice (Liditz en allemand) est un village de la République tchèque situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Prague.
Il fut complètement détruit par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, en représailles à l'Opération Anthropoid, un attentat commis le 27 mai 1942 à Prague et qui coûta la vie au protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie, Reinhard Heydrich (décédé de ses blessures le 4 juin suivant).
L'attaque, commise par deux agents tchécoslovaques (Josef Gabčik et Jan Kubiš) formés en Angleterre, provoqua la vengeance des nazis sur le village de Lidice qui, croyaient-ils, avait hébergé les deux auteurs de l'attentat, qui seront trahis ensuite par un troisième membre (Karel Čurda)[1].
La reconstruction de Lidice débuta en 1947 sous l'égide des dirigeants tchécoslovaques de l'époque[2]. Le nouveau village, qui comptait en 2006 plus de 400 habitants, est situé à l'ouest de son emplacement initial (), lequel a laissé la place à un mémorial.
Sommaire |
Histoire [modifier]
La première mention du village de Lidice date de 1318, dans les chroniques de l'abbé de Zbraslav, Petr Žitavský[2]. Après l'industrialisation de la région au XIXe siècle la population travaillait dans les mines et les usines de la région de Kladno et Slaný.
Le massacre [modifier]
Le 10 juin 1942, un détachement de la septième division SS « Prince Eugène », que commandait le Hauptsturmführer Rostock, cernait le village.
Les 184 hommes âgés de plus de 16 ans qui y habitaient et une partie des femmes sont fusillés. Les femmes sont déportées à Ravensbrück d'où une bonne partie d'entre elles reviendront.
Quant aux 105 enfants du village, leur sort fut différent. Ainsi une dizaine d'entre eux possédant le type physique correspondant aux critères de la « race aryenne » suivant les théories nazies sont placés dans des familles allemandes pour être rééduqués, au travers du Lebensborn. Les autres furent d'abord déportés à Lodz, puis envoyés au camp d'extermination de Chełmno, où ils périrent dans les camions à gaz. Seuls 17 enfants ont survécu.
Le lendemain du massacre, les nazis feront venir 30 déportés juifs du camp de concentration de Theresienstadt, situé à une quarantaine de kilomètres au nord, afin qu'ils creusent une fosse commune pour y enterrer les cadavres des victimes[3].
Après le massacre et les déportations, les nazis firent en sorte d'éliminer toute trace de l'existence même du village de Lidice, qui fut d'abord incendié. Puis en quelques mois de travaux, le terrain fut nivelé à la dynamite, les pierres enlevées, l'étang comblé, la route et la rivière détournées, tandis que le cimetière fut vidé de ses morts[4].
Pour justifier le massacre, les nazis ont accusé les habitants d'avoir soutenu les auteurs de l'attentat. En réalité, les liens entre Lidice et la Résistance sont assez flous : deux officiers originaires du village se seraient enfuis à l'étranger ; une lettre saisie par les nazis indiquerait que son auteur, venu de Lidice, a décidé de rejoindre la Résistance. Les nazis ne surent jamais s'il y avait un lien entre l'auteur de la lettre et les assassins de Reinhard Heydrich, et Lidice servit de bouc émissaire.
Reconstruction du « Nouveau Lidice » [modifier]
En 1945, trois ans après le massacre, le gouvernement tchécoslovaque s'engagea à reconstruire le village lors des cérémonies de commémoration. La première pierre fut posée en 1947, et la construction des premières maisons commença en mai 1948, grâce à l'aide de volontaires venu de toute la Tchécoslovaquie et la vie finit par y reprendre son cours en 1949[2].
Le mémorial [modifier]
Le site de l'ancien village est devenu un mémorial, dont le monument le plus significatif est le « monument aux enfants victimes de la guerre », un ensemble statuaire de bronze tourné vers la vallée représentant les 82 enfants (42 filles et 40 garçons) qui furent asphyxiés dans les chambres à gaz de Chelmno.
Cette œuvre de Marie Uchytilová fut d'abord réalisée en plâtre en 1969. Elle ne fut fondue qu'après le décès de l'artiste survenu en 1989, sous la supervision de son époux Jiří V. Hampl. Mais l'œuvre resta incomplète jusqu'en 1996 (seul un groupe de 30 enfants était alors réalisé). Une fondation fut alors créée afin d'obtenir des aides afin de terminer le mémorial. Des subventions venant du monde entier, ainsi que le don du bronze refondu des statues déboulonnées dans les villes tchèques, permirent d'achever le monument en 2000.
Postérité [modifier]
Le massacre eut un tel retentissement dans le monde que le nom de Lidice fut donné à des localités du Mexique, du Brésil ou des États-Unis, ainsi qu'à des nouveau-nés. Les mineurs britanniques organisèrent même une collecte pour la reconstruction de la commune martyre[5].
- Œuvres musicales et cinématographiques en rapport avec le massacre
- Lidice ou Mémorial pour Lidice (H. 296) (en tchèque : Pamyatnik Liditze), une œuvre symphonique composée par Bohuslav Martinů, créée le 28 octobre 1943 à New York.
- Lidice, un film historique et dramatique tchèque de 2011 réalisé par Petr Nikolaev.
- Sept hommes à l'aube,film britannique réalisé par Lewis Gilbert, sorti en 1975.
- Hitler's Madman, un film américain réalisé par Douglas Sirk en 1942, sorti en 1943.
- Les bourreaux meurent aussi, un film américain réalisé par Fritz Lang, sorti en 1943.
Bibliographie [modifier]
- Laurent Binet, HHhH[6], Grasset, 2010[7]
- (en) John Bradley, Lidice: Sacrificial Village, New York : Ballantine, 1972, série Ballantine's illustrated history of the violent century. Human conflict, 2 (ISBN 0-345-02607-1)
- (en) Eduard Stehlík, Lidice: the story of a Czech village, Prague : Jitka Kejřová, 2004 (ISBN 80-8675814-1)
Références [modifier]
- Laurent Binet, HHhH, Le Livre de Poche 32178, 2011
- (en) Histoire de Lidice sur le site officiel de la ville
- (en) The Massacre at Lidice
- Albert Camus, L'Homme révolté, Folio Essai, p. 236
- Article sur les 70 ans de la commémoration du massacre
- Initiales d'un surnom de Heydrich : Himmlers Hirn heisst Heydrich (le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich)
- HHhH de Laurent Binet site de lacauselitteraire
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- au sujet de la Tchécoslovaquie
- autres massacres commis par les nazis
- divers