Licht (Stockhausen)

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Licht (Lumière), sous-titré "Les Sept Jours de la semaine", est un cycle de sept opéras composé par Karlheinz Stockhausen qui dure au total vingt-neuf heures.

Origine[modifier | modifier le code]

Le projet de Licht, d'abord intitulé Hikari (光 , "lumière" en japonais), a débuté avec un morceau pour danseurs et orchestre Gagaku commandé par le Théâtre national du Japon à Tokyo. Sous le titre de Jahreslauf (le cours des années), cette œuvre est devenue le premier acte de Dienstag. Le compositeur cite aussi l'influence japonaise du théâtre pour l'action sur scène (Stockhausen, Conen, and Hennlich 1989, 282). Le cycle s'appuie aussi sur des éléments des traditions judéo-chrétiennes et védiques (Bruno 1999, 134). Le titre Licht est en partie dû à la théorie de l'Agni (la divinité hindoue du feu) de Sri Aurobindo (Peters 2003, 227). Les emblèmes de l'archange Michel, d'Eve et de Lucifer proviennent du Livre d'Urantia qu'il avait acheté lors de son concert avec le Philharmonique de New York en 1971 (Kurtz 1992, 228).

Structure[modifier | modifier le code]

La structure musicale du cycle se fonde sur trois mélodies principales en contrepoint (ou "formules"), chacune associée à un personnage central. Elle suit la méthode de la superformule[1] : ces mélodies définissent à la fois les centres de tonalité et les durées des scènes comme un tout, de même que le phrasé des mélodies dans leur détail. Les trois personnages centraux sont chacun liés à un instrument : l'archange Michel à la trompette, Eve au cor de basset et Lucifer au trombone.

Le cycle est construit de manière modulable. Non seulement chaque opéra se suffit à lui-même, mais chaque acte, scène voire portion de scène se suffit à soi-même. Ces modules peuvent être des segments (par exemple les onze soli instrumentaux de Mittwoch), des couches (par exemple la couche électronique Oktophonie dans Dienstag ou la pièce pour piano XIII de la première scène de Samstag (Luzifers Traum) qui omet la voix de basse), ou une combinaison des deux (par exemple le sextuor vocal Menschen, hört et le Bassetsu-Trio, strates de la scène "Karusel" de Michaelion, quatrième scène de Mittwoch).

Parties[modifier | modifier le code]

Les sept opéras sont nommés d'après un jour de la semaine, dont les sujets reflètent les attributs associés à chaque jour dans la mythologie. Ces attributs sont à leur tour liés aux sept planètes de l'antiquité classique :

Chaque opéra est composé de la formé élaborée du segment de la superformule correspondant au jour, construit par superposition d'une ou plusieurs lignes de la superformule comprimée sur la longueur du segment.

Donnerstag[modifier | modifier le code]

Le Voyage de Michel autour de la Terre (Michaels Reise um die Erde) en constitue l'acte central. Créé en 1981, mis en scène par Luca Ronconi à la Scala de Milan, ce Jeudi de lumière, centré sur le personnage de Michel, est la première « journée » achevée par le compositeur. Dans cet acte constitué d’une seule scène, le protagoniste, caractérisé par un certain nombre de motifs (ou « formules») mélodiques, n’est pas incarné par un chanteur, mais par un instrument : la trompette. En sept stations autour du globe, Michel va dialoguer avec des musiciens pingouins, clowns ou hirondelles, jusqu’à la rencontre avec Ève, représentée par le cor de basset. Cet acte est l’un des seuls de Licht où l’électronique est absente, la richesse des textures reposant sur la virtuosité des instrumentistes de l’orchestre. Comme les six autres « journées » de ce cycle-somme empreint de mysticisme, Le voyage de Michael autour de la Terre dégage une singulière force de fascination. (rediffusion par Arte le 10 aout 2009)

Samstag
Montag
Dienstag
Freitag
Mittwoch
Sonntag

Le cycle a été composé entre 1977 et 2003. La dernière scène du cycle a été créée pour la première fois en 2004, mais toutes les scènes n'ont pas encore été jouées. Les opéras ont été créés séparément à La Scala (1981 et 1984), au Théâtre du Prince-Régent (1998), à l'opéra de Leipzig (1993) ou au Concertgebouw (2002).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. The Licht Superformula

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno, Pascal. 1999. "Donnerstag aus Licht: A New Myth, or Simply an Updating of a Knowledge?" Perspectives of New Music 37, no. 1 (hiver):133-56.
  • Kurtz, Michael. 1992. Stockhausen: A Biography, traduit par Richard Toop. London and Boston: Faber and Faber. ISBN 0-571-14323-7 (cartonné); ISBN 0-571-17146-X (broché)
  • Peters, Günter. 2003. Heiliger Ernst im Spiel—Texte zur Musik von Karlheinz Stockhausen / Holy Seriousness in the Play—Essays on the Music of Karlheinz Stockhausen (édition bilingue, allemand et anglais). Kürten: Stockhausen-Stiftung für Musik. ISBN 978-3-00-009182-7.
  • Stockhausen, Karlheinz, Hermann Conen, et Jochen Hennlich. 1989. "Before and After Samstag aus Licht: Conversation of 24 May 1984, in Milan." Contemporary Music Review 5, no. 1:267–97.

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Dirmeikis, Paul.. Le Souffle du temps: Quodlibet pour Karlheinz Stockhausen. [La Seyne-sur-Mer]: Éditions Telo Martius, 1999. ISBN 2-905023-37-6.
  • Michel Rigoni, Stockhausen : ...un vaisseau lancé vers le ciel, 2e édition, coll. « Musique de notre temps — compositeurs », les Éditions du IIIe millénaire, 1998 (ISBN 2911906020)

Liens externes[modifier | modifier le code]