Liberty L-12

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Liberty L-12
Liberty L-12-1.jpg Vue du moteur

Constructeur Ford, Packard, Marmon (en), Buick
Premier vol 1917
Caractéristiques
Type moteur à explosion V12
Longueur 1711 mm

Le Liberty L-12 était un moteur d'avion, V 12 à 45°, de 27 litres de cylindrée, à refroidissement liquide, développant 400 ch (300 kW), conçu à la fois pour avoir un rapport puissance/poids élevé et adapté à une production de masse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ford Liberty 12

En mai 1917, un mois après que les États-Unis avaient déclaré la guerre à l'Allemagne, un groupe de travail fédéral, appelé Aircraft Board (en), convoqua deux des meilleurs ingénieurs motoristes, Jesse Vincent (de la Packard Motor Car Company de Detroit) et E.J. Hall (de la Hall-Scott Motor Co. (en) de Berkeley), à Washington DC et les a chargés de concevoir, le plus rapidement possible, un moteur d'avion qui pourrait rivaliser voire dépasser ceux de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne. Le Conseil a précisa que le moteur devait avoir un rapport puissance/poids élevé et être facilement adaptable à la production de masse. Le 29 mai 1917 le conseil installa Vincent et Hall l'Hôtel Willard, à Washington, où ils furent invités à rester jusqu'à ce qu'ils aient produit un ensemble d'épures. Après seulement cinq jours, Vincent et Hall ont quitté le Willard avec une conception achevée du nouveau moteur[1].

En juillet 1917, un prototype à huit cylindres assemblé par l'usine Packard de Detroit est arrivé à Washington pour tests, et, en août, la version 12 cylindres a été testée et approuvée. Ce même automne, le ministère de la Guerre a passé une commande de 22 500 moteurs Liberty, divisant le contrat entre les industriels produisant des automobiles et des moteurs Buick, Ford, Cadillac, Lincoln, Marmon, Nordyke, et Packard. Hall-Scott en Californie a été jugée trop petite pour recevoir une commande de production. La fabrication par plusieurs usines différentes a été facilitée par la conception modulaire[2]. Il a été demandé à Cadillac de produire des moteurs liberty, mais William Durant qui était un pacifiste ne voulait pas que les installations de General Motors soient utilisées pour la production de matériel de guerre. Cela a conduit Henry Leland à quitter Cadillac pour créer la société Lincoln pour fabriquer le moteur Liberty. Toutefois, plus tard Durant a changé d'avis et Cadillac et Buick ont produit des moteurs[3].

Ford, qui devait fournir les cylindres du nouveau moteur, a rapidement développé une technique améliorée pour la coupe et l'emboutissage de l'acier qui a permis de passer la production de cylindre de 151 à plus de 2 000 par jour, Ford a finalement fabriqué la totalité des 433 826 cylindres produits ainsi que 3 950 moteurs complets[4]. En un temps record Lincoln a construit une nouvelle usine, entièrement dédiée à la production du moteur Liberty et a assemblé 2 000 moteurs en 12 mois. Au moment de l'armistice avec l'Allemagne, les différentes sociétés avaient produit 13 574 moteurs Liberty, atteignant un taux de production de 150 moteurs par jour. La production a continué après la guerre, pour un total de 20 478 moteurs construits entre le et 1919[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le Liberty L-12 était une conception modulaire, où quatre ou six cylindres pouvaient être utilisés dans un ou deux bancs. Un arbre à cames en tête pour chaque rangée de cylindres manœuvrait deux soupapes par cylindre, d'une manière presque identique aux moteurs six cylindres en ligne allemands Mercedes D.III et BMW III (en), chaque arbre à cames était entraîné par un arbre vertical placé à l'arrière de chaque rangée de cylindres, à l'identique des six cylindres en ligne Mercedes et BMW. Le poids à sec était de de 844 lb (383 kg). Deux exemplaires de la version à six cylindres, le Liberty L-6, qui ressemblait beaucoup globalement aux groupes moteurs de Mercedes et BMW, ont été produits, mais non achetés par l'armée. Les deux ont été détruits par le Dr William Noël pendant les tests du chasseur "Christmas Bullet (en)".

Variantes[modifier | modifier le code]

V-1650[modifier | modifier le code]

Une version inversée du Liberty 12-A référencée V-1650 et produite jusqu'en 1926 par Packard. La même désignation a été ensuite appliquée, en raison de la cylindrée identiques, au Rolls-Royce Merlin construit par Packard pendant la Seconde Guerre mondiale[6].

Le major Henry H. Arnold à côté du premier moteur Liberty V12 terminé

Nuffield Liberty[modifier | modifier le code]

Le moteur de char Nuffield Liberty a été produit pendant la Seconde Guerre mondiale par le constructeur automobile britannique Nuffield (en). C'était un moteur de 27 l d'une puissance de 340 ch (250 kW), ce qui était inadapté, et a souffert de nombreux problèmes de refroidissement et fiabilité[7]. Il a été remplacé dans les chars britannique par le Rolls-Royce Meteor (en), dérivé du Merlin.

Allison VG-1410[modifier | modifier le code]

Le Allison VG-1410 était un Liberty L 12 inversé refroidi par air, avec suralimentation et réducteur d'hélice Allison à train épicycloïdal[8].

Liberty L-6[modifier | modifier le code]

Une version 6 cylindres du Liberty : moteur à un seul banc de cylindres, entraînant une forte ressemblance extérieure avec à la fois le Mercedes D. III (en) et le BMW IIIa (en), 6 cylindres en ligne de l'aviation allemande de la Première Guerre mondiale.

Liberty L-8[modifier | modifier le code]

Un moteur 8 cylindres en V à l'aide de bancs de quatre cylindres Liberty à 90°.

Applications[modifier | modifier le code]

Tanks[modifier | modifier le code]

  • Mark VIII (en) Anglo-American ou Liberty World War I tank
  • BT-2 & BT-5 tank soviétique de l'entre guerre (au moins un Liberty reconditionné a été installé dans un BT-5)
  • Cruiser Mk III tank britannique de la Seconde Guerre mondiale
  • Cruiser Mk IV tank britannique de la Seconde Guerre mondiale
  • Crusader British World War II Tank
  • Centaur, une première version du Cromwell, tank britannique de la Seconde Guerre mondiale

Anglo-American ou Liberty Tank[modifier | modifier le code]

Le tank Mark VIII (en) anglo-américain ou Liberty a été conçu en 1917-18. La version américaine a utilisé une adaptation du moteur Liberty V-12 de 300ch (220 kW), conçu pour utiliser la fonte plutôt que l'acier. 100 chars ont été fabriqués au Rock Island Arsenal (en) en 1919-20, trop tard pour la Première Guerre mondiale. Ils ont finalement été vendus au Canada pour la formation en 1940, à l'exception de deux qui ont été conservés.

Caractéristiques (Liberty L-12)[modifier | modifier le code]

caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

  • Type: moteurs d'avions à pistons 12 cylindres en V à refroidissement liquide.
  • Alésage: 127 mm
  • Course: 177,8 mm
  • Cylindrée: 27 l
  • Longueur: 1 711 mm
  • Largeur: 686 mm
  • Hauteur: 1 054 mm
  • Poids sec: 383 kg

composants[modifier | modifier le code]

  • Admission / échappement : une soupape d'admission et une soupape d'échappement par cylindre, un arbre à cames en tête par rangée.
  • Système de refroidissement: refroidissement liquide

performance[modifier | modifier le code]

  • Puissance : 449 ch (335 kW) à 2 000 tr/min(décollage)
  • Puissance spécifique : 12,4 kW/L
  • Poids/puissance : 0,53 ch/kg (0,87 kW/kg)

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Steven Trout, Cather Studies Vol. 6: History, Memory, and War, Lincoln, University of Nebraska Press,‎ 2006, poche (ISBN 978-0-803-29464-6), p. 275–276
  2. (en) Bill Yenne, The American Aircraft Factory in World War II, Zenith Imprint,‎ 2006, relié (ISBN 978-0-760-32300-7, LCCN 2006010917), p. 15–17
  3. (en) H. Eugene Weiss, Chrysler, Ford, Durant, and Sloan, Jefferson, McFarland,‎ 2003 (ISBN 978-0-786-41611-0, LCCN 2003014391), p. 45
  4. (en) Timothy J. O'Callaghan, The Aviation Legacy of Henry & Edsel Ford, Ann Arbor, Wayne State University Press,‎ 2002, 1e éd. (ISBN 978-1-928-62301-4, OCLC 48229053, LCCN 00135369), p. 163–164
  5. (en) John David Anderson, The Airplane : A History of Its Technology, Reston, AIAA,‎ 2002 (ISBN 978-1-563-47525-2, LCCN 2002153182), p. 157
  6. (en) Bill Gunston, World Encyclopaedia of Aero Engines, Wellingborough, Patrick Stephens,‎ 1986 (ISBN 978-0-850-59717-2, LCCN 86133110), p. 106
  7. (en) James Foreman-Peck, Sue Bowden et Alan McKinley, The British Motor Industry, Manchester u, Manchester University Press,‎ 1995 (ISBN 978-0-719-02612-6, LCCN 94033151), p. 87
  8. http://www.sil.si.edu/smithsoniancontributions/AnnalsofFlight/text/SAOF-0001.3.txt

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Francis H. Bradford et Ric A. Dias, Hall-Scott: The Untold Story of a Great American Engine Manufacturer, SAE International,‎ 25 janvier 2007 (ISBN 978-0-768-01660-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Moteurs Comparables[modifier | modifier le code]