Libbie Henrietta Hyman

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Libbie Henrietta Hyman

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Naissance 6 décembre 1888
Des Moines (Iowa), États-Unis
Décès 3 août 1969 (à 80 ans)
New York, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Diplôme
Profession

Libbie Henrietta Hyman (6 décembre 1888 - 3 août 1969) est une zoologiste américaine, auteur d'un traité sur les invertébrés.

Sa biographie[modifier | modifier le code]

Née le 6 décembre 1888 à Des Moines (Iowa) de Sabina Neumann et Joseph Hyman, un juif russo-polonais qui adopta ce nom en immigrant aux États-Unis, Libby Hyman entre à l’école publique de Fort Dodge (Iowa). Elle s’intéresse très vite à la lecture, notamment celle de Charles Dickens. Elle débute, à cette époque, une classification de fleurs, grâce à un exemplaire des Éléments de Botanique de Asa Gray, ainsi qu’une collection de papillons. Elle écrira plus tard que ses motivations étaient alors avant tout esthétiques.

En 1905, elle est la plus jeune diplômée et major de sa promotion, mais ne sachant que faire de son avenir, elle entre dans une usine d’étiquette pour boîte de céréales. En 1906, avec l’aide et le soutien de son professeur d’anglais et d’allemand, elle obtient une bourse d’un an et intègre finalement l'université de Chicago. Elle y poursuit ses études grâce à un emploi étudiant dans l’université. Elle se détourne alors de la botanique à cause d’un assistant de laboratoire et s’essaie à la chimie sans se faire aux procédures quantiques. En 1910, suivant les encouragements de son professeur, Charles Manning Child, elle intègre la spécialité en zoologie et rédige sa thèse. Elle gagne alors sa vie comme assistante de laboratoire dans différents cours de zoologie. En 1915, elle obtient son doctorat en zoologie avec une thèse sur la régénération de certains vers annélides. Elle intègre ensuite le laboratoire de recherches du professeur Child comme assistante et enseigne l’anatomie comparée.

Après la mort de son père en 1907, sa mère était venue vivre à Chicago où elle mourut en 1929. Libby écrit : « Je n’ai jamais reçu aucun encouragement de ma famille dans la poursuite de ma carrière universitaire ; en fait, ma volonté d’aller à l’université fut accueillie par des moqueries. À la maison, réprimandes et reproches étaient mon pain quotidien. »[1]

Ses publications[modifier | modifier le code]

À la demande du service de presse de l’Université de Chicago, Libby Hyman rédige Le Manuel pour laboratoire de zoologie élémentaire (1919), qui connait rapidement un grand succès. Elle poursuit avec la publication du Manuel pour laboratoire d’anatomie comparée appliquée aux vertébrés (1922, révisé en 1942) qui connait le même succès. Vers 1925, plus intéressée par les invertébrés, elle entame l’écriture d’un ouvrage de laboratoire sur le sujet, mais se laisse persuader que l’ouvrage devrait être plus approfondi. Ainsi, durant la période où elle enseigne à l’université de Chicago, elle rédige un grand nombre d’articles sur les invertébrés, notamment sur les turbellariés (vers plats) ainsi que sur les espèces de cnidaire nord-américain d'eau douce, du genre Hydra. Elle publie aussi une version complétée de son premier manuel (1929). En 1931, Libby Hyman considère qu’elle pourrait vivre des droits sur ses publications. Mais, dans la mesure où son mentor, le professeur Child, est sur le point de prendre sa retraite, elle conserve son poste à l’université. Elle voyage 14 mois en Europe avant de revenir à l’écriture de son traité sur les invertébrés. Installée à New York pour poursuivre ses recherches à la bibliothèque du American Museum of Natural History, elle devient, en décembre 1936, chercheuse bénévole du Musée, profitant ainsi d’un bureau à vie dans ses murs. C’est là qu’elle achève les six volumes de son traité : Les Invertébrés. Elle a ainsi, sans assistant, réalisé une impressionnante compilation de notes à partir de livres et revues scientifique, y compris les nombreuses auxquelles elle était abonnée, pour établir une liste exhaustive des espèces d’invertébrés. Elle va même jusqu’à prendre des cours de dessin pour illustrer elle-même son ouvrage.

Son traité sur les invertébrés[modifier | modifier le code]

  • Volume I : Des Protozoaires aux Ctenophores, publié en 1940 et reconnu comme « une version complète faisant autorité » et « illustrée de façon simple et claire ».
  • Volume II : Platyhelminthes et Rhynchocoela, publié en 1951.
  • Volume III : Acanthocephala, Aschelminthes, et Entoprocta, publié avec le précédent en 1951.
  • Volume IV : Echinodermata, publié en 1955.
  • Volume V : Les plus petits groupes de Coelomate, publié en 1959.
  • Volume VI : Mollusca I, publié en 1967.

Les problèmes de santé qui marquent la fin de sa vie l’empêcheront de finir son travail. Mais le travail accompli dans ces 6 volumes est considéré comme une référence et un travail étonnamment important pour une seule personne.

Cet ouvrage n'est pas uniquement un recueil d'espèces dans la mesure où Libbie Hyman y développe la théorie selon laquelle la branche des Chordés, incluant les vertébrés, serait évolutionnairement apparentée à la très peu ressemblante et primitive branche des Echinodermata, comme l'étoile de mer, connus sous le nom de Deuterostomia. Elle a fondé son raisonnement sur des données morphologiques de l'embryologie classique et il a été depuis confirmé par une analyse séquentielle des molécules.

Ses autres activités[modifier | modifier le code]

Entre 1959 et 1963, Libbie Hyman travaille comme rédactrice en chef du Systematic Zoology. Elle est admise en 1961 à l'Académie nationale des sciences américaine de qui elle avait reçu la Daniel Giraud Elliot Medal en 1951. Elle reçoit aussi, en 1960, la médaille d'or de la Société linnéenne de Londres et, en 1969, celle du Musée national d'histoire naturelle américain. Elle est décrite par ses quelques amis proches comme une femme indépendante, franche, chaleureuse et généreuse. Libbie Hyman ne se marie pas et meurt à New York le 3 août 1969.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) George Evelyn Hutchinsonin, Libbie Hyman (1888-1969) : A Biographical Memoirs by Libbie Hyman and Evelyn Hutchinson, Washington D.C., National Academy of Sciences, coll. « Biographical Memoirs » (no 60),‎ 1991 (présentation en ligne, lire en ligne), p. 106 [PDF]