Libération de La Réunion

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Bataille de La Réunion
Illustration.
Informations générales
Date 28 novembre 1942
Lieu Saint Denis, La Réunion.
Issue Libération de l'île
Belligérants
Drapeau de la France libre France libre Flag of France.svg État français (Vichy)
Commandants
Drapeau de la France Jules Evenou
Drapeau de la France André Capagorry
Drapeau de la France Pierre Aubert
Forces en présence
Une compagnie de fusiliers marins

Contre-torpilleur Léopard

260 militaires
Pertes
2 morts
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Batailles et opérations des campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée

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La bataille de La Réunion se déroule le 28 novembre 1942 et oppose les Forces navales françaises libres aux forces du Régime de Vichy. À la suite du débarquement des forces alliées effectué à partir du contre-torpilleur Léopard, celles-ci ont pris le contrôle de l'île.

Contexte[modifier | modifier le code]

À la suite de la bataille de France, l'île de La Réunion a été considérée comme un enjeu stratégique mineur. À la suite de l'armistice du 22 juin 1940, le personnel était limité à 3 officiers, un médecin, 11 sous-officiers et environ 270 hommes dont 23 professionnels. L'artillerie côtière était hors-service.

Le 23 juin 1940, le président du Conseil général Raoul Nativel dénonce l'armistice à Radio Saint-Denis. Le jour suivant, le consul britannique Maurice Gaud rencontre le gouverneur de l'île Pierre Aubert et lui propose de payer l'administration française à l'aide du trésor britannique à la condition que La Réunion se batte. La proposition devient publique lorsque la radio de l'île Maurice la diffuse. Aubert consulte des meneurs locaux, mais confronté au choix de remettre illégalement l'île à un gouvernement étranger, il décide de demeurer fidèle à Pétain. Le secrétaire général Angelini, le capitaine Plat et le président de la commission coloniale Adrien Lagourge, tous fidèles à De Gaulle, sont démis, tout comme Nativel.

Le gouverneur Aubert, bien que fidèle au Régime de Vichy, était peu enclin à soutenir les politiques de Pétain. Cependant, son directeur de cabinet Jean-Jacques Pillet, militant enthousiaste de la Révolution nationale, a instauré une propagande, une cour criminelle spéciale et une milice pro-Vichy.

Un mouvement local de résistance émerge. Le 11 novembre 1941, à l'occasion du jour du Souvenir, environ 20 femmes déposent des fleurs sur le mémorial de 1918 à Saint-Denis. Elles ont reçues une amende. Des cellules communistes clandestines ont été dirigées par Léon de Lepervanche. La Réunion a également hébergé le prince Duy Tân, un opérateur radio amateur (en) qui a établi des communications avec l'île Maurice. Ce dernier a été rapidement emprisonné et son équipement, confisqué.

Après la bataille de Singapour de février 1942, la Eastern Fleet britannique bat en retraite à l'atoll Addu (Maldives). Par la suite, à la suite du raid de l'Océan Indien (en), la flotte déplace sa base opérationnelle à Kilindini, près de Mombasa au Kenya, ce qui a pour effet d'augmenter la présence britannique sur les côtes d'Afrique de l'Est. Peu après, le 5 mai 1942, les britanniques frappent les forces françaises à Madagascar, sous le contrôle du Régime de Vichy, lors de l'opération Ironclad. À ce moment, La Réunion perd le contact avec le continent africain, ce qui encourage le sentiment anti-britannique chez les troupes loyalistes. De son côté, De Gaulle, qui n'a pas participé à Ironclad, est pressé de prendre le contrôle de La Réunion de Vichy avant que les Britanniques ou que les Américains ne le fassent.

Le 8 mai, des fidèles au Régime de Vichy situés à Madagascar signalent qu'un croiseur britannique a quitté l'Afrique du Sud avec 600 hommes à bord afin de conquérir l'île. Aubert décide d'obstruer le port de Le Port en y sabordant un bateau à son entrée. Il ordonne également l'évacuation de la capitale Saint-Denis, afin notamment d'éviter un bombardement sanglant semblable à celui de Diego Soares. En soirée, environ 9 000 personnes se sont réfugiées à La Montagne, Le Brûlé, Saint-François et Sainte Marie. Puisque aucun bombardement ne s'est produit, les gens sont peu à peu retournés chez eux.

Les événements concrétisent le fait que l'île est sans défense contre une invasion. Le 18 septembre, il est décidé que la résistance à un débarquement serait très limitée. Le 27 septembre, Saint-Denis est déclarée ville ouverte alors que les autorités déménagent à Hell-Bourg sous les moqueries des gaullistes.

Le 8 novembre, l'opération Torch déclenche l'opération Anton, qui aboutit au sabordage de la flotte française à Toulon. À Alger, l'amiral François Darlan négocie avec le général Clark.

Invasion[modifier | modifier le code]

Un contre-torpilleur de classe Chacal, semblable au Léopard.

La nuit du 26 au 27 novembre 1942, le contre-torpilleur Léopard quitte l'île Maurice avec 74 hommes. Dirigé par le commandant Jules Evenou[1], il arrive à Saint-Denis le 27 à 23 heures.

À 2h30, le Léopard est repéré au moment où les troupes se préparent à débarquer. Menés par le lieutenant Moreau, environ 60 hommes débarquent et s'emparent du palais gouvernemental. Au matin, Saint-Denis est sous le contrôle des forces libres. Barraquin, chef des forces d'invasion, prend contact avec les sympathisants locaux, dont notamment Léon de Lépervanche ainsi que le secrétaire général Rivière, afin de préparer la prise de contrôle de l'île. Pillet prend la fuite vers Hell-Bourg pour organiser la résistance. Le nouveau gouverneur désigné par De Gaulle, André Capagorry, arrive à environ 6 heures sous l'acclamation de la population et fait un appel au calme sur les ondes de Radio Saint-Denis.

Le 28 novembre, les cellules communistes de Lépervanche s'emparent de l'hôtel de ville et tentent, sans succès, de défaire les défenses de Le Port, concentrée autour d'une batterie de 95 mm et dirigées par le lieutenant Émile Hugot, pétainiste acharné. Sous le feu des défenses du port, le Léopard s'éloigne en mer et riposte, tuant deux hommes. L'ingénieur Raymond Decugis tente de faire cesser le feu de la batterie, mais il est tué dans l'opération[2]. Craignant l'arrivée des troupes régulières, les défenseurs battent en retraite et abandonnent la batterie. Le Léopard revient près des côtes.

Apprenant que les forces d'invasion sont françaises et non britanniques et sans nouvelles du Régime malgré ses nombreux appels, Aubert abandonne l'idée d'une bataille, même symbolique. Après des pourparlers, avec notamment Capagorry, Aubert accepte de se rendre. La reddition est confirmée le 30 à 8h45.

Suites[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de la libération de La Réunion.

Le 2 décembre, Pillet et Artignan sont embarqués discrètement à bord du Léopard afin d'éviter de possibles représailles populaires. Aubert embarque le jour suivant avec Capagorry, Evenou et Barraquin. Le contre-torpilleur part par la suite pour l'île Maurice.

Le Léopard fait par la suite plusieurs aller-retour entre Maurice et La Réunion afin d'approvisionner cette dernière en riz, ce qui augmente la popularité de Capagorry, surnommé « Papa de riz ».

À partir du 20 avril 1943, une cour spéciale annule toutes les sanctions et charges imposées sous le Régime de Vichy. Les officiers de l'ancien régime ne subissent que de faibles peines, à l'exception de Jean-Jacques Pillet, qui est démis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of La Réunion » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]