Libéralisation de l'enseignement en France

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La libéralisation de l'enseignement en France consiste à ouvrir aux acteurs privés l'enseignement et donc à ne pas laisser l'État comme monopole de l'enseignement. On inclura également dans cette expression le mouvement vers une plus grande autonomie des établissements.

Objectifs[modifier | modifier le code]

  • Compte tenu des besoins croissants d'éducation, notamment dans le domaine de l'enseignement supérieur, où les universités sont en concurrence au niveau mondial, la libéralisation de l'enseignement est parfois considérée comme une réponse aux évolutions actuelles; En effet, elle permet de financer le système éducatif non par l'État mais par des acteurs privés. Selon une étude de l'Unesco [1], les pays en développement et en transition qui n'ont pas les moyens de payer des universités sont de fervents supporters de ces développements, qui pourraient les aider à augmenter leur nombre d'étudiants.
  • Cette libéralisation permet par ailleurs d'accroître la réactivité par rapport aux besoins en apportant une certaine autonomie aux universités tant pour se financer que pour effectuer leurs recrutements et adapter leurs programmes. Ainsi Manuel Ayau a-t-il fondé en 1971 l'université privée Francisco Maroquin à Guatemala, université devenue depuis la référence éducative du pays.
  • Développer des pédagogies plus adaptées aux élèves qu'une pédagogie imposée d'en haut par des inspecteurs de l'Éducation nationale. C'est le principal avantage attendu par l'association Créer son école dans son combat pour la libéralisation de l'enseignement.

Historique[modifier | modifier le code]

Certains pays notamment les États-Unis ont recouru de tous temps à des universités privées; Par ailleurs, les universités autonomes privées anglosaxonnes les plus renommées, qui délivrent leurs propres diplômes plutôt que des diplômes d'état, sont régulièrement classées en tête au niveau international pour la qualité de leur enseignement et de leur recherche. De même, alors que les universités publiques françaises sont mal classées à l'étranger, les écoles de management aux frais de scolarité relativement élevées et financées par les entreprises sont bien classées: Le classement de l'université de Shanghai met la première université française en 39e place[2],[3] alors que le classement européen des Master in Management Science du Financial Times met 7 écoles de commerce françaises parmi les 10 premiers européens[4].

En Europe et en Asie, la création des universités a généralement été le fait d'initiatives privées[5] et le monopole public de l'université en France ne date que de la Loi Ferry du 18 mars 1880. La France est la seule grande démocratie à appliquer un tel monopole.

Moyens[modifier | modifier le code]

Voir entre autres l'article chèque éducation.

Les oppositions[modifier | modifier le code]

Les critiques formulées à l'encontre de la libéralisation de l'enseignement sont nombreuses mais portent essentiellement sur l'impact de cette politique sur la représentation sociale dans l'enseignement supérieur et sur l'indépendance de celui-ci vis-à-vis du pouvoir économique. Elles visent aussi le risque d'inégalité croissante au sein des populations étudiantes, entre ceux bénéficiant de bonnes conditions dans des établissements privés et ceux étudiant dans des établissements publics de moins en moins financé, le tout sans cadre général garantissant la même qualité de diplôme quel que soit l'établissement.

L'expression « marchandisation de l'enseignement » est une expression polémique et péjorative française, pour désigner la libéralisation de l'enseignement, qualifiée d'entrée du marché dans l'enseignement. C'est une expression reprise actuellement par le mouvement antilibéral qui s'oppose à ce qu'il considère comme un "démantèlement" des écoles et des universités publiques, et leur remplacement par des organismes privés.

Arguments[modifier | modifier le code]

  • La mise en place d'un système d'enseignement supérieur calqué sur celui des universités autonomes, notamment américaines, où ces études sont souvent payantes, ce qui s'accompagne souvent d'un système de prêts bancaires importants pour les étudiants.
  • Une critique des équivalences de diplômes qui se mettent en place entre les pays est une pratique qui est dénoncée par les adversaires de la marchandisation de l'enseignement, et conduit à une uniformisation des formations. Elle est vue comme un préalable à une mise en concurrence qui permettrait l'élaboration d'un « marché » des formations.
  • Une critique des méthodes d'évaluation de l'enseignement.
  • Une critique des accords AGCS de l'OMC, d'où pourrait provenir une libéralisation des services de l'enseignement.
  • L'hostilité aux partenariats entre entreprises et établissements d'enseignements (comme l'OFUP en France).

Réponses à cette vision critique[modifier | modifier le code]

  • Les tenants de l'expression ne s'expriment pas sur les avantages possibles de l'ouverture, de la décentralisation et de la désétatisation partielle de l'enseignement.
  • Selon une étude de l'Unesco [1], les pays en développement et en transition qui n'ont pas les moyens de payer des universités sont de fervents défenseurs de ces développements, qui pourraient les aider à augmenter leur nombre d'étudiants.
  • Par ailleurs, les universités autonomes privées anglo-saxonnes les plus renommées, qui délivrent leurs propres diplômes plutôt que des diplômes d'état, sont régulièrement classées en tête au niveau international pour la qualité de leur enseignement et de leur recherche. De même, alors que les universités publiques françaises sont mal classées à l'étranger, les écoles de management aux frais de scolarité relativement élevées et financées par les entreprises sont bien classées: Le classement de l'université de Shanghai met la première université française en 39e place[2],[3] alors que le classement européen des Master in Management Science du Financial Times met 7 écoles de commerce françaises parmi les 10 premières européennes[4]
  • Concernant les frais de scolarité, on peut également considérer comme juste que des élèves qui gagneront un meilleur salaire grâce à leur diplôme paient les frais qui y sont associés.
  • Concernant la standardisation des diplômes (Licence - Master - Degree), ses partisans rappellent qu'elle permet une mobilité plus facile pour les travailleurs, leur formation étant désormais plus justement reconnue par les entreprises étrangères.
  • Les défenseurs des relations entre entreprises et établissements scolaires y voient une occasion pour améliorer l'orientation des élèves et proposer des formations qui débouchent sur des emplois et augmenter les moyens des universités (Financement de chaires par des entreprises).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Laval, L'École n'est pas une entreprise : Le néolibéralisme à l'assaut de l'enseignement public, La Découverte, 2004, 346 p.

Film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Étude de l'Unesco
  2. a et b Classement mondial des 100 premières universités
  3. a et b Les résultats du THES sont très similaires
  4. a et b Classement Financial Times 2006
  5. L'université de Paris s'est ainsi construite au Moyen Age en réaction contre le pouvoir royal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]