Lettre de Lincoln à Madame Lydia Bixby

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La lettre de Lincoln à Madame Lydia Bixby est une lettre envoyée en novembre 1864 par le président américain Abraham Lincoln à Lydia Bixby, une veuve de Boston dont les cinq fils seraient tombés pendant la guerre de Sécession. Ce texte est généralement considéré comme un des plus beaux de Lincoln, au même titre que son Discours de Gettysburg et le discours inaugural de sa deuxième présidence[1].

Il existe des controverses au sujet de la destinataire, du sujet et de l'auteur[2] de la lettre[1]. Bien que ses fils soient morts en combattant pour l'Union, il semble que Madame Bixby ait personnellement soutenu la Confédération. Les cinq fils ne sont pas tous morts au combat et des documents montrent que trois d'entre eux étaient encore en vie plusieurs années après la guerre. Les historiens ont longtemps débattu pour savoir si le texte était de la main de Lincoln lui-même ou de celle de son secrétaire privé John Hay. Tous ces éléments ont cependant peu entamé la réputation de la lettre, qui reste hautement considérée par de nombreux critiques[2] et a été largement reproduite.

Texte[modifier | modifier le code]

La lettre de Lincoln a été imprimée par le Boston Evening Transcript le 25 novembre 1864, le jour même où elle a été remise à sa destinataire. La lettre originale a été perdue.

Original[modifier | modifier le code]

Facsimilé de la lettre.

« Executive Mansion,
Washington, Nov. 21, 1864.

Dear Madam,

I have been shown in the files of the War Department a statement of the Adjutant General of Massachusetts that you are the mother of five sons who have died gloriously on the field of battle. I feel how weak and fruitless must be any word of mine which should attempt to beguile you from the grief of a loss so overwhelming. But I cannot refrain from tendering you the consolation that may be found in the thanks of the Republic they died to save. I pray that our Heavenly Father may assuage the anguish of your bereavement, and leave you only the cherished memory of the loved and lost, and the solemn pride that must be yours to have laid so costly a sacrifice upon the altar of freedom.

Yours, very sincerely and respectfully,

A. Lincoln »

Traduction[modifier | modifier le code]

« Executive Mansion,
Washington, le 21 novembre 1864.

Chère Madame,

Je viens de voir dans les dossiers du Ministère de la Guerre un rapport de l'Adjudant général du Massachusetts disant que vous êtes la mère de cinq fils, lesquels sont tous morts au Champ d'Honneur. J'imagine combien serait vain et inutile le moindre mot de ma part pour essayer de vous distraire du chagrin causé par une aussi terrible perte. Mais je ne peux toutefois m'empêcher de vous rappeler la consolation que vous pourrez trouver dans la gratitude de la République pour laquelle ils sont morts. Je prie pour que Notre Père qui est au ciel apaise la douleur de votre affliction et vous laisse seulement le tendre souvenir de vos chers disparus et la fierté bien fondée et solennelle d'avoir offert un si précieux sacrifice sur l'autel de la Liberté.

Votre très sincère et très respectueux,

Abraham Lincoln »

Autour de la lettre[modifier | modifier le code]

  • Un extrait de la lettre, « the solemn pride that must be yours, to have laid so costly a sacrifice upon the altar of freedom » (« la fierté bien fondée et solennelle d'avoir offert un si précieux sacrifice sur l'autel de la Liberté »), est gravé sur la statue de Lady Columbia dans le cimetière américain National Memorial Cemetery of the Pacific.
  • Dans le film Il faut sauver le soldat Ryan, cette lettre est lue dans son intégralité par le général George C. Marshall. Elle sert de justification à l'opération de sauvetage du soldat James Francis Ryan par une unité de G.I.s alors que ce dernier, parachuté derrière les lignes ennemies lors du débarquement allié de 1944, est porté manquant et ses trois autres frères ayant tous été tués au combat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Michael Burlingame, « The Trouble With the Bixby Letter », American Heritage, vol. 50, no 4,‎ July/August 1999 (lire en ligne)
  2. a et b (en) Jason Emerson, « America's Most Famous Letter », American Heritage, vol. 57, no 1,‎ Feb./March 2006 (lire en ligne)