Les Parapluies de Cherbourg

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Les Parapluies de Cherbourg

Description de cette image, également commentée ci-après

Le lieu du tournage abrite maintenant un magasin de tissus.

Réalisation Jacques Demy
Scénario Jacques Demy
Acteurs principaux
Sociétés de production Parc Film, Madeleine Films, Beta Film (Munich)
Pays d’origine France
Genre drame, film musical
Sortie 1964
Durée 91 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Parapluies de Cherbourg est un film musical franco-allemand de Jacques Demy, sorti en 1964. C'est le premier des deux films entièrement chantés de Jacques Demy, le second étant Une chambre en ville (1982).

Il associe, d'une part des partis pris irréalistes totalement assumés d'un film « en-chanté » (dialogues intégralement chantés, décors aux couleurs saturées accordées aux tenues des personnages) ; d'autre part un souci de rendre compte des réalités économiques, sociales et politiques notamment en datant précisément les parties du film. C'est un des premiers et rares films français à évoquer la guerre d'Algérie.

Lauréat du prix Louis-Delluc en 1963, récompensé par une Palme d'or au festival de Cannes de 1964, le film a connu un immense succès critique et populaire, une carrière internationale, des adaptations théâtrales, entre autres à New York et Paris, mais aussi des critiques contre certains choix esthétiques.

Le film offre son premier grand rôle à Catherine Deneuve, et va lancer définitivement sa carrière. Elle confiera plus tard qu'elle n'était pas sûre de vouloir faire du cinéma jusqu'à sa rencontre avec Jacques Demy pour le film, qui en fera sa muse.

La version du film restaurée en 2013 présente une colorimétrie accentuée par rapport à l'original, les teintes auparavant saturées et équilibrées semblent d'une luminosité électrique.

Thème[modifier | modifier le code]

À Cherbourg, deux jeunes amants se déclarent un amour éternel mais le service militaire de Guy les sépare deux ans. Geneviève, enceinte, est courtisée par un autre homme socialement avantageux et, sous l'influence de sa mère qui lui fait valoir l'avenir d'un tel mariage, finit par l'épouser.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Tournage à Cherbourg de la scène du carnaval.

Cherbourg, novembre 1957. Madame Emery et sa fille, Geneviève, tiennent une boutique appelée Les parapluies de Cherbourg. Geneviève est amoureuse de Guy, mécanicien dans un garage. Sa mère désapprouve la relation quand elle l'apprend. Le jeune homme est élevé par sa tante (et marraine) Élise, gravement malade. Il est appelé pour faire son service militaire en Algérie. Les deux amoureux doivent se quitter.

Enceinte, désemparée parce qu'elle a peu de nouvelles de Guy, Geneviève est exposée au charme de Roland Cassard, un négociant en pierres précieuses de passage. Après quelques mois, avec l'insistance de sa mère, elle accepte de l'épouser. Elles quittent Cherbourg.

Blessé, Guy est démobilisé en mars 1959 après un séjour à l'hôpital. Il passe par une phase d'accablement qui culmine par la perte de sa tante. Mais il se rapproche de Madeleine qui s'occupait de celle-ci depuis plusieurs années. Guy épouse Madeleine de laquelle il a un fils, François. Il devient propriétaire d'une station-service grâce à son héritage.

La veille de Noël 1963, Geneviève est de passage à Cherbourg avec Françoise, l'enfant de Guy, et s'arrête par hasard dans la station-service. Guy et Geneviève assument leurs conditions respectives et ne raniment pas la flamme ancienne ; pendant que Geneviève repart, Guy accueille sa femme et son fils de retour.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Michel Legrand
Michel Legrand

Distribution[modifier | modifier le code]

"Danielle Licari, chanteuse et voix de Geneviève
Danielle Licari, la voix chantée de Geneviève

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Inspiration[modifier | modifier le code]

Cinéphile depuis son enfance[2], Jacques Demy nourrit son travail d'œuvres qui l'ont marqué. Robert Bresson, Jean Cocteau, Max Ophüls font partie de ces figures tutélaires, au même titre que les grands cinéastes des comédies musicales hollywoodiennes[3].

C'est le cas de Chantons sous la pluie. Demy cite explicitement le film de Stanley Donen et Gene Kelly dans son générique, où l'on assiste à un ballet de parapluies[4]. De plus, l'artifice du playback qui détermine toute la mise en scène de Demy est le sujet central du musical hollywoodien[4]. Le soin apporté aux couleurs des décors de Cherbourg, et notamment la démesure des moyens, rappellent le travail de Max Ophüls sur Lola Montès[5]. Mme Emery, quant à elle, emprunte beaucoup à Mme D. des Dames du Bois de Boulogne de Bresson, notamment les espoirs qu'elle place dans le prétendant de sa fille pour assurer sa sécurité matérielle[6]. C'est justement ce film qui aurait éveillé chez Demy la passion du cinéma[7].

Un projet difficile à produire[modifier | modifier le code]

Le projet a déjà une longue histoire quand commence le tournage, à l'été 1963. En 1961, Demy avait déjà rédigé la continuité des séquences d'un film qui s'appelait alors La Belle Amour. Dans les premiers brouillons, le cadre est un magasin de disques ou de gants[8]. Le titre définitif est trouvé en novembre 1961, alors que le réalisateur et Michel Legrand travaillent à élaborer la musique. L'essentiel du dialogue et de la musique est déjà rédigé en mai 1962 quand Demy se rend au festival de Cannes pour tenter, en vain, de trouver un financeur[9].

Il se consacre en 1962 au tournage de La Baie des Anges, qui lui prend peu de temps, mais n'en oublie pas moins son drame musical. Camille Taboulay reproduit des documents qui témoignent d'au moins quatre étapes d'écriture des Parapluies entre 1961 et 1963 : continuité des séquences, récit romancé, scénario dialogué et enfin construction du film, qui s'inscrit « dans un temps précis[10] », témoignage du travail de plus en plus pointilleux de Demy pour assurer le tournage.

Si le projet est si long à mettre en place, c'est qu'« il n'y a pas, dans les structures du cinéma français, de place » pour lui[11]. Sur la base du succès médiocre des comédies musicales hollywoodiennes dans l'Hexagone, les producteurs sont convaincus que ce genre n'est pas fait pour le public français, à l'exception des films à chanson portés par une vedette. Les Parapluies leur semblent donc voués à un échec commercial[11]. Demy et Legrand font des démarches pendant de longs mois, sans succès[12].

Sur les conseils d'un ami metteur en scène de théâtre, Demy se tourne alors vers le patron du quotidien France-Soir, Pierre Lazareff[12],[13]. Il lui présente Mag Bodard, nouvelle productrice, qui est vite convaincue de l'intérêt du projet de Demy, et ce, malgré l'échec commercial du film qu'elle vient de produire. Elle témoigne avoir été fascinée par l'histoire et « par l'idée de faire quelque chose de très neuf[11] ». Elle trouvera les financements nécessaires, 1 300 000 francs[11], grâce à Pierre Lazareff qui convaincra la Fox d'apporter les premiers fonds. En échange, Lazareff leur produit un reportage sur le tournage du Jour le plus long dans son émission Cinq colonnes à la une[11],[14]. L'argent manquant est trouvé grâce à l'avance sur recettes, des financements de l'Allemagne (qui demanderont en échange que l'actrice Ellen Farner joue le rôle de Madeleine) et des emprunts de la société de Mag Bodard[14].

Jusqu'à la fin du tournage, la situation financière restera fragile. La productrice projette régulièrement des extraits de séquence tournés afin de trouver de nouveaux fonds[15]. Les dirigeants de la Fox, convaincus que le film ne va connaître aucun succès commercial, veulent qu'il soit d'abord diffusé en province. Mag Bodard devra se battre et convaincre le réseau Publicis de programmer Les Parapluies à Paris[15].

Composition et édition de la musique[modifier | modifier le code]

Demy rencontre Michel Legrand en 1960 et arrive, avec l'aide d'Agnès Varda, à le convaincre de participer au projet d'un film musical[16]. Il devient selon l'expression du musicien « le frère de création[16] » du réalisateur. Tout en participant à la bande son de La Baie des Anges et La Luxure, Legrand travaille, en étroite collaboration avec Demy, au projet des Parapluies. Dans la première moitié de 1961, l'inspiration ne vient pas, et Demy doute de la viabilité du projet[17]. C'est en novembre de cette année que le déclic se produit. Dans la résidence du réalisateur à Noirmoutiers, Legrand joue ses compositions au piano et Demy chante. Le premier air qu'ils définissent ainsi est celui que chante Madame Emery à la bijouterie : « nous sommes dans une situation difficile »[16],[17].

Michel Legrand estime que le travail de composition s'est avéré plus facile que pour Les Demoiselles de Rochefort, alors qu'il est d'un naturel plus joyeux[12]. Le travail en collaboration durera huit mois, Demy reformule les paroles en fonction des mélodies, évalue le temps de déplacement des acteurs, Legrand modifie une mesure : la symbiose est parfaite[18]. Avec l'aide de la sœur du musicien, Camille, ils enregistrent une première version sur cassette, destinée aux producteurs.

Même si la production du film est assurée, il leur faut trouver parallèlement un éditeur de musique qui assure la prise en charge de la bande musicale, ce qui représentait entre vingt-cinq et trente millions d'anciens francs[19]. Legrand embauche des musiciens et commence l'enregistrement sans certitude qu'il pourra les payer. C'est avec l'aide de Francis Lemarque, ami du compositeur, que celui-ci et Mag Bodard pourront coproduire la bande musicale[14],[19].

Tournage[modifier | modifier le code]

Choix de la distribution[modifier | modifier le code]

Le choix de Catherine Deneuve s'est imposé à Demy dès 1961, date à laquelle il lui propose déjà le rôle[20]. Il l'avait découverte au début de cette année dans L'Homme à femmes de Jacques-Gérard Cornu, où elle jouait aux côtés de Danielle Darrieux, idole du réalisateur. Même si le film ne se fait que deux ans plus tard, Deneuve accepte, sensible à la confiance que lui témoigne le metteur en scène et au fait que ce projet lui permettra d'orienter sa carrière[21].

Pour Mme Emery, le réalisateur songe à Micheline Presle, avec qui il a travaillé sur le sketch des Sept Péchés capitaux et à Danielle Darrieux. Mais la première refuse de jouer le rôle d'une mère et Demy n'a pas le budget pour une célébrité comme Darrieux[20]. Il se tourne alors vers Anne Vernon, qu'il a vue dans des films de Jacques Becker. Marc Michel reprend le rôle de Roland Cassart qu'il avait dans Lola et Guy sera joué par un Italien qui parle à peine le français, et qui jouait un rôle secondaire dans Rocco et ses frères : Nino Castelnuovo[20]. La population tout entière de Cherbourg est invitée au tournage de la scène du carnaval[20].

Comme le film est entièrement chanté, la contrainte de trouver des voix de doublage proche de celle des acteurs n'existe pas. Cela donne une grande liberté à Demy et Michel Legrand dans le choix des chanteurs qui vont doubler[20]. Il leur fallait éviter le côté opératique, donc trouver des « voix simples, qui s'accordent au texte, à la musique [...], des gens de jazz parce qu'il y avait beaucoup de moments rythmés[20] ». Pressentie pour le rôle principal du film, la chanteuse Isabelle Aubret est victime d'un très grave accident de voiture. Du jour au lendemain, elle doit cesser toute activité[22].

Préparation[modifier | modifier le code]

Il reste peu de documents concernant la préparation du tournage, d'une part à cause des pertes d'archives, mais aussi parce que beaucoup d'éléments furent bricolés dans le feu de l'action et l'euphorie collective[23]. On sait cependant que le choix de la ville de Cherbourg a lieu en novembre 1961. Auparavant, Demy n'avait aucune idée du cadre de l'action[24]. Il s'y rend après avoir visité Le Havre pour un repérage. Cette ville le déçoit alors qu'il est conquis par la lumière de Cherbourg. Dès cette première visite, il repère la rue où il situera le magasin de parapluies - dans la réalité une quincaillerie[23].

Le décorateur Bernard Evein va y faire des repérages et se met à l'ouvrage. Son travail commence bien avant que le film et la musique soient définitivement écrits[25]. Et de même que la musique a été composée par un travail de va-et-vient permanent entre Michel Legrand et Jacques Demy, de même les décors, les couleurs, les costumes de Jacqueline Moreau ont été choisis en interaction avec le processus d'écriture du film, durant cinq mois[25]. C'est ainsi que le réalisateur, le décorateur et la créatrice costumes travaillent ensemble sur le script, en y collant les bouts de tissu correspondants à chaque scène et en se constituant une « charte générale des costumes et des décors[25] ». Preuve du soin apporté à la spécificité des couleurs, les papiers muraux ont, pour 90 % d'entre eux été créés par Évein lui-même et non achetés dans le commerce[23],[25]. Ces papiers ont coûté 15 000 francs sur un budget total de décoration de 120 000 francs, une proportion insensée pour la production[25]. Le soin apporté à la préparation n'empêchera pas l'équipe de recourir au bricolage notamment à cause des contraintes financières qui obligent chacun à recourir au système D.

Les comédiens assistent à l'enregistrement de la partie chantée, ce qui permet d'améliorer le lien entre les acteurs et leur voix[23]. Un tel préparatif, indispensable à la vraisemblance du film permet par exemple à Catherine Deneuve de faire des suggestions à Danielle Licari, la « voix chantée » de Geneviève[26]. Une fois les playbacks enregistrés, les comédiens ont dû s’entraîner au synchronisme sous le contrôle, tyrannique selon Legrand, du réalisateur et du compositeur, pour éviter de perdre du temps pendant le tournage et assurer la fluidité du résultat[26].

Ambiance du tournage[modifier | modifier le code]

Le film est tourné en huit semaines, à Cherbourg, en juillet-août selon Camille Taboulay[27], du 17 août au 20 octobre 1963 selon Jean-Pierre Berthomé[28].

Tous les témoignages évoquent un tournage euphorique, porté par un enthousiasme collectif[15],[23]. Jacques Demy le qualifie de « joyeux », « sublissimme » ; Catherine Deneuve parle d'un « état de grâce »[15]. Les horaires sont « fous », comme la première semaine où, l'équipe tourne de nuit et prend, à 6 heures du matin, des fruits de mer au petit-déjeuner[15],[23].

Les difficultés dues aux contraintes du projet musical et au manque de moyens obligent à l'invention[15] et soudent l'équipe, notamment en ce qui concerne l'harmonisation des costumes et des décors[23]. Catherine Deneuve apporte une robe Chanel de sa propre garde-robe[23]. En fonction des occasions, c'est le choix d'un costume acheté par la créatrice costumes Jacqueline Moreau qui dicte au dernier moment la création du papier peint par Bernard Evein ; ou inversement, l'orange de la terrasse de café choisie à Cherbourg qui impose de dénicher les tenues adaptées[23]. Le tournage a donc cherché à créer un puzzle entre le Cherbourg réel et les désirs de Demy[23].

A posteriori, Michel Legrand estime cependant que cette période ne doit pas être un « mythe » et que la précarité financière était très lourde[12].

Réception[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Réception du public[modifier | modifier le code]

Analyse du film[modifier | modifier le code]

Les personnages[modifier | modifier le code]

Geneviève[modifier | modifier le code]

Geneviève affirme avoir 17 ans quand sa mère lui dit qu'elle en a 16. On ne sait pas quelles études elle a faites, ni pourquoi elle les a interrompues. Elle aide sa mère dans le magasin. Lorsque Mme Emery doit trouver de l'argent, Geneviève envisage tout naturellement de travailler[29].

Jean-Loup Passek a écrit que, dans Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy « valorise [chez Catherine Deneuve] l’aspect le moins intéressant de sa personnalité : la belle, lisse et pure jeune fille[30] ». Certes, il s'agit là du point de vue de Roland Cassard, qui lui affirme par exemple : « Vous ressemblez, Mademoiselle, à cette vierge à l'enfant que j'ai vue à Anvers ! », ou qui l'épouse vêtue de blanc virginal alors qu'elle est enceinte[31]. Mais cette vision ne correspond pas totalement au personnage, capable de dire à sa mère qui lui demande comment elle a pu tomber enceinte : « Rassure-toi, comme tout le monde[31] », capable de lui mentir et de lui tenir tête ou encore de sortir contre son interdiction[29]. Il y a donc bien un jeu autour de la pureté du personnage dont témoigne le titre d'une mouture précédente : La Pucelle d'Orléans[31].

Laurent Jullier propose une double lecture du personnage. D'un côté, elle a « chevillée en elle une mollesse qui confine à l'aboulie[32] ». Il souligne son refus de choisir, perceptible du début du film, où elle ne sait que répondre à un barman qui lui demande ce qu'elle veut (« Un machin pressé... », répond-elle), jusqu'à la fin, où elle laisse le pompiste choisir quel carburant mettre dans sa voiture : « Super ou ordinaire ? Bof...Guy ou Roland ? Bof[32]... ». C'est un personnage assez fataliste.

Mais d'un autre côté, le film montre que la « trahison » de Geneviève est due aux pressions sociales. Quand elle découvre qu'elle est enceinte, en 1958 dans le film, les filles-mères n'ont toujours pas droit au livret de famille puisque ce document ne leur sera accessible qu'en 1960[32]. Sa mère ne lui a donné aucune éducation sexuelle sous le prétexte que « lorsque j'ai épousé ton père, moi je ne savais rien[32] ». C'est donc la pression sociale, bien plus qu'un quelconque manque de volonté, qui expliquerait les atermoiements de la jeune fille. Jullier voit dans les deux regards caméras que Geneviève lance au public, quand elle choisit une robe de mariée et pendant la cérémonie à l'église une accusation contre « toute cette France anesthésiée qui lui rendrait la vie impossible si elle se rebellait[32] ».

De façon moins polémique, Jean-Pierre Berthomé estime que la jeune fille accepte de plier son rêve aux contraintes de la réalité[33].

Guy[modifier | modifier le code]

Guy Foucher est un jeune employé du garage Aubain, amoureux de Geneviève, élevé par sa tante Élise. Il part amoureux et plein d'espoirs sur le front, et revient « amer et désabusé[34] ». Geneviève a trahi la promesse qu'ils s'étaient faite et s'est mariée avec Roland. Désespéré, Guy traverse une période difficile, où son employeur le renvoie considérant qu'« il se conduit comme le dernier des voyous[35] ». La mort de sa tante le rappelle à la réalité : il accepte l'amour de Madeleine.

Au début du film, Guy ne cesse de bouger, ce que lui reproche sa tante ; il grignote en dehors des heures de repas[36]. Il fait preuve d'une sincérité toute enfantine : il n'hésite par exemple pas à traiter Geneviève de « lâche » parce qu'elle n'a pas parlé à sa mère de leur liaison, ou à souligner sans aucun tact la tristesse de Madeleine[36]. Il conserve ses jouets, maquettes de bateau et d'une station service, il se pique aux aiguilles de la robe de Geneviève, malgré les recommandations qu'elle lui a faites : Guy a tout d'un enfant[36]. Il ne semble pas penser une seconde que par peur de ne pas le revoir, Geneviève épouse un autre garçon. Cela aurait dû pourtant lui venir à l'esprit que ne recevant plus de courrier de sa part Geneviève puisse s’inquiéter.

Mme Emery[modifier | modifier le code]

Mme Emery est une figure maternelle protectrice, qui rappelle Mme Desnoyers dans Lola[37]. Elle est veuve, a eu un mariage malheureux, est fébrile et ingénue, « pleine d'idées reçues[37]. » Elle sait faire preuve de rouerie pour ménager Roland qu'elle voit comme un beau parti pour sa fille[37].

Jusqu'à un certain point, elle peut paraître machiavélique, petite-bourgeoise et égoïste : elle semble plus intéressée par sa permanente que par sa fille « qu'elle vend froidement pour récupérer ses bijoux de famille[32]. » Le rang qu'il faut tenir semble sa seule préoccupation [38]. Pourtant, si elle manipule son entourage, c'est qu'elle espère le mieux pour elle, mais aussi pour sa fille[32]. Elle a de gros problèmes financiers et peur de perdre son magasin. Pourtant quand Geneviève lui propose de travailler "aux postes ou à la mairie" elle est contre. Elle a beaucoup de préjugés sur Guy qu'elle n'a jamais rencontré ainsi que sur sa fille, qu'elle traite en enfant ignorante. Elle ne voit que l'aspect financier de l'histoire, et a peur que sa fille reste fille mère. Elle influence sa fille mais elle ne l'oblige pas à se marier. C'est un personnage ambigu, mais nul doute qu'elle aime sa fille malgré sa maladresse, et que malgré son envie de la savoir à l'abri du besoin, elle ne lui reproche pas sans cesse sa grossesse. Elle ne semble pas avoir la moindre compréhension pour la douleur de sa fille, et est en admiration devant Roland Cassard.

Madeleine[modifier | modifier le code]

Madeleine est l'infirmière d’Élise, la tante de Guy. Elle est amoureuse de Guy qui ne semble pas la voir, il a l'air de la considérer comme une sœur. Elle est moins attrayante que Geneviève à première vue, car plus sage, brune, effacée. Madeleine aperçoit de loin de mariage de Geneviève et c'est elle qui en parlera à Guy à son retour. C'est encore elle qui le met face à ses responsabilités lorsque celui-ci peine à se remettre de son retour en France. Ils finissent par se fréquenter puis Guy la demande en mariage. Elle a peur d'être une substitution par rapport à Geneviève mais Guy l'aime sincèrement, ils achètent ensemble une station service et y vivent apparemment heureux.

Roland Cassard[modifier | modifier le code]

C’est un personnage qui vient du film Lola, où il est également interprété par Marc Michel. Mais il a complètement changé : Roland était un peu bohème dans Lola, il a failli participer à une opération frauduleuse. Il est devenu un homme d’affaires très strict, avec sa moustache impeccablement taillée ; mais il a aussi un certain penchant pour la culture :
« Vous me faites penser à cette Vierge à l'enfant que j’ai vue à Anvers. »[39]… (scène du repas).
Anvers est un des grands centres du négoce du diamant : Roland Cassard a donc profité d’un voyage d’affaires pour aller dans un musée ou visiter une église.

Élise[modifier | modifier le code]

Élise est la tante et la marraine de Guy. Elle est âgée et malade, on ne la voit que assise ou couchée. Elle a élevé Guy, on ne sait pas où sont les parents de Guy, cela laisse supposer qu'il est orphelin et que sa tante l'a recueilli. Sa tante étant malade, on ne sait pas si sa tante a des revenus, peut-être est-ce Guy qui subvient aux besoins de sa tante. Il a un comportement d'adolescent révolté puis soumis avec elle au début du film. Contrairement à la mère de Geneviève, Élise comprend aussitôt et respecte la liaison de Guy. Ils ont une vie modeste. Pourtant, quand Élise meurt, elle laisse un héritage suffisant à Guy pour qu'il ouvre une station service. Il épouse l'infirmière d’Élise.

Un film « en-chanté »[modifier | modifier le code]

La musique[modifier | modifier le code]

On compte dix-neuf thèmes, dont six reviennent au moins trois fois. Ces motifs sont associés à des personnages ou des situations[40].

Le premier air composé par Michel Legrand est celui de Mme Emery[16],[17], qu'elle chante à la bijouterie, lors du repas avec Roland et enfin quand elle annonce à celui-ci que Geneviève accepte sa demande en mariage[40]. Roland a son propre thème, déjà entendu dans Lola que l'on entend à la bijouterie, lors du même repas et quand il s'engage à élever l'enfant de Geneviève[40]. Le thème d'Élise est lui aussi repris trois fois, notamment lors du récit de l'attentat qui a blessé son neveu[40].

Il n'y a pas de thème propre à Guy ou Geneviève, pris individuellement. Deux motifs leur sont associés, quand ils sont ensemble. La musique souligne ainsi la structure dramatique du film : « Ils n'existent qu'ensemble et l'un par l'autre ; la musique dit leur unité essentielle, leur aspiration à la fusion[40] ».

Le premier de ces deux thèmes est celui du bonheur, repris dans la première partie, de plus en plus diffus dans la seconde et qui, dans la dernière, accompagne le triste retour de Guy devant le magasin transformé. L'autre est celui de la séparation, qui revient onze fois, et conclut le film quand Geneviève repart et que Guy joue avec son fils[40].

Opéra et cinéma[modifier | modifier le code]

Demy a confié vouloir faire un « opéra populaire ». Il précise ses intentions dans le dossier de presse : « Une manière d'opéra, en somme, où tous les mots seraient audibles, donc sans jamais forcer le lyrisme des voix [...], un peu comme si l'opéra avait suivi l'évolution du jazz[41] ».

La conversation inaugurale, dans le vestiaire du garage, témoigne avec humour de la difficulté du projet : constituer un opéra populaire[42]. Un des employés répète qu'il préfère le cinéma à l'opéra. Son collègue souligne même : « Tu l'as déjà dit ». La préférence martelée pour le cinéma contre l'opéra sonne comme une« profession de foi[43] ». La musique doit s'adapter à la parole, sans notes extrêmes, sans vocalise, sans modifier outre mesure le débit.

Cela n'empêche pas Demy de rendre hommage à l'opéra. Geneviève et Guy assistent à une représentation de Carmen. Demy n'oublie pas les séances au théâtre Graslin, à Nantes où, un dimanche sur deux, il assistait avec ses parents à des représentations d'opérette et en a conservé le souvenir de spectacles réellement populaires[44]. C'est Carmen que Carlo Ponti lui proposa d'adapter en 1960[45].

Mise en scène[modifier | modifier le code]

Décors et costumes[modifier | modifier le code]

Le magasin, à l'époque une quincaillerie, se situe rue du Port. La station service aujourd'hui abandonnée se situe quai Alexandre-III. De l'alun en poudre a été utilisé pour imiter la neige. La gare de Cherbourg a été transformée depuis le tournage.

L'ancrage dans le réel[modifier | modifier le code]

La guerre d’Algérie[modifier | modifier le code]

Le film est délibérément placé dans le cadre historique de la guerre d'Algérie. L'action commence en novembre 1957. À cette date, la question algérienne a été inscrite à l'ordre du jour de l'ONU, les attentats contre civils et militaires se multiplient, L'Humanité a dénoncé les tortures[46]. Il se termine à Noël 1963, moins de deux ans après le cessez-le-feu (19 mars 1962) et deux mois à peine avant que les spectateurs ne voient le film.

En 1962, quand Demy espère commencer le tournage, il prévoit que la scène finale aura lieu un an plus tôt, en décembre 1962, signe que le réalisateur cherche à faire coïncider le temps de la fiction avec celui de la réalité[47]. C'est aussi le signe que la guerre qui sépare Guy et Geneviève, qui les oblige à choisir entre rêve et réalité, n'est pas une guerre abstraite, idéalement mauvaise[47].

Le conflit en lui-même est peu évoqué : la longue durée du service militaire[48] ; une embuscade contre une patrouille française[49] ; un attentat à la grenade [47],[50]. Ce sont surtout les conséquences de la guerre sur la vie quotidienne qui sont racontées : la séparation d'un couple, ou l'impact sur un jeune homme confiant dans l'avenir et qui revient du front, amer et désabusé[47]. C'est un des rares films français à avoir parlé du conflit, et d'une façon bien plus osée que ne le fera le cinéma français pendant longtemps[47].

Dimension sociologique[modifier | modifier le code]

Demy marque l'opposition entre le milieu petit-bourgeois de Mme Emery, qui aspire à une ascension sociale, ici permise par le diamantaire Roland Cassard et le milieu ouvrier qui est celui de Guy. On peut noter à son sujet le thème de l'orphelin élevé par sa marraine (Guy est né en 1937, époque où la mortalité des jeunes adultes est beaucoup plus élevée que maintenant).

Mais Demy n'a pas pour but de « dénoncer » la petite-bourgeoisie, puisque Guy devient lui-même chef d'entreprise à la fin du film ; rien ne laisse supposer que Demy soit ironique vis-à-vis de cette ascension sociale, qui se substitue à la déréliction du retour de l'armée (d'autant qu'il s'agit de devenir garagiste, le métier du père de Demy[51]). On peut noter que Guy a une passion pour la mécanique alors que Demy l'a détestée, il a appris le métier de mécanicien, forcé par son père.

Postérité[modifier | modifier le code]

Adaptations à la scène[modifier | modifier le code]

L'adaptation à la scène du film est un projet sur lequel Demy travaillera longuement, notamment pour une production aux États-Unis, à New York en février 1979. Des versions scéniques ont aussi été produites à Los Angeles (juin 1979), Londres (mars 1980), Paris (septembre 1979) et Tōkyō (juin 1983)[52],[53]. Selon Camille Taboulay, le réalisateur évoque concrètement cette idée, qui le taraude depuis longtemps, en 1974 avec Michel Legrand et y travaille en 1976[54].

New York[modifier | modifier le code]

Entre 1976 et 1977, Demy effectue deux séjours à New York, dont un avec Michel Legrand. Il y travaille à une adaptation anglaise pour la scène de son film musical. Mais, malgré un travail euphorique avec le musicien, il ne trouve aucun producteur. Il doit finalement assister de loin à l'adaptation faite par Sheldon Harnick (Un violon sur le toit) et mise en scène par Andrei Serban et se contenter d'un rôle de consultant. La première du show a lieu le 31 janvier 1979 au Public Theater de New York[53]. Un journaliste qualifie les costumes d'« élément essentiel » du spectacle, comme dans l'œuvre originale[55]. Un autre décrit le même univers coloré que dans le film, dont l'intrigue est respectée[56].

La distribution était la suivante[55],[56] :

  • Mme Emery : Judith Roberts
  • Geneviève : Stefanianne Christopherson
  • Guy : Dean Pitchford
  • Roland Cassard : Laurence Guittard
  • Tante Élise : Lizabeth Pritchett
  • Madeleine : Maureen Silliman

Paris[modifier | modifier le code]

Mise en scène par Raymond Gérôme, produite par Lars Schmidt, ces Parapluies de Cherbourg ont été représentés au théâtre Montparnasse du 15 septembre au 11 novembre 1979 avec la distribution suivante[52] :

Elle n'a pas rencontré de véritable succès public[52].

Appropriation par la culture gaie[modifier | modifier le code]

La culture homosexuelle s'est approprié l'œuvre de Demy, et particulièrement Les Parapluies de Cherbourg[57].

Laurent Jullier repère dans le film quelques signes de l'homosexualité masculine : le néon rose à l'écriture curviligne qui indique les toilettes dans le garage Aubain, indication à l'esthétique improbable dans un tel lieu ; le marin qui « attend le client sous un réverbère, lorsque Guy raccompagne Geneviève chez elle le soir de Carmen », dans une pose que reprendra Rainer-Werner Fassbinder dans Querelle[58].

L'usage des couleurs éclatantes et de la musique parlerait à l'imaginaire homosexuel[57]. Une autre hypothèse qui explique la place importante du film dans la culture gaie, alors qu'aucun personnage n'est homosexuel, réside dans la structure même de l'histoire d'amour de Guy et Geneviève, qui, au-delà de l'orientation sexuelle, parlerait davantage aux gays : la dynamique à l'œuvre est celle de la « placardisation[57] », du sentiment de honte que fait peser la norme sociale sur une relation. Geneviève doit par exemple cacher son amour à sa mère et « cette façon instinctive de mentir, d'intégrer la contrainte sociale, est par contre immédiatement compréhensible par un public gai qui la vit ou l'a vécue[57]. »

« Le Véritable Cherbourg »[modifier | modifier le code]

En 1986, Jean-Pierre Yvon, descendant de tanneurs cherbourgeois et propriétaire d'un magasin de cadeaux à Cherbourg où il avait assisté enfant au tournage du film, décide de créer une marque de parapluie au nom de sa ville : Le Véritable Cherbourg. La Manufacture de Parapluies de Cherbourg (SARL MAPACHE) ouvre ses portes en 1996 à Tourlaville[59].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Berthomé, Jacques Demy et les Racines du rêve, Nantes, L'Atalante,‎ 1982 (nouvelle édition en 1996), 478 p. (ISBN 284172042X), p. 156-168 (chapitre IX : « Les Parapluies de Cherbourg »
  • Jean-Pierre Berthomé, Les Parapluies de Cherbourg : Étude critique, Paris, Nathan (collection "Synopsis"),‎ 1996 - épuisé au 5 mai 2010
  • Camille Taboulay, Le Cinéma enchanté de Jacques Demy, Les Cahiers du Cinéma,‎ 18 octobre 1996, 192 p. (ISBN 2-86642-167-1)
  • Laurent Jullier, Abécédaire des Parapluies de Cherbourg, De L'amandier EDS,‎ novembre 2007 (ISBN 2355160325)
  • Michel Chion, Le Complexe de Cyrano : La Langue parlée dans les films français, Les Cahiers du Cinéma,‎ mars 2008, 192 p. (ISBN 978-2-86642-515-9), p. 108 à 112 (Chapitre XVII « Une chambre en ville, 1982, de Jacques Demy »)
  • Jean-Loup Passek, Dictionnaire du cinéma, Larousse,‎ 2001 (ISBN 2035050316)

Articles[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Éditions vidéo[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Marie Genin, Il était une fois... les Parapluies de Cherbourg (écrit par Marie Genin et Serge July), documentaire TV (2008)

Extrait disponible dans le DVD du film, Intégrale Jacques Demy en 12 DVD, Ciné-Tamaris

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Site officiel du festival de Cannes » (consulté le 3 avril 2010)
  2. Berthomé 1996, p. 27 à 47
  3. Taboulay et 1996 p9 à 35
  4. a et b Taboulay 1996, p. 34
  5. Taboulay 1996, p. 29 à 32
  6. Berthomé 1996, p. 183
  7. Jullier 2007, p. 26-27
  8. Taboulay 1996, p. 30 et la note
  9. Berthomé 1996, p. 145-146
  10. Taboulay 1996, p. 70-71
  11. a, b, c, d et e Berthomé 1996, p. 166-168
  12. a, b, c et d Dermoncourt 2009
  13. Taboulay 1996, p. 81-82
  14. a, b et c Taboulay 1996, p. 82
  15. a, b, c, d, e et f Berthomé 1996, p. 172-173
  16. a, b, c et d Taboulay 1996, p. 80-81
  17. a, b et c Berthomé 1996, p. 164-165
  18. Taboulay 1996, p. 80
  19. a et b Berthomé 1996, p. 171
  20. a, b, c, d, e et f Berthomé 1996, p. 169-170
  21. Taboulay 1996, p. 108
  22. « Isabelle Aubret, Biographie », sur http://www.rfimusique.com, RFI Musique,‎ janvier 2010 (consulté le 13 mai 2010)
  23. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Taboualy 1996, p. 89
  24. Témoignage de Jacques Demy, inBerthomé 1996, p. 182
  25. a, b, c, d et e Témoignage de Bernard Evein, in Berthomé 1996, p. 168-168
  26. a et b Témoignage de Michel Legrand, in Berthomé 1996, p. 170
  27. Taboulay 1996, p. 183-184
  28. Berthomé 1996, p. 432-434
  29. a et b Le film en DVD
  30. Passek 2001, p. 117
  31. a, b et c Taboulay 1996, p. 39
  32. a, b, c, d, e, f et g Jullier 2007, p. 71 à 75
  33. Berthomé 1996, p. 185
  34. Bertomé 1996, p. 180
  35. Demy 2008
  36. a, b et c Jullier 2007, p. 41-45
  37. a, b et c Berthomé 1996
  38. Jullier 2007
  39. Probablement la Vierge du Diptyque de Melun de Jean Fouquet au musée royal des beaux-arts d'Anvers.
  40. a, b, c, d, e et f Berthomé 1996, p. 174-176
  41. Dossier d'UniFrance Film,‎ 1963 cité dans Taboulay 1996, p. 170
  42. Berthomé 1996, p. 165
  43. Berthomé 1996, p. 174
  44. Berthomé 1996, p. 30
  45. Taboulay 1996, p. 19
  46. Jullier 2007, p. 52
  47. a, b, c, d et e Berthomé 1996, p. 179-181
  48. Dans l'introduction du duo le plus célèbre du film Mais je ne pourrai jamais vivre sans toi, où Geneviève envisage même la désertion. Voir Demy 2008
  49. « Hier soir une patrouille est tombée dans une embuscade et trois soldats sont morts » dans La Lettre, Demy
  50. « Un attentat à la grenade, c’était fréquent. » dans Le retour
  51. D'après les entretiens de Demy au sujet d'Une chambre en ville, dans L'Univers de Jacques Demy, on a l'impression qu'il se ressent comme fils d'ouvrier et non pas comme fils de chef d'entreprise : pour lui, son père était avant tout un ouvrier, un membre de la classe ouvrière.
  52. a, b et c Berthomé 1996, p. 188, note
  53. a et b Taboulay 1996, p. 132
  54. Taboulay 1996, p. 130, note 20
  55. a et b Beaver Country Times 20 février 1979
  56. a et b The Telegraph 3 février 1979, p. 6
  57. a, b, c et d Colomb 1998
  58. Jullier 2007, p. 47à49
  59. « Historique », site du Véritable Cherbourg (consulté le 7 juin 2012)
  60. « Catalogue », Ciné-Tamaris