Les femmes et les enfants d'abord

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Peinture de Thomas Hemy du HMS Birkenhead (1845) illustrant cette pratique.

L’impératif catégorique « Les femmes et les enfants d'abord » est une pratique chevaleresque, une coutume ou un protocole selon lesquels lors d’une menace mortelle (typiquement un naufrage avec un nombre de canots de sauvetage insuffisant), les femmes et les enfants sont les premiers à être sauvés. Cette notion est apparue lors du naufrage du HMS Birkenhead en Afrique du Sud en 1852, mais est surtout connue lors du naufrage du RMS Titanic en 1912.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle, les navires de tonnage inférieur à 10 000 tonnes n'ont pas suffisamment de canots de sauvetage pour sauver tous les passagers et l'équipage en cas de catastrophe maritime .

Controverses[modifier | modifier le code]

Certains auteurs comme Lucy Delap de l’Université de Cambridge ont argué le fait que de sauver d'abord les femmes dans une situation d'urgence pouvait être un moyen de souligner la différence des sexes et justifier les inégalités homme-femme en les empêchant notamment d'obtenir le suffrage[1].

Une étude suédoise en 2012 révèle que cette pratique est un mythe qui s'est développé au cours du naufrage du HMS Birkenhead et surtout du RMS Titanic (70 % des femmes et des enfants ayant survécu contre 20 % des hommes) qui sont des exceptions à la règle : une analyse de 18 désastres maritimes majeurs sur trois siècles impliquant 15 000 individus de plus de 30 nationalités différentes montre que le taux de survie de l'équipage et du capitaine est supérieur à celui des passagers, que celui des hommes est le double des femmes et que celui des enfants[2] n'atteint que 15 %[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sharon M. Meagher, Women and Children First : Feminism, Rhetoric, and Public Policy, Suny Press,‎ 2004, 271 p. (ISBN 978-0-7914-8285-8)
  2. Étude limitée à quelques naufrages, faute de données.
  3. (en) M. Elinder et O. Erixson, « Gender, social norms, and survival in maritime disasters », Proceedings of the National Academy of Sciences,‎ 2 mai 2012 (DOI 10.1073/pnas.1207156109)

Articles connexes[modifier | modifier le code]