Les Trois Petits Cochons

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Les Trois Petits Cochons
Image illustrative de l'article Les Trois Petits Cochons
Le troisième petit cochon construit sa maison.
Illustration de Leonard Leslie Brooke (1905)
Conte populaire
Titre Les Trois Petits Cochons
Titre original Three Little Pigs
Folklore
Genre Conte d'animaux
Aarne-Thompson AT 124
Personnage(s)-type(s) Grand méchant loup
Pays Angleterre (?)
Extension Europe
Amérique du Nord
Époque XIXe siècle, voire plus tôt
Version(s) littéraire(s)
Publié dans James Orchard Halliwell-Phillipps, Nursery Rhymes and Nursery Tales (v.1843)
Joseph Jacobs, English Fairy Tales (1890)

Conte(s) en rapport Le Loup et les Sept Chevreaux

Les Trois Petits Cochons est un conte traditionnel européen datant du XVIIIe siècle, bien que son origine puisse remonter plus loin, mettant en scène trois jeunes cochons et un loup. Ce conte a été rendu célèbre dans le monde par l'adaptation des studios Disney en 1933.

L'histoire (version originale) [1],[2],[3][modifier | modifier le code]

Les trois petits cochons veulent vivre leur vie et quittent le foyer familial pour tenter leur chance dans le monde. Le premier petit cochon se construit une maison de paille. Le deuxième petit cochon se construit une maison faite de bois. Le troisième petit cochon se construit une maison de briques et de ciment.

Les trois petits cochons et leur mère. Illustration de L. Leslie Brooke, extraite de The Golden Goose Book, Londres, Frederick Warne, 1905.

Le grand méchant loup parvient à détruire les maisons des deux premiers petits cochons en soufflant dessus et les dévore. En revanche, il est impuissant contre celle du troisième petit cochon.

Pour faire sortir le cochon de sa maison, le loup lui propose d'aller chercher des navets avec lui, mais le cochon sort tôt le matin et rentre chez lui avec des navets avant l'arrivée du loup. Le loup propose au cochon d'aller cueillir des pommes, le cochon part avant l'heure du rendez-vous, mais le loup le rejoint au pied du pommier. Le cochon lance une pomme très loin et se sauve chez lui pendant que le loup court après la pomme. Le loup propose ensuite au cochon d'aller à la foire. Arrivé le premier à la foire, le cochon achète une baratte. Sur le chemin du retour, il voit venir le loup ; il se cache alors dans la baratte, qui dévale une pente et fait peur au loup.

Ce dernier décide alors de rentrer chez le cochon par la cheminée, il tombe dans une marmite de soupe et s'ébouillante. Le cochon le mange pour son dîner.

Autres versions[modifier | modifier le code]

Dans la version la plus connue aujourd’hui (celle adoptée par Walt Disney), les deux premiers petits cochons survivent ; le loup détruit d’abord la maison de paille en soufflant dessus, et le premier petit cochon s’enfuit pour se réfugier dans la maison de bois de son frère. À nouveau, le loup détruit la maison de bois en soufflant dessus. Les deux petits cochons s’enfuient et se réfugient dans la maison de briques de leur troisième frère. Cette fois, le loup a beau souffler, il ne parvient pas à détruire la maison. Furieux, il s’éloigne et revient quelques jours plus tard, décidé à attraper les trois petits cochons en entrant par la cheminée de la maison. Les petits cochons l’ont vu venir, et le troisième petit cochon, qui est le plus malin, place une marmite d’eau bouillante dans la cheminée. Le loup tombe dans la marmite et se brûle si fort le derrière qu'il repart par la cheminée et ne revient plus jamais.

Le loup tombe dans la marmite. Illustration de L. Leslie Brooke, 1905.

Variantes[modifier | modifier le code]

Dans un conte originaire du Tyrol italien, trois petites oies qui reviennent de la foire se retrouvent obligées de passer la nuit dans un bois, et se bâtissent chacune une maison pour se protéger contre le loup ; les deux premières oies se bâtissent respectivement une maison de paille et de bois, mais la troisième se bâtit une maison de fer. Le loup vient frapper chez la première oie et lui dit que si elle refuse de lui ouvrir la porte, il renversera sa maison. Elle refuse, le loup renverse la maison de paille et la mange. Même chose avec la maison de bois et la deuxième oie. Mais en voulant renverser la maison de fer de la troisième, le loup se casse une patte. Il s'en fait refaire une par un serrurier, et revient frapper chez la troisième oie en ajoutant qu'il aimerait entrer chez elle pour se faire cuire une soupe. L'oie lui répond alors qu'elle va elle-même lui en faire cuire une. Quand l'eau est bouillante, elle demande au loup d'ouvrir la gueule et la lui fait boire par la fenêtre. Le loup meurt et la troisième petite oie sort ses deux sœurs de son ventre[4].

Dans un conte vénitien presque identique, le loup ne renverse pas les maisons des deux premières petites oies grâce à sa patte, mais grâce à une canonnade d'un certain genre[4].

Réécritures[modifier | modifier le code]

Le conte des trois petits cochons a inspiré de nombreux auteurs pour des réécritures. On peut citer entre autres :

  • La Vérité sur l'affaire des trois petits cochons[5], album de J. Scieska illustré par Lane Smith : le loup livre sa version des faits et se défend d'être le grand méchant.
  • Les Trois Petits Loups et le Grand Méchant Cochon[6], album d'Eugène Trivizas illustré par Helen Oxenbury : trois petits loups tout doux veulent se construire une maison. Mais voici que surgit le terrible Grand Méchant Cochon !
  • Les Trois Petites Cochonnes[7], album de Frédéric Stehr : trois petites cochonnes quittent leur maman pour se chercher un mari… Le problème, c'est que le loup sait très bien se déguiser en cochon idéal.
  • Les Trois Cochons[8], album de David Wiesner : lorsque les trois petits cochons décident de s'échapper des pages du livre, le loup a beau souffler, pousser, comme il commence à avoir l'habitude de le faire, toute la suite de l'histoire change…
  • Les Trois Petits Cochons[9],[10], bande dessinée de Tarek, Aurélien Morinière et Svart : deux loups pacifistes sont convoqués par un magicien dans la grande forêt humide. Ce dernier leur apprend qu’ils sont les heureux élus d’un nouveau conte. Après s'être perdus dans la grande forêt humide, nos deux loups apprennent avec horreur que leur mission est la suivante : être de grands méchants loups et dévorer les cochons. Mais c’est impossible, nos deux loups ne mangent pas de cochons et ils en ont assez de se faire traiter de méchants alors qu’ils n’ont rien fait.

Commentaire[modifier | modifier le code]

La version des studios Disney est édulcorée, puisque le loup ne dévore pas les deux premiers cochons, ceux-ci trouvant refuge dans la maison du troisième. De plus, le loup ne meurt pas lorsqu'il est ébouillanté.

Interprétation[modifier | modifier le code]

L'interprétation la plus évidente de ce conte est celle de la capacité d'anticipation et le courage dans l'adversité, symbolisée par le loup. L'individu se contentant de se préparer comme les deux premiers petits cochons se fera détruire par les vicissitudes de la vie. Seule la personne se construisant une base solide peut faire face aux aléas.

C'est aussi, selon Bruno Bettelheim dans Psychanalyse des contes de fées, une façon de dire aux enfants qu'on ne peut pas toujours dans la vie agir selon le principe de plaisir – les deux premiers petits cochons ne pensent qu'à s'amuser – mais qu'il faut se soumettre aussi au principe de réalité quand la vie l'impose. D'après cet auteur, ce conte (dans la version présentée ici) convient tout particulièrement aux jeunes enfants de quatre-cinq ans[11].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Jacobs (éd.), English Fairy Tales, David Nutt,‎ 1890, 80 p., p. 68-72
  2. James Orchard Halliwell-Phillipps (ill. W. B. Scott), The Nursery Rhymes of England, F. Warne and co.,‎ 1886, 333 p., p. 37-41
  3. Erik Blegvad, La Véritable Histoire des trois petits cochons, Gallimard Jeunesse, coll. « Folio benjamin »,‎ 18 octobre 2001, Broché, 30 p. (ISBN 978-2070547968)
  4. a et b Emmanuel Cosquin, Contes, Philippe Picquier, coll. « Dix milles feuilles »,‎ 26 novembre 2003, Broché, 750 p. (ISBN 2-87730-665-8, présentation en ligne), p. 647-648
  5. J. Scieszka (ill. L. Smith), La Vérité sur l'affaire des trois petits cochons, Nathan, coll. « Album Nathan »,‎ avril 1991, 26,50 X 21,50 cm, 32 p. (ISBN 978-2-09-222408-3, présentation en ligne)
  6. Trivizas Eugène (ill. Oxenbury Helen), Les Trois Petits Loups et le Grand Méchant Cochon, Bayard Jeunesse, coll. « Albums »,‎ 31 octobre 1993, 280 x 220 mm, 32 p. (ISBN 978-2227705593, présentation en ligne)
  7. Frédéric Stehr, Les Trois Petites Cochonnes, L'École des loisirs, coll. « Lutin poche »,‎ 1997, 30 p. (ISBN 978-2211056120, présentation en ligne)
  8. David Wiesner, Les Trois cochons, Circonflexe, coll. « Albums »,‎ 24 septembre 2001, 40 p. (ISBN 978-2878332841)
  9. Tarek, Aurélien Morinière, Svart, Les 3 petits cochons, Emmanuel Proust editions,‎ 19 janvier 2006, 215 mm x 285 mm, 32 p. (ISBN 2848101210)
  10. Voir Les détails concernant Les 3 Petits Cochons sur bdtheque.com et Le conseil de lecture du CNDP-CRDP
  11. (en) Bruno Bettelheim (trad. Théo Carlier), Psychanalyse des contes de fées [« The Uses of Enchantment : The Meaning and Importance of Fairy Tales »], Pocket,‎ 1976 (réimpr. 1999), 476 p. (ISBN 978-2-266-09578-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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