Les Tribulations d'un Chinois en Chine (roman)

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Les Tribulations d'un Chinois en Chine
Image illustrative de l'article Les Tribulations d'un Chinois en Chine (roman)
La traversée à bord de la Sam-Yep

Auteur Jules Verne
Genre Roman d'aventures Conte philosophique
Pays d'origine France
Éditeur Pierre-Jules Hetzel
Date de parution 1879
Dessinateur Léon Benet dit Benett
Série Voyages extraordinaires
Chronologie
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Les Tribulations d'un Chinois en Chine est un roman d'aventures de Jules Verne, paru en 1879.

Historique[modifier | modifier le code]

L'œuvre est d'abord publiée dans Le Temps du 2 juillet au 7 août 1879, puis mis en vente en volume par Hetzel dès le 11 août[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Kin-Fo est un jeune chinois riche, qui est indifférent à tout et ne connaît pas le bonheur. Un jour, il se retrouve ruiné. Ne voulant pas imposer à sa future épouse une vie misérable, il préfère mourir. Au moment de se donner la mort, il se rend compte qu'il ne ressent rien, et décide qu'il ne peut mourir sans connaître d'émotions au moins une fois dans sa vie. Il demande donc à son maître et ami, le philosophe Wang, de le tuer dans un délai imparti, ce qui, il l'espère, lui fera redouter la mort et éprouver quelques émotions. Wang accepte, puis disparaît. Plus tard, Kin-Fo apprend qu'il n'est pas ruiné. Il veut alors vivre et épouser Lé-Ou. Cependant, Wang reste introuvable et Kin-Fo le pourchassera dans toute la Chine pour lui dire qu'il ne veut plus mourir. Kin-Fo comprend la valeur de la vie en étant sous la menace constante d'être assassiné par Wang.

Morale de l'histoire : il faut avoir connu le malheur, la peur, les soucis pour pouvoir connaître et apprécier le bonheur.

Liste des personnages[modifier | modifier le code]

  • William J. Bidulph, Américain, 50 ans, agent principal, en Chine, de la "Centenaire", compagnie d'assurances contre l'incendie et sur la vie.
  • Craig, Américain pur-sang, cousin de Fry, au service de la "Centenaire".
  • Fry, cousin de Craig, au service de la "Centenaire"[2]
  • Houal, le lettré, ami de jeunesse de Kin-Fo.
  • Kin-Fo, jeune Chinois de 31 ans au plus, riche héritier de la fortune de son père. Indifférent pour tout, il professe un véritable dégoût pour la vie.
  • Lé-Ou, jeune veuve âgée de 21 ans, fiancée de Kin-Fo, demeurant à Pékin (avenue Cha-Coua)[3].
  • Mme Lutalou, tante de Lé-Ou, femme d'un mandarin de quatrième rang, deuxième classe, à bouton bleu.
  • Nan, domestique de Lé-Ou, vieille femme acariâtre. Finira par être chassée.
  • Pao-Shen, mandarin de quatrième classe à bouton bleu, ami de jeunesse de Kin-Fo.
  • Soun, premier valet de chambre de Kin-Fo. Distrait, maladroit, il sert de souffre-douleur à son maître. Ce dernier fait subir des ablations à la natte de son serviteur, à chaque faute de celui-ci[4].
  • Tchoung-Héou, père de Kin-Fo, décédé en 1866. Il a bâti sa fortune sur le "transport des morts"[5].
  • Wang, vieux philosophe de 55 ans, compagnon inséparable de Kin-Fo. En fait, c'est un ancien Taiping[6], recueilli et sauvé par Tchoung-Héou.
  • Capitaine Yin, commandant de la "Sam-Yep", petit homme à figure riante, vif et loquace. Croyant rapatrier des cadavres, il ne se doute pas qu'il transporte des pirates.
  • Yin-Pang, riche négociant en soieries de la rue des Pharmaciens, ami de jeunesse de Kin-Fo.
  • Lao-Shen, ancien compagnon de Wang dans le mouvement des "Tchang-Mao", retiré vers le nord, au-delà de la Grande Muraille de Chine. Écumeur de grands chemins.

Filmographie[modifier | modifier le code]

À noter également que le film Bulworth (1998), de Warren Beatty, se serait aussi inspiré du roman. Francis Veber devait à l'origine réaliser l'adaptation, mais il révèle dans son autobiographie, Que cela reste entre nous, que Beatty lui en aurait « volé » l'idée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Laissus. Qui était le capitaine Boyton?. Bulletin de la Société Jules Verne 8. 1968.
  • Robert Pourvoyeur. Un assassiné volontaire. Bulletin de la Société Jules Verne 39/40. 1976.
  • Daniel Compère. Le jeu du Chinois. Bulletin de la Société Jules Verne 52. 1979.
  • Alain Buisine. Voglio morire. in "Modernités de Jules Verne". Presses Universitaires de France. Jean Bessière (Ed.). 1988.
  • Wen-Ling Huang. Jules Verne et les Tribulations d'un Chinois en Chine. Une époque, un pays, à travers le regard d'un romancier. Mémoire de maîtrise. Lyon. Université Jean Moulin. Juin 1988.
  • Jean-Pierre Picot. Le conteur et le compteur, ou Jules Verne entre science et sentiment. Revue des Lettres modernes. Jules Verne 6. "La science en question". Paris. Minard. 1992.
  • Philippe Burgaud. Kin-Fo a-t-il acheté la maison du mandarin Hauquau?. Bulletin de la Société Jules Verne 111. 1994.
  • François Raymond. Un cache-cache littéraire: "Les Tribulations d'un Chinois en Chine". Revue des Lettres modernes. Jules Verne 7. "Voir du feu". Paris. Minard. 1994.
  • Milan V. Dimic. Imperial Fictions of the Travel: Images of China and the Chinese in European Popular Fiction (May, Salgari and Verne). in Canadian Review of Comparative Literature. Edmonton. 1997.
  • Anne Marie Laï. La Chine et les Chinois vus par Jules Verne dans "Les Tribulations d'un Chinois en Chine". Mémoire de maîtrise. Taïwan. Janvier 1997.
  • Paul Morin. L'honorable philosophe Wang. in "Voyage autour de Jules Verne". Cahiers de l'Académie de Bretagne et des Pays de la Loire. Nantes. 2000.
  • Peter Schulman. Représentations de la Mort dans la Chine de Claudel et de Verne. Bulletin de la Société Jules Verne 171. Octobre 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Piero Gondolo della Riva. Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne. Tome I. Société Jules Verne. Paris. 1977.
  2. «Les agents Craig et Fry [...] ne formaient absolument qu'un être en deux personnes. Impossible d'être plus complètement identifiés l'un à l'autre, au point que celui-ci finissait invariablement les phrases que celui-là commençait, et réciproquement. Même cerveau, mêmes pensées, même cœur, même estomac, même manière d'agir en tout. Quatre mains, quatre bras, quatre jambes à deux corps fusionnés. En un mot, deux frères Siamois, dont un audacieux chirurgien aurait tranché la suture.» (Chapitre IX).
  3. Un autre personnage de l'auteur, Zinca Klork, demeure à la même adresse, quelques années plus tard. Fiancée à Kinko, elle attend avec impatience une certaine caisse. Le journaliste fait l'impasse sur la description de la ville, tout simplement parce que l'auteur l'avait décrite, quinze ans plus tôt. (voir Claudius Bombarnac).
  4. Verne joue sur les mots "natte" et "queue" dans une intention érotique. On découvre en effet que Soun possède finalement une fausse queue (natte).
  5. À l'époque, les coolies s'expatriaient vers la Californie pour trouver du travail. Ainsi commença le transfert pour les terres américaines. Mais, dans ce contrat, était spécifiée impérativement une clause. Les "Celestials", s'ils voulaient quitter leur terre pour gagner leur vie, tenaient absolument à revenir sur le sol natal pour y être enterrés. Ainsi se constitua ce frêt de "navires à cadavres" (Chapitre II).
  6. Dès 1853, les Taiping ou "Tchang-Mao", ennemis héréditaires des Tartares, se soulevèrent contre le régime de l'empereur "S'Hiène-Fong". La révolte se propagea rapidement et dura plusieurs années, jusqu'en 1864, où elle fut réprimée. (Chapitre II).

Lien externe[modifier | modifier le code]

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