Les Temps modernes
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
| Les Temps modernes | |
|
Charlot devient fou
|
|
|
|
|
| Titre original | Modern Times |
|---|---|
| Réalisation | Charlie Chaplin |
| Durée | 89 minutes |
| Sortie | 5 février 1936 |
| Langue(s) originale(s) | anglais |
| Pays d’origine | |
| Fiche IMDb | |
Les Temps modernes (Modern Times) est un film américain de Charlie Chaplin, sorti en 1936. Il présente le personnage de Charlot, qui fait sa dernière apparition dans un film muet (Charlot fera sa dernière apparition dans Le Dictateur), luttant pour survivre dans le monde industrialisé. Le film est une satire du chômage et des conditions de vie de nombreuses personnes lors de la Grande dépression. Conditions imposées, selon Chaplin, par les gains d'efficacité exigées par l'industrialisation des temps modernes. Les vedettes du film sont Chaplin, Paulette Goddard, Henry Bergman, Stanley Sandford et Chester Conklin.
Sommaire |
[modifier] Synopsis
Les Temps modernes dépeint Charlot en ouvrier, employé sur une chaîne de production. Après avoir été soumis à divers mauvais traitements, comme d'être nourri de force par une machine à gaver ou d'être contraint de visser des écrous à un rythme effréné sur une chaîne de montage accélérée, Charlot est atteint d'une dépression nerveuse. Il est alors envoyé à l'hôpital. Après son rétablissement, devenu chômeur, Charlot est arrêté par erreur pour avoir fomenté une manifestation communiste, alors qu'il ne tentait en fait que de restituer un drapeau rouge qui était tombé d'un véhicule de livraison. En prison, il ingère accidentellement de la cocaïne, la prenant pour du sel. Dans l'état délirant qui s'ensuit, il participe à une évasion et met KO les autres condamnés. Il est alors acclamé en héros et libéré.
Sorti de prison, il découvre combien la vie est rude, et tente d'être arrêté après avoir échoué à obtenir un travail décent. Il rencontre alors une orpheline (la « gamine »), interprétée par Paulette Goddard, qui fuit la police après avoir volé une miche de pain. Pour sauver l'enfant, il dit à la police qu'il est le voleur et doit être arrêté. Cependant, un témoin révèle la supercherie et il est libéré. Afin d'être à nouveau arrêté, il ingurgite une énorme quantité de nourriture dans une cafétéria, sans payer. Il se retrouve avec la gamine dans le « panier à salade », qui tombe en panne, et tous deux s'échappent. Rêvant d'une vie meilleure, Charlot obtient un emploi de gardien de nuit dans un grand magasin, introduit la gamine dans celui-ci, et permet même à des cambrioleurs de prendre de la nourriture. Se réveillant le lendemain matin dans un tas de vêtements, il est arrêté une fois de plus.
[modifier] Fiche technique
- Titre français : Les Temps modernes
- Titre original: Modern Times
- Réalisation : Charles Chaplin
- Scénario : Charles Chaplin
- Sociétés de production : Chaplin - United Artists
- Producteurs : Charles Chaplin
- Musique : Charles Chaplin (emprunts musicaux : Hallelujah, I'm a Bum, Prisoners'Song (Massey), How dry am I, In the evening by the Moonlight (Bland) et Je cherche après Titine (Duncan - Daniderff))
- Directeur de la photographie : Roland Totheroh, Ira Morgane
- Montage : Charles Chaplin
- Pays :
États-Unis - Format : 35 mm, 1.37:1
- Genre : comédies
- Durée : 89 minutes
- Date de sortie :
États-Unis : 5 février 1936 - Tous publics
[modifier] Distribution
- Charles Chaplin : un ouvrier
- Paulette Goddard : la gamine
- Henry Bergman : le patron du restaurant
- Tiny Sandford : Big Bill/un ouvrier
- Chester Conklin : le mécanicien
- Hank Mann : le propriétaire du cabaret
- Stanley Blystone : le père de la gamine
- Al Ernest Garcia : le Président de l'Electro Steel Corp
- Richard Alexander : un prisonnier
- Cecil Reynolds : l'aumônier
- Mira McKinney : la femme de l'aumônier
- Murdock MacQuarrie : un prisonnier
- John Rand : un prisonnier
- Wilfred Lucas : le jeune officier
- Edward LeSaint : le shérif
- Sammy Stein : le contremaitre
- Juana Sutton : la femme qui a des boutons sur sa robe
- Ted Oliver : l'assistant de Billows
[modifier] Analyse
|
|
Cet article ou section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées.
Aidez Wikipédia en ajoutant des références. Voir la page de discussion pour plus de détails.
|
Ce film présente une image critique de la société industrielle capitaliste[1]. Dans cette société, l'homme est devenu un simple rouage, le fordisme lui délivrant des tâches mécaniques aliénantes — aliénantes à tous les sens du terme, car Charlot en devient effectivement fou[2]. Sorti du travail, Charlot conserve les réflexes que lui impose le rythme des machines, au point qu'il ne peut s'empêcher de déboulonner les boutons de robe des dames. Le travail à la chaîne est rendu encore plus inhumain par le rythme effréné, et sans cesse accéléré, que dicte un patron soucieux de rentabilité, confortablement installé dans un fauteuil, et dont la seule fonction consiste à surveiller de façon quasi policière ou pénitentiaire le travail des ouvriers.
La société industrielle creuse l'écart entre deux populations : d'un côté une bourgeoisie aisée, qui possède le pouvoir et les usines, et de l'autre une classe ouvrière de plus en plus pauvre, condamnée à la misère, souvent obligée de voler pour survivre, et où les enfants finissent orphelins. Les machines sont dangereuses et causent plus d'un accident du travail : ouvriers happés par des machines, etc.
En outre, la classe ouvrière n'a pas même la possibilité de revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail : aussi pacifiques qu'elles soient, les manifestations, notamment communistes, sont sévèrement réprimées, leurs meneurs sont emprisonnés par une police défendant les intérêts de la seule bourgeoisie.
Au milieu des années de dépression économique, Chaplin donne ainsi une image des conséquences du capitalisme, qui sacrifie des vies à la recherche de rentabilité. Et dans le même temps, il met en lumière l'absurdité de la chasse aux communistes, qui a commencé dans les années 1920 aux États-Unis, diabolisation qui ne sert qu'à masquer que le véritable problème n'est pas l'émeute, mais les conditions de vie qui la causent. Derrière le comique gestuel qui a fait la célébrité de Chaplin, Les Temps modernes est donc un film engagé, dont la critique ne porte pas tant sur l'industrialisation en général que sur ses seules conséquences sociales.
[modifier] Bibliographie
- André Bazin, Charlie Chaplin, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 2012
- David B. Bills, The new modern times factors reshaping the world of work, Albany : State University of New York Press, 1995. (OCLC 42855872)
[modifier] Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Modern Times (film) ».

