Les Souvenirs

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Les Souvenirs
Auteur David Foenkinos
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gallimard
Collection Blanche
Date de parution 5 janvier 2011
Nombre de pages 281

Les Souvenirs est un roman du scénariste, musicien et romancier David Foenkinos[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

David Foenkinos salon radio france 2011.jpg

Comme toujours chez Foenkinos, ce roman traite avec un humour inattendu des problèmes graves de la vie. Le narrateur, qui parle à la première personne, rêve d’être écrivain et est… veilleur de nuit dans un hôtel. Après la mort de son grand-père, qu’il n’a pas su accompagner dans ses derniers instants, sa grand-mère est mise en maison de retraite ; elle fuguera – le policier, qui recueille sa déposition, demande «est-elle majeure, votre grand-mère ?» ; il la retrouvera dans son village natal et lui fera passer une journée en CE2, elle dont le grand regret est d’avoir dû, toute enfant, quitter l’école. Le texte est entrecoupé de souvenirs de personnages du roman ou de personnalités évoquées dans le récit – Gainsbourg, Alzheimer, Van Gogh, etc. – souvenirs souvent drôles, toujours touchants. Observateur plus qu’acteur, le narrateur navigue entre mort, famille et amour.

Pour cet auteur qui aime parler d'amour dans ses romans[2], il s'agit encore d'amour mais en l'occurrence, celui de ses grands-parents, la difficulté de se comprendre, cet écart des générations et des vies qui font les difficultés de communications. Mais au-delà des aléas de la communication, reste la tendresse, ces liens indissociables entre eux, cette méditation qu'il décrit sur la difficulté de vieillir et le placement en maison de retraite. « Mon enfance est une boîte pleine de nos souvenirs, » dit le narrateur qui vient d'enterrer son grand-père[3].

« Ce livre, dans lequel -comme Kundera qu'il admire- Foenkinos revisite le mythe nietzschéen de l'éternel retour, est avant tout l'histoire d'une quête. Celle d'un apprenti écrivain, d'un «veilleur de chagrin» qui collectionne les images, les émotions du passé afin d'accumuler «la mélancolie nécessaire» à l'éclosion d'une œuvre[4]

Extrait du livre[modifier | modifier le code]

« Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger.

Deux jours auparavant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là il était bien au-delà de l'inconfort. Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux lui dire, là. »

Informations complémentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né en 1974, David Foenkinos est l'auteur de dix romans et d'une pièce de théâtre. «La Délicatesse» publié en 2009 s'est vendu à 375 000 exemplaires. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de pays. « Les Souvenirs » a fait l'objet d'un premier tirage à 50 000 exemplaires.
  2. De La Délicatesse aux Souvenirs
  3. L'Express
  4. Claire Julliard, "Le Nouvel Observateur" du 18 août 2011.