Les Revenants (Ibsen)

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Les Revenants
Betty Nansen et Henrik Bentzon dans Les Revenants en 1925
Betty Nansen et Henrik Bentzon dans Les Revenants en 1925

Auteur Henrik Ibsen
Genre Tragédie
Version originale
Titre original Gengangere
Langue originale Norvégien
Pays d'origine Drapeau de la Norvège Norvège
Date de parution originale 1881
Date de la 1re représentation mai 1882
Lieu de la 1re représentation Aurora Turner Hall

Les Revenants (titre original : Gengangere) est une pièce de théâtre en 3 actes d'Henrik Ibsen publiée en 1881 et créée en norvégien en 1882 à l'Aurora Turner Hall de Chicago puis le au Stads Theater d'Hälsingborg en Suède dans une mise en scène d'August Lindberg.

André Antoine créa la pièce en France en 1890 au Théâtre-Libre.

Résumé[modifier | modifier le code]

Acte 1 Dans l'office de Mme Alving, le menuisier Engstrand demande à sa fille Régine de quitter le service de Mme Alving et l'accompagner à la ville. Il a le projet de monter un hôtel pour marin ou Régine pourrait s'y prostituer à l'occasion, elle le chasse. Le pasteur Manders arrive chez Mme Alving, il conseille à Régine d'aller vivre avec son père qui a besoin de quelqu'un pour le guider.

Mme Alving et le pasteur Manders, deux vieux amis, ont une discussion sur l'asile qui va être inauguré demain, Oswald vient saluer le pasteur, il arrive de Paris pour l'inauguration et passera l'hiver auprès de sa mère. Le pasteur Manders ne se conduit pas en ami de la famille mais en prêtre qui multiplie les remarques désobligeantes sur les lectures, les relations, le style de vie de la mère et du fils.

Oswald parti, Mme Alving rappelle au pasteur que le capitaine Alving, un homme qui jouissait de l’estime générale était en réalité alcoolique et débauché. Elle avait déjà tenté de fuir son mari mais elle en avait été dissuadée par le pasteur Manders, qui lui avait fait comprendre que son devoir d’épouse lui imposait de rester auprès du capitaine. Elle lui apprend que son mari avait mis enceinte Jeanne leur bonne, la mère de Régine. Oswald rentre, il va à la cuisine, Régine hurle à Oswald de la lâcher.

Acte 2 Après le déjeuner Mme Alving et le pasteur Manders comprenne qu'il faut séparer Oswald et Régine qui ignorent être demi-frère et demi-sœur. Mme Alving revient sur le passé et raconte comment s'étant débarrassé de Jeanne avec trois cents écus, cette dernière avait immédiatement épousé le menuisier Engstrand qui avait reconnu Régine comme sa fille à la naissance. Mme Alving avoue au pasteur sa crainte des revenants, de revivre des situations passées, le pasteur parti, elle retrouve Oswald qui lui avoue être malade, un docteur à Paris lui a dit qu'il avait quelque chose de pourri en lui. Oswald raconte à sa mère comment Régine éprouve un tendre sentiment à son égard et rêve même de l’accompagner à Paris. Oswald lui annonce qu'il veut se marier avec elle, c'est son salut. Mme Alving va leur révéler leur parenté quand on annonce que l'orphelinat est en feu.

Acte 3 Le feu a détruit l'asile, Engstrand et Manders repartent en ville, Mme Alving apprend à Régine et Oswald qu'ils ont le même père, Régine part immédiatement en annonçant qu'elle sera une fille perdue comme sa mère, Oswald se meurt.

Contexte de création[modifier | modifier le code]

Lors de sa publication en Norvège, en décembre 1881, la pièce est très mal reçue car elle aborde des sujets tabous et critique l’hypocrisie de la morale puritaine de l’époque. Aucun théâtre norvégien ne veut produire la pièce qui est montée pour la première fois en mai 1882 à Chicago par une troupe de tournée d’origine danoise. Ce n’est qu’en octobre 1883 que la pièce est présentée en Norvège au Møllergadens Theater de Christiania (aujourd’hui Oslo) où elle remporte un bon succès. L’agressivité des réactions devant Les Revenants inspirera à Ibsen sa pièce suivante Un ennemi du peuple.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Hélène Alving, veuve du capitaine Alving.
  • Oswald Alving, 26 ans, son fils.
  • Le pasteur Manders
  • Régine Engstrand, bonne de Madame Alving, fille naturelle du capitaine Alving.
  • Le menuisier Engstrand.

Les thèmes[modifier | modifier le code]

  • La figure du père : La famille norvégienne de l’époque est représentée comme un univers clos, soumis à la loi inflexible du père, que ce soit le père biologique, chef de famille, ou le père spirituel, pasteur de la paroisse.
  • Les secrets de famille : Toute la structure familiale est conditionnées par les secrets tus par les protagonistes, le plus prégnant étant la filiation biologique de Régine.
  • L’hérédité : Ibsen s’interroge sur la part de l’ascendant dans la formation de la personnalité. Oswald a-t-il été préservé par sa mère des comportements dissolus de son père, ou a-t-il reçu ces tendances dans son héritage génétique ?

Mises en scène en France[modifier | modifier le code]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]