Les Poppys

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Les Poppys sont un groupe français d'enfants interprétant des chants dans la mouvance hippie des années 1970, en pleine guerre du Viêt Nam. Leurs chansons mettent en avant l'amour, l'incompréhension face à la guerre et la violence des adultes, la fraternité, la paix, l'écologie mais aussi la religion.

Le groupe est constitué d'une partie des Petits Chanteurs d'Asnières en Île-de-France. La constitution du groupe évolue en fonction de la mue des garçons.

Historique[modifier | modifier le code]

Le groupe est issu de la chorale des « Petits Chanteurs d'Asnières » créée en 1946 par Jean Amoureux ([1]).

Dix-sept choristes sont sélectionnés pour cette aventure, tous d'origine modeste[réf. nécessaire]. Ils ont été repérés par Jean-Jacques Thébaut (qui avait produit la collection Rondes et Chansons avec, à l'époque, « des petits chanteurs de l'Île-de-France ») et il les présente à Eddie Barclay qui confie, sur les recommandations de Jacqueline Herrenschmidt, la direction artistique à François Bernheim, ancien soliste de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la croix de bois, ex-chanteur du groupe Les Roche-Martin.

C'est ainsi que naissent les Poppys, nom qui annonce la couleur : la pop. Dans la biographie Il était une fois les Poppys de François Vallet[2], un des quarante à cinquante enfants ayant participé au groupe se souvient que l'effectif complet des chanteurs d'Asnières s'est réuni du 5 au 15 avril 1970 au château de Nazelles, propriété de la ville d'Asnières, avec les chefs de chœur Jean Amoureux et François Bernheim, pour une petite présélection. Plusieurs d'entre eux sont finalement retenus en septembre 1970 : Olivier Antignac, Pascal Buffenoir, Benoît Cabanes, Bernard Carayon, Olivier Dubrez, Jean-Jacques Gallard, Jean-Pierre Hermann, Philippe Hermann, Gabriel Képéklian, Philippe Képéklian, Philippe Magnan, Christophe Normand, Bruno Polius-Victoire, Pierre Puyhardy, Philippe Sellier, Thierry Sellier, Harry Trowbridge. Ils sont à l'époque âgés de 10 à 14 ans.

Beaucoup parmi les présélectionnés ont dû quitter le groupe dès le tout début de l'année 1971 (mue oblige), pour céder la place à d'autres chanteurs déjà présents, dont Gérald Munier, Pascal Oubreyrie, Alain Drexler, Pascal Réali et Daniel Danglard.

La légende veut que dix-sept soit le nombre fétiche d'Eddie Barclay[réf. nécessaire]. Il était une fois les Poppys[3] nous raconte que les premières partitions reçues par Jean Amoureux et écrites par Hervé Roy, l'arrangeur des chansons, étaient composées pour des chœurs à quatre voix. Jean Amoureux a donc imaginé quatre choristes pour chaque type de voix, auxquels vient s'ajouter le soliste.

Leur premier 45 tours est mis sur le marché : Noël 70. Il s'en vend six cent mille exemplaires. Le succès est au rendez-vous. S'enchaînent alors plusieurs tubes : Isabelle, je t'aime (cinq cent mille exemplaires), Non, non, rien n'a changé (un million deux cent mille exemplaires), Des Chansons pop dont les paroles sont de Geneviève Lajeunesse (quatre cent mille exemplaires), etc.

Récompenses[modifier | modifier le code]

En trois ans, les Poppys enregistrent plus de vingt-cinq titres, vendent près de cinq millions de disques (45 tours et albums 33 tours confondus) et obtiennent plusieurs disques d'or.

  • Deux disques d'or (un en France et un aux Pays-Bas) pour Non, non, rien n'a changé (un million deux cent mille exemplaires),
  • Disque d'or pour Isabelle, je t'aime (cinq cent mille exemplaires)
  • Disque d'or pour Jésus révolution.

Les derniers disques pressés sous le nom « Poppys » datent de 1982. Toutefois, les tubes des Poppys sont régulièrement réédités en CD et la chorale des Petits Chanteurs d'Asnières édite tous les ans des CD sous le nom « Les Petits Chanteurs d'Asnières et les Poppys ».

La chorale reste sous la direction de son fondateur Jean Amoureux jusqu'à sa mort, le 2 septembre 2009. Depuis, la relève est assurée par Christian Germain.

CD, DVD, vinyles[modifier | modifier le code]

Des albums CD sont régulièrement réédites et disponibles à la vente, les cassettes audio et les vinyles sont aussi proposés sur les sites internet de vente par correspondance, ils vendent aussi leurs derniers albums sur leur site officiel[4].

Interprètes[modifier | modifier le code]

  • Olivier Antignac
  • Bernard Carayon
  • Alain Drexler
  • Gabriel Képéklian
  • Philippe Képéklian
  • Gilles Normand
  • Christophe Normand
  • Pascal Oubreyrie
  • Bruno Polius (soliste)
  • Thierry Saubiette
  • Philippe Sellier
  • Thierry Sellier

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

1970

  • Noël 70 (45 Tours)
  • Non, je ne veux pas faire la guerre… (45 tours)

1971

  • Non, Non, rien n´a changé (45 Tours)
  • Des chansons pop (45 Tours)
  • Halleluia maman (45 Tours)
  • Laissez entrer le soleil
  • Love, lioubov, amour
  • Non, ne criez pas…

1972

  • Jésus revolution (45 Tours)
  • La vie c’est si joli (45 Tours)
  • L'Enfant do
  • Liberté
  • La paix soit avec vous
  • Pénélopie
  • L´école est finie
  • Septembre noir, Décembre blanc (45 Tours)

1973

  • American Trilogie (45 Tours)
  • Au nom de l'amour
  • Isabelle, je t'aime
  • Papa, pense à nous (45 Tours)

1974

  • Avanti Bugatti (45 Tours)
  • Credo in unum Deum (45 Tours)
  • Duguesclin (45 Tours)
  • Glory Alleluia (45 Tours)
  • Il faut une fleur pour faire le monde (45 Tours)
  • Noël 74 (45 Tours)
  • Un monde petit (45 Tours)

1975

  • En l'an 300 000 000[5]
  • Mes 3 dauphins et moi soliste Bruno (45 Tours)

1976

  • Juste Une Question

1977

  • Bernard et Bianca (45 Tours)
  • Demain c´est un autre jour
  • Mary Poppins (45 Tours)
  • Quelqu´un viendra
  • Le mini minimum

1980

1981

  • Supercalifragilisticexpidelilicieux

1982

  • E.T., je t’aime Soliste: Martial Dizazzo(45 Tours)
  • Tout est du bluff (45 Tours)

1983

1989

  • Rêves d’enfant Soliste: Alex Pailly (45 Tours)

1990

  • Tous les enfants ont les yeux bleus
  • New Rock City
  • Mon Copain Teddy

1991

  • Si Le Monde Appartenait Aux enfants

2000

  • Les Années Barclay (Album CD)

2002

  • Madame je t'aime

2003

  • Poppys:Master Serie (Album CD)
  • Bing-Bang
  • Les enfants
  • La chanson de Gavroche
  • Vous avez été des enfants

2004

  • Le mendiant de l'amour
  • S'il suffisait d'aimer…
  • La planète amour

2005

  • Les trois cloches
  • Les jardins du ciel
  • Est-ce qu'on sera chinois
  • Il N'y a Plus D'étoiles de Mer

2009

Reprises[modifier | modifier le code]

  • Le refrain de la chanson Love, lioubov, amour, « Love, love, love, dit-on en Amérique ; lioubov en Russie soviétique ; amour aux quatre coins de France », a été repris par Noir Désir à la fin de la chanson L'homme pressé. Michel pierre Autissier reprend Non ,non rien n'a changé a sa façons sur son album sorti en 2010 Un peu d'air culturel chez Mpa Live Production Label 2010 sa propre maison de disque.
  • La chanson Non, non, rien n'a changé a été reprise par les Enfoirés en 2006, et par Billy Ze Kick (sans les Gamins en folie), sur l'album Paniac en 1996. René Binamé et Édouard Nenez ont eux aussi fait une reprise du titre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Il était une fois Les Poppys de François Vallet aux éditions Dispo (2008).

Le retour des Poppys par la scène judiciaire [6][modifier | modifier le code]

En juin 1997, une dizaine de membres de la première sélection des Poppys, considérant qu'ils avaient été spoliés, notamment par Eddie Barclay[7], alors que le groupe avait dégagé des bénéfices considérables qui ne leur avaient jamais profité, intentaient une action pénale pour escroquerie et abus de confiance ; cette action se soldait par un non-lieu en 2001, confirmé en appel en 2002.

Au civil, six ex-Poppys, Bruno Polius, Harry Trowbridge, Philippe et Thierry Sellier, Gabriel et Philippe Képéklian, qui réclamaient à Universal Music France plus d'un million d'euros, étaient déboutés par la cour d'appel de Paris le 24 février 2010. L'arrêt de la juridiction de second degré confirmait le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Paris, le 8 janvier 2008[8].

Dans un communiqué de presse publié le 5 mai 2010[7], les six ex-Poppys rappelaient que leur "principale requête n’était pas financière, mais concernait la reconnaissance explicite de [leur] statut d’artistes-interprètes des POPPYS". Ils ajoutaient : "Cette bataille juridique depuis 15 années, nous l’avons menée pour nous, pour nous reconstruire, mais aussi, pour tous les enfants membres de chorales qui aujourd’hui, nous l’espérons, sauront préserver ou faire préserver leurs droits dans un monde dirigé par un intérêt plus financier qu’artistique."

Le témoignage d'autres ex-Poppys laissait effectivement entendre que si les enfants du groupe s'étaient, pour la plupart, effectivement enrichis d'une expérience inoubliable, certains adultes s'étaient sans doute enrichis, dans le même temps, des bénéfices des millions d'albums vendus en 4 ans. "Nous étions logés et nourris dans les familles qui voulaient bien nous accueillir. Nous avons continué à fonctionner sur le même mode au temps des Poppys, alors que nous vendions 5 millions d'albums et que certains gagnaient beaucoup d'argent…"[9].

Dès 1994, en effet, les disques Barclay's (repris plus tard par Universal) et Jean Amoureux tiraient parti du retour aux seventies pour éditer des compilations des Poppys sans solliciter l'accord des interprètes.

Cette série de "compils" à laquelle n'avait été associés aucun des anciens Poppys devait marquer le point de départ des actions en justice. En 2000, une expertise judiciaire, commandée par le juge d'instruction Bernard Augonnet, évaluait à 13 millions de francs, soit près de 650 000 francs (environ 100 000 euros) par petit chanteur, le montant de ce que les producteurs auraient dû reverser aux interprètes [10].

Autour des Poppys[modifier | modifier le code]

En 2012, les Poppys s'inscrivent sur My Major Company pour tenter de renouer avec le succès et sortir un nouvel album[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès de Jean Amoureux », Le Figaro.
  2. Page 82.
  3. Page 84
  4. Une liste de 45 Tours
  5. Ce titre a été enregistré mais jamais commercialisé. Les bandes ont ensuite été perdues par Sacha Distel, à qui le père du soliste les avait confiées.
  6. D'après le titre d'un article de Libération.fr
  7. a et b communiqué de presse du 5 mai 2010
  8. article du Parisien du 24 février 2010
  9. Les Poppys, le site non-officiel
  10. "Les Poppys, des voix d'or qui n'ont pas rapporté un sou…" in Libération.fr
  11. La page du projet

Liens externes[modifier | modifier le code]