Les Phalanges de l'Ordre noir

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Les Phalanges de l'Ordre noir est une bande dessinée, scénarisée par Pierre Christin et mise en image par Enki Bilal, sortie en 1979.

Exergue : « le sommeil de la raison engendre des monstres » Francisco Goya.

Auteurs et éditeurs[modifier | modifier le code]

scènes d’extérieur : Enki Bilal
scènes d’intérieur : Patricia Bilal

Synopsis[modifier | modifier le code]

En plein hiver, un petit village de la province d’Aragon, en Espagne, est entièrement détruit et ses habitants assassinés. La tuerie est revendiquée par les Phalanges de l’Ordre Noir au nom des « valeurs de l’Occident chrétien ». Jefferson B. Pritchard, journaliste au Daily Telegraph de Londres et ancien de la XVe Brigade internationale reconnaît parmi les membres du commando les ennemis qu’il a combattus pendant la guerre d'Espagne dans ce village.

Le journaliste contacte ses anciens camarades et c’est une troupe d’une dizaine de personnes, d'âge déjà avancé, qui va donner la chasse aux phalangistes. D’assassinats en fusillades et en attentats, on assiste à une chasse à l’homme dans une partie de l’Europe de l'Ouest, avec des pertes dans chaque camp. Finalement, le groupuscule fasciste est localisé dans une ferme du plateau de Millevaches et attaqué. L’assaut est un massacre. Pritchard, seul rescapé, se réfugie dans une île des Hébrides.

Thèmes[modifier | modifier le code]

La quatrième collaboration entre Christin et Bilal, après La Croisière des oubliés (1975), Le Vaisseau de pierre (1976), et La Ville qui n'existait pas (1977), donne ce roman graphique politique dont les racines sont la guerre d’Espagne. Les ennemis d’hier reprennent la lutte quelques dizaines d’années plus tard, mais les idéologies n’ont plus la même vérité. Aux nostalgiques de l’ordre fasciste, des « démocrates » vont s’opposer une fois de plus par la violence. Adossée à l’Histoire, cette poursuite à mort est l’occasion de poser des questions sur certains systèmes politiques et leur persistance, ainsi que sur l'usage de la violence à des fins politiques. La fin apocalyptique est une réponse en forme d’impasse.

Voir aussi Partie de chasse qui traite de la dégénérescence du système soviétique.

Lieux[modifier | modifier le code]

La poursuite des Phalanges commence dans un petit village près de Saint-Jean-de-Luz. Elle se poursuit à Barcelone, à Palerme, à Rome, sur les bords du Léman, en l’Allemagne, et en Hollande, pour se terminer sur le plateau de Millevaches.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Christian Avidsen : diplomate danois, social-démocrate
  • Paul-Marie Barsac : français, ancien officier supérieur, gaulliste
  • Felipe Castejon : basque et curé
  • Donahue : américain, patron du syndicat des coupeurs de viande à New York
  • Gian Carlo Di Manno : juge italien
  • Ephraïm Katz : membre des services secrets israéliens
  • Hans Kessler : allemand, professeur de philosophie à Heidelberg
  • Jefferson B. Pritchard : britannique, journaliste au Daily Telegraph
  • Pavel Stransky : ancien communiste tchèque, en exil
  • Maria Wizniewska : romancière polonaise

Les phalangistes :

Erreurs et imprécisions[modifier | modifier le code]

Quelques dialogues, rédigés en langue italienne, contiennent de nombreux gallicismes.

Un responsable du Parti communiste italien est représenté utilisant le terme camerati (camarades) pour s'adresser à son auditoire  : si la traduction du terme habituellement utilisé par les militants communistes est correcte, il s'agit dans le contexte d'une erreur flagrante. En effet, le terme camerati était utilisé par les membres du Parti national fasciste ; en conséquence, l'Italie est l'un des pays dont les communistes utilisent pour se désigner entre eux le terme compagnons (compagni) et non pas camarades.

Référence bibliographique[modifier | modifier le code]