Les Ormes (Vienne)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour la commune de l'Yonne, voir Les Ormes (Yonne). Pour les autres homonymes, voir Ormes.
Les Ormes
Les Ormes, vue de la Vienne
Les Ormes, vue de la Vienne
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Vienne
Arrondissement Châtellerault
Canton Canton de Dangé-Saint-Romain
Intercommunalité Communauté de communes Vienne et Creuse
Maire
Mandat
Béatrice Fontaine
2014-2020
Code postal 86220
Code commune 86183
Démographie
Population
municipale
1 665 hab. (2011)
Densité 69 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 58′ 22″ N 0° 36′ 25″ E / 46.9727777778, 0.606944444444 ()46° 58′ 22″ Nord 0° 36′ 25″ Est / 46.9727777778, 0.606944444444 ()  
Altitude Min. 37 m – Max. 116 m
Superficie 24,22 km2
Localisation

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Les Ormes est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Poitou-Charentes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est arrosé par la rivière Vienne. Le hameau de Saint-Sulpice est rattaché a la commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site est pour la première fois mentionné sous le nom de Hommes-Saint-Martin ou Ormes-Saint-Martin en 1392. Il est alors occupé par une demeure seigneuriale, peut-être même un château.

En 1434, cette demeure devient la propriété de Guillaume de Marans jusqu'en 1604.

En 1642, elle est acquise par Antoine Martin Pussort, Conseiller du roi, mais aussi oncle du puissant Colbert. La terre des Ormes est élevée en baronnie, une église est construite et une paroisse créée en 1656. Henri Pussort succède à son frère lorsque celui-ci meurt en 1662. Lui aussi proche du roi, il meurt en 1697. En une cinquantaine d'années, les frères Pussort développent Les Ormes : un château est construit et le nombre des habitants augmente.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[1]
Période Identité Étiquette Qualité
~ 1910   Gaston Marie Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson   Conseiller général
Député de la Vienne (1910-1914)
    ...    
mars 2001 mars 2014 Guy Monjalon PS Conseiller général
mars 2014 en cours Béatrice Fontaine    

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel de Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 665 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
421 490 504 1 123 1 715 1 682 1 635 1 313 1 467
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 343 1 422 1 294 1 246 1 281 1 280 1 277 1 298 1 310
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 260 1 287 1 259 1 214 1 258 1 265 1 252 1 235 1 265
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 344 1 435 1 394 1 473 1 386 1 431 1 536 1 665 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


En 2008, selon l’Insee, la densité de population de la commune était de 64 hab./km2 contre 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

Économie[modifier | modifier le code]

Selon la direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Foret de Poitou-Charentes[4], il n'y a plus que 19 exploitations agricoles en 2010 contre 23 en 2000. Cette baisse du nombre d’exploitations agricoles sur le territoire de la commune s’inscrit dans une évolution globale qui touche l’ensemble du département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, 660 exploitations ont disparu soit - 16 %. Pour l’avenir, une inquiétude demeure quant à la pérennité et à la transmission de ces exploitations agricoles du fait du vieillissement la population agricole. En outre, c’est la tranche des moins de 40 ans qui est concernée par la baisse des effectifs. Ce phénomène concerne également dans une moindre mesure, la tranche des 40 à 49 ans. Ceci illustre les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes agriculteurs pour s’installer et faire perdurer leur exploitations[5].

Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de 1 818 hectares en 2000 à 1 704 hectares en 2010 dont 614 sont irrigables. 63 % sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi orges et maïs), 17 % pour les oléagineux (colza et tournesol), 1 % pour les protéagineux, 3 % pour le fourrage et moins de 1 % reste en herbes. En 2000,2 hectares (0 en 2010) étaient consacrés à la vigne[4].

L'élevage de volailles a disparu au cours de cette décennie[4].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château des Ormes[modifier | modifier le code]

Le château des Ormes est classé Monument Historique depuis 1966 pour ses façades et ses toitures et inscrit depuis 2005 pour le reste du domaine.

En 1642, Antoine Martin Pussort, oncle de Colbert, fait l'acquisition de la terre des Ormes. Il obtient l'élévation de cette terre en baronnie. Le château des Ormes était au XVIe siècle occupé par la famille de Marans, paroisse de Poisay-le-Joli. Après avoir appartenu à différents seigneurs, la baronnie des Ormes est achetée en 1729 par le Comte Marc-Pierre d'Argenson, alors Conseiller d'Etat qui devint, après cette acquisition, Ministre et Secrétaire d'État à la guerre et Surintendant des Postes.

En 2000, le château et le domaine sont rachetés par le Docteur Sydney Abbou, médecin gynécologue parisien. Ce dernier entreprend, depuis, une vaste campagne de restauration avec l'appui des collectivités locales.

Le relais de poste[modifier | modifier le code]

Construit par le Comte d'Argenson, il a été inauguré en 1764. C'est un vaste quadrilatère d'environ 70 m de côté qui correspond au plan type d'un relais de postes. La majestueuse entrée cochère sur la route conduit à une vaste cour autour de laquelle se répartissent les bâtiments:

à gauche: la sellerie et la salle des postillons
à droite: des constructions pour l'habitation et l'hôtellerie, une grande écurie et deux plus petites. Le plafond de la grande écurie est percé d'un oculus destiné à la descente du fourrage pour les chevaux.

Au milieu de la cour, un vaste abreuvoir ou bassin était destiné au rafraichissement des chevaux et à leur bain.

Il est classé comme Monument Historique depuis 1994.

La Bergerie[modifier | modifier le code]

Construite par le Comte d'Argenson entre 1766 et 1768, ce bâtiment dit " La Bergerie " est en réalité une grange de dimensions importantes, 80 m de long et 12 m de large, destinée à abriter les récoltes et les chevaux du haras. Cet édifice, qui fait face au château, témoigne, comme lui, du prestige et du goût de la famille d'Argenson pour les arts.

Le château de La fontaine[modifier | modifier le code]

Le château de La Fontaine – Dangé relevait du Duc de Montbazon, de par la Baronnie de la Haye dont le duc était titulaire. Dépendait de la Fontaine-Dangé, le Prieuré de Saint Sulpice, redevable, à cause de la dîme levée dans la paroisse de Poisay le Joli, d’une mesure de vin ( le jallet ) et d’un gâteau fait de fleur de froment et de beurre, que l’abbé de Noyers devait apporter une fois l’an au château accompagné de deux cornemuseurs.

Le premier seigneur dont il est fait mention en 1329 est un certain Jehan de Besnais, valet de son état. Suivent ensuite en 1459 un autre Jehan de Besnais, lui qualifié d’écuyer, marié à demoiselle Marie Postel, puis un 3e (en 1480) et un 4e en 1487. Ce dernier est un peu plus remarquable car il avait épousé Marie de Montléon, de la grande famille Poitevine qui possédait le château de Touffou, sur les bords de la Vienne. Marie de Montléon était la fille de René de Montléon et de Guillemine de Maillé, autre grande famille locale. Son fils, François de Besnais, épousera en 1525 Marie Pot. Attardons nous un peu sur Marie Pot. D’une famille illustre, son père, François est seigneur de Chassingrimont, issue de la branche des seigneurs de Rhodes. Elle est apparentée au fameux Philippe Pot, chevalier de la toison d’or et grand sénéchal de Bourgogne, dont le gisant est au Louvres. Sa sœur, Madeleine, morte en 1584 épouse en 1550 René de Naillac, seigneur des Roches et 1er écuyer de Charles IX. Son frère, François, épouse quant à lui Gabrielle de Rochechouart en 1535. Enfin, sa mère est Renée de Montléon. On retrouve donc à cette génération l’alliance Pot – Montléon, ce qui est très commun à cette époque, les familles nobles locales liant leur destin sur plusieurs générations

Par ce mariage donc, François de Besnais, déjà fortement inscrit dans le paysage local par ses ascendants, accède à l’entourage des grands du royaume. Commencé sous d’heureux auspices, ce mariage n’amena pas la richesse escomptée puisqu’en 1540, il est fait état d’un partage de biens que François de Besnais doit faire avec François Pot, son beau-frère pour éteindre quelques dettes criantes.

Les difficultés s’accumulent vraisemblablement. Le dernier des Besnais dont il est fait mention est un certain Honorat de Besnais, dont on ne connait pas la descendance, contraint par décision de justice du contrôleur des Tailles de Châtellerault de vendre le château en 1609 à un Monsieur Pastoureau, homme de paille agissant pour le compte de Benjamin Aubery du Maurier.

Benjamin Aubery, ayant servi la cause protestante sous Henri IV puis ayant été ambassadeur sous Louis XIII aux Pays Bas, devint donc en 1610, au prix de 26 000 Livres, le propriétaire de la Fontaine, qu’il fit refaire de fond en comble sur le plan originel. On ne sait précisément comment était le château avant cette première campagne de travaux. Il est fait mention lors du procès verbal de saisie de douves et d’un pont levis que les archers ne purent faire lever. Malheur des temps, le château fût détruit par les troupes du Prince de Condé et des autres princes ligués lors de la minorité du Roi en 1615, le domaine pillé, les arbres fruitiers dont Benjamin s’occupait avec passion coupés à ras, une partie des archives brûlées et ce dernier ne put s’atteler encore une fois à la reconstruction de son château qu’en 1624. Le Parc fut constitué, les chemins remodelés, les murs protégeant le domaine élevés…. Et le château achevé en 1626. Il a gardé son visage jusqu’en 1860, date où il fut modifié au goût du jour par le marquis d’Aubéry.

Le prieuré de Saint Sulpice[modifier | modifier le code]

Le prieuré de Saint Sulpice( ISMH 1969, propriété privée ) est situé sur une terrasse alluviale de la Vienne d’où l’on domine un vaste panorama depuis Ingrandes jusqu’aux Ormes et au bec des Deux-Eaux (confluent de la Vienne et de la Creuse). Ce petit oppidum, occupé dès les époques néolithique et gallo-romaine conserve un prieuré fondé au milieu du XIe siècle. Ce prieuré fut établi au bénéfice de l’abbaye bénédictine de Noyers (fondée en 1030). Il est l'origine du hameau de Saint Sulpice qui s'est développé autour.

La fondation: Hughes de Castellono, originaire de Poizay le Joli, considéré comme chevalier d’origine noble «  clarus genere », donne cette terre à l’abbaye de Noyers en 1035. Il est fait référence à un domaine dont la dimension est déterminée par la surface que couvrent 6 bœufs pouvant labourer de front pendant une journée. Cette terre est libre de droits et de redevances seigneuriales

l'époque classique : En 1538, Francois de Besnais, propriétaire du Château de la Fontaine, obtient du Prieur le droit de construire de construire une chapelle en l’honneur de la vierge, attenante à l’église priorale, ayant vue à l’intérieur de l’église au moyen d’un grand arceau. En 1539, il obtient de l’official de Poitiers le droit d’être considéré comme paroissien du prieuré. De là le chemin qui reliait directement la chapelle au château.

l'époque moderne : L’étude des Biens du clergé dressé en 1730 révèle un ensemble cohérent et homogène se constituant de l’église et sa chapelle attenante, de la maison du Prieur à étages, de l’étable, la grange, du four banal et du four à pain propre, des deux jardins clos de murs, l’un servant de cloitre et l’autre de verger, ainsi que de deux grandes pièces de terre dite de la Chênaie et de la Roche. À la suite de la Révolution, le Prieuré est sécularisé comme bon nombre de biens ecclésiastiques puis racheté à son retour d’émigration vers 1810 par Alphonse, Marquis d’Aubery, qui le confie aux religieuses de la Puye, chargée des soins et de l’éducation des enfants. L’ensemble foncier identifié et décrit au XVIIIe siècle est inchangé sur le plan cadastral de 1831. L’école est supprimée en 1860. L’église et la maison du Prieur sont alors transformés en logements agricoles jusqu’en 1960. Les bâtiments d’exploitation sont vendus séparément. Mais aujourd’hui (2011), à la suite de rachats successifs, le prieuré se présente dans son ensemble tel qu’il a été déclaré en 1730 par le prieur François Méreau et constitue l'exemple resté intact d'une fondation monastique rurale typique des XIe et XIIe siècles.

L'église Saint-Martin et Sainte-Marguerite des Ormes[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin et Sainte-Marguerite des Ormes

L'église Saint-Martin et Sainte-Marguerite des Ormes, construit au XIXe siècle, s'apparente par son architecture au Sacré-Coeur de Paris. Les vitraux, à l'exception de deux grisailles du chœur, représentent des saintes et des saints. Ils ont été pour la plupart réalisés entre 1895 et 1900 et ont été offerts par de généreux fidèles.

Le château et la chapelle de Falaise[modifier | modifier le code]

Le château de Falaise n'a été rattaché à la commune des Ormes que le 8 mars 1836 (selon l'Atlas des Gabelles de 1665, il dépendait de la paroisse de Buxeuil et de la Touraine). Il fut en première ligne lors de la bataille de juin 1940 à laquelle une exposition au sein est consacrée. Le château abrite également un musée. Celui-ci présente des artéfacts de la préhistoire, des outils agraires, des souvenirs vestimentaires et de l'habitat. Il présente aussi l'histoire de la famille d'Argenson.

La famille de Gannes de Falaise avait aussi sa chapelle dite « de Falaise » en l'église de Poisay-le-Joli (Les Ormes), cédée en 1675 par la famille d'Henri Pussort, oncle de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay.

Les halles[modifier | modifier le code]

Les halles, situées place de l'église, sont inscrites comme Monument Historique depuis 1934.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Laurent navigateur, né en 1701 paroisse de Poizay-le-Joli et son frère Louis né en 1703 pionniers québécois.
  • Laurent Maxime Lhuillier[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la préfecture de la Vienne, consulté le 10 mai 2008
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. a, b et c Fiches communales 2000 - 2010 de la Vienne
  5. Agreste – Enquête Structure 2007
  6. http://www.cyclisme-roltiss-over.com/article-30226953.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]