Les Mots

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Les Mots
Auteur Jean-Paul Sartre
Genre autobiographie
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gallimard
Collection Collection Blanche
Date de parution 1964
Nombre de pages 224
ISBN 2070257738

Les Mots est le titre d'une autobiographie publiée par Jean-Paul Sartre en 1964 chez Gallimard. Le texte est d'abord paru dans sa revue Les Temps modernes, n° 209, octobre et n° 210, novembre 1963. Le récit couvre son enfance de 4 à 11 ans et se divise en deux parties : « Lire » et « Écrire ». Le titre originellement prévu était Jean sans terre pour le jeu de mots mais aussi en référence à Jean d'Angleterre, sans héritage.

Présentation et structure de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Le texte est divisé en deux parties à peu près équivalentes intitulées « Lire » et « Écrire ». Cependant, selon Philippe Lejeune, ces deux parties ne sont qu'une façade et ne révèlent pas la progression chronologique de l'œuvre. Il considère que le texte devrait plutôt être divisé en cinq parties qu'il appelle « actes ».

  • Le premier acte présente dans un ordre chronologique la préhistoire de l'enfant en donnant ses origines familiales.
  • Le deuxième acte évoque les différentes comédies qu'a joué Sartre sous l'influence de ses parents en s'enfermant dans un monde imaginaire.
  • Le troisième acte est la prise de conscience de son imposture, sa contingence, sa peur de la mort et sa laideur.
  • Le quatrième acte présente le développement d'une nouvelle imposture, dans laquelle Sartre prend diverses postures d'écrivain.
  • Le cinquième acte évoque la folie de Sartre, qu'il considère comme la source de son dynamisme ainsi que l'annonce d'un second livre qu'il n'écrivit finalement pas car il s'éteignit.

Analyse et commentaires[modifier | modifier le code]

Le premier titre auquel pensait Jean-Paul Sartre était Jean sans terre, qu'il fallait comprendre selon Jean-Bertrand Pontalis comme Jean sans père, et son projet était de revenir sur son enfance petite-bourgeoise qui l'avait « programmé » pour être un homme des mots alors qu'aucun livre ne fait le poids face aux malheurs des hommes réels. C'est pour démystifier l'écriture, considérée maintenant comme une composante de l'idéologie bourgeoise, qu'il entreprend de régler ses comptes avec l'enfant roi et bouffon que sa famille — et en particulier sa mère et son grand-père Karl Schweitzer — avait fabriqué. Né « fils d'un mort », d'une mère privée de ses droits et d'un grand-père autoritaire, il décrit comment il a joué une « comédie des adultes » durant ses jeunes années : « J'étais un polichinelle, un pasquin, un grimacier. »

Comme tout autobiographe, l'auteur joue du dévoilement orienté en cherchant à illustrer sa thèse en maniant avec aisance l'auto-ironie. Mais il s'agit bien d'une mise en scène de l'enfant qu'il dit avoir été ; cette recréation de son enfance comporte en effet des erreurs chronologiques et des choix révélateurs comme le démontre la biographie détaillée établie par Annie Cohen-Solal. Sartre tout en racontant sa propre histoire a entremêlé celle de son époque.

Prolongement[modifier | modifier le code]

Cette œuvre de prise de distance avec l'écriture a été, un peu paradoxalement, très travaillée par l'auteur et saluée presque unanimement comme une « réussite littéraire »[réf. nécessaire]. Cette autobiographie constitue en fait les adieux brillants de Jean-Paul Sartre à la littérature. En novembre de la même année 1964, il refusera le Prix Nobel de littérature « attribué à l'écrivain français Jean-Paul Sartre pour son œuvre qui, par l'esprit de liberté et la recherche de vérité dont elle témoigne, a exercé une vaste influence sur notre époque. » Car, selon lui, personne ne mérite la gloire de son vivant ; et surtout, tenant à sa liberté et son indépendance, il ne voulait pas dépendre d'une quelconque institution.

Liens et sources[modifier | modifier le code]

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