Métamorphoses (Ovide)

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Frontispice de l'édition de George Sandys, Londres, 1632

Les Métamorphoses est un long poème épique latin d'Ovide, dont la composition débute probablement en l'an 1. L'œuvre comprend 16 livres (près de douze mille vers) écrits en hexamètres dactyliques et décrit la naissance et l'histoire du monde gréco-romain jusqu'à l'époque de l'empereur Auguste.

Sommaire

[modifier] Analyse

Les auteurs dont s'inspire Ovide sont des poètes de l'époque hellénistique qui songèrent à regrouper les légendes grecques présentant les métamorphoses des dieux ou des mortels de la mythologie. Parmi ces poètes il faut citer Nicandre de Colophon (IIIe-IIe siècle av. J.‑C.), Antigone de Caryste et Parthénios de Nicée (Ier siècle av. J.‑C.). Le renouveau du pythagorisme donne aussi une certaine actualité à la doctrine du transformisme.

Ovide met en scène des centaines de fables (environ 250) depuis le Chaos originel jusqu'à l'apothéose d' Auguste César, de façon soit développée soit allusive. Le plus difficile est de donner à cette matière hétérogène une certaine unité. Ovide y parvient, non sans artifices, en s'inspirant des catalogues et des généalogies archaïques (comme le Catalogue des femmes d'Hésiode). Toutes les qualités d'Ovide, verve naturelle, art du développement, effets de surprise, adresse dans les transitions, élégance et légèreté de touche se retrouvent dans les Métamorphoses mais avec un dosage particulier afin de correspondre à la durée du poème. Ainsi Ovide recherche le pittoresque avec bonheur et pousse parfois jusqu'à un réalisme brutal comme dans ce portrait de la Faim (VIII, v. 790-799) :

« (...) Elle cherchait la Faim : elle la vit dans un champ pierreux, d'où elle s'efforçait d'arracher, des ongles et des dents, de rares brins d'herbe. Ses cheveux étaient hirsutes, ses yeux caves, sa face livide, ses lèvres grises et gâtées, ses dents rugueuses de tartre. Sa peau sèche aurait laissé voir ses entrailles ; des os décharnés perçaient sous la courbe des reins. Du ventre, rien que la place ; les genoux faisaient une saillie ronde énorme, et les talons s'allongeaient, difformes, sans mesure... »

Illustration de Virgil Solis pour une édition de 1562 : la métamorphose des pierres que lancent Deucalion et Pyrrha derrière eux

La psychologie des personnages est variée et s'accompagne quand c'est nécessaire des ressources de la rhétorique voire de la déclamation (dispute d'Ajax et d'Ulysse autour des armes d'Achille (XIII)). Quant aux combats, ils ont parfois l'allure épique des grandes épopées. Cependant, Ovide ne renonce pas à sa frivolité ni à la malice du poète qui ne souhaite pas être dupe de son récit, ce qui nuit parfois à l'harmonie d'ensemble de l'œuvre. Enfin Ovide, bien qu'il ait été en contact avec le pythagorisme qui ne cesse à cette époque de faire des progrès dans la haute société romaine, ne le fait intervenir qu'à son dernier chant avec une magnificence de termes mais sans grande profondeur.

Les Métamorphoses ne sont pas totalement terminées quand Ovide est exilé à Tomes (l'actuelle Constanţa en Roumanie, au bord de la Mer Noire). C'est dans cet endroit, qui pour lui est un exil infernal, qu'il termine à une date imprécise, sans doute autour de l'an 9 ou 10, son œuvre qui est la seule du poète latin composée en hexamètres dactyliques.

[modifier] Principaux épisodes

[modifier] Postérité et évocations artistiques

[modifier] Notes et références

  1. Marylène Possamaï, « L’Ovide moralisé, ou la « bonne glose » des Métamorphoses d’Ovide », in Cahiers de linguistique hispanique médiévale, n°31 (2008), pp. 181-206. Lire en ligne sur le portail de revues Persée (page consultée le 7 novembre 2010).

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

Éditions
Études
  • Jean Bayet, Littérature latine, Armand Colin-collection U, 1965.
  • Rosalba Galvagno, Le Sacrifice du corps. Frayage du fantasme dans les Métamorphoses d'Ovide, Panoramitis, 1995 (ISBN 978-2911040054) [lire en ligne].

[modifier] Liens externes

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