Les Joueurs d'échecs

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Les Joueurs d'échecs (Shatranj Ke Khiladi) est un film indien de 1977 du réalisateur bengali Satyajit Ray, inspiré de la nouvelle éponyme de Munshi Premchand, avec Sanjeev Kumar, Saeed Jaffrey, David Abraham et Tom Alter. Richard Attenborough y interprète le rôle du général James Outram, et Amjad Khan celui du roi d'Avadh, Wajid Ali Shah.

L'intrigue se déroule en 1856 et illustre la vie et les coutumes du XIXe siècle en Inde à la veille de la rébellion indienne de 1857, en particulier la politique d'expansion coloniale conduite par la Compagnie anglaise des Indes orientales et les divisions des monarques indiens abusés.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film montre en parallèle le drame historique du royaume indien d'Awadh (dont la capitale est Lucknow) et de son roi musulman Nawab Wajid Ali Shah, capturé par les Anglais et l'histoire de deux nobles obsédés par le jeu d'échecs. Nawab, artiste et poète, monarque dépossédé, ne peut plus que se lamenter sur un mode poétique, une fois que les Anglais lui ont fait signer un traité de protection. Le parallèle à ce drame est le conte personnel (et parfois plein d'humour) de deux riches nobles de ce royaume, amis inséparables, passionnément habités par le jeu de chaturanga (ou échecs), négligeant leurs épouses. Le rôle de capitaine Weston, tellement anglais dans ses manières, mais tombé amoureux de la poésie ourdou est également remarquable.

Dans la dernière scène, après avoir tiré sur Mirza, Mir se lamente dehors « je n'aurai plus de partenaire pour jouer aux échecs ». Mirza lui réplique « mais vous avez un devant vous ! » (lui signifiant ainsi qu'il le pardonne) et il conclut « après la tombée de la nuit, nous retournerons à la maison. Nous deux avons besoin d'obscurité pour cacher nos visages. »

Parallèles[modifier | modifier le code]

Des similitudes peuvent être trouvées entre ce film et :

  • Les comédies de Molière, comme la mise en scène d'un personnage tourmenté par une obsession
  • Shakespeare : comme dans l'œuvre de Shakespeare, l'intrigue avance à plusieurs niveaux, et se concentre sur des drames personnels au milieu de drames historiques.
  • L'énoncé de Jean Giraudoux dans Electre au sujet de la persévérance, principale entrave au bonheur « Une famille heureuse, c'est une reddition locale. Une époque heureuse, c'est l'unanime capitulation. ». C'est l'amère leçon du film : quand la défaite est proche, qu'importe la sagesse individuelle ou collective, tout est fatalité.
  • Il y a un anti-parallèle avec le film hindi Lagaan réalisé 24 ans plus tard. Shatranj Ke Khiladi dépeint les Anglais modifiant le jeu indien des échecs, puis les règles politiques d'administration de l'Inde. Dans Lagaan, les villageois indiens accablés d'impôts acceptent de jouer au très british cricket pour défier le Raj.

Analyse[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Sanjeev Kumar - Mirza Sajjad Ali
  • Saeed Jaffrey - Mir Roshan Ali
  • Shabana Azmi - Khurshid, la femme de Mirza
  • Farida Jalal - Nafisa, la femme de Mir
  • Amjad Khan - Wajid Ali Shah
  • David Abraham - Munshi
  • Richard Attenborough - Général James Outram
  • Victor Banerjee - Premier ministre
  • Farooq Shaikh - Aqueel
  • Tom Alter - Capitaine Weston, aide de camp du général
  • Leela Mishra - Hirya, la servante de Khurshid
  • Samarth Narain - Kallu
  • Bhudo Advani - Abbajani
  • Amitabh Bachchan - voix off

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]