Les Habits neufs de l'empereur

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Les Habits neufs de l'empereur
Image illustrative de l'article Les Habits neufs de l'empereur
Illustration de Vilhelm Pedersen

Auteur Hans Christian Andersen
Genre Conte de fées
Pays d'origine Drapeau du Danemark Danemark
Lieu de parution Allemagne puis Danemark
Date de parution 1837
Série Contes d'Andersen
Chronologie
Précédent La Petite sirène Les Galoches du bonheur Suivant
Andersen en 1862

Les Habits neufs de l'empereur (Kejserens nye Klæder en danois) est un conte d'Hans Christian Andersen, publié pour la première fois en 1837 et paru la même année que La Petite sirène. Andersen a indiqué que ce conte avait des origines espagnoles. « Le poète Paludan-Müller, alors le plus admiré des jeunes poètes, fut lui-même critiqué à propos de ses deux derniers poèmes, et une amie écrivit à Andersen : “- le poète Paludan Müller n'a qu'un bel habit poétique, qu'il met quand il se présente devant le public. Vous, au contraire, avez un vrai cœur de poète. Cette fois-ci, Paludan Müller a rejeté son habit, et il n'est qu'en manches de chemise, et je pense que l'affaire est claire pour quiconque a des yeux[1].” » Le conte est également connu sous le titre Le Costume neuf de l'empereur.

Elias Bredsdorff (no) le classe dans la catégorie des « contes réalistes se passant dans un monde imaginaire », c'est-à-dire qu'il ne contient pas d'éléments surnaturels ou magiques. Il se situe dans un monde humain, bien qu'il ne soit ni ordinaire, ni identifiable. Dans cette catégorie, entrent également La Princesse au petit pois, Le Rossignol et l'Empereur de Chine[2],[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Il y a de longues années vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé. Il avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, deux escrocs arrivèrent dans la grande ville de l’empereur. Ils prétendirent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes et incapables dans leurs fonctions ne pouvaient pas voir et proposèrent au souverain de lui confectionner des vêtements. L’empereur pensa que ce serait un habit exceptionnel et qu’il pourrait ainsi repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mirent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vint voir où en était le tissage de ce fameux tissu. Il ne vit rien car il n’y avait rien. Troublé, il décida de n’en parler à personne, car personne ne voulait d’un empereur sot.

Il envoya plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Ils ne virent pas plus que le souverain, mais n’osèrent pas non plus l’avouer, de peur de paraître pour un imbécile.

Tout le royaume parlait de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décidèrent que l’habit était achevé, ils aidèrent l’empereur à l’enfiler.

Ainsi « vêtu » et accompagné de ses ministres, le souverain se présenta à son peuple qui, lui aussi, prétendit voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon osa dire la vérité : « Mais il n’a pas d’habit du tout ! ». [ou dans une traduction plus habituelle : « le roi est nu ! »]. Et tout le monde lui donna raison. L’empereur comprit que son peuple avait raison, mais continua sa marche sans dire un mot.

Syndrome des habits de l'empereur[modifier | modifier le code]

En 1971, Frank Gross publia un article dans le New England Journal of Medecine[4] concernant une pathologie qu'il baptisa « syndrome des habits de l'empereur », en référence au conte d'Andersen. Il décrit comment un diagnostic erroné peut être confirmé par plusieurs médecins par « contamination » du diagnostic précédent.

Postérité du conte[modifier | modifier le code]

En 1934, le dramaturge soviétique Evgueni Schwarz écrit la pièce le Roi nu où il adapte trois contes d'Andersen, Le Porcher, La Princesse au petit pois et Les Habits neufs de l'empereur.

Les Habits neufs du président Mao (Champ libre 1971, LGF 1989) Simon Leys lui rend hommage dans son recueil Essais sur la Chine où il réunit un ensemble de textes dont le plus fameux est Les Habits neufs du président Mao. Il montre comment Mao, écarté du pouvoir après l'échec du grand bond, a repris les commandes avec la révolution culturelle, en manipulant la jeunesse. Le titre est issu de Les Habits neufs de l'Empereur, Simon Leys place d'ailleurs en exergue la phrase-clé du conte d'Andersen en citant l'auteur : « -Mais papa, l'Empereur est tout nu ! s'écria l'enfant - Hans Cristian Andersen - Les Habits neufs de l'Empereur[5] »

L'empereur est nu, essai de William Olivier Desmond, Isabelle Chapman, Marie-Claude Elsen, et Jack Herer, publié en 1985 fait aussi référence au conte Les Habits neufs de l'Empereur. L'ouvrage propose de la réhabilitation du chanvre puisqu'on ne peut arrêter sa production[6].

Le Roi est nu est aussi le titre d'un livre de Laurent Joffrin[7] qui fait encore référence au conte d'Andersen les Habits neufs de l'Empereur, soulignant le peu de marge de manœuvre économique de Nicolas Sarkozy.

D'une manière générale, la formule Le Roi est nu ou L'Empereur est nu est passée dans le langage courant pour souligner des apparences trompeuses ou un manque de pouvoir inavoué.

Une référence possible à ce conte est faite dans le roman Procrastination des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett.

Adaptation[modifier | modifier le code]

En 1953 (révision en 1972), le compositeur hongrois György Ránki a créé un opéra pour enfants appelé Les nouveaux habits du roi Pomade.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Georget La Chesnais, t. I, p. 306.
  2. Bredsdorff p. 474
  3. [Hans Brix et Anker Jensen, 1957, vol. I, p. 351
  4. Le syndrome des habits neufs de l'empereur
  5. Simon Leys, Essais sur la Chine, éditions Robert Laffont, Bouquins, réédition 1998, revue et corrigée de l'édition de 1971 et 1989, p. 1(ISBN 2-221-08539-6)
  6. éditions du Lézard, 1998, (ISBN 2-910718-08-5)
  7. éditions Robert Laffont, 2008, (ISBN 2-221-11086-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Brix et Anker Jensen, «Biographie d'Andersen, les contes d'Andersen commentés et annotés » Gyldendal, 1931 reprint 1957, 2 vol. 423 et 431 pages.
  • Hans Christian Andersen, Guy Prunier (Pref.), Fabrice Prunier (Illustr.), Les Habits neufs de l'empereur, éd. Didier jeunesse, 2004
  • Pierre Georget La Chesnais, « édition intégrale des contes d'Andersen, préfacée et commentée », 4 vol. Mercure de France, Paris, 1964.
  • Elias Bredsdorff, « Hans Christian Andersen, biographie », Presses de la Renaissance, Paris, 1989, 475 pages (ISBN 2-85616-504-4)
  • Monica Stirling, Andersen et son temps, traduction de l'anglais par Claude Saunier, Jean-Jacques Pauvert, Paris, 1966, 422 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]