Les Guignols de l'info

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Les Guignols de l'info
Image illustrative de l'article Les Guignols de l'info
Autre titre francophone Les Guignols
Titre original Les Arènes de l'info
Genre Émission satirique
Périodicité Quotidienne
Création Alain de Greef
Réalisation Jean-Louis Cap
Rebecca Dreymann
Natacha Fitoussi
Don Kent
Serge Khalfon
Pascal Rétif
Tristan Carné (Cannes)
Scénario Lionel Dutemple
Julien Hervé
Philippe Mechelen
Benjamin Morgaine
Présentation PPD
Musique Martin Meissonnier
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre de saisons 26
Nombre d’émissions 1486
Programme similaire Le Bébête Show
Production
Lieu de tournage La Plaine Saint-Denis
Durée 8 minutes env.
Format d’image 16/9
Format audio Stéréo
Production Yves Le Rolland
Christine Escudie-Torselli
Société de production Canal+
Diffusion
Diffusion Canal+, BeTV
Date de première diffusion 29 août 1988
Statut en production
Public conseillé Tout public
Site web www.canalplus.fr/c-humour/pid1784-c-les-guignols.html

Les Guignols de l’info, souvent simplement appelée Les Guignols, est une émission de télévision française satirique de marionnettes, diffusée depuis le 29 août 1988 sur Canal+. Parodie de journal télévisé, l'émission est une caricature du monde politique, des médias, des personnalités ou plus généralement de la société française et du monde actuel.

Initialement créée pour pallier l'arrêt du JTN des Nuls, l'émission est partie d'un plagiat d'Alain de Greef qui désirait un équivalent français de Spitting Image. Arnold Boiseau s'est ensuite occupé de la mise en place de l'équipe. L'émission voit le jour initialement sous le titre Les Arènes de l’info. Lancée dès le 29 août 1988, les Arènes de l'info seront en concurrence frontale avec Le Bébête show de TF1 lancé 5 ans auparavant[1]. Après des débuts difficiles, l'émission subit une restructuration et atteint une réelle notoriété en 1991 comme l'ensemble de Nulle part ailleurs à laquelle elle est intégrée.

Les Guignols de l'info ont un poids important sur la culture populaire française : le caractère répétitif des citations et des stéréotypes des marionnettes ont permis de rendre parfois plus populaires les traits de la caricature que la personne elle-même. L'émission a parfois contribué à forger l'image de certains personnalités, notamment politiques, dans la culture populaire : l'exemple le plus éclatant en est sans doute Jacques Chirac[2].

Présentation[modifier | modifier le code]

Déroulement[modifier | modifier le code]

Sous la forme d'un journal télévisé de 8 minutes environ, l'émission met en scène des marionnettes de latex, généralement des caricatures de personnalités médiatiques du spectacle, de la politique et du sport, pour parler de manière satirique de l'actualité. PPD, caricature de l'ex-présentateur du journal télévisé de TF1 : Patrick Poivre d'Arvor, présente et enchaîne les différents sujets, et interviewe les autres marionnettes, en utilisant toujours les mêmes formules précises qui font office de gimmicks. De septembre 2010 à juin 2011, c'est la marionnette de Harry Roselmack qui présente l'émission chaque vendredi.

PPD commence le journal par l'info du jour, avec la formule « L'évènement de ce [date] c'est... », s'ensuit un sketch concernant cette actualité. Puis, le journal est réellement lancé par la traditionnelle formule « Nous sommes en [date] et vous regardez l’ancêtre de internet » ou une formule dérivée comme « Vous croyez toujours ce qu'on vous dit à la télévision, bonsoir » ou encore « Vous regardez la télévision avec publicité, bonsoir ». Au début des années 1990 PPD lançait son journal avec un « ce journal sera intégralement dédié aux événements qui se passent », la formule d'entrée pour la saison 2010-2011 est « Vous regardez l'ancêtre d'internet, bonsoir ». PPD présente ensuite l'invité du jour par la formule « Aujourd'hui c'est X qui nous accompagnera tout au long de ce journal, avec [expression pour désigner l'invité(e)] nous reviendrons sur... », puis concluant par un on va y revenir. Une série de petits sketchs se succèdent, chacun désigné par un titre humoristique affiché en bas de l'écran, ensuite sur un plateau fait pour cela. Puis PPD enchaîne par la tournure « sans transition... » et une courte fiction est lancée qui raconte une petite histoire. À la fin du film, PPD interviewe l'invité du jour (« voilà, je suis donc avec... ») puis le journal se termine par un dernier petit sketch qui concerne en général le sport ou la culture. Enfin, PPD clôt le JT par le désormais célèbre « Allez, atchao bonsoir ! »

Tous les dimanches est diffusée une compilation des cinq émissions de la semaine, La semaine des Guignols ou L'intégrale des Guignols. PPD terminait par « Maintenant vous pouvez éteindre la télévision et reprendre une activité normale. Allez atchao, bon dimanche. » Pendant que la marionnette d'Harry Roselmack assure l'émission du vendredi, la rediffusion du dimanche se termine par une intervention de PPD en régie qui rabaisse Harry avant de déclarer « C'est pas grave, je rattraperai le coup lundi, comme d'habitude. »

Réalisation[modifier | modifier le code]

Les Guignols de l'info sont réalisés dans un studio de 3 000 m², 300 personnes dont 30 marionnettistes sont employés[3]. Un budget de 15 millions d'euros par saison est alloué au tournage des sketchs, salaires et charges comprises[4],[3].

Chaque matin, l'équipe passe toute la presse en revue et en tire les principales informations de la journée. Ces quatre ou cinq informations servent ensuite à construire la quotidienne de l'émission. Cela permet aux gens de tout de suite comprendre à quel sujet l'équipe fait référence sans devoir trop s'échiner à remettre les faits dans leur contexte[4]. En début d'après-midi, une première ébauche de l'émission est proposée et est affinée jusqu'à 17 h. Dans le même intervalle, les ateliers (qui occupent 80 % de l'immeuble) reçoivent les consignes et commencent à préparer les marionnettes. De 17 h à 19 h 55, au studio 104 de la Plaine-Saint-Denis, les marionnettistes et les imitateurs reçoivent leurs textes et commencent à répéter[5]. Trois répétitions sont faites au total ; il arrive que des changements d'accessoires ou de décors se fassent à la dernière minute, ou plus rarement, des modifications de texte[5]. À 19 h 55, tournée en direct, l'émission commence.

Les fictions sont tournées comme de véritables courts métrages, avec décors, montage et effets spéciaux.

Diffusion[modifier | modifier le code]

L'émission est diffusée « en clair » du lundi au vendredi vers 19 h 55, sauf pendant les vacances d'été et d'hiver. Également, durant les vacances de Pâques, la tranche horaire est respectée, mais constituée uniquement de rediffusions des semaines précédentes. Les émissions des lundi et mardi précédant l'ouverture du Festival de Cannes sont aussi des rediffusions mais, durant le festival, Les Guignols sont également diffusés le samedi, toujours à 19 h 55.

Une compilation des cinq émissions de la semaine est diffusée le dimanche vers 19 h 50 sur BeTV et à 13 h 45 sur Canal+ sous le titre La Semaine des Guignols.

Depuis le 3 septembre 2007, Les Guignols, tout comme le Grand Journal, est diffusé en 16/9e ; l'analogique VHF est affiché au format "letterbox".

Traditionnellement, pendant le festival de Cannes l'émission est réalisée en direct de Cannes dans de nouveaux décors. Cette opération demande de déplacer l'équipe des Guignols mais aussi de nombreuses marionnettes et accessoires. Il faut deux semi-remorques pour transporter toutes les marionnettes et les accessoires. L'émission qui s'installe sur la Croisette, est réalisée en direct et en public. Plusieurs réalisateurs connus s'y succèdent : Jean-Louis Cap, Don Kent, Serge Khalfon, Pascal Rétif, Natacha Fitoussi, Tristan Carné, Rebecca Dreymann, etc.

Marionnettes[modifier | modifier le code]

Initialement, une vingtaine de marionnettes avaient été fabriquées pour l'émission qui en compte aujourd'hui plus de 300[6]. En moyenne, 15 marionnettes sont utilisées pour chaque émission, même si cela peut dépasser la centaine pour tourner les fictions[3]. Une trentaine de marionnettistes travaillent en intermittence pour l'émission[5]. Les marionnettes sont réalisées à la demande des auteurs : Alain Duverne contacte alors Bruno Marty pour l'informer des futures personnalités à caricaturer[7].

La conception et la réparation des marionnettes est assurée par quatre permanents, sous l'égide d'Alain Duverne[8]. La fabrication d'une marionnette prend environ un mois et est coûteuse : la matrice coûte 6 000 € et le tirage 2 500 €[3]. Elle comporte plusieurs étapes[5],[8] :

  • à partir d'archives photos, une caricature de la personnalité est réalisée par Bruno Marty ; Alain Duverne a besoin de deux croquis : un de face, l'autre de profil[9]. Au contraire des caricatures de presse, l'expression des visages doit être assez neutre pour permettre une large palette d'émotions selon les situations[9].
  • une sculpture en terre du modèle est fabriquée, elle sert ensuite à la création d'un moule associé ;
  • de la mousse de latex est ensuite coulée dans le moule puis elle est cuite à 100 °C durant trois heures ;
  • les yeux, cils et cheveux sont rajoutés et la marionnette est peinte ;
  • la marionnette subit lavage, essorage et séchage pour favoriser l'adhérence de la peinture et les traces des joints du moule sont masquées.

Les marionnettes sont relativement fragiles, le latex n'apprécie ni les UV, ni les corps gras, ni le contact des mains. Ainsi, la marionnette de PPD doit être refaite tous les ans[8]. Le délai assez long et le coût de fabrication relativement élevé implique quelques précautions avant de demander une marionnette : toutes les personnalités figurant dans l'émission n'ont ainsi pas forcément droit à leur propre marionnette. Par exemple, le guignol de Ben Laden est en fait une version modifiée de celui d'Harlem Désir et Carla Bruni-Sarkozy a d'abord eu une poupée lambda, le temps de voir si sa relation avec Nicolas Sarkozy perdurerait[10]. A contrario, des marionnettes de personnalités espagnoles créées pour "Las noticias del Guiñol" (Canal+ Espagne) servent parfois d'inconnus français, et réciproquement.

L'équipe dispose d'une collection toujours grandissante d'accessoires, depuis différentes tailles de gourdins jusqu'au bobsleigh. Près de 380 cartons sont empilés dans les ateliers, chacun contenant une tête de guignol. Chaque semaine, environ cinq costumes sont achetés ; les habits des guignols sont coupés au niveau des coudes pour permettre la manipulation[3].

Durant le journal, PPD et ses invités se trouvent derrière la banque (ou castelet) ou dans la lucarne (avec le fond noir). Les marionnettes sont en fait « debout », chaque guignol est manipulé par deux marionnettistes et tous les décors sont rehaussés de 1,5 m pour les marionnettistes[3]. L'un des marionnettistes s'occupe de la tête et donc de la bouche et des yeux à l'aide d'une pompe, l'autre s'occupe des bras qu'il enfile comme des gants[5]. Pour la gestuelle des marionnettes, les marionnettistes visionnent des vidéos de la personnalité imitée et essaient de reproduire ce qui la caractérise (énergie, regard, démarche…)[5].

Les trois premières marionnettes fabriquées ont été celles de PPDA, Johnny Hallyday et Serge Gainsbourg[11].

Guignols et gimmicks célèbres[modifier | modifier le code]

  • Le fameux « Atchao, bonsoir » de PPD a été trouvé par Arnold Boiseau. Celui-ci déclare que ça lui est apparu « comme une évidence » à la fin d'une émission grâce à un ensemble d'éléments comme le phrasé de l'imitation d'Yves Lecoq ou le petit défaut de prononciation du vrai PPDA[12].
  • La boîte à coucou qui s'ouvre avec le « Ah que coucou! » de Johnny Hallyday est une idée de François Rollin[13].
  • Selon Bruno Gaccio, le « spice di counasse » que lancent les marionnettes d'Oussama Ben Laden et de ses acolytes était une manière de « montrer l'imbécillité des Afghans dans leur façon de traiter les femmes ». L'expression a cessé d'être employée lorsque l'équipe apprit que certains jeunes s'en servaient pour parler des femmes[14].
  • La tournure « ici, à Nagano » et ses dérivés, imitant en voix off les commentaires de Pierre Fulla pendant les Jeux olympiques d'hiver de 1998, permet à ce dernier d'obtenir, durant un temps, une énorme popularité (même sans marionnette dédiée) et de se faire inviter dans différentes émissions[15]. Profitant de cette vague de célébrité, Fulla enregistre un titre Ici à Nagano sur une idée de Didier Barbelivien[16].
  • « Mangez des pommes ! » est le slogan inventé pour Jacques Chirac pendant l'élection présidentielle de 1995, à la suite de l'image de pommier présente sur les affiches de son parti.
  • Jean-Pierre Papin (qui épele son nom « P-A-P-1 ») envoie des « patates » et des « pralines » dans les buts, il est caricaturé comme simplet hyperactif, et boit beaucoup de Cacolac. Il est souvent invité avec Eric Cantona, calme et serein.
  • Les commentaires des matches de football par Thierry Roland, déjà expérimenté en la matière, et Jean-Michel Larqué, qui l'était bien moins, ont été caricaturés avec le gimmick « Tout à fait, Thierry » prononcé par ce dernier. Quant à Thierry Roland, il utilisait tout une série de gimmicks dont « on aura beau dire on aura beau faire », « il n'aura pas fait le voyage pour rien », « c'est une parodie de football », « footballeur s'il en est », « c'est tout le mal que nous lui souhaitons », etc.
  • « 2012, on change tout sauf les shoes » est le slogan inventé pour Nicolas Sarkozy pendant l'élection présidentielle de 2012.
  • L'expression "en effet" (prononcée "anèfè") est pratiquement le seul mot utilisé par la marionnette de Philippe Douste-Blazy, soutien de François Bayrou à l'élection présidentielle de 2012. Ce dernier confiera dans une interview au « Grand journal » de Canal plus que depuis ces sketches, Philippe Douste Blazy commence tous ses discours par « en effet » et que des badges « Aneffet » avaient été édités par les jeunes du MoDem.
  • La phrase « Excusez la tenue, je sors de la douche. » est systématiquement prononcée comme salut par la marionnette de Dominique Strauss-Kahn, habillé d'un simple peignoir « léopard », au début d'une intervention. Ceci a profondément lié son image à son attirance pour les femmes auprès du public depuis l'Affaire DSK. La marionnette est depuis lors continuellement sous-titrée « homo erectus». Le penchant féminin de DSK avait déjà été souligné, bien que plus rarement, par le passé.
  • Les canulars téléphoniques de Jacques Chirac sont une façon d'utiliser encore les marionnettes de Chirac et de Sarkozy.
  • Depuis l'arrivée du footballeur suédois Zlatan Ibrahimović au Paris Saint-Germain en 2012, sa marionnette est devenue célèbre pour son égocentrisme, en parlant toujours à la troisième personne et en inventant le verbe « zlataner ». Ce terme est alors repris par la plupart des journalistes sportifs, notamment ceux de la chaine cryptée[17].

Historique[modifier | modifier le code]

Les Arènes de l'info[modifier | modifier le code]

En 1988, les Nuls décident d'arrêter leur JTN, parodie de journal télévisé intégré dans l'émission Nulle part ailleurs et diffusé vers 20 h sur Canal+. Pour remplacer le JTN, Alain de Greef (directeur des programmes) décide alors de prendre pour modèle une émission britannique dont il est féru, Spitting Image, qui parodie les personnalités du monde anglosaxon avec des marionnettes[18]. Alain de Greef demande alors à Arnold Boiseau, un auteur des Nuls recommandé par Alain Chabat[12], de former l'équipe de la future émission en essayant à tout prix de conserver l'audience engendrée par le JTN[12]. Arnold Boiseau décide alors de faire la jonction entre le JTN et Spitting Image en réalisant une parodie de journal télévisé avec des marionnettes[12]. Boiseau s'entoure vite d'une équipe d'auteurs ; lors de l'audition, il leur demande de savoir se fondre dans l'esprit des guignols, en mettant leur ego de côté[12]. Christian Borde, Alexandre Pesle et Benoît Delépine le rejoignent ainsi, et plusieurs imitateurs viennent s'adjoindre à Yves Lecoq.

Le 29 août 1988, l'émission Les Arènes de l'Info apparaît sur Canal+ au sein de l'émission Nulle part ailleurs ; comme pour le JTN, le journal est coprésenté : ce sont les marionnettes de Patrick Poivre d'Arvor et de Christine Ockrent qui s'occupent de ce rôle, les « vrais » s'affrontant à la même heure sur les JT de TF1 et Antenne 2. À cette époque, l'émission est enregistrée et les textes sont écrits trois semaines à l'avance, ce qui pose de gros problèmes à l'équipe, censée coller à l'actualité[12]. Finalement, à l'issue de la première saison, Boiseau et son équipe se déclarent capables de faire une courte intervention en direct et ainsi de mieux coller à l'actualité. Pour la seconde saison, François Rollin et Jean-Marie Gourio remplacent Christian Borde et Alexandre Pesle, repartis écrire pour les Nuls. Lorsque l'authentique Christine Ockrent quitte Antenne 2 en 1990, PPD reste seul aux commandes du journal.

L'émission Les Arènes de l'Info connaît un début difficile. Humour maladroit, concept bancal, cette première mouture est globalement considérée comme un départ raté[19],[20]. De plus, l'émission doit faire face au Bébête show de TF1, une émission de marionnette parodiant le monde politique programmée à la même heure et déjà présente depuis cinq ans. Néanmoins, à l'issue de la deuxième saison, Arnold Boiseau, voyant que l'émission commence à fonctionner, décide de démissionner à condition que ce soit Benoît Delépine qui le remplace pour diriger l'écriture[12]. L'émission subit une restructuration et devient alors Les Guignols de l'info, sa formule change pour se rapprocher véritablement du format de journal télévisé qui est le sien aujourd'hui. L'équipe est encore modifiée : François Rollin quitte l'émission en 1990 tandis que Jean-François Halin vient la rejoindre en octobre de cette même année et Franck Arguillère devient le nouveau directeur artistique après le départ d'Arnold Boiseau.

L'envol des guignols[modifier | modifier le code]

En 1991, la guerre du Golfe provoque un afflux vers Canal+ de téléspectateurs lassés par l'ambiance pesante des journaux télévisés habituels[21], atteignant 10 à 14 % de part de marché[22]. Les Guignols est alors le seul média télévisuel à fournir une vision décalée de la guerre, avec notamment l'apparition du guignol Monsieur Sylvestre, caricature de Sylvester Stallone symbolisant l'impérialisme américain[23],[24] (C’est sous les traits de Monsieur Sylvestre que sera personnalisée la World Company, entreprise de manipulation tous azimuts et n’ayant qu’un but, le profit). À partir de là, l'émission décolle véritablement, attirant chaque jour trois millions de téléspectateurs en moyenne[25]. En 1993, Les Guignols de l'info reçoit deux 7 d'or pour la meilleure émission de variétés et la meilleure émission de divertissement et en 1995, le Grand Prix de l'humour de la SACEM.

En mars 1992, Bruno Gaccio s'installe aux côtés de Jean-François Halin et Benoît Delépine ; ensemble, ils forment le trio emblématique de la grande époque de l'émission. À la rentrée 1992 de Greef lance La semaine des Guignols, émission hebdomadaire dominicale qui reprend les meilleurs extraits des différentes émissions de la semaine. En 1993, Jérôme Richebon et Jean-Paul Bathany viennent collaborer à l'écriture des sketchs, suivis par Franck Magnier en 1994.

Le président de l'OM Bernard Tapie devient le premier représentant régulier du monde du football dans l'émission. Il est caricaturé comme une « grande gueule sûre d’elle » et il a pour gimmick d'être « sévèrement burné ». L'Euro 1992 marque le début de l'installation définitive des footballeurs avec les créations des marionnettes de Michel Platini, sélectionneur de l'équipe de France, et de Jean-Pierre Papin, attaquant de l'OM et de l'équipe nationale[26].

En 1995, Les Guignols de l'info reçoit un nouveau gros coup de projecteur. L'émission est suspectée[Par qui ?] d'avoir influé sur les résultats de l’élection présidentielle à cause du traitement jugé trop sympathique accordé au guignol de Jacques Chirac, transformé par les auteurs en antihéros jovial et devenu l'une des marionnettes les plus populaires. À ce sujet, Benoît Delépine explique  : « On détestait Balladur. Il était d’une prétention hallucinante avec un côté aristo qui faisait penser à l’époque giscardienne. Les Guignols ont sans doute participé à le déstabiliser. Cela dit, il s’est surtout déstabilisé tout seul. Chirac, lui, avait ce côté un peu loser sympa. Il s’était fait discret pendant quelques années et bénéficiait de l’image d’un homme neuf. Jospin n’était pas prêt. Il paraissait même surpris d’être là. On connaît la suite… »[27]. En outre, avec la disparition du Bébête Show en 1995, les Guignols se retrouvent sans concurrent direct.

En 1996, la composition de l'équipe change de nouveau : Benoit Délépine et Jean-François Halin quittent l'émission, tout comme un de leurs collaborateurs, Jérôme Richebon. À la rentrée 1996, Alexandre Charlot rejoint Bruno Gaccio et Franck Magnier dans l'écriture des sketchs. Éric Lavaine et Yvan Longuet viennent collaborer à la rédaction.

En 1997, l'émission décroche un troisième 7 d'or.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Le 3 mars 2000, après douze années de présence sur le PAF, Les Guignols de l'Info annoncent la fin de leur émission. Ce n'était qu'un canular, mais 3,4 millions de personnes sont devant leur petit écran le lundi 6 mars 2000, dans l'attente d'une confirmation. Cette blague avait pour but, de la part des auteurs, de tester l'état médiatique des Guignols. De nombreux articles assassins prévoyaient la fin de l'émission, les auteurs ont annoncé l'arrêt des Guignols pour voir l'émotion que cela susciterait durant le week-end.

Depuis 2001, l'émission est diffusée depuis les studios de la Plaine Saint-Denis, au nord de Paris. Après l'arrêt de Nulle part ailleurs en juin 2001, Les Guignols de l'Info est pendant un temps diffusé entre Le Journal du cinéma (puis remplacée par un épisode des Simpson) et Burger Quiz, les programmes remplaçants. À la rentrée 2004, les Guignols s'insère de nouveau dans une émission : le Grand Journal de Michel Denisot.

En 2002, l'accusation d'influence sur le résultat de l’élection présidentielle se répète, plusieurs sondages affirmant que les Guignols ont permis à plus de 15 % des votants de faire leur choix. Chirac est surnommé « Supermenteur ». Quoi qu'il en soit, la présidentielle réactive l'attention médiatique autour des Guignols. Le 9 mars 2007, Les Guignols réalisent leur deuxième meilleure audience depuis le 22 avril 1995 (lendemain du premier tour de l'élection présidentielle) avec 3,6 millions de téléspectateurs (14,8 % de part d'audience). Après seize ans de service, Bruno Gaccio décide de quitter l'émission après la présidentielle, considérant que le départ de Chirac constituait pour l'émission la fin d'un cycle dont il faisait partie[28]. Les Guignols consacreront d'ailleurs l'émission spéciale pour le second tour de la présidentielle de 2007 au « pot de départ » de Jacques Chirac. Le 19 décembre 2007, PPD refusant de commenter le couple Sarkozy/Bruni, l'émission est exceptionnellement présentée par la marionnette de Jean-Marc Morandini[29],[30].

Depuis le 11 juillet 2008, le journal télévisé de TF1 n'est plus présenté par Patrick Poivre d'Arvor. La marionnette de ce dernier reste toutefois aux commandes des Guignols car ce n'est pas PPDA qui présentait le journal mais PPD ! Cependant, en septembre 2010, au bout de 21 ans (correspondants aux 21 années durant lesquelles PPDA a présenté le 20 heures de TF1), Harry Roselmack fait son apparition dans les Guignols, en présentant l'émission tous les vendredis comme un clin d'œil à la fin d'une ère[31].

Les Guignols de l'info ont fêté leurs 20 ans le 16 mars 2009 sur Canal+, dans le cadre d'une soirée spéciale où certaines personnalités ont remplacé leur marionnette, comme Patrick Poivre d'Arvor, Karl Lagerfeld ou Aimé Jacquet. Cette soirée a bénéficié de très bons scores d'audience[32]. À plusieurs reprises en juin 2010, Patrick Poivre d'Arvor est remplacé par les marionnettes Pierre Ménès et Hervé Mathoux pour commenter la coupe du monde de football. Malgré ces quelques changements, la marionnette de PPDA reste le présentateur vedette de l'émission, après près de 30 ans de présentation.

identité visuelle (Logo)[modifier | modifier le code]

Équipe[modifier | modifier le code]

Auteurs[modifier | modifier le code]

L'équipe d'auteurs des Guignols est constituée d'une part de coauteurs s'occupant chaque jour de rédiger la partie « direct » du journal et, d'autre part, de collaborateurs qui aident à l'écriture des sketchs des fictions[33]. La composition de l'équipe a été modifiée plusieurs fois.

Coauteurs :

  • Arnold Boiseau (1988-1990) : ancien coscénariste des Nuls, Arnold Boiseau pose le principe de l'émission. Il quitte ensuite l'aventure pour se reposer deux années puis part notamment créer Les Minikeums sur France 3, une émission avec des marionnettes similaires à celles des Guignols, mais destinée aux enfants cette fois[12].
  • Christian Borde (1988-1989) : animateur depuis une douzaine d'années sur RMC, Alain Chabat le fait rentrer à Canal+. Il intègre alors l'équipe des Guignols qu'il quitte six mois plus tard pour repartir écrire des sketches avec les Nuls. Il devient par la suite Jules-Édouard Moustic dans l'équipe de Groland.
  • Alexandre Pesle (1988-1989) : autre collaborateur des Nuls, il repart ensuite travailler avec eux. Il se fait bien plus tard connaître du grand public en interprétant le rôle de Sylvain dans Caméra Café avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h qui à l'époque animaient le top 50 de Canal Plus.
  • Benoît Delépine (1988-1996) : successeur d'Arnold Boiseau, il est l'un des fondateurs de la formule qui a fait le succès de l'émission. Il rejoint ensuite l'équipe de Groland dans laquelle il joue le rôle de Michael Kael.
  • François Rollin (1989-1990) : fort de la popularité de son personnage du professeur Rollin, acquis notamment grâce à Palace, il rejoint Delépine et Gourio pour poser la formule des Guignols.
  • Jean-Marie Gourio (1989-1993, pour la séquence « En Bref ») : ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo et auteur du best-seller Brèves de comptoir.
  • Jean-François Halin (1990-1996) : auteur de Patrick Timsit et Laurent Violet avant de rejoindre les Guignols. Il travaille actuellement dans l'équipe de Groland.
  • Bruno Gaccio (1992-2007) : il part rejoindre l'équipe des Guignols à son entrée à Canal+. Après le départ de Halin et Delépine, il prend la direction de l'écriture qu'il tient pendant plus de dix ans. Il décide de partir après l'élection présidentielle de 2007 afin de coïncider avec le départ de Jacques Chirac de l'Élysée[28].
  • Franck Magnier (1994-2000) : après deux ans comme pigiste, il devient membre à part entière de l'équipe après le départ de Halin et Délépine en 1996.
  • Alexandre Charlot (1996-2000) : tout comme Franck Magnier, il vient remplacer Delépine et Halin à l'écriture après leur départ.
  • Laurent Vassilian (2000-2001)
  • Lionel Dutemple (depuis 2000)
  • Ahmed Hamidi (2000-2008)
  • Julien Hervé (depuis 2000)
  • Philippe Mechelen (depuis février 2009)
  • Benjamin Morgaine (depuis août 2012)

Collaborateurs :

Selon Bruno Gaccio, Les Guignols ont toujours fonctionné par cycles politiques[28]. Il est ainsi possible de définir cinq grandes périodes dans l'histoire de l'émission. Généralement, la période avec le trio Benoît Delépine, Jean-François Halin et Bruno Gaccio (1992-1996) est considérée comme l'âge d'or de l'émission[réf. nécessaire].

Période Arènes de l'info Guerre du Golfe Années Balladur et présidentielle 1995 Présidence de Jacques Chirac Après Bruno Gaccio
Époque 1988-1989 1989-1990 1990-1992 1992-1996 1996-1999 1999-2001 2001-2007 2007-2008 2009-2012 2012-
Équipes Boiseau
Delépine
Borde
Pesle
Boiseau
Delépine
Rolin
Gourio
Delépine
Gourio
Halin
Delépine
Halin
Gaccio
Gaccio
Magnier
Charlot
Gaccio
Vassilian
Dutemple
Hervé
Hamidi
Gaccio
Dutemple
Hervé
Hamidi
Dutemple
Hamidi
Hervé
Dutemple
Hervé
Mechelen
Dutemple
Hervé
Mechelen
Morgaine
Année 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Arnold Boiseau coauteur
Benoît Delépine coauteur
Christian Borde coauteur
Alexandre Pesle coauteur
François Rolin coauteur
Jean-Marie Gourio coauteur
Jean-François Halin coauteur
Bruno Gaccio coauteur
Franck Magnier coauteur
Alexandre Charlot coauteur
Laurent Vassilian coauteur collaborateur
Lionel Dutemple coauteur
Julien Hervé coauteur
Ahmed Hamidi coauteur
Philippe Mechelen coauteur
Benjamin Morgaine coauteur

Imitateurs[modifier | modifier le code]

Initialement, la totalité des voix était assurée par Yves Lecoq, François Jérosme, Béatrice Belthoise et Jean-Éric Bielle. En 1990, Yves Lecoq découvre Sandrine Alexi à l'émission Sébastien, c'est fou ! de Patrick Sébastien et lui permet d'être auditionnée aux Guignols[34]. Retenue pour son imitation de Dorothée, Sandrine Alexi rejoint l'équipe en mars 1990. À la même époque, Daniel Herzog rencontre Guy Bedos qui, impressionné par l'imitation de sa voix, l'invite à faire un sketch sur le plateau de Nulle part ailleurs où les auteurs des Guignols le repèrent[34]. En août 1995, TF1 propose à Yves Lecoq et Jean-Éric Bielle de participer à la future émission Niouzes de Laurent Ruquier[35]. Yves Lecoq reste aux Guignols mais Jean-Eric Bielle quitte l'aventure et laisse Lecoq et Herzog se partager les voix masculines à la rentrée 1995. Ils sont alors rejoints par Nicolas Canteloup en novembre 1995. Il faut ensuite attendre douze ans pour qu'un nouvel imitateur, Thierry Garcia, soit recruté en octobre 2007.

La voix d'un nouveau personnage est attribuée à l'imitateur qui se sent le plus à l'aise[36]. Parmi ses imitations préférées, sur plus de 120 voix, Yves Lecoq cite Jacques Chirac, Monsieur Sylvestre et Bernard Tapie[37].

Des acteurs de doublage, notamment Didier Hervé, Pierre-Alain de Garrigues, Nathalie Homs, et plus occasionnellement d'autres acteurs, interprètent également des voix, mais seulement des voix de personnages anonymes ou des voix-off et non des imitations [38].

Influence[modifier | modifier le code]

Un outil politique ?[modifier | modifier le code]

Entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, voyant le président sortant Jacques Chirac face au candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, les Guignols diffusaient quasi quotidiennement les spots de campagne des deux candidats. Ceux de Jacques Chirac étaient clairs et le montraient, non sans ironie, comme un être idéal, alors que ceux de Jean-Marie Le Pen étaient diffusés en crypté et ne montraient que lui aboyant violemment. De surcroît, les Guignols ont sciemment annoncé les résultats du premier tour quelques minutes avant l’heure officielle dans le but de faire invalider l’élection, trouvant anormale la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour[40].

Controverses et anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Dès leurs débuts, un sketch met en scène Françoise Sagan incitant à utiliser des tampons hygiéniques périodiques, avec, à la fin, Béatrice Dalle portant un énorme tampon entre les jambes. Françoise Sagan se plaint à la justice. Le procès porte sur six points, et Canal+ perd sur un demi-point, à cause d'une séquence intitulée Les Mardis de François Sagan. Le tribunal juge que la vraie Françoise Sagan peut très bien avoir une chronique qui s'appelle Les Mardis de Françoise Sagan.
  • En 1995, le soir du second tour de l’élection présidentielle, les Guignols organisent une soirée spéciale. Sur le plateau, les marionnettes multiplient les interventions vides : les résultats ne pouvant être annoncées avant 20 heures, elles cherchent désespérément à combler ce vide. Finalement, l'horloge qui indiquait l'heure est avancée et affiche 20 heures, heure qui permet d'annoncer les résultats. En fait, les Guignols annoncent les résultats dix minutes avant l'heure légale.
  • En 1996, un sketch montrant Raymond Barre nu (Jérôme Richebon) suscite une polémique. Les conséquences de cette controverse donnent lieu à deux sketches. Le premier, Raymond Barre nu en slip, et l'autre, avec Alain de Greef, directeur des programmes à cette époque, qui doit expliquer au CSA un sketch mettant en scène Mickael Kael, avec le fameux « 'Cule un mouton ».
  • En 1999, un différend oppose les Guignols et l'avocat Gilbert Collard, souvent brocardé. Après jugement, Canal+ a remis un franc symbolique à Gilbert Collard[41]. Cependant, les auteurs ne sont nullement impressionnés par ce jugement et le soir suivant le verdict, ils brocardent à nouveau l'avocat en faisant part du jugement pour conclure ainsi : « C'est une décision de Justice et nous ne faisons que la suivre : Maître Collard est bien un avocat à deux balles ». Maître Gilbert Collard sera à nouveau la cible de l'émission satirique par la suite, comme dans l'affaire de dopage de Richard Virenque où la marionnette de ce dernier dira à la fin de la procédure qu'il « regrette d'avoir pris une chose : Maître Collard ! »
  • En 2002, lors du premier tour de l’élection présidentielle, les Guignols annoncèrent dès 19 h 45 la présence de Jean-Marie Le Pen en seconde place, alors même que la loi interdit l'annonce des résultats avant 20 h. Cette annonce précoce avait pour but non seulement d'inciter les derniers abstentionnistes à aller voter en vue d'empêcher l'extrême-droite d'atteindre le second tour, mais également de tenter d'invalider le résultat de l'élection, la loi n'ayant pas été respectée[40]. Mais de par la nature satirique de l'émission, il était peu probable que l'annonce eût l'effet escompté, car la majorité des spectateurs croyait au canular.
  • Le 11 mai 2005 : le CSA met en demeure Canal+ après une plainte déposée par les évêques de France à propos d'une séquence jugée injurieuse pour le nouveau pape : celui-ci donne sa bénédiction « au nom du Père, du Fils et du IIIe Reich ». Benoît XVI, d'origine allemande et ayant été enrôlé de force dans les Jeunesses hitlériennes, est appelé « Adolf II ».
  • En février 2012, la diffusion du sketch L'Homme de la Mancha, qui fait référence au dopage supposé dans le sport espagnol avec comme personnage principal le joueur de tennis Rafael Nadal, suscite de nombreuses réactions d'indignation de la part de sportifs et de personnalités politiques espagnols[42]. Le 16 février, Alain Afflelou a annulé une campagne de publicité sur Canal + en raison de protestations de ses clients espagnols. La marque compte environ 270 franchises en Espagne[43]. En réaction, le soir même les Guignols font une critique de l'industriel, l'accusant de dumping social avec la Chine.
  • Le 18 juin 2013, au lendemain de l'annonce d'Antoine de Caunes à la place de Michel Denisot dans Le Grand Journal, l'émission est présentée par la marionnette d'Antoine de Caunes qui parodie l'émission Nulle part ailleurs. Pour l'occasion le générique de 1994 est ressorti, les marionnettes de Jérôme Bonaldi, Philippe Vandel et Philippe Gildas sont utilisées et à la place de « Vous regardez l'ancêtre d'internet », Antoine annonce « Vous regardez trop la télévision » (le précédent message d'introduction de l'émission).
  • En septembre 2013, suite à une affaire de banditisme qui a causé la mort du fils de José Anigo, ce dernier perçoit très mal un sketch des Guignols au sujet de son fils, et décide de porter plainte contre la chaîne[44].
  • Jean-Luc Reichmann était imitateur occasionnel des marionnettes de 1988 à 2001, mais également la voix off de toutes les émissions de cette période.

Dans les autres pays[modifier | modifier le code]

À l'origine, Les Guignols de l'info est une émission inspirée de Spitting Image qui existait au Royaume-Uni. L'émission en a, à son tour, inspiré d'autres. Ainsi, il existe d'autres versions des Guignols de l'info dans plusieurs pays :

Tout comme des émissions qui sont aussi des soupapes humoristiques, mais en images de synthèse :

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Chaque année, une ou plusieurs compilations sont éditées, L’année des Guignols, reprenant les meilleurs moments de la saison écoulée et quelquefois des sketchs inédits non diffusés. De 1992 à 1997, il y avait deux best of par an.

Période Titre Format Commentaires
Septembre 1990 - Juin 1991 Les Guignols de l'info VHS / Laserdisc (Vol.1 et 2) / DVD (octobre 2010)
Septembre 1991 - Juin 1992 Tout à fait Thierry VHS / Laserdisc (Vol.1 et 2) / DVD (octobre 2010)
Septembre 1992 - Janvier 1993 Le Monsieur te demande VHS / Laserdisc (Vol.3 et 4) / DVD (octobre 2010)
Février 1993 - Juin 1993 Si c'est ça, je m'en vais VHS / Laserdisc (Vol.3 et 4) / DVD (octobre 2010)
Septembre 1993 - Février 1994 Putain, deux ans VHS / Laserdisc (Vol.5 et 6) / DVD (octobre 2010)
Mars 1994 - Juin 1994 La Combine à Nanard VHS / Laserdisc (Vol.5 et 6) / DVD (octobre 2010)
Septembre 1994 - Mars 1995 Pas de Polémique ! VHS / Laserdisc (Vol.7 et 8) / DVD (octobre 2010)
Avril 1995 - Juin 1995 J'ai niqué Couille Molle ! VHS / Laserdisc (Vol.7 et 8) / DVD (octobre 2010)
1995 Présidentielle 1995 VHS Intégralité du second tour des élections présidentielles de 1995.
Disponible uniquement pour les abonnés de Canal+
Septembre 1995 - Février 1996 Du Cul, du cul, du cul VHS / Laserdisc (Vol.9 et 10) / DVD (octobre 2010)
Mars 1996 - Juin 1996 Les voleurs de Patates VHS / Laserdisc (Vol.9 et 10) / DVD (octobre 2010)
Septembre 1996 - Février 1997 J'y arrive pas VHS / DVD (éditions 1997 et 2010) / Laserdisc (Vol.11 et 12)
Mars 1997 - Juin 1997 Putain, mais quel con ! VHS / DVD (éditions 1997 et 2010) / Laserdisc (Vol.11 et 12)
Septembre 1997 - Juin 1998 Y'a paaas de méthode ! VHS / DVD (octobre 2010)
Septembre 1998 - Juin 1999 On m'aurait menti ? VHS / DVD (éditions 1999 et 2010)
1999 L'Exclusive des 10 ans des Guignols VHS Disponible uniquement pour les nouveaux abonnés de Canal+
Septembre 1999 - Juin 2000 Ras le Bol les Guignols ! VHS / DVD
Septembre 2000 - Juin 2001 Je peux dire une connerie ? VHS / DVD
Septembre 2001 - Juin 2002 Une ispice di counasse d'année VHS / DVD
Septembre 2002 - Juin 2003 Pardon aux familles..... tout ça VHS / DVD
Septembre 2003 - Juin 2004 Un Jean-Pierre ça peut tout faire DVD
Septembre 2004 - Juin 2005 Good bye Louis XVI DVD
Septembre 2005 - Juin 2006 Qu'est-ce t'as, t'es pas content ? DVD
Septembre 2006 - Juin 2007 Pot de départ DVD (8 octobre 2007)
Septembre 2007 - Juin 2008 La France d'après DVD (7 octobre 2008)
Septembre 2008 - Juin 2009 Une année de beaux gosses DVD (20 octobre 2009)
Septembre 2009 - Juin 2010 Et il est où Hervé Miaou ?! DVD (26 octobre 2010)
Septembre 2010 - Juin 2011 La sextape des Guignols DVD (18 octobre 2011)
Septembre 2011 - Juin 2012 Nous, Président de la République DVD (20 novembre 2012) Pour l'occasion, le logo "L'Année des Guignols" a été modifié et est devenu "Une Année Normale des Guignols".
Septembre 2012 - Juin 2013 Une année Zlatanée DVD (29 octobre 2013)
Septembre 2013 - Juin 2014 La gnééé des Guignols DVD (28 octobre 2014)

De plus, 5 compilations reprenant des sketchs sur plusieurs années ont été éditées :

Année Titre Formats Commentaires
3 avril 2002 Conversation 2 VHS / DVD Best of du septennat de Jacques Chirac entre 1995 à 2002
25 novembre 2003 Putain 15 ans ! VHS / DVD
17 mars 2009 Putain 20 ans ! DVD
12 octobre 2010 Années 1990 DVD Coffret de 11 DVD - Réédition des best of de 1990 à 1999 et de La Fiction
12 octobre 2010 Années 2000 DVD Coffret de 12 DVD - Réédition des best of de 2000 à 2009 et de Putain 20 Ans

Il n'existe aucun best of des Arènes de l'info. Néanmoins plusieurs extraits ont été inclus dans la compilation Putain 15 ans !.

Le 19 février 1999, pour fêter les dix ans des Guignols, un téléfilm long métrage a été réalisé : Les Guignols de l'info : la Fiction, ainsi qu'un documentaire de quatre heures. Dans le film, les personnalités politiques se réveillent un matin et constatent la disparition des « gens », c'est-à-dire les personnes sans pouvoir ni notoriété particulière mais qui constituent la quasi-totalité du pays. Les sketchs contenus dans le documentaire était disponible en VHS lors d'un abonnement à Canal+ l'année de la diffusion du documentaire, en 1999.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Deux jeux vidéo ont été édités sur le thème des Guignols par Canal+ Multimedia. Sorti en 1995, les Guignols… le jeu ! est un jeu d'aventure à base d'écrans fixes proposant de partir à la recherche de scoops en prenant le rôle d'un journaliste. Dans le Cauchemar de PPD, sorti en 1996, il s'agit de réaliser la grille de programmes d'une chaîne de TV en recherchant dans Paris des films, animateurs, scoops et invités. Les deux jeux vidéo ont ensuite été commercialisés ensemble sous le titre Les Guignols de l'info... La Totale ! avec un économiseur d'écran « guignols ».

Livres[modifier | modifier le code]

Quatre livres ont été édités :

  • Benoît Delépine, Bruno Gaccio, Jean-François Halin, L'Agenda secret de Jacques Chirac, Paris, Albin Michel,‎ 21 octobre 1993 (ISBN 978-2-226-06575-9)
    Livre qui retrace l'année 1993 de Jacques Chirac après la nomination d'Édouard Balladur et relate son désœuvrement dans l'attente de l'élection de 1995.
  • L'enveloppe électorale
    Ouvrage contenant toutes les affiches de chaque candidat de l'élection présidentielle de 1995.
  • Yves Derai, Laurent Guez, Le Pouvoir des Guignols, Paris, Numéro 1,‎ 1998, 217 p. (ISBN 978-2-863-91842-5 et 2863918427)
    Une enquête dans les coulisses de cette émission de télévision très populaire de Canal Plus. Depuis dix ans, ses animateurs étrillent tout ce qui compte en France. Les auteurs ont analysé l'impact de l'émission, y compris dans les sphères médiatico-politiques.
  • Lionel Dutemple, Ahmed Hamidi, Julien Hervé, Denis Rouvre (photos), Putain de Guignols !, Issy-les-Moulineaux, Albin Michel,‎ 5 octobre 2005 (ISBN 978-2-226-14442-3 et 2226144420)
    Livre de 580 photographies, mettant en scène 272 marionnettes, édité à l'occasion des 18 ans des Guignols.

Autres[modifier | modifier le code]

Un jeu de société créé par Hervé Depoil et François Parent sur l'univers des Guignols a été commercialisé en 1994. Il s'agit d'une sorte de Trivial Pursuit où les questions gravitent autour de l'univers des Guignols. Les jetons utilisés sont des capsules de Cacolac (clin d'œil au personnage de Jean-Pierre Papin, caricaturé comme étant un amateur de la boisson). Les pions sont les personnages en latex de Édouard Balladur, Jacques Chirac, Antoine de Caunes et Philippe Gildas.

D'autres objets en tout genre ont été créés : globe World Company, disque vinyle, sculptures en plastique des pions du jeu de société, puzzle, coffret de 35 fiches sur les personnages les plus populaires des guignols (édité à l'occasion des dix ans des Guignols) cartes postales, magazines…

Un calendrier collector est sorti en octobre 2014 chez Albin Michel pour fêter les 25 ans des Guignols. On peut retrouver dans ce calendrier (qui peut rappeler à certains L'Agenda Secret de Jacques Chirac) des photos des personnages les plus cultes de l'émission comme PPD, Chirac et les Stallones ; mais aussi les personnages récents de l'emission comme Philippe Lucas, Obama, ou bien encore Stromae.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ina.fr. Le Bébête show :"1re émission"
  2. Après 2002 et 2007, quel rôle vont jouer les Guignols de l'info dans l'élection du président ? Le Post archives
  3. a, b, c, d, e et f Loïc Torino-Gilles, Guignols de l'info : les coulisses !, Midi libre, 7 mai 2007, (15 janvier 2009).
  4. a et b Benjamin Berton, Les Guignols dans la campagne - Interview de Julien Hervé, Fluctuat.net, 2007, (page consultée le 14 janvier 2009).
  5. a, b, c, d, e et f Lisa Gougué, Humour - Qui se cache derrière Les Guignols de l’info ?, France-Soir, 30 mai 2008, (page consultée le 16 janvier 2009).
  6. L'histoire du Groupe Canal+ de 1983 à nos jours, Canal + Groupe, (page consultée le 15 janvier 2009).
  7. Marie-Hélène Branciard, La Caricature dans la peau - Interview Bruno Marty, Planète Spook no 12, juin-juillet 1998, rubrique "Happy Culture".
  8. a, b et c Marine Lefebvre, Les Guignols tombent le masque, Le Point, (page consultée le 16 janvier 2009).
  9. a et b Bruno Marty : De nouvelles créations en bois découpé, Le Bien Public, 3 décembre 2002, (page consultée le 17 janvier 2009).
  10. Stéphan Dudzinski, Éric Besson au ministère de l'Immigration : les Guignols à l'affût, Le dauphine.com, 17 janvier 2009, (page consultée le 17 janvier 2009).
  11. Serge Bressan, Séance photos chez les Guignols, La Dernière Heure, 6 octobre 2005, (page consultée le 17 janvier 2009).
  12. a, b, c, d, e, f, g et h Arnold Boiseau, Le jour où j’ai créé Les Guignols, Civis Memoria, 9 décembre 2008, (page consultée le 14 janvier 2009).
  13. L'œuvre de François Rollin, Ou-pas.net, (page consultée le 16 janvier 2009).
  14. Forum avec Bruno Gaccio, Le Nouvel Observateur, 18 octobre 2004, (page consultée le 19 janvier 2009).
  15. Arvers Fabienne, Pierre Fulla, le Guignol de Stade 2, L'Express, 23 avril 1998, (page consultée le 20 janvier 2009).
  16. "Ici au siège de SO.com...", interview de Pierre Fulla, Stars Oubliées.com, (page consultée le 20 janvier 2009).
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  19. Olivier Dubrana, Entrevue au Groland, 8 février 2006, (page consultée le 16 janvier 2009).
  20. Nicolas Blin, Les Guignols : latex, innovation et schizophrénie, janvier 2000, (page consultée le 17 janvier 2009).
  21. Aurélie Demarcy, Les Guignols de l'info dans la course à la Présidentielle, Toutelatele.com, 31 janvier 2007, (page consultée le 15 janvier 2009).
  22. Grassin Sophie, Guignols: les Bébêtes qui montent, L'Express, 21 janvier 1993, (page consultée le 15 janvier 2009).
  23. « Les Guignols de l'info » : vingt ans de succès et de parodie de l'actualité, La Voie du Nord, 31 août 2008, (page consultée le 15 janvier 2009).
  24. Marc Hecker, La presse française et la première guerre du Golfe, IRIS, L’Harmattan, coll. « Inter-National », 2004, 164 p.
  25. Virginie Spies, François Jost, La télévision dans le miroir: théorie, histoire et analyse des émissions réflexives [lire en ligne], p. 314, L'Harmattan, 2004, 393 p. (ISBN 2747563294)
  26. Richard N, « Du stade aux Arènes », sur www.footichiste.wordpress.com,‎ 29 avril 2013 (consulté le 27 juillet 2014)
  27. Jean-François Keller, Benoît Delépine - « Présidentielles : le climat n’a jamais été aussi lourd… », K.libres, (page consultée le 15 janvier 2009).
  28. a, b et c Raphaëlle Baillot, Gaccio: « A ciao bonsoir », 20 minutes, 12 janvier 2007, (page consultée le 20 janvier 2009).
  29. http://www.programme-tv.net/news-tv/divertissement/664-morandini-presente-guignols-info/
  30. La vidéo sur le site canalplus.fr
  31. (fr) V.S., « Les Guignols : Regardez Harry Roselmack à la place de PPD (VIDEO) », sur programme-tv.net,‎ 4 septembre 2010
  32. http://jeanmarcmorandini.tele7.fr/article-24709-le-grand-journal-sur-les-guignols-pulverise-l-audience.html
  33. Deux des Guignols renoncent au direct, 22 juin 2000, (page consultée le 21 janvier 2009).
  34. a et b Extrait de l'émission sur Dailymotion, Vivement Dimanche, France 2, 25 mars 2007, (page consultée le 21 janvier 2009).
  35. Les Indiscrétions de Télé 7 Jours du 12 au 18 août 1995, Télé 7 Jours, no 1837, (page consultée le 21 janvier 2009).
  36. Yves Lecoq : tant que j'ai ma voix, je continue, Ledauphine.com, 24 août 2008, (page consultée le 15 janvier 2009).
  37. Neïla Azouz, Interview avec Yves Lecoq, JetSet Mag, 30 janvier 2008, (page consultée le 15 janvier 2009).
  38. Generique de fin Guignols de l'info 2011 [2]
  39. (en) « Jean-Eric Bielle - IMDb », sur Internet Movie Database (consulté le 2 septembre 2014)
  40. a et b Entrevue de Bruno Gaccio avec Laurent Delahousse dans Un jour, une heure
  41. et la même chose à son client l'abbé Morel. La scène incriminée est visible dans L'Année des guignols (1999/2000) : Ras le bol les guignols !
  42. (fr) AFP, « Dopage: l'affaire des Guignols prend un tour diplomatique entre Madrid et Paris », sur Libération,‎ 10 février 2012
  43. « Guignols: Afflelou annule une campagne de publicité avec Canal + »,‎ 17 février 2012 (consulté le 28 décembre 2012)
  44. Ozap : Le directeur sportif de l'OM, José Anigo, porte plainte contre Canal+ et Les Guignols
  45. Puppet Nation USA : Bande Annonce : équivalent américain des Guignols de Canal+

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]