Les Frères Grimm

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Les Frères Grimm

Titre original The Brothers Grimm
Réalisation Terry Gilliam
Scénario Ehren Kruger
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni, Drapeau de la République tchèque République tchèque
Sortie 2005
Durée 118 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Frères Grimm (titre original The Brothers Grimm) est un film américain réalisé par Terry Gilliam, sorti en 2005.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'un croit aux contes et à la magie, l'autre a les pieds sur terre. Les deux frères Grimm, respectivement Jacob et Wilhelm, parcourent l'Europe à l'écoute de villageois terrorisés, jamais à court d'histoires extraordinaires. Ils leur proposent des remèdes tout aussi farfelus pour déjouer ces sortilèges, qui sont en fait des mises en scène qu'ils organisent avec l'aide de deux complices. Ces subterfuges leur permettent d'obtenir la gloire et la fortune. Leur notoriété parvient aux oreilles du général Delatombe, qui doit faire face dans sa propre circonscription à des événements étranges. Ce dernier les envoie dans le village de Marbaden escorté du maître ès tortures, Mercurio Cavaldi di Parma, pour retrouver et libérer des enfants disparus. Guidés par la sœur aînée de deux d'entre eux, la belle chasseresse Angelika Krauss, ils finissent par s'aventurer dans la forêt enchantée où ont eu lieu les disparitions, jusqu'aux ruines envahies par la forêt d'un village maudit autrefois décimé par la peste et dominé par une immense tour sans accès.

Fiche technique du Film[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

Le film a été un semi-échec commercial, rapportant 105 316 267 $ au box-office (dont 37 916 267 $ aux États-Unis)[1]. Il a réalisé 1 465 473 entrées en France, 176 111 en Belgique, 75 509 en Suisse, et 36 666 au Québec[2].

Il a été médiocrement accueilli par la critique, recueillant 37 % de critiques positives, avec une note moyenne de 5,1/10 et sur la base de 177 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes[3]. Il obtient un score de 51/100, sur la base de 36 critiques, sur Metacritic[4].

En France, le film a été mieux accueilli, obtenant une note moyenne de 3,44/5 sur la revue de presse d'AlloCiné[5]. Le Nouvel Observateur évoque « un film féerique et macabre, au casting impeccable », Le Figaroscope « une flamboyante fantasmagorie visuelle aux effets spéciaux spectaculaires », Positif un « film infiniment personnel et souvent séduisant », et Télé 7 Jours un mariage entre « le frisson du fantastique, l'humour de la farce et le merveilleux du conte de fées ». Libération parle d'un film généreux mais « lourd à digérer » et qui veut jouer sur trop de tableaux à la fois, L'Écran fantastique d'un film qui « manque de profondeur » mais bénéficie « des habituels dons d'illustrateur de son réalisateur », et Paris Match d'une « loufoquerie désordonnée, mais traversée de moments magiques ». Du côté des critiques négatives, Les Inrockuptibles estime que le film « ne vaut que pour la présence de Matt Damon » et L'Humanité qu'il est « beau mais vide »[5].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Terry Gilliam prend délibérément le parti d'une narration mettant en exergue l'aspect merveilleux au lieu de se contenter d'une lecture purement objective de la vie des deux célèbres conteurs, présentés ici comme des aventuriers, ayant réellement vécu les événements relatés de manière romancée dans leurs contes, ce qui diffère quelque peu avec les éléments connus de leur véritable parcours.
  • Le tournage, débuté le 30 juin 2003, s'est déroulé en République tchèque à Prague et à Ledec nad Sázavou.
  • La sortie du film en salles était initialement prévue en novembre 2004. Sa sortie américaine fut finalement repoussée au 26 août 2005.
  • Johnny Depp était originellement choisi pour le rôle de Will Grimm.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références culturelles et métaphores[modifier | modifier le code]

De nombreux éléments folkloriques sont présents dans le film évoquant la multiplicité des origines et l'universalité des contes, dont la symbolique permet de contourner la censure pour faire passer les messages les plus subversifs tels que:

  • Les haricots magiques, évoquant l'exploitation de la crédulité des souffrants par les apothicaires et les charlatans grâce à des pilules placebo,
  • Le petit chaperon rouge, la virginité volée ;
  • Hansel et Gretel ; l'infanticide ;
  • La sorcière représentant la peur destructrice des mâles face à l'expérience du sexe opposé, leur besoin de connaissances effaçant tout attrait physique aux yeux des hommes. Leur image maléfique n'étant rien d'autre que le fruit de la manipulation des hommes, ceux-ci n'hésitant pas à les démoniser pour en justifier la purification par le bûcher sous le prétexte que toute femme sans homme est forcément la putain du démon ;
  • Les corbeaux Hugin et Munin, messagers d'Odin ; la noirceur de la servilité face au pouvoir ;
  • Le cheval anthropophage hanté par des nuées d'araignées ; la rébellion des forces de la nature ;
  • Le loup-garou ; retour de l'homme proche de la nature à sa nature originelle, lycanthrope ;
  • Le crapaud hallucinogène, évoquant le besoin d'évasion via la modification de la perception ;
  • La disparition des soldats français dans la forêt enchantée évoque celle des légions de Varus dans la forêt de Teutobourg à l'origine de La Chanson des Nibelungen ;
  • L'anneau sacré est aussi utilisé pour glacer instantanément la surface d'une mare ;
  • La forêt en marche rappelle celle de Macbeth de Shakespeare, la force de l'auto-suggestion et la terreur générée par l'exploitation des fantasmes ;
  • La mise à feu de la forêt par le Général Delatombe savourant son repas devant ce spectacle qualifié par lui de romantique, rappelant l'incendie de Rome par Néron ainsi que les autodafés ;
  • La symbolique de la tour d'ivoire ; l'auto-enfermement volontaire du pouvoir face à ses responsabilités, alors que les populations sont décimées par mille tourments ;
  • La reine thuringienne rappelle le mythe[6] de la sibylle de Cumes obtenant d'Apollon le privilège de vivre 1000 ans mais en oubliant de lui demander de conserver sa jeunesse ;
  • Elle évoque aussi l'orgueilleuse reine du conte de Blanche Neige, et à travers l'image du miroir enchantée, le pouvoir des médias, transformant les gouvernements les plus corrompus en irrésistible séductrice ;
  • Le combat fratricide sous le contrôle des armes elles-mêmes manipulée à distance par le pouvoir de la reine ;
  • Le rôle magique de la pleine lune; la subordination des lois humaines à celles de la nature, dont la connaissance transforme aux yeux du profane, la science en magie ;
  • Le retournement du bourreau contre ses Maîtres et de l'étendard du nationalisme contre ses instigateurs ;
  • L'aveuglement de la religion sous la forme d'un crucifix d'or enflammé, permettant au protagoniste de se débarrasser de son agresseur en l'empalant sur son propre étendard ;
  • La délivrance de tous les sortilège apportée par un simple baiser et à travers lui le rôle libérateur de la sexualité, expliquant la répression et le contrôle dont elle fait l'objet, l'oppression à l'égard des minorités sexuelles et la condamnation des comportements libertins ;
  • La reine enfermée dans la Tour sans entrée et aux cheveux immensément longs rappelle le conte Raiponce, écrit par les Frères Grimm ;
  • L'empilement de plusieurs matelas sur lesquels repose la reine fait référence au conte La princesse au petit pois, de Hans Christian Andersen ;
  • L'Ondine de l'étang par référence aux nymphes, et autres créatures mythologiques.

Terry Gilliam dénonce dans ce film le rôle de la terreur comme outil de pouvoir et d'enrichissement, à travers tout l'éventail des manipulations; trucages, mensonges, séduction, corruption, chantage, torture, exécution, falsification, séparation hermétique entre le pouvoir et ses esclaves, exploitation de la crédulité, des superstitions, des peurs irraisonnées, détournement des croyances ancestrales. Il nous offre aussi l'illustration que l'instruction est seul remède efficace contre celles-ci.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Chacun de nous a bien droit à un 10e ? Or nous sommes 2 et comme 2 fois 10 = 20, on veut un 20e (chacun) ! »
  • « Il faut embrasser un Français et il se transforme en prince »
  • « Mesdames, la musique commence à devenir horriblement française, voulez-vous continuer notre conversation au premier ? »
  • « Il est costaud ce p'tit gars ! — Ce gars, comme vous dites, c'est ma petite fille ! — … Et il fera une bonne épouse qui fera le bonheur de son mari ! »
  • « Quel merveilleux conte pour enfant cela fera… ne savais-tu pas Jacob que la vérité est bien plus terrible que la fiction ? »
  • « Nous sommes apatrides, des ennemis d'État et notre nom est notre seul richesse… Oui mais c'est un sacré nom »
  • « Vous avez tué mes amis ! — J'eusse aimé que vous en eussiez plus ! »
  • « Je ne voulais qu'un peu d'ordre, c'est tout… une part de quiche serait bienvenue. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]