Les Enfants du rock

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Les Enfants du rock
Genre Divertissement
Présentation divers
Pays Drapeau de la France France
Langue français
Production
Production divers
Diffusion
Diffusion Antenne 2
Date de première diffusion 7 janvier 1982
Date de dernière diffusion 1988
Public conseillé Tout public, jeunesse

Les Enfants du rock est un magazine de télévision française de pop culture (musique, bande dessinée, cinéma, art moderne en général) à l'esprit rock, pour un public jeune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créée par Pierre Lescure et diffusée sur Antenne 2 à partir du 7 janvier 1982, le jeudi soir aux environs de 22 heures jusqu'à mi-septembre 1983 où l'émission est diffusée le samedi aux environs de 22h30 après l'émission Champs-Élysées, puis parfois après une série courte de suspense comme Alfred Hitchcock présente, ou encore Le Voyageur.

La première phase : 1982-85[modifier | modifier le code]

La première du magazine fut présentée par Léon Zitrone. À cette occasion, il était vêtu d'un complet noir, lunettes noires, cheveux gominés tirés en arrière.

La soirée était conçue comme un agrégat d'émissions indépendantes, où ont travaillé de futures pointures du milieu musical et audiovisuel. Elles avaient à peu près toutes une structure similaire : un générique ultra accrocheur à la musique imparable, et un mélange de clips et animations. Parmi les plus notables de ces programmes, Sex Machine a été animé par Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet, réalisé par Jean-Louis Cap. Il s'agissait d'un mélange de clips et de séquences humoristiques et coquines. Son générique associait la chanson funk de James Brown, sur une séquence rétro où apparaissait entre autres l'actrice Pauline Lafont, dans le rôle d'une sorte de starlette. La blonde et généreuse Sophie Favier fut aussi du casting, dans des sketchs intermédiaires aux clips, parfois dénudés. L'émission n'avait pas de ligne musicale directrice particulière : on y voyait les clips de Madonna (Like a virgin), Duran Duran (Wild boys), David Lee Roth (California girls), etc. Elle était surtout portée par une ambiance délirante, brouillonne, débridée où les invités participaient aussi aux côtés du duo d'animateurs.Philippe Manœuvre et Jean-Pierre Dionnet partent aussi réaliser avec Mara Villiers plusieurs émissions aux États-Unis, en France, et en Angleterre : Boy George, Annie Lennox, Billy Idol, Madonna, Michael Jackson, Téléphone, Kid Créole et les Coconuts, David Lee Roth. Un dernier voyage en Australie pour un documentaire (Special Mad Max) réalisé par Mara Villiers : Au-dela du dôme du tonnerre.

On peut aussi citer parmi les programmes-clés de l'émission, Rockline animé par Bernard Lenoir, et consacré à la pop et à la new wave anglaise. Débutant sur un générique très stylisé de vues de Londres sur la musique de New Order (Confusion), on y voyait des clips vidéos et des tournages de plateau se succéder, sur la voix de l'animateur, qu'on ne voyait d'ailleurs jamais à l'écran. Il y avait aussi Houba Houba, proposée par Antoine de Caunes, et consacrée principalement au rock. De Caunes y fit découvrir par exemple des groupes célèbres de rock australien comme Inxs (sur le single Original Sin), ou des artistes plus anecdotiques comme Bonk (sur le single The Smile & the Kiss).

Outre les émissions récurrentes, selon l'actualité ou le choix éditorial, le programme présentait aussi des émissions spéciales consacrées à tel ou tel artiste ou courant majeur. Il s'agissait de Rockumentaires, sorte de portraits grand angle mélangeant clips, interviews et images d'archives. Michael Jackson y a par exemple eu droit. Le jeune journaliste Childeric Muller y fait découvrir au grand public les nouvelles stars internationales comme The Cure, Indochine ou Sade Adu. Les artistes hexagonaux n'étaient pas en reste, comme Johnny Hallyday[1] ou encore Lio en 1983[2]. Enfin des sujets sérieux et sociétaux étaient aussi abordés, comme un reportage sur la galère des rockers du Havre[3], en février 1982; ou encore sur le rock rouennais, en 1984.

Plus exigeante encore, une émission comme Haute Tension (1981-84) proposait de l'expérimentation musicale et vidéo, dans une approche iconoclaste.

En avril 1984, Les Enfants du rock a obtenu le « prix de la meilleure émission pour l'enfance, catégorie 12-16 ans », un prix créé sous le patronage de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle. En 1985, l'émission a reçu le Sept d'or de la meilleure émission de variétés.

Patrice Blanc-Francard, qui en a a assuré la production (1983-86) relativise cependant cette aventure télévisuelle avec humilité[4] : « Il n'y avait vraiment rien à la télé sur le rock, alors la concurrence n'était pas trop rude, (...) Et quand l'émission a été programmée le samedi soir, après Drucker, elle a trouvé toute sa popularité. (...) Il y avait toujours quelque chose que tu aimais et quelque chose que tu découvrais, (...). On a eu de la chance, c'était l'époque où le clip devenait roi, avec des choses éblouissantes, comme Billie Jean de Michael Jackson et Every Breath You Take de Police. »

La deuxième vie : 1986-88[modifier | modifier le code]

Mais ce succès a un prix. Les Enfants du rock, soudain concurrencés par la nouvelle chaîne TV6, sont victimes d'une « guerre de diffusion » des clips, déclenchée par les maisons de disque désireuses de faire payer le passage en télévision de ces œuvres. Les Enfants du rock, brièvement dirigés par Bernard Lenoir, résistent et remodèlent leurs programmes jusqu'à l'impossible. L'émission s'ouvre ainsi à d'autres sujets que la musique contemporaine en clips. C'est à cette période qu'arrive par exemple le duo Groucho Business et Chico d'Agneau, qui y animent Rock N'Roll Graffitti, consacrée aux scopitones des années 50 et 60. Antoine de Caunes y lance Rock Report, sorte de journal télévisé du rock, construit uniquement sur des sujets et reportages, précurseur de l'émission Rapido qu'il va lancer brièvement sur TF1 à l'automne 1987 avant de la déménager sur Canal+.

En février 1987, TV6 ferme et voici le retour au bercail de Patrice Blanc-Francard qui en ramène Jean-Luc Delarue et Olivier Dorangeon dans ses cartons, pour y présenter Fantasia, un programme consacré à l'actualité du fantastique. Blanc-Francard, désormais seul aux commandes relance l'émission dans un format plus conforme à ses débuts, le générique est désormais une musique du groupe The Cure (Just like heaven). Cette nouvelle version propose surtout des documentaires, interviews et portraits d'artistes, avec quelques clips nouveautés ouvrant et fermant l'ensemble.

La dernière de l'émission est livrée en 1988. Elle réunit tous les animateurs et techniciens ainsi que des invités, devant un concert du groupe Big Audio Dynamite avec Mick Jones. Thierry Ardisson, viré de La Cinq voulait la case, il gagne la bataille et lance lunettes noires. Le 31 décembre 1989, une ultime émission spéciale des Enfants du rock, rétrospective de la décennie 80, sera présentée par Philippe Manœuvre.

Après Les Enfants...[modifier | modifier le code]

Déjà, il est acquis que l'« esprit » des Enfants du rock a été réinjecté dans un autre grand projet télévisuel des années 80 : la création de Canal Plus. Plusieurs des animateurs de de l'émission rock, se retrouvent sur la chaîne cryptée (Antoine de Caunes), dont à la tête pas un des moindres : des 1983, Pierre Lescure rejoint en effet André Rousselet pour préparer le lancement l'année suivante de cette chaîne cryptée et payante, à l'esprit novateur et audacieux. Canal débutera d'ailleurs ces toutes premières heures de diffusion par des vidéo clips musicaux à la file.

Durant l'été 1992, Yves Bigot propose sur Antenne 2 une rétrospective consacrée aux Enfants du rock, en remontrant les images de ses moments forts. En 2010, France 3 diffuse un documentaire sur le rock dont le titre est une forme de clin d’œil à l'émission mythique : Les Petits Enfants du rock.

Des CD sortent en 1994 et 2001, regroupant les chansons qui ont marqué cette émission télévisée. Enfin des DVD collectors de l'émission Sex Machine ont été édités en novembre 2011[5].

Membres de l'équipe[modifier | modifier le code]

Génériques[modifier | modifier le code]

Il y a eu trois génériques :

  • Herbie Hancock : Rock it (de 1982 à la rentrée 1983)
  • Heaven 17 : Crushed by the wheels of industry (Extended Dance Remix) (de la rentrée 1983 à 1986)
  • The Cure : instrumental spécialement composé pour l'émission, et qui deviendra plus tard Just Like Heaven (à partir de 1987)

L'émission Rockline de Bernard Lenoir possède son propre générique. Il s'agit de Confusion, par New Order. L'émission Sex Machine possède son propre générique : le titre éponyme, signé du chanteur soul James Brown. L'émission Rock'n'roll Graffitti possède son propre générique : Play those oldies, Mr. DJ du groupe Anthony & The Sophomores.

Notes et références[modifier | modifier le code]