Les Drus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les Drus
Le petit Dru vu de la mer de Glace, mai 2006
Le petit Dru vu de la mer de Glace, mai 2006
Géographie
Altitude 3 754 m, Grand Dru
Massif Massif du Mont-Blanc
Coordonnées 45° 55′ 58″ N 6° 57′ 23″ E / 45.93278, 6.95639 ()45° 55′ 58″ Nord 6° 57′ 23″ Est / 45.93278, 6.95639 ()  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Ascension
Première 12 septembre 1878 par Clinton Thomas Dent et James Walker Hartley, avec Alexandre Burgener et Kaspar Maurer
Voie la plus facile depuis le refuge de la Charpoua
Géologie
Type pic pyramidal

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Les Drus

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Les Drus

Les Drus constituent deux pics d'une montagne des Alpes de Haute-Savoie, situés dans le massif du Mont-Blanc.

Les Drus comprennent deux sommets assez individualisés :

  • le Grand Dru (3 754 m, point culminant) ;
  • le Petit Dru (3 730 m), qui domine le Montenvers, possédant une paroi granitique de 1 000 m de haut, l'une des parois les plus raides des Alpes (pente moyenne supérieure à 75°[1]).

Histoire[modifier | modifier le code]

Face nord des Drus
Le petit et le grand dru versant Charpoua (Sud)

Historique des ascensions[modifier | modifier le code]

Traversée dans la voie Contamine en face Sud des Drus

La face Ouest des Drus[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2012). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
Article détaillé : face ouest des Drus.
L'aiguille Verte (centre) et les Drus (à droite).

Pierre Allain, lors de l'ascension de la face Nord des Drus, estima qu'il serait sans doute impossible de gravir un jour le versant Ouest. Pourtant, dès 1952, le défi est relevé par A. Dagory, Guido Magnone, Lucien Bérardini et M. Lainé, en deux assauts successifs (1er au 5 juillet puis 17 au 19 juillet 1952). Cette tentative exige l'emploi intensif des techniques de l'escalade artificielle. Dès lors, un nouvel épisode de l'histoire des Drus commence.

Du 17 au 22 août 1955, l’Italien Walter Bonatti escalade, seul, le pilier Sud-Ouest avec cinq bivouacs dans la face. Cette ascension est considérée comme un des plus grands exploits de l'histoire de l'alpinisme. En 2001 Jean-Christophe Lafaille ouvre une nouvelle voie en solitaire par la technique de l’escalade artificielle.

Sept ans après Walter Bonatti, Gary Hemming et Royal Robbins, deux grimpeurs venus des États-Unis, inaugurent une très importante variante menant directement de la base de la face au bloc coincé, dans la moitié supérieure, où elle rejoint la voie de 1952. Ouverte du 24 au 26 juillet 1962, cette voie est baptisée la directe américaine et devint par la suite une grande classique. Ce n’est pas le cas de l'autre directe, toujours américaine, tracée en plein centre de la face par le même Royal Robbins, accompagné cette fois de John Harlin (10 au 13 août 1965). Extrêmement difficile, tant dans le domaine de l'escalade artificielle que de l'escalade libre, cette directissime américaine fut relativement peu répétée.

L'alpiniste René Desmaison s'est tout particulièrement illustré dans l'histoire de la face Ouest des Drus :

  • quatrième ascension de la voie originale, avec Jean Couzy (23-25 juillet 1955) ;
  • première ascension hivernale, toujours avec Jean Couzy, du 10 au 14 mars 1957, une des premières grandes entreprises tentées en cette saison ;
  • première ascension solitaire, enfin, les 28-29 juillet 1963, toujours par la voie classique.

Les années soixante-dix, et surtout quatre-vingts, sont marquées par une autre approche : peu importe que le tracé de la voie ouverte soit justifié par des critères géométriques, les ouvreurs se préoccupent désormais et avant tout de la qualité intrinsèque de l'escalade inaugurée.

La plus étrange est sans conteste la voie « Thomas Gross ». L'alpiniste passe une cinquantaine de jours dans la face Ouest des Drus, en plusieurs fois, afin de forcer coûte que coûte le passage. On raconte qu'il emporta sa guitare avec lui afin de se distraire aux bivouacs. Son itinéraire remontait la partie droite de la face. Il l'ouvrit du 20 avril au 8 mai 1975, après l'avoir tenté en juin et septembre 1974 ainsi que du 10 au 20 mars 1975.

D'autres « lignes » viennent s'ajouter à celles-ci. Ainsi, les frères Rémy (suisses) s'adjugent-ils les « strapontins du paradis » (1980), et Nicolas Schenkel et B. Wietlisbach la « voie des Genevois » (1981). L'année suivante, une « directissime française » est tracée à droite de sa version américaine par des cordées de l'École militaire de haute montagne. Christophe Profit participe à cette entreprise avec Michel Bruel, Hervé Sachetat et Hubert Giot, ouvrant un itinéraire remarquable car à la fois direct et nouveau sur 600 des 1 000 mètres de dénivelé de la face (septembre 1982).

Michel Piola, auteur de plusieurs centaines de voies nouvelles dans les Alpes, et Pierre-Alain Steiner tracent en 1984 et 1986 une remarquable ligne dans la partie gauche de la face, baptisée « passage cardiaque ».

En 1991, Catherine Destivelle entre dans l'histoire de l'alpinisme en traçant seule un itinéraire de haute difficulté et qui prit son nom, à droite de la voie Thomas Gross. Un peu plus tard, deux autres voies sont ouvertes par des solistes : Jean-Christophe Lafaille et Marc Batard.

Les éboulements ont effacé la plupart de ces itinéraires, à l'exception de ceux situés le plus à gauche de la paroi. Cela permet à terme une nouvelle génération de voies. Cependant, les alpinistes devront attendre plusieurs décennies avant que la roche ne se stabilise, même si certains audacieux comme Valery Babanov et Yuri Koshelenko se sont lancés quelques mois après l'éboulement de 1997 dans la zone critique pour tracer au plus vite une voie nouvelle et qui s'avéra éphémère (« Léna », début 1998).

Suite à la seconde vague d'éboulements (2003-2005), une face à nouveau vierge de tout itinéraire s'offre aux ouvreurs. C'est ainsi que du 28 janvier au 4 février 2007, Martial Dumas (guide de Chamonix) et Jean-Yves Fredriksen (guide de haute-montagne français) ouvrent une nouvelle voie dans cette face compacte et verticale. Pendant les huit jours dans la paroi ils ont dû faire tomber les cailloux en équilibre et recourir à des techniques d'escalade artificielle. Ils sont à ce jour les seuls à avoir ouvert une voie nouvelle dans cette face.

Éboulements[modifier | modifier le code]

Éboulement aux Drus en septembre 2011

La face ouest des Drus forme un gigantesque triangle haut de plus de mille mètres, qui est affecté par une intense érosion qui aboutit à de fréquents éboulements massifs : neuf au total entre 1905 et 2011, pour un volume supérieur à 400 000 m3 de roches éboulées. Cette érosion de la base vers le sommet commence probablement avec la fin du petit âge glaciaire, au XVIIIe siècle. Le pilier Bonatti, qui mesurait 500 m de haut, a ainsi disparu[1]. L'éboulement de 2005 représente près des trois quarts du volume éboulé dans ce siècle et demi, les éboulements de 1950 et 1997 représentant moins de 30 000 m3 chacun[1].

Le premier éboulement de la période est provoqué par le tremblement de terre de Chamonix du 13 août 1905[1], d’une intensité macrosismique ressentie de VI sur l’échelle MSK[3]. L'éboulement de 1950 intervient pendant la période d'étés très chauds de 1942 à 1943, le changement climatique pouvant être responsable de l'importance et de la fréquence des éboulements[1].

Récemment, il a connu d'importants éboulements en 1997, 2003, 2005 et 2011, dans lesquels là aussi le réchauffement a pu tenir un rôle important. Ceux-ci ont affecté considérablement la structure de la montagne et fait disparaître nombre d'itinéraires historiques[4]. Celui de 2005 est provoqué par la combinaison d'un été chaud accompagné de pluies abondantes, sur une paroi déjà fragilisée par l'été caniculaire de 2003[1]. C'est le plus important de la période étudiée : 265 000 m3, les 29 et 30 juin (le volume annoncé tient compte de toutes les purges et écroulements qui ont suivi jusqu'à la fin septembre)[1]. Les roches éboulées recouvrent une surface de 90 à 95 000 m2, sur une épaisseur de 5 à 10 mètres, sur le glacier des Drus[1]. Des éboulements moindres, mais néanmoins d'un volume total de 10 000 à 12 000 m3, surviennent les 10 et 11 septembre 2011[5],[6] et aussi un de 60 000 m3 le 30 octobre 2011 [7].

Littérature[modifier | modifier le code]

Les Drus sont un lieu important du roman Premier de cordée, de Roger Frison-Roche.

Dans Meurtre au sommet de José Giovanni, l'action se déroule en grande partie aux Drus et à Chamonix, avec la présence de personnalités de l'époque.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Ludovic Ravanel et Philip Deline, « La face ouest des Drus (massif du Mont-Blanc) : évolution de l’instabilité d’une paroi rocheuse dans la haute montagne alpine depuis la fin du petit âge glaciaire », Géomorphologie : relief, processus, environnement, 4/2008-2009, p. 261-272.
  2. 1919 - La Vierge des Drus
  3. BRGM, « fiche 740067 », Sisfrance, consultée le 7 septembre 2012
  4. (en) Joe Simpson, Melting Mountains - How Climate Change is Destroying the World's Most Spectacular Landscapes, 5 novembre 2005
  5. Un nouveau pan des Drus s’effondre, Le Dauphiné libéré
  6. Eboulement Drus 11-09-2011
  7. Éboulement du 30/10/2011 sur tvmountain.com