Les Cordeliers (Lyon)

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Cordeliers
Palais de la Bourse en 2008
Palais de la Bourse en 2008
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Ville Lyon
Arrondissement municipal 2e
Géographie
Coordonnées 45° 45′ 49″ N 4° 50′ 11″ E / 45.763525, 4.83633345° 45′ 49″ Nord 4° 50′ 11″ Est / 45.763525, 4.836333  
Transport
Métro Métro de Lyon Ligne A
Localisation

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Cordeliers

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Cordeliers
Les reflets du Palais de la Bourse dans le Nouveau Grand Bazar
Palais de la Bourse détails du pavillon sud-est

Les Cordeliers constituent un des quartiers centraux de la ville de Lyon (France) situé dans le 2e arrondissement de Lyon. Le centre du quartier est constitué par la place des Cordeliers autour de laquelle les principaux monuments du quartier s'organisent.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Il tire son nom du couvent des Cordeliers dont seule l'église, placée sous le vocable de Saint Bonaventure, a été épargnée par la confiscation des biens de l'Église par l'État après la Révolution française.«  Les Cordeliers » est le nom jadis donné en France aux religieux de l'ordre des Frères mineurs, ou franciscains de la stricte observance, à cause de la corde nouée qu'ils portaient autour de la taille. On les appelait aussi « observantins » pour les distinguer de ceux qui, à la suite des discussions qui éclatèrent dans l'ordre, ne subirent pas les réformes de capucins, des récollets, etc. (...)[1]

Histoire du quartier[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

À l'époque romaine, l'actuel quartier abrite les entrepôts du quartier des Canabae. Des traces d'habitats ont été retrouvées et une occupation au Bas-Empire est découverte lors des travaux de construction du parking de la Bourse en 1989 et 1990[2] place de la Bourse. Au début du premier siècle, une succession d'occupation alterne avec des périodes d'inondations qui exhaussent le terrain d'une trentaine de centimètres chaque fois. Les premières structures légères datent du règne de Tibère (14 - 37). L'habitat est attesté du milieu du Ier siècle jusqu'au début du IIIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Comme le reste de la ville, le quartier est déserté jusqu'au XIe siècle et le repeuplement est lié à la reconstruction des ponts sur la Saône et sur le Rhône. Le noyau d'habitat se situe autour de l'église Saint-Nizier et les ruelles traversent le quartier des Cordeliers d'est en ouest, notamment les rues Ferrandière, Thomassin, Tupin et Poulaillerie qui attestent l'existence de rues dédiées à certaines activités artisanales ou de loisirs : fer, marché des volailles, poteries (les tupiniers ou bien le jeu de tupineis, sorte de jeu d'adresse à cheval avec un pot de terre rempli d'eau[3]). Le quartier des Cordeliers se peuple entre les XIe siècle et XIVe siècle bien que l'activité se regroupe légèrement plus à l'ouest autour de la rue Mercière.

Le couvent des Cordeliers[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Saint-Bonaventure.

Les franciscains, sous la conduite de Guichard IV, seigneur de Beaujeu, s'installent à Pouilly-le-Monial en 1210 et à Vienne en 1212. Deux d'entre-eux quittent Villefranche (aujourd'hui Villefranche-sur-Saône) et se voient donner par le sénéchal Grolée un terrain à Lyon, situé entre les rues Grenette, Stella, Blanchère (aujourd'hui disparue) et le port Charlet sur le Rhône. Cette concession est approuvée par lettre patentes de Philippe Auguste le 18 juillet 1220[4]. C'est cette date que l'on retient pour la fondation du monastère par l'ordre de moines franciscains. Une première église, de petites dimensions est construite grâce aux dons du sénéchal, à proximité du port Charlet, le long de la rue Tabourin (aujourd'hui disparue). Le pape Honoré III approuve les premiers travaux par une bulle datée du 12 mai 1224. Grolée donne une partie de ses richesses au nouveau couvent et désire y reposer après sa mort (mais la date est inconnue). Trois de ses héritiers sont enterrés dans des tombeaux voisins dont Jacmus Grolée[5].

En 1274, le concile réunit le pape Grégoire X et le cardinal Bonaventure, loué pour son humilité et son érudition. Au seuil de la mort, Bonaventure reçoit la visite papale qui lui donne les derniers sacrements. L'église bâtie par de Grolée s'avère trop petite pour accueillir le cercueil du futur canonisé. Ce sera Jacques de Grolée, petit-fils du sénéchal et dévoué alors au service du prince Édouard de Savoie, qui entreprend la construction de l'église actuelle en jetant les fondations d'une église tournée vers le sud, disposition alors peu courante. Il ne faut que deux années pour que l'église ne soit construite jusqu'à la septième travée. Elle est placée sous le vocable de Saint-François d'Assise et est consacrée le 18 septembre 1328 par l'archevêque de Lyon, Pierre IV de Savoie. Le bâtisseur Jacques de Grolée décède le 4 mai 1327 et est inhumé au pied du maître-autel (son corps sera déplacé en 1599). Il fait non seulement bâtir l'église mais il confère également aux religieux des revenus provenant de terrains situés sur la rue qui porte désormais son nom. Rapidement l'église devient le siège des corporations qui y bâtissent des chapelles : des marchands de Troyes en Champagne font bâtir la chapelle de Saint-Fortuné (ou Saint-Fortunat) en 1345, les tailleurs d'habits celle dédiée à saint Joseph, les hôteliers et taverniers celle de saint Antoine de Padoue en 1388, ou encore « ceux qui travaillent dans l'art de la soie »[6] celle de Notre-Dame de l'Assomption. L'église, aujourd'hui église Saint-Bonaventure, est agrandie de 1471 à 1484[7].

Les édifices conventuels (dont celui des Cordeliers) et hospitaliers occupent près d'un tiers de la presqu'île.

Le quai sur le Rhône est l'un des premiers construits à Lyon entre 1739 et 1745 entre le couvent des Cordeliers qui y possède alors une façade, et le pont de la Guillotière. La partie au sud du couvent porte le nom de quai et port des Cordeliers[8].

La révolution de 1789[modifier | modifier le code]

Le couvent des Cordeliers est aliéné après la révolution de 1789 et est détruit mais l'église connaît un meilleur sort que celle des Jacobins détruite en 1808 : elle est conservée et se verra même adjoindre l'actuelle façade au cours du XIXe siècle. Vers 1850, les Cordeliers sont toujours un ensemble un lacis de ruelles insalubres, dont la largeur moyenne est de 5 mètres.

Les percées du second Empire[modifier | modifier le code]

Plan des projets réalisés sur la Presqu'île de Lyon en 1863
Plaque commémorant l'assassinat de Sadi Carnot

Au cours du second Empire, l'hygiénisme devient une des préoccupations des maires successifs. À l'instar des grands travaux entrepris par le baron Haussmann à Paris, on décide le percement de rues dans le centre de Lyon pour conjurer entre autres « la stagnation de l'air, (...) origine principale de toutes les maladies »[9]. Le préfet Claude-Marius Vaïsse met en œuvre ce percement entre 1853 et 1864 : l'actuelle rue de la République, qui traverse le quartier des Cordeliers du nord au sud, est achevée en 1862 ainsi que la Palais de la Bourse construit par René Dardel, commencé en 1855 et inauguré par Napoléon III. Les halles s'installent à la même période entre la nouvelle rue et le Rhône à la place des maisons qui bordaient la rue Stella.

Afin d'améliorer la jonction entre la rue Grenette élargie et le pont Lafayette construit en 1826, on détruit en 1858 deux monuments érigés sur la place au XVIIIe siècle La salle de concert avait été construite en 1724 par Pietra Santa. Sa destruction agrandit considérablement la place des Cordeliers vers l'est. La colonne du Méridien datait de 1765. Haute de 20 m, elle était surmontée d'une statue représentant Uranie, muse de l'astronomie et de l'astrologie, désignant le Méridien à ses pieds[10].

Naissance du quartier Grolée[modifier | modifier le code]

Façade du couvent des Cordeliers sur le Rhône vers 1880

La place des Cordeliers devient alors l'un des centres vitaux de la ville. L'église Saint-Bonaventure est flanquée des galeries Lafayette et du Grand Bazar. À partir de 1887 est décidée la réalisation du quartier Grolée. De nombreuses échoppes de savetiers se pressent sur les contreforts de l'église Saint-Bonaventure. Les rues à l'arrière de l'édifice n'excèdent pas deux mètres de largeur et forment un lacis insalubre. Le maire Antoine Gailleton déclare « (Ce quartier) n'a point eu encore sa part des transformations qui, depuis une période de trente années, ont si puissamment contribué à donner à notre cité de le caractère de grande ville qui lui convient et auquel elle doit occuper le premier rang après la capitale » [11]. Les expropriations débutent en 1889. En 1894, le quartier actuel est quasiment achevé à l'exception de deux grands immeubles sur le Rhône et un autre, place de la République. Le quartier est définitivement achevé en 1908. En 1909, le tramway emprunte l'axe central du quartier, l'actuelle rue Président Carnot[12], ce qui marque le succès tangible du ré-aménagement du quartier.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le 24 juin 1894, l'anarchiste Sante Geronimo Caserio assassine le président Sadi Carnot devant le Palais de la Bourse. Aujourd'hui, une pierre rouge sur le sol de la rue de la République, rappelle l'assassinat. En mai 1968, la place vit les affrontements entre forces de l'ordre et étudiants qui doivent se réfugier dans l'église. Dans les années 1970, les halles de Lyon déménagent dans le nouveau quartier de la Part-Dieu. Le quartier voit l'arrivée du métro en 1978 et la destruction et reconstruction du Grand Bazar entre 2005 et 2007.

Édifices remarquables[modifier | modifier le code]

Nouveau Grand Bazar en 2008

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Rivet, Une réalisation d'urbanisme à Lyon, le quartier Grolée, étude d'histoire et de géographie urbaine, publication hors-série de la revue de géographie de Lyon, 1955, 82 pages augmentées de planches d'illustrations.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des religions, Larousse, 1971, p. 72
  2. Anne-Catherine Le Mer, Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, p. 349
  3. Louis Maynard, Rues de Lyon avec indications de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, édition des traboules, p. 340
  4. Abbé Pavy, Les Grands Cordeliers de Lyon, Lyon, 1885, p. 13
  5. Abbé Pavy, Les Grands Cordeliers de Lyon, Lyon, 1885, p. 16
  6. Abbé Pavy, Les Grands Cordeliers de Lyon, Lyon, 1885, p. 26
  7. Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le 2e, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, p. 25
  8. Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le 2e, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, p. 50
  9. Jean Pelletier, Connaître son arrondissement, le 2e, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, p. 55
  10. Dominique Bertin, Nathalie Mathian, Lyon, silhouettes d'une ville recomposée. Architecture et urbanisme 1789-1914, Lyon, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, 2008, p. 114
  11. Félix Rivet, Une réalisation d'urbanisme à Lyon, le quartier Grolée, étude d'histoire et de géographie urbaine, publication hors-série de la revue de géographie de Lyon, p. 16
  12. Félix Rivet, Une réalisation d'urbanisme à Lyon, le quartier Grolée, étude d'histoire et de géographie urbaine, publication hors-série de la revue de géographie de Lyon, p. 72
  13. Le Grand Bazar est mort, vive le Grand Bazar ! 1886-2006

Article connexe[modifier | modifier le code]