Cartons de Raphaël

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Cartons de Raphaël
Artiste atelier de Raphaël
Date de 1515 et 1516
Technique gouache et huile sur carton
Localisation Victoria and Albert Museum, Londres (Royaume -Uni)
La Pêche miraculeuse.
Saint Paul prêchant à Athènes.
Le Christ donnant les clefs du Paradis à saint Pierre.
La Mort d'Ananias.
La Guérison du boiteux.
La Conversion du proconsul.
Le Sacrifice de Lystre.

Les Cartons de Raphaël est le nom qui désigne l'ensemble des grands dessins originaux du peintre italien de la Renaissance Raphaël, réalisés entre 1515 et 1516 à partir desquels ont été tissées les tapisseries conçues par l’artiste pour la chapelle Sixtine de Rome. Ils sont conservés au Victoria and Albert Museum de Londres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Cartons de Raphaël, au nombre de sept, sont les modèles à grande échelle pour des tapisseries qui ont été faites pour couvrir le bas des murs de la chapelle Sixtine célébrant Les Actes des Apôtres, sous les fresques du cycle de Moïse et du Christ. Ils sont les seuls qui nous sont parvenus de l'ensemble des dix dessins commandés par le pape Léon X.

Raphaël et son atelier ont peint ces cartons à Rome (1515-1516), les ont enroulés et envoyés à l'atelier de Pieter Coecke van Aelst, à Bruxelles à l'époque le principal centre de production de la tapisserie en Europe. Ils ont été découpés en bandes et transposés en tapisseries de soie, de laine et d’or.

Les dernières tapisseries terminées ont été expédiées à Rome quelques mois après la mort de Raphaël. Une tapisserie a été achevée en 1517, et sept tapisseries étaient prêtes à être accrochées dans la chapelle Sixtine pour les fêtes de Noël 1519. Trois autres sont arrivées peu de temps avant la mort de Léon X en 1521. L'inventaire fait juste après la mort du pape répertorie un total de dix tapisseries nommé « Scuola Vecchia ». Volées durant le sac de Rome de 1527, ces œuvres n'ont été récupérées que dans les années 1550.

Les cartons sont retournés en Italie, mais ils avaient été dupliqués à Bruxelles, ce qui a permis à de nombreux monarques de commander leur propres rééditions au tisserand. Ainsi certaines de ces pièces sont conservées à Mantoue et à Madrid ; des séries sont disparues, celles de François Ier en France et d'Henri VIII d'Angleterre[1].

En 1623, l'ensemble des cartons fut acheté à Gênes pour Charles Ier d'Angleterre, pour 300 livres (l'équivalent de 360 euros), il n’en restait que 7 sur les 10 initiaux.

Appartenant à la collection royale, les « Cartons de Raphaël », sont en prêt permanent au Victoria and Albert Museum de Londres depuis 1865. Lépicié a gravé, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les Cartons qui ornent le château de Hampton Court.

Pour célébrer la visite du pape Benoît XVI au Royaume-Uni en 2010, le Vatican a prêté quatre de leur ensemble de tapisseries au Victoria and Albert Museum, destinées à être exposées aux côtés des dessins originaux pour la période du 8 septembre 2010 - 17 octobre 2010. « C'est la première fois que les dessins et tapisseries ont été affichés ensemble - Raphaël lui-même n'a pas vu cela[2] ».

Thème[modifier | modifier le code]

Les scènes de la vie de saint Pierre sont issues des Évangiles, et celles de saint Paul, le sont de ses propres Épîtres, et des écrits de saint Jérôme, rapportés également par La Légende dorée de Jacques de Voragine.

Description[modifier | modifier le code]

Leur dimension unitaire avoisine les 5 m de long par 3,5 m de large et l'ensemble est composé d’environ 200 feuilles de papier collées entre elles.

  • La Vie de Pierre
    • La Pêche miraculeuse (Jean 21: 1-14)
    • Jésus Christ donnant les clés du Paradis à Pierre (Matthieu 16:16-19)
    • La Guérison du boiteux (Actes 3:1-8)
    • La Mort d’Ananias (Actes 5:1-10).
  • La Vie de Paul
    • La Lapidation de saint Étienne (pas de carton) au cours de laquelle Paul (Saul) était présent avant sa conversion.
    • La Conversion de Saint Paul (pas de carton)
    • La Conversion du proconsul ou L’Aveuglement d’Elymas (Actes 13:6-12).
    • Le Sacrifice de Lystre (Actes 14:14).
    • Saint Paul en prison (pas de carton), plus petit que les autres.
    • Saint Paul prêchant à Athènes (Actes 17:16-34), le personnage debout à gauche avec un bonnet rouge est un portrait de Léon X, à côté de lui, Janus Lascaris, un savant grec à Rome. Le couple agenouillé à droite a été probablement ajoutés par Giulio Romano, alors assistant à Raphaël.

Analyse[modifier | modifier le code]

La Renaissance romaine est l'esthétique commune à toutes ces scènes, isolées chacune dans son format, avec ses personnages héroïques, les anatomies parfaites, la symétrie constante de l'architecture perspective, les paysages grandioses.

Les bordures également dessinées par les assistants du maître, comportent des références de leur temps : armoiries des Médicis, allégories sur les pilastres, scènes monochromes des bandes inférieures illustrant la vie du pape.

Tous les détails du style de Raphaël exposé dans ces cartons a influencé largement la tapisserie flamande ensuite (Pierre Paul Rubens pour ses tapisseries Vie de Publius Decius Mus de 1618)[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guy Delmarcel, La Tapisserie flamande du XVe au XVIIIe siècle, Paris : Imprimerie Nationale, 1999, 384 p., (ISBN 9782743303372).
  2. V&A Raphael : Cartoons and Tapestries for the Sistine Chapel

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Derbyshire, « The examination and conservation of the Raphael Cartoons », Restaurator, 17, no 2, 1996, p. 86-103 Édimbourg, 1996, (ISSN 0034-5806).

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]