Les Brigands (opéra-bouffe)

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Les Brigands
Image décrite ci-après
Affiche de la création

Genre Opéra-bouffe
Nbre d'actes 3
Musique Jacques Offenbach
Livret Henri Meilhac
et Ludovic Halévy
Langue
originale
Français
Dates de
composition
1869
Création 10 décembre 1869
Théâtre des Variétés, Paris
Versions successives
  • Version de 1869 en 3 actes
  • Version de 1878 en 3 actes et 4 tableaux

Les Brigands est un opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créé au théâtre des Variétés le 10 décembre 1869. Une seconde version sous forme de féerie fut élaborée au théâtre de la Gaîté en décembre 1878.

Genèse[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 1867, alors que la Grande-Duchesse de Gérolstein est à l’affiche du théâtre des Variétés, la presse[1] annonce la création des Brigands dans ce même théâtre.

Première phase[modifier | modifier le code]

Dès janvier 1868, Henri Meilhac et Ludovic Halévy présentent à Hippolyte Cogniard, directeur du théâtre, deux actes des Brigands qui doivent alors être créés en octobre 1868[2]. Le 28 janvier 1868, sans doute à la suite de cette présentation, Jacques Offenbach demande à Ludovic Halévy la distribution de la pièce pour pouvoir finaliser la musique[3].

La partition est vendue dès février 1868 à l’éditeur parisien Colombier[4].

Le projet est reporté lorsque Hortense Schneider, qui a rompu son contrat avec le théâtre du Châtelet le 13 janvier 1868, réintègre le théâtre des Variétés[5]. L’opéra-bouffe Les Brigands ne comportant pas de rôle pour elle, il laisse la place à La Périchole qui est créée le 6 octobre 1868[6].

Seconde phase[modifier | modifier le code]

Le travail sur Les Brigands reprend l’année suivante.

Le 2 avril 1869, dans une lettre à Ludovic Halévy, Jacques Offenbach se plaint à ses librettistes de l’avancée de leur travail alors que la lecture est prévue le 15 août et qu’il « demande trois mois pour les mettre en musique. »[7]. Le 12 avril, à son librettiste qui lui reproche « une lettre si plaintive », il répond : « Revois le 1er acte pour les morceaux ; ils ne sont pas d’aplomb, et ceux qui y sont ne sont pas bons. »[8].

Le 3 juin 1869, il propose une session de travail à ses librettistes à Étretat et réclame le texte du 3e acte[9].

La collaboration semble assez houleuse. Le 24 juillet, Jacques Offenbach demande de « remettre fin août » la lecture de la pièce. Il déclare à Ludovic Halévy : « Ce n’est pas de toi que j’ai peur, mais de ce paresseux de Meilhac. »[10] Le 28 juillet, il s’explique de nouveau : « je prends l’engagement aux époques fixées par toi, des opérettes, mais à condition d’avoir les pièces à temps pour les mettre en musique. ». Il termine sa lettre en félicitant à mi-mot son librettiste et déclare : « Ce que tu m’as envoyé est très bon, mais il me faut un effet au second acte, et je ne l’ai pas. »[11].

Fin août 1869, Jacques Offenbach explique de nouveau ses souhaits à ses librettistes : « Tu me parles toujours du 2ème acte de La Belle Hélène, parce que tous ces morceaux sont en situation et à effet. Je ne demande pas la quantité, mais la qualité. Sans situation, la musique devient absurde et embêtante pour le public. Je demande des situations à mettre à musique et non pas couplets sur couplets (…). ». Il poursuit : « dans ce second acte, vous ne m’avez pas donné une situation ; il faut la chercher ; ce soit être facile, le 2ème acte fourmillant de situations comiques. (…) ». Il conclut sa lettre avec des instructions pour le 1er acte : « Introduction : la ballade de Dupuis [N°1C. Couplets de Falsacappa] à refaire. Quant au chœur ([N°3] “Nous avons pris ce petit homme”), il faut le conduire jusqu’au moment ou Fragoletto aperçoit Ginévra [nom primitif de Fiorella], pour que je puisse reprendre le premier motif. Le duo [N°5] est complètement à refaire, pour le premier récit de Ginévra, lui indiquant le chemin. L’air de Fragoletto (le courrier) [N°6] : beaucoup de détails à ajouter. Le finale [N°7] : un tas de détails, puis les autres couplets de Ginévra. Tu vois qu’il nous faut deux jours au moins. »[12].

Le 14 septembre, face à la lenteur du travail, il s’étonne de nouveau : « Je désirerai savoir si nous faisons une pièce pour cet hiver »[13]. À la réponse de ses librettistes, il s’exclame le 21 septembre : « Donc, si je ne vous avais pas écrit, j’aurais appris par les journaux que grâce à vous, je n’ai pas de pièce aux Variétés cet hiver. »[14]

Malgré ces relations tendues, la genèse de l’œuvre arrive à son terme courant octobre 1869.

Répétition[modifier | modifier le code]

Le Figaro annonce le 2 novembre 1869 qu’une indisposition de Jacques Offenbach retarde la première des Brigands[15] puis, quelques jours plus tard que la première est remise au mois de décembre[16]. Fin novembre, la presse présente la distribution de la nouvelle pièce prévue « dans les premiers jours de décembre »[17].

La répétition générale du premier acte a lieu le vendredi 26 novembre, elle se termine par « une de ces ovations que l’on n’oublie pas » de la part des artistes à Jacques Offenbach[18].

Le théâtre des Variétés fait relâche à partir du mardi 30 novembre[19] pour présenter Les Brigands le mardi 7 décembre[20]. La création est reporté au 8 décembre[21], puis au 9 décembre[22] et enfin au 10 décembre[23].

Création[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Les Brigands sont présentés au théâtre des Variétés le 10 décembre 1869, trois jours après la création de La Princesse de Trébizonde au théâtre des Bouffes-Parisiens !

Avant même son compte-rendu détaillé, Le Figaro reproduit le Chœur des carabinier qui a été bissé le soir de la première[24]. Benedict renchérit dans sa critique le lendemain : « Le premier acte des Brigands a décidé du succès de la pièce. Un fou rire s’est emparé des spectateurs à l’entrée des carabiniers. Il faut voir, il faut entendre le brigadier Baron dire, avec une voix de basse parlée sur le dessin rythmique de l’orchestre : “Nous sommes les carabiniers, La sécurité des foyers ; Mais, par un malheureux hasard, Au secours des particuliers, Nous arrivons toujours trop tard !” ». Les deux actes suivants lui apparaissent, en comparaison, moins réussis : « ils sont traînants et un peu vides dans leur turbulence. »[25] écrit-il.

Musique[modifier | modifier le code]

Le style musical est remarqué de l’ensemble des critiques : « La nouvelle partition de M. Jacques Offenbach est un mariage de raison entre l’opérette-bouffe et le style de l’opéra-comique. Le compositeur a voulu élever le genre qui avait fait sa popularité et ses succès. » note Le Figaro[26]. Le Ménestrel encourage d’ailleurs le compositeur « dans cette voie [et] peu à peu[,] l’opérette burlesque, de concession en concession, rentrera dans le giron du véritable opéra-comique… »[27]. L’Illustration, pour sa part, y voit plutôt une « parodie de l’opéra-comique »[28].

Le canon [N°10] et le Duetto du notaire [N°11] sont tout particulièrement appréciés : « ce qu’on goûte le plus aujourd’hui dans les Brigands, c’est le joli chœur fugué qui ouvre le deuxième acte, et le joli duo de l’éclat de rire qui suit » écrit Henri Moreno[29].

La partition paraît malgré tout dense et « si l’on élaguait çà et là quelques airs, soit dit sans jeu de mot, l’air ci[r]culerait dans une partition un peu touffue. » conclut Benedict[30].

Costumes[modifier | modifier le code]

Les costumes sont dessinés par Draner[31].

Créateurs[modifier | modifier le code]

Malgré la réussite du duo Zulma Bouffar (Fragoletto) et Aimée (Fiorella) qui ont « chanté avec beaucoup de verve et de naturel », le Figaro ne peut s’empêcher de noter l’absence d’Hortense Schneider : « Il y a deux premiers rôles de femmes dans les Brigands : un seul eût suffi s’il se fût appelé Hortense Schneider. »[32].

Les rôles masculins n’émeuvent pas la critique à l’exception du « carabinier Baron, avec son bourdon, son casque et ses épaulettes ! C’est le triomphe de la charge qui traversa le théâtre. Que Paris goûte ou non les Brigands de MM. Meilhac, Halévy et Offenbach, Paris voudra voir passer la patrouille des carabiniers commandée par le grand Baron ! »[33]

Succès[modifier | modifier le code]

Le 12 décembre 1869, la recette de la soirée est de 5 501 francs, record du théâtre des Variétés, à l’époque, devant La Grande-Duchesse de Gérolstein[34]. Elles se maintiennent au-dessus de 4 000 francs les jours suivants[35]. Les 25 premières des Brigands produisent 116 635 francs[36] soit une moyenne de 4 600 francs par représentation.

En remerciement de ce succès, les troupes de la Princesse de Trébizonde et des Brigands sont réunies le mercredi 23 février 1870 au Grand-Hôtel « où le maestro Offenbach leur [fait] les honneurs d’une fête gastronomique et chorégraphique dont il sera longtemps parlé dans l’histoire »[37].

Le 8 mars, « les Variétés annoncent les dernières représentations des Brigands. »[38]. La 100e représentation a lieu le 18 mars[39]. La dernière, et 107e représentation, est donnée le vendredi 25 mars 1870[40].

En province[modifier | modifier le code]

Les Brigands sont montés à Lille fin février 1870[41].

À l’étranger[modifier | modifier le code]

Les Brigands sont montés à Bruxelles fin février 1870[42], à Vienne le 13 mars 1870[43] et à Londres en 1871[44].

Reprises à Paris[modifier | modifier le code]

Alors que la France est en guerre depuis le 19 juillet 1870, les Brigands sont repris du mercredi 3 août[45] au lundi 15 août 1870[46]. Le jour de la reprise, « comme intermède [patriotique], nous avons entendu la Marseillaise, le Rhin allemand et des strophes de circonstances » note Gustave Lafargue[47].

Huit mois après l’armistice du 28 janvier 1871, le samedi 2 septembre 1871, la pièce est de nouveau reprise avec succès. Le Figaro relate :« Les Brigands ont eu hier un succès, plus grand, peut-être qu’à la première représentation. »[48].

Les Brigands sont régulièrement repris au théâtre des Variétés durant la décennie des années 1870. Jacques Offenbach s’en émeut en 1874 auprès du directeur : « la reprise des Brigands est une mauvaise reprise. Vous reprenez maintenant et les Brigands et la Vie [Parisienne], pour boucher les trous, nous n’avons plus les bénéfices d’une vraie reprise. »[49].

Version “féerie”[modifier | modifier le code]

Affiche de Jules Chéret (1878)

Une nouvelle version des Brigands, désormais en 3 actes[50] [Note 1] et 4 tableaux, est montée au théâtre de la Gaîté le mercredi 25 décembre 1878.

Livret[modifier | modifier le code]

Pour cette reprise, les effectifs sur scène sont augmentés : « tout a dû naturellement prendre des proportions grandioses. »[51].

Entrée de Charles Quint à Anvers de Hans Makart (1878)

Le troisième acte est désormais composé de deux tableaux. Après avoir un moment hésité à mettre en scène un combat de taureaux repris du Don Quichotte de Victorien Sardou[52], le choix se porte sur un « cortège final, [qui] correspond au Charles-Quint du fameux tableau de Mackart. »[53]. L’introduction de ce nouveau tableau fait dire à Auguste Vitu : « on a remplacé l’ancien dénouement, dont la rapidité faisait le principal mérite, par un défilé et une cavalcade dont le besoin ne se faisait pas absolument sentir. »[54].

L’intrigue est modifiée : « Falsacappa acceptant le billet de 1 000 francs du caissier Antonio, on se prépare à célébrer le mariage du prince et de Fiorella lorsque arrive la véritable ambassade de Grenade. Un changement à vue transporte l’action sur la grand-place de Mantoue que borde un arc de triomphe. (…) Le cortège défile, spectacle agrémenté d’un ballet (…) et d’une cavalcade. »[55]

Musique[modifier | modifier le code]

Pour cette nouvelle version, Jacques Offenbach augmente l’orchestre qui atteint 52 musiciens[56]. Il demande à Ludovic Halévy dans une lettre en janvier 1878 : « dis au chef d’orchestre de la Gaîté que j’ai besoin de compléter l’orchestration des Brigands en ajoutant un hautbois, un basson, 2 cors et 2 trombones. »[57].

Il « compose trois ballets : un premier à la fin du premier acte [“brigandes au clair de lune”[58]], un ballet “espagnol” au deuxième acte et un dernier [“des Italiennes”[59]] »[60] au deuxième tableau du troisième acte.

Il ajoute aussi un air pour Fiorella en reprenant La Malagueña [N°15] de son opéra-bouffe Maître Péronilla créé moins d’un an auparavant le 13 mars 1878.

Scénographie[modifier | modifier le code]

Le spectacle est monté avec tout le faste que demande une féerie. « Parmi les innombrables costumes qu’il a fallu exécuter pour tout ce monde, ceux des ballets surtout ont été remarqués. Les costumes du divertissement espagnol du second acte offrent à l’œil un charmant fouillis de couleurs claires de différents tons. C’est gai, chatoyant, et surtout fort gracieux. »[61]

Jean-Baptiste Lavastre créé le décor du premier acte, Joseph-Antoine Lavastre et Eugène Carpezat créent les décors du deuxième acte et du premier tableau du troisième acte, Eugène Fromont dessine le dernier décor. Pour ce dernier tableau, le Gaulois affirme, peut-être à tort, que le décor est repris du Roi Carotte[62], un opéra-bouffe-féerie de Jacques Offenbach créé dans ce même théâtre en 1872.

Accueil[modifier | modifier le code]

Le première est un « immense succès de directeur, d’auteurs et d’artistes ! »[63].

Le Gaulois note le soir de la première : « La musique de la partition primitive se retrouve là tout entière, revue, corrigée, augmentée. Elle est absolument aussi fraîche que le premier jour, et chacun sait que les Brigands sont de la belle et bonne époque d’Offenbach. »[64].

Parmi les acteurs, seul Léonce retrouve son rôle de caissier[65].

Laurence Grivot qui tient le rôle de Fragoletto est particulièrement appréciée : « elle est gaie, intelligente et spirituelle. » note Le Figaro[66]. Sa Saltarelle [N°6] est bissée le jour de la première.

Le Gaulois conclut : « Christian, Mme Peschard, le couple Grivot, et vingt autres rivalisent de talent et de gaieté. C’est un entrain, un diable-au-corps, qui part du chef d’orchestre pour arriver, toujours grandissant, du dernier choriste à Christian Falsacappa lui-même. »[67].

Le spectacle, prévu à 20 heures[68], se termine à une heure moins le quart[69] ! Jacques Offenbach, malade, ne dirige pas la représentation, mais, le soir même, il « remercie ses “chers artistes” de leur zèle, de leur dévouement et “du travail surhumain” des répétitions. “Il fallait, ajoute-t-il, tout votre courage pour arriver aussi vite et aussi sûrement”. »[70].

Malgré ce bon accueil, cette deuxième version des Brigands ne sera jouée que 34 fois jusqu’à la dernière le 9 février 1879. Du vivant de Jacques Offenbach, ce sera sa dernière œuvre à être donnée au théâtre de la Gaîté[71].

Créateurs[modifier | modifier le code]

Rôle Tessiture Créateur
(Théâtre des Variétés, 10 décembre 1869)
Falsacappa, chef de brigands ténor José Dupuis
Fragoletto, jeune fermier mezzo-soprano (rôle travesti) Zulma Bouffar
Pietro, confident et sous-chef de Falsacappa ténor Kopp
Antonio, caissier du duc de Mantoue ténor Léonce
Le comte de Gloria-Cassis, chambellan de la princesse de Grenade ténor Gourdon
Le baron de Campotasso, premier écuyer du duc de Mantoue ténor Charles Blondelet
Le duc de Mantoue ténor Lanjallay
Le chef des carabiniers du duc de Mantoue basse Baron
Carmagnola, brigand ténor Gobin
Pipo, aubergiste ténor Boulangé
Adolphe de Valladolid, premier page de la princesse de Grenade ténor Cooper
Barbavano, brigand basse Daniel Bac
Domino, brigand ténor Bordier
Le précepteur de la princesse de Grenade basse Videin
Un courrier / Un huissier rôle parlé Millaux
Fiorella, fille de Falsacappa soprano Aimée
La princesse de Grenade soprano Lucciani
Zerlina, paysanne soprano Julia H
Fiammetta, paysanne soprano Bessy
La duchesse soprano Alice Regnault
La marquise mezzo-soprano Gravier
Bianca, paysanne mezzo-soprano Oppenheim
Cicinella, paysanne mezzo-soprano Drouard
Pipetta, fille de Pipo soprano Génat
Pipa, femme de Pipo mezzo-soprano Léonie

Argument[modifier | modifier le code]

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Version de 1869 en 3 actes.

Acte I[modifier | modifier le code]

Paysage à la Salvator Rosa.

Falsacappa, chef de brigands, déguisé en ermite, amène dans son repère quelques paysannes. Mais cela ne suffit pas à sa troupe de voleurs qui trouve que le brigandage ne rapporte pas suffisamment. Fiorella offre à son père Falscappa, dont c’est la fête, un portrait d’elle. Les brigands viennent interrompre ce moment familial en amenant Fragoletto, un jeune fermier que Falscappa a vandalisé la semaine précédente, et qui vient pour se faire enrôler dans la bande. Il vient aussi pour retrouver la belle Fiorella qu’il n’a pas quitté des yeux pendant le cambriolage et qu’il demande en mariage. Falsacappa accepte sa candidature s’il réussit son premier coup de brigand. Alors que l’ensemble des brigands les accompagne, un jeune prince, le duc de Mantoue, perdu dans la montage, rencontre Fiorella. Devant son charme, elle l’invite à fuir au plus vite pour ne pas tomber dans les mains de son père et de la bande. Fragoletto revient de sa chasse ayant capturé un « courrier de cabinet » transportant le portrait de la princesse Grenade qu’il doit amener au prince de Matoue, son futur. Ce portrait est accompagné d’une dépêche qui signale que la cour de Mantoue doit trois millions à la cour de Grenade et qu’ils « seront remis à la personne qui accompagnera la princesse ». Falscappa a un plan : sa bande va prendre la place de la cour espagnole. Sa fille prendra la place de la princesse de Grenade, et ils iront récupérer les trois millions à la cour de Grenade. Il relâche le courrier après avoir échanger le portrait de la princesse par celui de sa fille Fiorella. Fragoletto est reçu en tant que deuxième bras droit de Falsacappa lors d’une cérémonie interrompu par le passage de carabiniers dont le « bruit de bottes » permet aux brigands de se cacher avant de reprendre leurs festivités.

Acte II[modifier | modifier le code]

Devant une auberge à la frontière entre l’Espagne et l’Italie.

Pipo, l’aubergiste, et ses marmitons attendent leurs clients. Les brigands déguisés en mendiants les capturent et les enferment dans la cave de l’auberge. Fiorella accepte de prendre part au plan de son père en échange de son mariage avec Fragoletto. Les brigands se déguisent en marmiton pour accueillir l’ambassade de Mantoue composé du baron de Compotasso et du Capitaine des Carabiniers et de ses hommes. Ils sont eux aussi enfermés dans la cave de l’auberge : Falsacappa prend le costume du Capitaine des Carabiniers tandis que Pietro prend celui du baron de Compotasso. L’ambassade de Grenade arrive, composée du comte de Gloria-Cassis, de la princesse de Grenade, de son précepteur, d’Adolphe de Valladolid, son page. Ils sont eux aussi enfermés dans l’auberge. Alors que les brigands, déguisés avec les vêtements de la cour de Grenade, s’apprêtent à partir vers Mantoue, Pipo parvient à lancer l’alerte. La cour de Grenade s’affole et pense être sauvés par les Carabiniers mais ceux-ci sortent de la cave… saoul !

Acte III[modifier | modifier le code]

Chez le duc de Mantoue.

Le prince dit adieu à ses dames d’honneur puisqu’il est obligé par la raison d’État de se marier. Il demande à son caissier de régler quelques notes de ces dames et de préparer les trois millions dus à la cour de Grenade. Le caissier ne réplique pas, mais il ne reste plus que 1 283 francs et 25 centimes dans sa caisse – le reste, il l’a mangé avec des femmes. La cour de Mantoue accueille les brigands qui ont pris les apparences de l’ambassade de Grenade. Falscappa qui joue le rôle du comte de Gloria-Cassis demande au caissier les trois millions. Ce dernier espère lui faire acheter son silence par un billet de 1 000 francs, mais Falsacappa réclame le reste. Voyant qu’il a affaire à un homme honnête, le caissier lui annonce qu’il ne peut le payer. Devant le bruit de la colère de Falscappa, la cour arrive et la fausse ambassade arrive sur les lieux, un huissier annonce alors une « seconde ambassade de Grenade ». Les brigands sont démasqués, mais Fiorella obtient le pardon du prince dont elle a sauvé la vie auparavant. Le prince ordonne l’amnistie, Gloria-Cassis se satisfait du billet de 1 000 francs qu’il gardera pour lui et les brigands décident de devenir d’honnêtes de gens pour ne plus frissonner « en entendant les bottes des carabiniers ! ».

Partition[modifier | modifier le code]

D'après le piano-chant Colombier publié en 1870[72].

Catalogue des morceaux
Titre
Acte I
Ouverture
1 Introduction A. Chœur des brigands
B. Couplets des jeunes filles
C. Couplets de Falsacappa
D. Strette
1 bis Mélodrame
2 Couplets de Fiorella
3 Morceau d'ensemble « Nous avons pris ce petit homme »
4 Couplets « Quand tu me fis l'insigne honneur »
4 bis Chœur de sortie
5 Rondo « Après avoir pris à droite »
6 Saltarelle « Falsacappa voici ma prise »
6 bis Mélodrame[Note 2]
7 Finale A. Chœur de la réception
B. Couplets
C. Orgie
D. Chœur des carabiniers
E. Strette
Acte II
8 Entr'acte
9 Chœur « Les fourneaux sont allumés »
9 bis Sortie
10 Canon « Soyez pitoyables »
11 Duetto du notaire
11 bis Chœur de sortie
12 Trio des marmitons
13 Chœur et mélodrame
14 Chœur et couplets de l'ambassade
15 A. Chœur
B. Mélodrame et scène
C. Couplets des Espagnols
16 Couplets « Pourquoi l'on aime »
17 Final A. Chœur
B. Ensemble
C. Scène
D. Strette
Acte III
18 Entr'acte
19 A. Chœur de fête
B. Couplets du prince
19 bis Chœur de sortie
20 Couplets du caissier
21 Morceau d'ensemble
21 bis Chœur de sortie
22 Final

Version germanophone

Le piano-chant Die Banditen paru dans les années 1870 aux éditions Berlin & Posen / Ed. Bote & C. Bock présente plusieurs différences avec l'édition parisienne :

  • Le solo de cor dans l’Introduction (N°1) est présent sous deux versions dont l'une est la version parisienne.
  • Les numéros 6 bis, 9 bis et 21 bis sont absents du piano-chant.
  • Le Trio des marmitons (N°13) est lui aussi absent.

Costumes[modifier | modifier le code]

Gallica propose deux séries de dessins de costumes de Draner :

Première série[modifier | modifier le code]

Seconde série[modifier | modifier le code]

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Postérité[modifier | modifier le code]

  • D’après une anecdote publiée en 1875, le chœur des carabiniers « Nous sommes les carabiniers, / La sécurité des foyers ; / Mais, par un malheureux hasard, / Au secours des particuliers / Nous arrivons toujours trop tard » aurait été inspiré aux librettistes par une remarque du régisseur lors d’une répétition. Alors les carabiniers devaient entrer pour se battre contre les brigands, il aurait crié « Trop tard, les carabiniers ! »[73]. La locution « arriver comme les carabiniers » devient emblématique et populaire : elle est présente dans Le Larousse du XXe siècle[74] et Hergé la place dans la bouche du Capitaine Haddock dans son album Les Bijoux de la Castafiore[75].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’affiche de Jules Chéret de 1878 indique « opéra-bouffe en 4 actes », cf. [1].
  2. Mention sur la partition : « À la représentation, on peut passer ce mélodrame ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro, mardi 15 octobre 1867
  2. Le Figaro, samedi 4 janvier 1868
  3. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 126
  4. Le Figaro, lundi 10 février 1868
  5. Le Figaro, mardi 14 janvier 1868
  6. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 365
  7. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 145
  8. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 147
  9. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 150
  10. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 154
  11. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 156
  12. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 159
  13. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 162
  14. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 163
  15. Le Figaro, 2 novembre 1869
  16. Le Figaro, lundi 8 novembre 1869
  17. Le Figaro, dimanche 21 novembre 1869
  18. Le Figaro, lundi 29 novembre 1869
  19. Le Figaro, samedi 27 novembre 1869
  20. Le Figaro, vendredi 3 décembre 1869
  21. Le Figaro, dimanche 5 décembre 1869
  22. Le Figaro, jeudi 9 décembre 1869
  23. Le Figaro, vendredi 10 décembre 1869
  24. Le Figaro, dimanche 12 décembre 1869
  25. Le Figaro, lundi 13 décembre 1869
  26. Le Figaro, lundi 13 décembre 1869
  27. Le Ménestrel, dimanche 19 décembre 1869
  28. L’Illustration, 18 décembre 1869 cité in Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 391
  29. Le Ménestrel, dimanche 19 décembre 1869
  30. Le Figaro, lundi 13 décembre 1869
  31. Le Figaro, samedi 11 décembre 1869
  32. Le Figaro, lundi 13 décembre 1869
  33. Le Figaro, lundi 13 décembre 1869
  34. Le Figaro, mercredi 15 décembre 1869
  35. Le Figaro, mardi 21 décembre 1869
  36. Le Figaro, jeudi 6 janvier 1870
  37. Le Figaro, jeudi 24 février 1870
  38. Le Figaro, mardi 8 mars 1870
  39. Le Figaro, lundi 21 mars 1870
  40. Le Figaro, vendredi 25 mars 1870
  41. Le Figaro, mercredi 2 mars 1870
  42. Le Figaro, mercredi 2 mars 1870
  43. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 393
  44. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 442
  45. Le Figaro, jeudi 5 août 1870
  46. Le Figaro, mardi 16 août 1870
  47. Le Figaro, mercredi 17 août 1870
  48. Le Figaro, dimanche 3 septembre 1871
  49. J. Brindejont-Offenbach, Offenbach mon grand-père, Plon, 1940, p. 210
  50. Le Gaulois, vendredi 27 décembre 1878
  51. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  52. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 207
  53. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  54. Le Figaro, vendredi 27 décembre 1878
  55. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 585
  56. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  57. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 209
  58. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 585
  59. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 585
  60. Jacques Offenbach, Correspondance avec Meilhac et Halévy, Séguier, p. 210
  61. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  62. Le Gaulois, vendredi 27 décembre 1878
  63. Le Gaulois, vendredi 27 décembre 1878
  64. Le Gaulois, vendredi 27 décembre 1878
  65. Le Figaro, vendredi 27 décembre 1878
  66. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  67. Le Gaulois, vendredi 27 décembre 1878
  68. Le Figaro, mercredi 25 décembre 1878
  69. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  70. Le Figaro, jeudi 26 décembre 1878
  71. Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Gallimard, 2000, p. 586
  72. BNF
  73. Le Figaro, mardi 12 janvier 1875
  74. Larousse du XXe siècle en 6 volumes, Tome A-Carl, 1928, p. 1022
  75. Les Bijoux de la Castafiore, Hergé, p. 37