Les Aventures de Simplicius Simplicissimus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Simplicius et Simplicissimus.
Frontispice des Aventures de Simplicius Simplicissimus

Les Aventures de Simplicius Simplicissimus, plus grand roman allemand du XVIIe siècle, a été écrit en 1668 par Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen (22 juin 1622 - 17 août 1676) et publié en 1669 sous le titre original de Der Abenteuerliche Simplicissimus Teutsch, soit mot à mot l’Aventureux Allemand Simplicissimus, sous titré d.h. die Beschreibung des Lebens eines seltsamen Vaganten, genannt Melchior Sternfels von Fuchsheim, soit mot à mot c'est-à-dire la description de la vie d'un étrange vagabond, dénommé Melchior Sternfels von Fuchsheim.

Il s’agit d’une œuvre en partie autobiographique, dont la forme est inspirée des romans picaresques espagnols. Elle narre les aventures tragi-comiques d’un jeune paysan naïf, éternel innocent mais pas idiot, loin de là, qui est happé dès l’enfance dans cette interminable et cauchemardesque succession d’absurdités sanguinaires que fut, pour les populations allemandes, la guerre de Trente Ans (1618-1648). Celle-ci a ravagé pour longtemps les régions où elle se déroula, que traversèrent en tous sens des armées venues de toutes parts. Paysans et citadins furent soumis aux exactions de la soldatesque, à des dégâts innombrables, aux disettes et aux épidémies qui s’ensuivirent. Plusieurs provinces se dépeuplèrent de manière dramatique par suite de la mort des habitants ou de leur fuite vers des contrées moins exposées, certaines perdant, comme le Palatinat, jusqu’aux deux tiers de leur population.

Tout enfant, fuyant des soldats pillards qui brûlent la cabane familiale, Simplicius est recueilli par un ermite, qui se charge de son éducation au fond des bois, lui apprenant certes beaucoup sur la religion mais peu sur la vie. À la mort de l’ermite, il prend sa succession, mais sa hutte avec toutes ses provisions pour l’hiver est pillée par une troupe de passage, ce qui le lance sur les routes. Emprisonné puis libéré, il devient le page d’un gentilhomme, puis le bouffon d’un gouverneur de province, puis soldat, puis brigand, puis à nouveau bouffon, mais cette fois-ci pour un officier, et ainsi de suite.

Curieusement, cet extravagant roman touffu, d’une modernité certaine et qui conserve un grand pouvoir comique, est relativement peu connu et apprécié dans les pays francophones. Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, de surcroît écrite trente ans après la fin des événements historiques qui servent de trame au récit, il constitue un document unique sur la manière dont les gens ordinaires vécurent la guerre de Trente Ans. Du fait du faible rayonnement de la littérature de langue allemande au XVIIe siècle, le roman de Grimmelshausen est resté largement inconnu hors de la sphère germanophone jusqu’au XXe siècle. S’il est aujourd’hui traduit en anglais, en français et en espagnol, il attend toujours une traduction en italien ou en néerlandais.

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Le compositeur allemand Karl Amadeus Hartmann (1905-1963) a tiré des premiers épisodes de Simplicius Simplicissimus un opéra homonyme, commencé en 1934 et créé en 1956 à Mannheim sous sa forme définitive. Un hebdomadaire satirique allemand (1896-1944) fut baptisé Simplicissimus en l’honneur du roman de Grimmelshausen.

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Les Aventures de Simplicius Simplicissimus, traduction et notes de Michel Coleville, Aubier, 1951. Réédité en version bilingue en 1963.
  • Les Aventures de Simplicissimus, première traduction intégrale et notes de Jean Amsler, préface de Pascal Quignard, Fayard, 1990 (ISBN 2-213-02432-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]