Les Anses-d'Arlet

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Les Anses-d'Arlet
Vue d'une rue de Les Anses-d'Arlet
Vue d'une rue de Les Anses-d'Arlet
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique
Arrondissement Le Marin
Canton Les Anses-d'Arlet
Intercommunalité Communauté d'agglomération de l'Espace Sud de la Martinique
Maire
Mandat
Eugène Larcher
2008-2014
Code postal 97217
Code commune 97202
Démographie
Population
municipale
3 872 hab. (2011)
Densité 149 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 29′ 26″ N 61° 04′ 50″ O / 14.4905555556, -61.0805555556 ()14° 29′ 26″ Nord 61° 04′ 50″ Ouest / 14.4905555556, -61.0805555556 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 478 m
Superficie 25,92 km2
Localisation

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Les Anses-d'Arlet

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Les Anses-d'Arlet

Les Anses-d'Arlet est une commune française, située dans le département de la Martinique en région Martinique. Ses habitants sont appelés les Arlésiens. Petit village de pêcheurs, Les Anses-d'Arlet tirent leur nom d'un chef caraïbe nommé Arlet.

Géographie[modifier | modifier le code]

Anse Dufour

La commune s'étend sur 3 anses principales sur la côte Sud Caraïbe de la Martinique :

  • Grande Anse, au Nord
  • Les Anses d'Arlet, au centre (le bourg)
  • Petite Anse, au Sud

Près de la Grande Anse, se trouvent deux autres petites anses, accessibles par la route des Anses menant à Trois-Îlets :

  • Anse Dufour
  • Anse Noire

Particularité de ces deux anses : Usuellement, les plages du nord de la Martinique sont de sable noir (volcanique) et celles du sud, de sable blanc. Or pourtant séparées par une simple avancée sur la mer, l'une est de sable blanc, l'autre de sable noir (D'où le nom d'Anse Noire)

L'avancée sur la mer propose un plongeoir naturel de 9 mètres appelé "le Point Y".

Toponymie et Histoire[modifier | modifier le code]

Au début de la colonisation, deux frères Caraïbes, Arlet et Pilote, auraient abandonné leurs biens et leurs terres aux colons du Nord de la Martinique, pour se réfugier dans le Sud, à la suite d’un traité signé entre eux. De ce fait, Arlet s'installa dans la région à laquelle il a donné son nom.

De nouveau, Arlet abandonna ses terres aux Français pour se retirer encore plus au Sud et les Jésuites s’y installèrent en 1665. Ils n’y restèrent pas longtemps et laissèrent leur place aux Capucins. Cette région de l’île se peuplait peu à peu ; les habitants avaient soin des chapelles à l’usage des missionnaires.

La première chapelle fut dédiée à Saint-Antoine de Padoue ; un baptême y fut célébré en 1671 par le Père Simon. En 1673, cette chapelle fut remplacée par une église. De grosses réparations ont été entreprises en 1687 par les soins financiers des « paroissiens » sous forme d’offrandes. Cette église fut détruite durant les années 1762 et 1763 par les Anglais qui incendièrent tout. Il fallut attendre quelques années pour que la population fut à même de reconstruire les maisons et de s’occuper des édifices religieux. L’église fut remise sur pied grâce au concours de Henri Larcher, riche habitant de la région. En témoignage de reconnaissance pour son bienfaiteur, elle fut placée sous le patronage de Saint-Henri.

Jusqu’en 1676, il n’y avait pas de paroisse établie dans cette partie de l’île ; les services religieux étaient faits par des prêtres de passage (Jésuites / Capucins / Dominicains). C’est à partir de cette date qu’un d’entre eux fut chargé des Anses d’Arlet et du Diamant.

Huit ans plus tard, les deux bourgs furent érigés en paroisses séparées mais continuèrent pendant de longues années à avoir un desservant commun qui résidait aux Anses. En vertu d’un décret publié le 12 juin 1837, le gouverneur du moment, Mackau, avec l’approbation du conseil, divisa la Martinique en vingt communes. C’est ainsi que fut créée la commune du Sud qui englobait les Anses d’Arlet (où le maire résidait), le Diamant et Sainte-Luce. Elle était administrée par un maire, trois adjoints et neuf membres du conseil Sainte Luce fut détachée en 1848 et le Diamant en 1862.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1965 Donatien Colombe SFIO puis DVD Conseiller général (1958-1970)
1965 1976 Daniel Chenard UDR Conseiller général (1970-1976)
1976 2000 M. Olga Delbois PS puis DVG Conseiller général (1982-2001)
2000 en cours Eugène Larcher RDM Vice-président du Conseil général

Personnalités[modifier | modifier le code]

Alexandre Fructueux dit Stellio[modifier | modifier le code]

Alexandre Fructueux, surnommé Stellio en allusion à Stella, étoile en italien, est né en 1885 à l'Anse Dufour dans une famille d'origine modeste. Dès son enfance il s'éprend de la flûte, ensuite il apprend la clarinette en autodidacte et ses progrès fulgurants font de lui un virtuose. L'enfant parti de rien devient un célèbre compositeur (une centaine de morceaux dont beaucoup font partie des grands classiques de la musique traditionnelle antillaise) et clarinettiste à succès (il se produit en Guyane, à Paris, en Europe et au Moyen-Orient).

Pour honorer sa mémoire, une stèle a été érigée dans le quartier de son enfance et le collège de la ville porte, depuis juin 2001, le nom de cet illustre musicien arlésien.

Espélisane Sainte-Rose[modifier | modifier le code]

Espélisane Jérome Sainte-Rose dite Séssé, est née aux Anses d’Arlet en 1928. Ouvrière agricole et marchande amoureuse du bèlè, elle fonde en 1980 le groupe folklorique « Cocotier », avec Sulermon Priam (danseur, chachayeur et chanteur), Lucien Lamétrie (tambouyé) et de nombreux jeunes dont Annette Agian, Guylaine Lefaivre, Robert Mélinard, Fred et Marie-Madelaine Sorbon. Très sollicité dans les fêtes patronales, ce groupe folklorique se produit un peu partout dans l’île et enregistre deux disques en 1981 et 1984. Chanteuse et danseuse du groupe, Espélisane crée une variante du bèlè dite du « Sud » qui se caractérise par la volupté des gestes effectués par les dames avec leurs jupes et leurs corps. Il se danse en couple (et non en quadrille, propre au « bèlè du nord »), qui entrent en file indienne, guidé par le tambouyé annonçant la montée au tambour. Artiste dans l’âme, Séssé à plusieurs cordes à son arc.

Elle interprète la pièce de théâtre « Parole et silences » de Jean-Claude Duverger en 1994. Elle mourut le 30 avril 1995.

Figure du patrimoine Arlésien, l’Office Municipal Arlésien de la Culture lui rend hommage par le biais de l’atelier « Bèlè li sid » animé par quelques membres du groupe « Cocotier ».

Jacques Lucéa[modifier | modifier le code]

Aîné d’une famille nombreuse et modeste, de père marin-pêcheur et de mère couturière, l’énarque Damien Jacques Lucéa, naît le 28 septembre 1946, au bourg des Anses-d’Arlet.

Élève brillant, il collectionne les prix d’excellence de l’école primaire du bourg jusqu’au prestigieux lycée Schœlcher de Fort-de-France. Il est déjà un exemple pour sa génération avec laquelle il partage les joies et les difficultés de la Martinique rurale des années cinquante. Son éducation familiale et sa pratique sociale auront déjà permis de forger son caractère, s’articulant sur un trépied fait de sérieux, de simplicité et de serviabilité. Malgré toutes les difficultés matérielles, il gravit « l’échelle social », d’un parcours sans faute en Martinique à l’Institut Henri Vizioz. Maître d’internat au lycée Schœlcher pendant ses études de droit, il a été pour des générations de jeunes, le grand frère studieux et respecté qui pouvait entraîner dans son sillage. Il entamera une carrière dans la fonction publique qui l’amènera de la sous-préfecture à la magistrature du Parquet.

En 1975, il est affecté au ministère de l’Education nationale où il est chargé des affaires statutaires et indemnités. En 1979, il rejoint la direction du Budget, au ministère des Finances, où il est responsable du bureau des transports. La même année, il parvient à rejoindre la Martinique, en octobre, comme secrétaire général de la Préfecture pour les affaires économiques, il sera chef de la mission régionale.

En 1983, sous-préfet de 1ère classe, il est nommé à Selestat (Alsace), qu’il quittera en 1985 pour le ministère de l’Intérieur. En 1990, il est nommé à Saint-Malo, après un passage dans le Limousin. Administrateur de la Communauté Antillo-Guyanaise, il animera l’une des plus importantes associations de la région parisienne. Il mettra sa maîtrise de la chose publique, à la disposition de l’association métropolitaine des élus d’Outre-Mer (AMEDOM), notamment lors des audiences de la mission Lise-Tamaya ou simplement pour défendre le droit aux congés bonifiés des fonctionnaires originaire de l’Outre-Mer. Passionné par la justice, il avait rejoint le corps de la magistrature et devait occuper à partir du 1er octobre 2000, le poste de substitut de la République à la cour d’appel de Rouen. Il décèdera à Paris 15ème, le 31 mai 2000.

En hommage à cet illustre Arlésien, la municipalité a donné son mon à l’école du bourg et remet chaque année « le prix Jacques-Lucéa » à l’élève le plus méritant des écoles primaires et du collège des Anses d’Arlet.

Eugène Larcher[modifier | modifier le code]

Eugène Larcher naît le 11 février 1868 dans la commune des Anses d’Arlet, dont il deviendra le maire en 1941. De retour de Guyane, où a fondé et la société mutualiste « La Solidarité » de Cayenne, il renouvelle l’opération avec la société mutualiste « Le Peuple » en 1903, qu’il présidera jusqu’en 1947.

Parti chercher fortune comme beaucoup de Martiniquais, il avait appris durant son séjour à l’étranger, les grandes vertus de la solidarité et de la fraternité. Voulant faire partager son savoir et son désir de servir et aider autrui, il réunit autour de lui des hommes de bonne volonté, tels que : Octave Lucéa, Joseph Jean-Joseph, Tertulien Jean-Vincent, Hilarion Isambert Nardi et Louis Désert, pour mener à bien cette œuvre de bienfaisance qu’il a instituée. À sa création, la société « Le Peuple » n’était qu’une tontine, c’est-à-dire qu’elle ne s’intéressait qu’aux funérailles. Elle devient Société Mutualiste vers les années 1950.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 872 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011
3 380 3 573 3 067 2 811 3 238 3 463 3 749 3 872
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[1] puis population municipale à partir de 2006[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Le nombre total de ménages est de 1105 pour la commune.

Économie[modifier | modifier le code]

En 1999, le Taux de chômage pour la commune fut de 44 %[3].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

église aux Anses-d'Arlet.
  • L'église Saint-Henri des Anses-d'Arlet, en bordure de plage, est connue comme un des plus beaux sites de Martinique, notamment en raison de son alignement exact avec le ponton. Malheureusement cette église a été touchée par l'Ouragan Dean en 2007, elle a été totalement restaurée à l'identique en 2012.

Sports[modifier | modifier le code]

Le volley-ball est le sport roi aux Anses-d'Arlet. Depuis plusieurs années, le RC Arlésien et le Rayon de Petite-Anse dominent ce sport en Martinique. Les deux équipes de volley-ball de la commune ont de nombreux titres de champion de Martinique à leur actif.

Equipement sportif :

  • Stade municipal des Anses-d'Arlet

Clubs sportifs :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  3. Données INSEE compulsée par Linternaute - Emploi à Les Anses-d'Arlet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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