Les Amitiés particulières

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Les Amitiés particulières
Auteur Roger Peyrefitte
Genre roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Éditions Jean Vigneau
Date de parution 1944

Les Amitiés particulières est un roman écrit en 1943 par Roger Peyrefitte, paru chez Jean Vigneau en 1944, probablement son œuvre la plus connue aujourd'hui, pour laquelle il a remporté le prix Renaudot l'année suivante en raison de la guerre. Largement autobiographique, le roman traite d'une relation amoureuse entre deux garçons dans un pensionnat catholique et montre comment la volonté d'un prêtre pour protéger un des jeunes garçons des « amitiés particulières » arrive à détruire et leur relation et les garçons.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'intrigue tourne autour de Georges de Sarre, un garçon de quatorze ans envoyé dans un pensionnat catholique dans la France des années 1920. Faisant naturellement connaissance avec les autres garçons, il ressent tout de suite de l'intérêt pour Lucien Rouvère, contre lequel l'antipathique Marc de Blajan, essaie de le monter en l'informant de façon énigmatique que certains des élèves « peuvent sembler être bons, mais en fait ne le sont pas ». Georges est consterné quand il apprend que Lucien aime André Ferron. Il devient l'ami de Lucien mais, rempli de jalousie, essaie de détruire leur relation, et réussit finalement à faire renvoyer André par ruse.

Voyant que ses avances vers Lucien restent infructueuses, Georges entame une « amitié particulière », c'est-à-dire une amitié pleine de sous-entendus sensuels, avec un élève de douze ans, le ravissant Alexandre Motier qui a remarqué lors de la messe de Pâques. Les prêtres qui dirigent l'école désapprouvent ce genre de relation, même si elle ne va pas plus loin que quelques baisers et des poèmes d'amour et ne rentre jamais dans le domaine sexuel.

En dépit de condamnation apparente de la pédérastie, certains des prêtres dissimulent en eux les mêmes sentiments pédérastiques envers les garçons. L'un d'entre eux, le Père de Trennes, aime inviter des garçons à le rejoindre dans sa chambre la nuit pour boire quelques verres et fumer quelques cigarettes. À la suite de la découverte par celui-ci de l'amitié particulière qui lie Alexandre et Georges, ce dernier, continuant à agir par ruse, fait renvoyer le Père de Trennes grâce une lettre anonyme adressées au supérieur. Cependant, le Père Lauzon, ami de la famille d'Alexandre et protecteur du garçon, se rend compte de la relation des deux garçons et exige qu'elle prenne fin immédiatement.

Lauzon impose à Georges de renvoyer à Alexandre les billets qu'il avait reçus de lui, ce qui, à l'époque, signifiait la fin de la relation. Malheureusement, Alexandre ne peut pas se rendre compte que Georges a été forcé à agir ainsi - bien qu'en réalité ses sentiments à son égard n'aient pas changé - et met fin à ses jours de retour chez lui.

On a loué cette œuvre pour son style élégant et la discrétion avec laquelle le sujet a été traité. Un exemple en est la question qu'Alexandre pose à Georges : « Georges, sais-tu les choses qu'il ne faut pas savoir ? »

Adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

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En 1964, le roman a été porté à l'écran dans un film homonyme dirigé par Jean Delannoy, avec Francis Lacombrade dans le rôle de Georges et Didier Haudepin dans celui d'Alexandre, Michel Bouquet jouant le père de Trennes, Louis Seigner dans le rôle du père Lauzon et François Leccia dans celui de Lucien Rouvère. Le film a été produit par Christine Gouze-Rénal. Le tournage eut lieu en l'abbaye de Royaumont, datant du XIIIe siècle, à environ cinquante kilomètres au nord de Paris. Le film, jugé immoral, fut interdit aux moins de dix-huit ans.

Le film, en noir et blanc, est particulièrement fidèle au roman et ne modifie que des points de détails, comme le suicide d'Alexandre – au lieu de s'empoisonner, il se jette du train qui l'emporte en vacances. Alexandre, dans le film, est châtain et non blond : certaines des plaisanteries du livre à ce sujet, entre Alexandre et Georges, n'ont donc pu être transcrites.

C'est pendant le tournage que Roger Peyrefitte rencontra le jeune Alain-Philippe Malagnac d'Argens de Villèle, âgé de douze ans et demi : il jouait un rôle d'enfant de chœur et était un grand admirateur du livre, que sa mère lui avait fait découvrir peu avant. À la demande du garçon, Roger Peyrefitte dédicaça son exemplaire du roman, et tous les deux tombèrent amoureux l'un de l'autre. Ils connurent ensuite une relation durable mais orageuse, dont Peyrefitte écrivit la chronique dans certains de ses derniers ouvrages, comme Notre amour (1967) et L'Enfant de cœur (1978).

Devenu adulte, Alain-Philippe Malagnac épousa Amanda Lear. Il a péri tragiquement dans l'incendie de sa maison en 2000, à l'âge de quarante-neuf ans, peu de temps après la mort de Roger Peyrefitte. On ne sait s'il s'agit d'un suicide, même si Peyrefitte dans ses romans avait évoqué un « pacte de suicide » entre eux, c'est-à-dire l'intention de se tuer à la mort de l'autre.

Rapport avec la biographie de Roger Peyrefitte et avec d'autres œuvres analogues[modifier | modifier le code]

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Le récit est largement autobiographique, Georges de Sarre étant l'alter ego de Roger Peyrefitte dans le livre. Comme dans le livre, Peyrefitte a eu une relation avec un élève plus jeune dans un pensionnat catholique et comme dans le livre, comme aussi dans le Corydon d'André Gide, l'objet de l'amour de l'aîné s'est finalement suicidé.

Le lecteur peut suivre la vie ultérieure de Georges de Sarre comme diplomate en Grèce dans Les Ambassades et La Fin des ambassades où, de nouveau, il retrouve le père de Trennes. Là encore le parallèle est évident avec la vie de Roger Peyrefitte comme diplomate au cours des années 1930 et 1940.

Roger Peyrefitte était un ami d'Henry de Montherlant qui, dans ses dernières années, a écrit un roman (Les Garçons, 1969) où il parlait d'une relation analogue, ainsi qu'une pièce, La Ville dont le prince est un enfant, traitant le même sujet. Les deux auteurs ont échangé une correspondance abondante où l'un des sujets est la pédérastie.

Bibliographie détaillée[modifier | modifier le code]

Consultez la liste des éditions de cette œuvre :
Les Amitiés particulières.
  • Les Amitiés particulières : roman, Marseille, Jean Vigneau, 1943 (Toulouse, Impr. régionale), 382 p. ; 24 × 19 cm (édition limitée à 1999 ex.).

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]