Les Actualités (presse filmée)

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Actualités filmées américaines ; reportage sur les Tigres volants engagés en Chine.

Les Actualités étaient une série de courts métrages d'information et de documentation relatant les faits et événements récents dans les domaines les plus divers (politique, économique, culturel, etc.), et qui passaient sous forme d'une revue cinématographique pour le public.

Comparables dans leur conception et leur finalité à la presse écrite, les actualités cinématographiques étaient éditées dans de courts intervalles réguliers (hebdomadaires ou bihebdomadaires), et projetées en salle avant le « grand film ». S'inscrivant dans les processus de déclin du court métrage, ayant perdu de leur crédit auprès des spectateurs et des exploitants de salle, fortement concurrencées par la télévision, les actualités cinématographiques françaises devinrent des magazines, avant de disparaitre en 1980.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines du concept[modifier | modifier le code]

Les Actualités sont nées avec le cinéma (en 1894 avec La sortie des usines Lumière). Les premiers reporters, Promio, Doublir, Mesguisch, parcourent le monde alors que Georges Méliès tourne en studio des actualités reconstituées. La concurrence est rude entre les sociétés Gaumont et Pathé qui parfois recourent à des images et reconstitutions non authentiques, dans le but de faire du « sensationnalisme »[1]. En 1897 est montré au public un des premiers reportages : la visite, à Paris, du tsar Nicolas et un an plus tard la bénédiction du pape Léon XIII. Il ne s'agit néanmoins à l'époque pas encore d'actualités suivies.

C'est en 1909[2] que paraît le premier hebdomadaire d'actualités filmées, le Pathé-Journal, qui, sous l'emblème du coq chantant, sera distribué dans de nombreux pays (en 35 mm, traitant souvent des sujets de guerres). Moins de deux ans après, Gaumont-Actualités, Éclair-Journal et Éclispe-Journal voient le jour.

Censure et progrès[modifier | modifier le code]

C'est une bande d'actualités Pathé de 1909 présentant une quadruple exécution capitale qui est à l'origine de la censure cinématographique. Mais, avec l'instauration du système de projection pour avis aux représentants du ministère de tutelle, la presse filmée souffre plus de l'autocensure que du contrôle gouvernemental.

Les autorités militaires sont peu disposées à accepter sur les champs de bataille la présence d'opérateurs cinématographiques, alors que la Première Guerre mondiale débute. Mais l'intérêt du cinéma sur les masses intéressent finalement ces dernières, qui, par l'intermédiaire du Service cinématographique aux armées participent à la création d'actualités hebdomadaires pour le cinéma, baptisées Les Annales de la guerre[1].

Le premier film d'actualité en couleur est tourné en 1918 par Gaumont, grâce au procédé trichrome, et représente le défilé sur les Champs-Élysées des troupes françaises victorieuses. C'est la société américaine Fox Movietone qui, en 1927, ajoute pour la première fois le son à un reportage, qui filme le premier vol transatlantique de l'aviateur Charles Lindbergh. En 1932, le journal Gaumont-Actualités présente les premières actualités commentées.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les maisons d'édition de presse écrite et de presse filmée se ressemblent fort. D'abord, les documents recueillis sont montés sous la responsabilité d'un directeur en chef. Les actualités sont suivies de magazines et de sujets « compensés » ou publicitaires. Enfin, de nombreuses copies sont tirées et louées à un tarif établi selon le nombre d'entrées et l'ancienneté des actualités.

Les Actualités ont un rôle important, en deuxième place après la presse écrite, dans la diffusion de l'information en France. Elles permettent le plus souvent de mettre un visage sur des personnalités politique de premier plan international, à l'instar de Woodrow Wilson, Winston Churchill ou Adolf Hitler. Leur caractère succinct, associé à l'immense succès, parmi toutes les couches de la société, du cinéma, permet de tenir informé la masse d'évènements nationaux ou mondiaux importants et de les tenir au courant de sujets plus légers, comme la mondanité.

Fin des Actualités et legs historique[modifier | modifier le code]

Malgré l'aide financière de l'État, le déclin engendré par l'avènement de la télévision est irréversible. La naissance de celle-ci se fait progressivement : en 1934, René Barthélemy commence des expérimentations et en 1935, un émetteur installé au sommet de la Tour Eiffel diffuse des programmes réguliers, néanmoins interrompus par la Seconde Guerre mondiale, après laquelle une moyenne de 124 heures par semaines de programme ainsi, qu'en 1949 le premier journal télévisé (présenté par Pierre Sabbagh), précipite la fin des actualités. C'est à l'occasion du succès de la retransmission en direct du couronnement de la reine du Royaume-Uni Élisabeth II, dans cinq pays, le 2 juin 1953, que, le lendemain les autorités prennent consciences d'un secteur en déclin. Le Figaro écrit ainsi que « la télévision […] a fait la conquête du grand public »[1].

Après avoir racheté leurs concurrents, les deux derniers journaux, ceux de Gaumont et Pathé, n'éditent plus que les magazines avant de disparaître en 1980, laissant aux historiens quatre-vingts années d'archives cinématographiques, à la fois source d'études socio-historiques et films de montage d'un intérêt souvent remarquable.

Les Actualités par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Le premier cinéma dédié aux Actualités à Berlin, en septembre 1931.
  • Ufa-Woche (à partir du 17 septembre 1925)
  • Ufa-Tonwoche (10 septembre 1930 – 19 juin 1940 ; no 1–511)
  • Tobis-Wochenschau (1938–1940)
  • Die Deutsche Wochenschau (en) (25 juin 1940 – 22 mars 1945 ; no 512–755)
  • Deulig-Woche (Stummfilm ; 1920–1931)
  • Deulig-Tonwoche (6 janvier 1932 – février 1939 ; no 1–370)
  • Fox Tönende Wochenschau (1930–1940 et 1950–1978)
  • Ufa-Europa-Woche (février 1944 – janvier 1945 ; no 50–100)
  • Ufa-Auslands-Tonwoche (1943–1945)
  • Descheg-Monatsschau (mars 1942 – avril 1944 ; no 1–26)
  • Panorama-Farbmonatsschau (1944–1945)
  • Welt im Film (Actualités des autorités américaine et britannique : mai 1945 - juin 1952)
  • Neue Deutsche Wochenschau (janvier 1950 – mai 1963)
  • Die Zeit unter der Lupe (juin 1963 – août 1969)
  • Blick in die Welt (1951-1986)
  • Der Augenzeuge (RDA, 19 février 1946 - 19 décembre 1980)
  • Welt im Bild (juillet 1952 – juillet 1956)
  • Ufa Wochenschau (août 1956 – juin 1977)
  • Fernsehsendung Wochenspiegel (ARD) (à partir de 1953)

Autriche[modifier | modifier le code]

  • Wochenschau der Wiener Kunstfilm-Industrie (ca. 1911–?)
  • Kriegs-Journal (1914–1918, Wiener Kunstfilm-Industrie)
  • « Österreichischer Kino-Wochenbericht vom nördlichen und südlichen Kriegsschauplatz », puis en 1915 « Kinematographische Kriegsberichterstattung » et « Sascha-Kriegswochenbericht » (1914–1918, Sascha-Film)
  • « Sascha-Meßter-Woche » (1914–1918, aussi : « Sascha-Meßter-Film »)
  • « Steiermärkische Filmjournal » (1920–?)
  • « Selenophon-Woche » (1931–1934, Selenophon Licht- und Tonbildgesellschaft et Hugo Engel)
  • « Österreich in Bild und Ton“» (1933–1938)
  • « Austria Wochenschau » (1949–1994)
  • ORF-Sendung Wochenschau

Canada[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Columbia Pictures Newsreel
  • FOX Movietone News, de 20th Century Fox (1927–1963)[3]
  • Universal Newsreel, actualités bi-hebdomadaires des Universal Studios (1929–1967)[4]
  • The March of Time
  • Paramount News
  • Pathé News

France[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

  • Settimana Incom
  • Caleidoscopio CIAC
  • Filmgiornale SEDI
  • Mondo Libero ASTRA
  • Panorama

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

  • Ciné-Journal Suisse (1923–1936, Office Cinématographique, Lausanne)
  • Ciné-Journal Suisse, Schweizer Filmwochenschau (1940–1975, Cinégram)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]