Leonard Percival Howell

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Leonard Percival Howell, né le 16 juin 1898 à May Crawle River (Jamaïque), mort en 1981, est l'un des quatre premiers prêcheurs du mouvement rastafari en Jamaïque.

Marin ayant parcouru le monde, il perçoit, avant l'opinion commune, les grands courants de pensée qui agitent le monde d'alors[pas clair] (psychanalyse, marxisme, gandhisme etc.), et établit sa propre synthèse.

Grand ami de Marcus Garvey, apôtre du Retour à l'Afrique (cf. mouvement Back to Africa / Exodus), qu'il a rencontré à New York, il s'en sépare dès le début de ses prêches religieux, leurs deux mouvements divergeant fondamentalement sur la place de la religion dans la vie politique. Revenu en Jamaïque en 1932, il commence à prêcher en 1933 après le sacre de l'empereur Hailé Sélassié Ier, en vendant des photos de cet empereur qu'il affirme être « des passeports pour l'Éthiopie ».

Il affirme que cet empereur serait le Messie revenu sur terre pour sauver les Noirs, et que ceux-ci doivent retourner en Afrique, la terre des ancêtres. Il se fonde sur une prédiction du Révérend James Morris Webb, souvent attribuée à Marcus Garvey datant de 1924 et publiée dans le Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, car le jour de la délivrance est proche ». De plus, Hailé Sélassié, premier monarque noir reconnu par l'O.N.U., porte sur son manteau les titres de « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lumière du Monde, Lion conquérant de la tribu de Juda », titre que la Bible attribue au Christ revenu sur terre (1° Timothée 6:15, Apocalypse).

Il est arrêté pour la première fois en décembre 1933 à Seaforth, ses prêches prônant la soumission à l'empereur d'Éthiopie et non plus au Roi d'Angleterre. Il sera relâché en 1936. En 1940, il fonde la première communauté rasta, celle du Pinnacle. Cette communauté vit dans une relative autarcie agraire, (aidée du commerce de la marijuana, bien que devenu illégal en 1913), et revendique une indépendance spirituelle et matérielle (alors que la Jamaïque est encore sous la domination anglaise) préfigurant l'alter-mondialisme. Cette communauté prend fin en 1954 après plusieurs raids de la police jamaïcaine ; tandis que d'autres regroupements sont nés sur l'île et de par le monde.

Leonard Percival Howell, éprouvé après de nombreuses incarcérations, des séjours forcés en hôpital psychiatrique, puis une vie d'ermite (dans une grotte), finit ses jours le 12 février 1981 à l'hôtel Sheraton de Kingston. Surnommé « the Gong » ou encore « Gangunguru » par ses adeptes, il est considéré par les Rastas comme une sorte de prophète, à l'image de Marcus Garvey. Il fut un maître à penser exerçant une influence initiatrice prépondérante sur ce mouvement glorifié dans le monde par Bob Marley (disparu le 11 mai 1981, trois mois plus tard), sans en tirer profit, ni sans pour autant imposer une ligne politique directrice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Lee, Le Premier Rasta, Flammarion, 1999 (ISBN 2-08-067540-0)
  • Hélène Lee, Stephen Davis, The First Rasta. Leonard Howell and the Rise of Rastafarianism, Chicago Review Press, USA, 2005 (ISBN 1-55652-558-3)
  • Mc Phersen, président de l’organisation ENF (Ethiopian National Front), et fondateur de la «Rastaology» a écrit des ouvrages sur les débuts du rastafarisme.

Films[modifier | modifier le code]

  • Hélène Lee, Le Premier Rasta, sorti en salle en avril 2011, et diffusé à la télévision (BBC, France Ô)