Leonard Feeney

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Feeney.

Leonard Feeney, né le 15 février 1897 à Lynn, dans le Massachusetts, et mort le 30 janvier 1978, est un prêtre jésuite américain d'origine irlandaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Professeur au séminaire majeur jésuite, il est aussi chapelain, pendant la guerre et l'immédiat après-guerre, au centre Saint-Benoît de l'université Harvard.

En 1953, il est excommunié en raison de son interprétation du principe Extra Ecclesiam nulla salus (Hors de l'Église, point de salut). Il fonde ensuite un petit groupe religieux à l'abbaye de Still River.

Feeney et les « dégâts irréparables »[modifier | modifier le code]

Le romancier catholique Evelyn Waugh, qui était passé le voir au centre Saint-Benoît, le considérait comme un dangereux exalté[1]. Feeney dénonçait entre autres les « dégâts irréparables » commis, selon lui, par John Henry Newman et Ronald Knox. Evelyn Waugh conclut, à la suite de cette visite, que Feeney avait besoin d'un exorciste plutôt que d'un psychiatre[2].

Par la suite, Feeney publia un recueil d'essais intitulé London is a Place, où il évoquait Evelyn Waugh d'une manière peu amène en faisant un jeu de mots sur le prénom Evelyn et le mot Evil (« Mal »)[3].

Théories[modifier | modifier le code]

Pour Leonard Feeney, le baptême de sang et le baptême de désir sont des interprétations libérales de la doctrine chrétienne. Selon lui les êtres humains non baptisés ne sont pas sauvés, mais vont directement en enfer. Le Saint-Office lui envoie une première monition en 1949 qu'il refuse de signer et il est excommunié en 1953 par le pape Pie XII pour avoir refusé de se soumettre à l'autorité ecclésiale. Toutefois pour ses partisans, l'excommunication n'est pas valide en raison d'un vice de forme. Il se réconcilie avec le Saint-Siège en 1972, mais on n'exige pas de lui qu'il rétracte sa position quant au baptême - aujourd'hui inscrite sur sa tombe.

Par ailleurs, Feeney affirme l'existence de liens entre Napoléon et la franc-maçonnerie en vue d'abattre la civilisation chrétienne[4].

Évolution ultérieure et réintégration[modifier | modifier le code]

N’ayant pas accepté la lettre de 1949, un certain nombre de partisans du P. Feeney se sont trouvés frappés de diverses sanctions. Cependant, à partir de 1974, des « ralliements » ont eu lieu : en 1974, la réintégration canonique de St Benedict’s Abbey à Still River, Harvard, Massachusetts ; en 1988, celle de St. Anne’s House, également à Still River ; en 2007, St. Benedict Center, toujours dans la même ville. Enfin, en juin 2010, celle du St. Benedict Center à Richmond, New Hampshire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Letters of Evelyn Waugh (1980), 292-293.
  2. « I went one morning by appointment & found him surrounded by a court of bemused youths of both sexes & he stark, raving mad. All his converts have chucked their Harvard careers & go to him only for all instruction. He fell into a rambling denunciation of all secular learning which gradually became more & more violent. He shouted that Newman had done irreparable damage to the Church then started on Ronnie Knox's Mass in Slow Motion saying 'To think that any innocent girl of 12 could have this blasphemous & obscene book put into her hands' as though it were Lady Chatterley's Lover. I asked if he had read it. 'I don't have to eat a rotten egg to know it stinks.' Then I got rather angry and rebuked him in strong words. His court sat absolutely aghast at hearing their holy man addressed like this. And in unbroken silence I walked out of the house. I talked to some Jesuits later & they said that he is disobeying the plain orders of his provincial by staying there. It seemed to me he needed an exorcist more than an alienist. A case of demoniac possession & jolly frightening. »
  3. « On the list of [Knox's] recurrent callers, was Mr. Evelyn (pronounced Evil-in) Waugh, whose father, a London publisher, supplied his sons with early printing privileges in pornography, before one of them (Evelyn) turned to hagiography, and whitened his sepulchre with the life of a saint]. » (Il s'agit ici d'une allusion à la biographie de sainte Hélène écrite par Waugh.) Cf. [1].
  4. FREEMASONRY IN THE LIFE AND TIMES OF POPE PIUS IX par le père Leonard Feeney

Liens externes[modifier | modifier le code]