Legio IX Hispana

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La Legio IX Hispana (ou la neuvième Légion Hispanique) était une légion romaine probablement levée par Jules César avant 58 av. J.-C., pour ses expéditions militaires en Gaule, la fameuse guerre des Gaules. On considère parfois que la légion a disparu sous le règne de Marc Aurèle au deuxième siècle, détruite lors de la défaite d'Elegeia en 161[1], mais la dernière trace effective de la légion se trouve à Nimègue vers 130[2].

Le symbole de la légion n'est pas connu bien qu'il soit probablement un taureau, comme pour les autres légions créées par César.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Les origines de cette légion ne sont pas clairement connues, car les références écrites à son propos sont rares. Son nom se réfère à l'Hispania, nom donné par les Romains à toute la péninsule Ibérique. Diverses sources suggèrent qu'elle fut l'une des plus anciennes légions de l'armée impériale romaine avec les Legio VII Claudia Pia Fidelis, Legio VIII Augusta et Legio X Gemina.

La guerre des Gaules[modifier | modifier le code]

Sa première participation connue remonte à sa présence à Aquilée (dès 58 av. J.-C. en Illyrie), avec les VII et VIII sous les ordres de Jules César, proconsul.

Elle participa ensuite à toutes les campagnes en Gaule jusqu'en 52 av. J.-C..

Plus tard, elle resta fidèle à César pendant la guerre civile contre la faction conservatrice du Sénat romain conduite par Pompée. Ses soldats combattirent dans les batailles de Dyrrhachium et de Pharsale 48 av. J.-C. et dans la campagne africaine de 46 av. J.-C..

À la suite de cette victoire finale, César démobilisa la légion et installa les vétérans dans la région de Picenum.

Missions en Europe[modifier | modifier le code]

Suivant l'assassinat de César, Octave rappelle les vétérans de la IX pour combattre la rébellion de Sextus Pompée en Sicile. Après sa défaite, elle fut envoyée dans la province de Macédoine.

La neuvième resta avec Octave dans sa lutte contre Marc Antoine en 31 av. J.-C. et combattit à ses côtés dans la bataille d'Actium. Une fois qu'Octave domina le monde romain, devenant l'empereur Auguste, la légion fut envoyée en Hispania pour participer activement aux guerres cantabres de 25 à 13 av. J.-C.. Son surnom Hispana vint principalement de ces opérations dans lesquelles elle se distingua au combat.

Après cela, la légion fut affectée à la frontière sur le Rhin, contre les tribus germaniques. À la suite de l'abandon de la rive orientale du Rhin (après le désastre de la Bataille de Teutoburg en l'an 9), la IX fut relocalisée en Pannonie.

Invasion de la Bretagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête romaine de la Bretagne.

En 43, elle prit part à l'invasion romaine de la Bretagne conduite par l'empereur Claude et le général Aulus Plautius. Sous le commandement de Caesius Nasica, elle mit fin à la première révolte de Venutius entre 52 et 57. La IX souffrit d'importantes pertes sous la direction de Quintus Petillius Cerialis lors de la rébellion de Boudicca en 61 et fut plus tard renforcée par des légionnaires des provinces germaniques.

La dernière trace de leur séjour en Bretagne remonte à la fin du Ier siècle (71) lorsqu'elle établit une forteresse qui devint Eburacum lorsque la colonie fut créée, et est maintenant York.

Soutien à la guerre contre les Chattes[modifier | modifier le code]

En 83, un détachement des troupes de la légion, une vexillation, est envoyé soutenir l'offensive commencée par Domitien en Germanie, contre les Chattes. Sa présence sur ce front d'opération est confirmée par la découverte d'inscription, notamment une concernant un de ses tribuns, L. Roscius Aelianus[3]. Il est précisé qu'il a mené une vexillation de cette armée contre les Germains. La présence de tuiles, dans la forteresse de Mirebeau-sur-Bèze, atteste sa présence dans la région à cette époque.

Disparition[modifier | modifier le code]

Si pendant longtemps, elle fut réputée pour avoir disparu en 117[4], il y a de nombreuses traces de sa présence à une date postérieure. La présence de la IX est attestée en 121 à Nimègue.

Elle disparut vraisemblablement dans l'est de l'Empire, comme la Legio XXII Deiotariana, soit lors de la révolte de Simon bar Kokhba en Palestine, soit dans une guerre contre les Parthes en 161[5].

Évocations dans la fiction[modifier | modifier le code]

Le mystère de la disparition de la Legio IX Hispana a inspiré les auteurs de fictions, qui en ont proposé diverses explications.

Dans la littérature, l'auteure britannique Rosemary Sutcliff traite ce sujet dans son roman The Eagle of the Ninth (L'Aigle de la 9ème légion) paru en 1954. Dans ce roman, la légion disparaît en Calédonie, au delà du mur d'Hadrien ; l'intrigue relate le voyage du fils du centurion de la légion, qui tente de retrouver l'emblème en forme d'aigle disparue en même temps qu'elle.

Le péplum Centurion de Neil Marshall (sorti en 2010) relate le massacre de la légion par des Pictes et le difficile retour de ses survivants vers le territoire romain. Sorti l'année suivante, L'Aigle de la Neuvième Légion, de Kevin Macdonald, est une adaptation du roman de Rosemary Sutcliff.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. J. Schwartz, « Où est passée la legio XXII Deiotariana ? », Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, 76, 1989, pp. 101-102. [PDF] [lire en ligne]
  2. P.J. Sijpesteijn, « Die legio nona hispania in Nimwegen », Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, 111, 1996, pp. 281-282. [PDF] [lire en ligne]
  3. ILS, 1025 : trib(unus) mil(itum) leg(ionis) IX Hisp(anae), vexillarior(um) eiusdem in expeditione Germanica. ; B.-W., Jones, The Emperor Domitian, 1993, p. 130-131.
  4. par exemple Winston Churchill, A History of the English-Speaking Peoples, vol.1 (1956)
  5. Legio VIIII Hispana

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]