Lederhose (vêtement)

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Kurze Lederhose typique
des années 1930 à 1950,
avec pont à boutons et bretelles.

La Lederhose, pl. Lederhosen, est une culotte courte traditionnelle à pont originaire de Bavière (Allemagne). Son nom vient de l’allemand Leder, cuir, et Hose, culotte.
Son appellation française est « culotte de cuir ».
Elle est aussi appelée « culotte bavaroise », » culotte de peau » ou « short tyrolien ».

Description[modifier | modifier le code]

La Lederhose est une culotte courte à petit pont en cuir s’arrêtant au-dessus des genoux.

Le cuir de cerf est traditionnellement utilisé pour sa confection, mais il est également possible d’utiliser du cuir de chèvre, de veau ou de porc.

Elle est généralement brodée de monogrammes, d’edelweiss, de feuilles de chêne et/ou de motifs relatifs à la chasse ou à la vie paysanne. Les boutons sont traditionnellement taillés dans du bois de cerf retenus par un petit lien en cuir.

La Lederhose est retenue par des bretelles appelées Lederhosenträger ou par une ceinture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Deux garçons de la région de Miesbach
posent fièrement en habits de fête, vers 1890.

La Lederhose est le vêtement traditionnel du montagnard porté à partir du XVIIIe siècle dans les Alpes puis dans toutes les régions germanophones avoisinantes, à savoir l’Autriche, le Tyrol du Sud et la Bavière[1].

Les origines[modifier | modifier le code]

De multiples variantes de Lederhosen existent suivant les régions où elles sont portées, mais elles peuvent se regrouper en deux catégories : les kurze Lederhosen, courtes, et les Kniebund-Lederhosen, mi-longues qui arrivent en dessous du genou.

Très vite le port de la Lederhose est adopté par toute la population rurale. Les Lederhosen mi-longues sont portées au travail et pour la chasse ou les cérémonies, tandis les courtes sont portées à l’occasion des loisirs de plein air et les vacances.

Au début du XIXe siècle, avec l’apparition du pantalon de toile, les modes vestimentaires évoluent et les citadins qui l’avaient adoptée abandonnent le port de la Lederhose.

Seuls les montagnards et les habitants des campagnes continuent à la porter dans leurs activités quotidiennes. Le port de ce vêtement traditionnel se raréfie lentement jusqu’à risquer de disparaitre !

Josef Vogl, l’homme du renouveau[modifier | modifier le code]

Assis à gauche, Josef Vogl en 1883.

Un homme tenta de remédier à la situation. Le 25 août 1883 dans une taverne de Bayrischzell, l’instituteur Josef Vogl (1848-1886), avec cinq de ses compagnons décidèrent de faire confectionner des Lederhosen traditionnelles. On ne voyait plus personne dans les rues de la ville porter un tel accoutrement depuis des lustres… Une fois le costume prêt, les amis se rendirent à l’église, habillés de leur nouvelle tenue. Comme on pouvait s’y attendre, Ils furent la risée de l’assistance et ce fut un fiasco. N’empêche, l’histoire de la Bavière a retenu cette date.

Coup dur supplémentaire, la Lederhose fut jugée immorale par l’Église. L'archevêque de Munich et le clergé allemand en interdit le port lors des célébrations et processions religieuses, une mise à l’Index qui se poursuivit jusqu’en 1913.

Josef Vogl créa alors une association pour protéger ce costume national et fit appel au parrainage de Louis II de Bavière. Le monarque assura l’association de son soutien. La reconnaissance de leur cause n’était désormais plus qu'une question de temps.

Dès lors, au fil des années la Lederhose évolua. Chaque région mit un point d’honneur à l’embellir en y ajoutant de riches broderies, chacune ayant des couleurs et des motifs spécifiques. La Lederhose devient l’habit de fête par excellence.

Les caractéristiques de l’authentique Lederhose[modifier | modifier le code]

Pont de Lederhose
brodé et décoré d’un Charivari[2].

Une authentique Lederhose est toujours coupée sur mesure, dans du cuir de cerf. Plusieurs semaines sont nécessaires à sa confection.

Son décor, soigneusement brodé selon des techniques ancestrales, est fonction de la région d’origine. Les initiales de son propriétaire sont appliquées sur la poche à couteau placée sur le côté droit de la Lederhose.

Les boutons sont taillés en bois de cerf et fixés à la Lederhose avec une lanière de cuir.

Au centre des bretelles, est fixé un petit camée sculpté en bois de cerf représentant une scène de chasse ou un edelweiss.

Une ceinture d’apparat richement décorée, véritable travail d’art populaire, et brodée au nom du propriétaire, souvent complété du souhait Grüß Gott !, Dieu soit loué !

À l’époque, l’achat d’une telle Lederhose représente une dépense importante mais chacun met un point d’honneur à en posséder une.

1950 - 1970 : la génération culotte de cuir[modifier | modifier le code]

Garçons allemands vers 1947.
Knopflatzlederhose portée avec les bretelles traditionnelles.

Après la Seconde Guerre mondiale, un artisan anonyme crée une nouvelle forme de culotte de cuir destinée aux garçons, la Sepplhose, très ajustée et beaucoup plus courte avec revers, (trois largeurs de main au-dessus du genou). Il simplifie la forme du pont en supprimant pièces rapportées et boutons, les substituant par des fermetures à glissières et rajoutant des passants pour ceinturon.

Ce modèle est économe en matières premières et en façon. L’industrialisation permet une production importante. C’est le temps du prêt-à-porter. Grâce à un prix acceptable au vu de sa longévité, ce nouveau modèle est adopté immédiatement par les jeunes citadins alors que la Sepplhose à pont boutonné gardera la préférence de la campagne.

À cette même époque apparaissent les premières Glattlederhosen, en cuir lisse épais de couleur vert-olive foncé, à deux fermetures à glissières, bien moins sensibles aux taches et agressions de toutes sortes.

Elles furent immédiatement populaires chez les garçons des villes à la grande satisfaction de leurs mères qui pouvaient les habiller avec ce vêtement en cuir, solide, pratique et esthétique et qui se transmettait entre frères.

Pratiquement tous les garçons allemands de cette génération d’après-guerre portent alors une Kurze Lederhose quelle que soit leur région d’origine.

De gauche à droite :
Lederhose traditionnelle des années trente à pont boutonné.
Sepplhose à pont à fermetures à glissières.
Glattledersepplhose en cuir vert-olive foncé brillant de la génération Lederhosen.

Au XXIe siècle, la Lederhose est encore portée par les membres de quelques mouvements de jeunesse, scouts et Wandervogel en Allemagne.

La Lederhose et la jeunesse en France[modifier | modifier le code]

Popularisée en France dès le début des années 1950 par la collection de romans scouts Signe de Piste, elle est souvent portée par les jeunes et débrouillards héros des histoires scoutes et elle figure sur quelques couvertures dessinées par Pierre Joubert et Michel Gourlier[3].

Des entreprises de vente par correspondance comme Manufrance, La Redoute, et aussi le journal de Tintin vont très vite séduire les mères de famille avec cet article increvable, même si le coût est nettement supérieur à un vêtement en tissus.

La Lederhose apparaît d’abord dans les régions limitrophes de l’Allemagne, puis dans toute la France. En Suisse romande, elle sera peu portée[4].

Cet engouement disparaît, avec l’apparition du « blue-jeans », à la fin des années 1970.

De nos jours, la Lederhose est portée de manière marginale dans le milieu du scoutisme français, en particulier chez les scouts de Riaumont.

Traditions et folklore[modifier | modifier le code]

Couple de la région de Miesbach.

Les fêtes civiles et religieuses.[modifier | modifier le code]

Dans sa version traditionnelle brodée, la Lederhose fait la fierté des nombreux groupes folkloriques qui existent en Allemagne et qui tout au long de l’année participent aux nombreuses fêtes et célébrations, religieuses ou civiles.

Oktoberfest, la fête de la bière de Munich[modifier | modifier le code]

Les années 2000 ont vu le retour en force des costumes traditionnels pour l’Oktoberfest. Aujourd’hui, la majorité des visiteurs de la Wiesn est habillée en Lederhose pour les hommes, et en Dirndl, robe traditionnelle, pour les femmes (bien que certaines portent également des mini-Lederhose), qu’ils soient allemands ou étrangers.

Ces costumes, bien que traditionnels, suivent une véritable mode et la recherche du juste habillement est une préoccupation importante des visiteurs. La Dirndl en tant que telle ne date que du XIXe siècle, la Lederhose par contre est portée depuis des siècles par les paysans alpins.

Sous la Lederhose, les hommes portent généralement une chemise. Elles sont le plus souvent à carreaux, les combinaisons de couleurs les plus répandues sont rouge/blanc et bleu/blanc. La chemise blanche est également répandue. Les chaussettes sont hautes et viennent couvrir les mollets. Certains portent des Wald-Strumpfen, sorte de chaussettes qui ne couvrent que le mollet, les pieds restant nus. Pour compléter le tout, on porte en général des chaussures de cuir basses noires.

Chaque année au mois d’octobre, de grandes chaines de magasin ouvrent des rayons spéciaux Oktoberfest et proposent à leurs clients de passage à Munich des solutions clé en main – Trachten Komplett Sets – comprenant la culotte de cuir, les bretelles, la chemise à carreaux, les chaussettes et les chaussures. Ces produits, bon marché, sont fabriqués en Turquie et au Pakistan.

Le marché de seconde-main[modifier | modifier le code]

Un important marché de seconde main existe tant dans les magasins de fripes spécialisés que sur les sites de vente aux enchères.

Les modèles anciens les plus recherchés et les plus chers sont ceux qui présentent les plus belles patines. On peut ainsi acquérir, pour un prix pouvant aller de quelques dizaines à plusieurs centaines d‘euros, une Lederhose de plus de soixante ans d’âge, toujours en état d’être portée après quelques opérations d’assouplissement du cuir et de couture.

Lederhosenfilm[modifier | modifier le code]

Le Lederhose a donné son nom à un type de comédie érotique, les « Lederhosenfilmen », en vogue dans les années 1970 et 1980 en Allemagne et en Autriche.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Frantz J. Grieshofer, Christian Brandstätter et Frantz Humann, Die Lederhose, Kleine Kulturgeschichte des alpenländischen Beinfleids.», Husum,‎ 1996, 120 p. (ISBN 3-88042-762-3)
  2. Le Charivari est une chaine où sont suspendues des amulettes qui produisent des cliquetis.
  3. « Couvertures dessinées par Pierre Joubert et Michel Gourlier », sur Lederhosen Piraten, le blog en culotte de cuir ! (consulté le 12 octobre 2011)
  4. (en) Historical Boy's Clothing (une étude très documentée sur l’histoire de la Lederhose dans les années 1950)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence disponibles chez leurs éditeurs respectifs. Ceux utilisés pour la rédaction de cet article sont suivis du symbole Document utilisé pour la rédaction de l’article.

  • (de) Hans W. Stoermer, « Lederhosen, Gürtel, Rantzen », Leder in der bairisch-alpen-ländischen Tracht, Éditions Ludwig Verlag, 1986, 144 p. Broché. (ISBN 3-7787-3273-0) (Photos noir et blanc)
  • (de) (en) Frantz J. Grieshofer, Christian Brandstätter et Frantz Hubmann, « Die Lederhose », Kleine Kulturgeschichte des alpenländischen Beinfleids, Éditions Husum, 1996, 120 p. Relié, toilé. (ISBN 3-88042-762-3) (30 photos couleurs, 78 photos noir et blanc) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Alfred Anton Stadlbauer et Heinz Huther, « Messer und Besteck in der Lederhose », Vom Jagdt- und Gebrauchsgerät zum Modeaccessoire, Bezirk Oberbayern, 2005, 52 p. Relié. (Photos couleur et noir et blanc)

Sources et liens externes.[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]