Le Monde diplomatique

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Le Monde diplomatique
Image illustrative de l'article Le Monde diplomatique

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Format Berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro 5,40 €
Diffusion 142 104 ex. (2013)
Fondateur Hubert Beuve-Méry
Date de fondation 1er mai 1954 (60 ans)
Ville d’édition Paris

Directeur de la rédaction Serge Halimi
Rédacteur en chef Pierre Rimbert
ISSN 0026-9395
Site web Le Monde diplomatique

Le Monde diplomatique est un mensuel français d’information et d’opinion, fondé en mai 1954 par Hubert Beuve-Méry comme supplément au quotidien Le Monde.

En 2010, Le Monde SA détient encore 51 % du capital du Monde diplomatique mais ce dernier a une rédaction indépendante et est édité par une société distincte du Monde[1]. À ses débuts, il était destiné aux « cercles diplomatiques et aux grandes organisations internationales », créé sur l’initiative de François Honti, journaliste et ancien consul de Hongrie à Genève dans l'immédiat après-guerre ; le journal a pris une tendance altermondialiste à partir de 1973, sous la direction de Claude Julien.

C’est aujourd’hui une filiale rédactionnellement indépendante du groupe La Vie-Le Monde. En 2007, l’édition française tire à une moyenne de 240 000 exemplaires, tandis que le tirage de ses quarante éditions internationales en vingt-six langues s’élève à 2,4 millions d’exemplaires[2]. À ce titre, Le Monde diplomatique est le journal français le plus lu dans le monde[3][réf. insuffisante].

Le journal est couramment appelé « Le Diplo ».

Organisation[modifier | modifier le code]

Capital[modifier | modifier le code]

Autrefois simple supplément du quotidien, le « Diplo » a acquis progressivement son autonomie. À la suite de l'accession à la direction du Monde de Jean-Marie Colombani, il en devient en 1996 une filiale à hauteur de 51 %[4].

Le reste du capital est détenu par l'association des Amis du Monde diplomatique représentant les lecteurs (24,5 %), et par l'équipe rédactionnelle du journal (24,5 %) regroupée au sein de l'Association Günter-Holzmann, du nom d'un généreux donateur qui permit le lancement de cette opération. Ensemble, ces parts sont supérieures à la minorité de blocage (33,34 %) et confèrent au journal une relative indépendance politique vis-à-vis du groupe Le Monde. Par exemple, le directeur de la publication n'est éligible que sur proposition du personnel du journal.

Bien que l'indépendance économique du Monde diplomatique vis-à-vis du groupe Le Monde soit limitée, la ligne éditoriale du journal est devenue largement autonome de celle du quotidien depuis l'arrivée de Claude Julien à la direction de la rédaction en 1973. Par ailleurs, le « Diplo » affirme préserver sa ligne éditoriale vis-à-vis des pressions des annonceurs en limitant la part de ses revenus générée par la publicité. De fait, la part de revenu provenant de la publicité est limitée à 5 %, chiffre largement inférieur à la moyenne de la presse française, qui tire entre 40 et 50 % de son chiffre d’affaires de la publicité[5].

Une équipe de neuf journalistes permanents (en 2006) assure la rédaction d'une petite partie des articles, la majorité étant écrite par des journalistes indépendants ou des intellectuels (universitaires, écrivains) d'origines et de nationalités variées.

À partir de 1989, l'impression sur les nouvelles rotatives du Monde à Ivry et le passage au format berlinois ont permis d'introduire la couleur. À l'initiative de Claude Julien, le mensuel a dès lors illustré ses articles de reproductions d'œuvres d'art contemporaines, longtemps choisies par Solange Brand. Le 3 février 1995, Le Monde diplomatique est le premier journal français à avoir une édition en ligne. Hébergé par le Cyberport de l’INA, il propose alors les articles de l’année passée[6]. Depuis juillet 2002, le siège du journal se trouve au no 1, avenue Stéphen-Pichon dans le 13e arrondissement de Paris[7].

Le « Diplo » est présent au capital des éditions Cybermonde (33 % de l'édition en Espagne) et Le Monde diplomatique éditions arabes.

Une revue thématique bimestrielle appelée Manière de voir compile des articles parus dans le Monde diplomatique et des articles inédits écrits à l'occasion de la publication de cette revue. À rythme triennal, le « Diplo » publie également trois atlas, traitant respectivement de sujets d'ordre environnemental, géopolitique et historique. Fin octobre 2010, le Monde diplomatique a publié une édition hors série le Monde diplomatique en bande dessinée.

Le journal a la particularité d'avoir numérisé sur un unique DVD-rom accessible à l'achat l'ensemble des articles publiés : dans son édition en langue française (depuis sa fondation en 1954), allemande (idem depuis 1995), anglaise (idem depuis 1996), espagnole (idem depuis 1997), italienne (idem depuis 1997) et portugaise (idem depuis 1999). Il a pour principe professionnel de recouper ses informations.

Composition de la rédaction[modifier | modifier le code]

Le directoire a été renouvelé avec effet au 1er janvier 2008.

Ignacio Ramonet, ancien directeur de la rédaction, a quitté son poste en même temps que Bernard Cassen, et a été remplacé par Serge Halimi.

Éditions internationales[modifier | modifier le code]

En février 2009, Le Monde diplomatique était publié en 26 langues, dont l'espéranto, à travers 72 éditions internationales, dont 46 imprimées (avec un tirage total de 2,4 millions d’exemplaires) et 26 électroniques[8], qui couvrent l'essentiel de l'Europe, de l'Amérique du Sud et du monde arabe[9] avec, entre autres, une édition palestinienne. En février 2013, 47 éditions internationales en 28 langues[10].

Dès les années 1975, deux éditions sont apparues au Portugal et en Grèce, suivies dans les années 1980 par une édition en espagnol et une édition en arabe. À la fin des années 1990, le mouvement se développe : allemand et italien depuis 1995, édition Cône sud en Amérique du Sud, puis grec. Le mouvement s'amplifie avec le russe, le polonais, l'hindi, le coréen, etc. Aux versions imprimées s'ajoutent de nouvelles éditions électroniques (farsi, japonais, catalan, espéranto, etc.). Les éditions étrangères prennent différentes formes : mensuel, supplément mensuel ou hebdomadaire d'un autre titre de presse, trimestriel, etc. À la simple traduction des articles de l'édition française s'ajoutent jusqu'à 20 % d'articles rédigées par l'édition locale. L'édition anglophone est née en 1999 d'un partenariat avec The Guardian Weekly. Les éditions en arabe sont maintenant réalisées à Paris par une filiale partenaire de A Concept Mahfoum[11].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Le Monde diplomatique traite d'une grande variété de sujets :

La ligne éditoriale du journal, en raison de son caractère nettement engagé en faveur d'une gauche de rupture avec le capitalisme, lui vaut de virulentes critiques. Certains détracteurs lui reprochent, par exemple, des positions qualifiées de « propalestiniennes » et d'« antisémites », ou encore des articles jugés favorables à Fidel Castro ou Hugo Chávez. Mais à l'inverse, l'américain Edward Herman qualifie Le Monde diplomatique de « média dissident » et le considère comme « probablement le meilleur journal au monde »[28].

Critique du néolibéralisme[modifier | modifier le code]

Jadis tenant d'une ligne éditoriale tiers-mondiste, caractérisée dans les années 1960 par l'intérêt porté aux nouveaux États nés de la décolonisation, le journal se veut critique de tout impérialisme, entre autres américain. Depuis la fin de la guerre froide, le journal s'est rapproché du mouvement alter-mondialisation, se faisant l'un des hérauts de la critique de la mondialisation « néo-libérale ». Il a ainsi soutenu la lutte des zapatistes, mouvement de guérilla mexicaine s'étant soulevé le 1er janvier 1994, le jour même de l'entrée en vigueur de l'ALENA (Accord de Libre-Échange d'Amérique du Nord), entre autres en publiant des articles du sous-commandant Marcos[29].

L'éditorial célèbre d'Ignacio Ramonet, publié en 1995, a ainsi mis en circulation le terme de « pensée unique » pour critiquer le dogme néolibéral[30]. Ainsi, Ignacio Ramonet pouvait écrire :

« À cet égard, la Chine constitue un cas d’école et anticipe sur la question qui se posera demain à propos de l’Inde, du Brésil, de la Russie ou de l’Afrique du Sud : comment arracher des milliards de personnes à la détresse du sous-développement sans les plonger dans un modèle productiviste et de consommation « à l’occidentale », néfaste pour la planète et mortel pour l’ensemble de l’humanité ? »[31]

La rédaction a pris une part active dans l'émergence, en France, du mouvement altermondialiste. Ainsi, c'est à la suite de la parution d'un éditorial écrit par Ignacio Ramonet en décembre 1997 que fut créée l'association ATTAC[32]. Le journal a relayé des campagnes d'ATTAC (par exemple contre les paradis fiscaux et le secret bancaire[33]). Il est également à l'initiative et membre fondateur de l'Observatoire français des médias, créé à la suite du Forum social mondial de Porto Alegre en 2002. Adepte des grandes enquêtes, le journal s'est montré très critique envers les nouvelles stratégies boursières sacrifiant l'emploi à la rentabilité et le Théorème de Schmidt voulant que l'emploi dépende de la rentabilité des entreprises.

Le Monde diplomatique entretient un rapport ambigu avec la philosophie de Toni Negri et Michael Hardt et leur concept « d'Empire » néolibéral qui englobe non seulement les États-Unis ou la Triade (États-Unis, Union européenne, Japon) mais aussi l'ensemble des institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OMC, etc.). Si le philosophe de la Gauche radicale italienne a pu présenter sa pensée dans les colonnes du Diplo[34] et a été invité à prendre la parole à l'occasion de la célébration des 50 ans du journal[35], il a été critiqué par André Bellon au nom de la défense des États comme « expression de la souveraineté populaire»[36]. Le Monde diplomatique publie aussi régulièrement des articles critiquant l'oligarchie française ou l'« hyperbourgeoisie » mondiale[37]. Certains articles dénoncent un (supposé) peu d'empressement de la COB (Commission des opérations de bourse) à signaler à la justice les opérations douteuses[38], ou bien les façons multiples qu'ont certains milliardaires (dont François Pinault[38]) d'éviter de payer l'impôt sur le revenu.

C'est dans son édition de février 2007, dans un article de Frédéric Lordon, que l'idée d'un impôt innovant appelé SLAM est née.

Critique de l'impérialisme américain[modifier | modifier le code]

La ligne anti-impérialisme américain se développe tout naturellement en Amérique du Sud, champ privilégié de l'influence américaine. Le journal défend Castro et Chavez, quitte à prêter le flanc à une critique l'accusant de complaisance excessive. Le journal désapprouve les violations des droits de l'homme à Cuba, mais il les relativise (par rapport à d'autres pays), les explique et les justifie par les pressions américaine et le « blocus »[39] américain sur Cuba.

Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, accusa la rédaction du Monde diplomatique, et Ignacio Ramonet en particulier, d'une amitié avec les dirigeants Fidel Castro et Hugo Chávez[40]. Bernard-Henri Lévy dénonce lui aussi une position qui serait, selon lui, modérée vis-à-vis du régime communiste de Fidel Castro à Cuba[réf. nécessaire].

Au sujet de ces accusations, Ignacio Ramonet dénonce un « anticastrisme primaire » et répond en avril 2002 :

« Sur le plan des libertés [à Cuba], les choses sont loin d'être satisfaisantes, comme Le Monde diplomatique n'a pas manqué de le signaler. Et le dernier rapport d'Amnesty International sur Cuba constate qu'"au moins treize personnes considérées par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion se trouvaient derrière les barreaux à la fin de l’année 2000". C'est grave [...] mais c'est loin d'être le « goulag » annoncé. Le rapport ne signale ni torture, ni "disparition", ni assassinat. Pas un cas. Alors que dans des "démocraties" toutes proches — Guatemala, Honduras, Haïti, voire au Mexique ou au Brésil — des syndicalistes, des opposants, des journalistes, des prêtres, des maires continuent d'être assassinés... »[41].

Il est par ailleurs arrivé à plusieurs reprises au Monde diplomatique de critiquer la politique cubaine[42].

Critique de la société sécuritaire[modifier | modifier le code]

Le journal critique la « pression sécuritaire », notamment celle qui pèse sur les « jeunes issus de l'immigration » en France [43], et plus généralement dans le monde celle dont les attentats du 11 septembre 2001 a été l'occasion au motif de l'antiterrorisme [44].

Sans nuance quand il s'agit de la France ou des États-Unis, cette ligne éditoriale s'adapte aux autres conceptions du journal quand c'est nécessaire, notamment lorsqu'il voit dans l'« impérialisme américain » ou « néo-libéral » la vraie cause profonde du problème[45].

Regard critique sur l'Histoire[modifier | modifier le code]

Le mensuel se veut engagé dans la lutte contre le révisionnisme historique, notamment pour rappeler les réalités du génocide des Juifs européens, les massacres ou déshumanisations liés au colonialisme (massacre du 17 octobre 1961), critiquer les zoos humains[46] ou la façon dont l'État français gère les archives[47]. Le journal a aussi donné une tribune à l'historienne Annie Lacroix-Riz[48] qui critique l'interprétation de l'Holodomor[49].

En septembre 2014, le Monde diplomatique a édité un « anti-manuel d'histoire ». Ce manuel vise explicitement a réhabiliter le rôle des prises de conscience collectives des peuples dans la fabrication de leur histoire. Il critique dès lors l'importance donnée en ce domaine aux grands personnages par les médias spécialisés[50].

Critique de la politique israélienne[modifier | modifier le code]

Au sujet du conflit israélo-palestinien, le Monde diplomatique a adopté une ligne très critique à l'égard de la politique de l'État d'Israël. En particulier, le journal reproche à ce dernier de ne pas avoir respecté les différentes résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'ONU depuis 1947 ainsi que sa politique de peuplement des territoires palestiniens occupés.

Il ouvre régulièrement ses colonnes à des personnalités pro-palestiniennes, comme le journaliste Michel Warschawski, la cinéaste Simone Bitton, le médecin et ancien président de Médecins sans frontières Rony Brauman, le journaliste Uri Avnery et l'historien post-sioniste Ilan Pappé. Le Monde diplomatique donne également la parole à plusieurs tendances de la gauche israélienne : Amram Mitzna ou Yossi Beilin du Parti travailliste israélien mais aussi à des intellectuels palestiniens : Edward Saïd, Mahmoud Darwich ou Fayçal Husseini.

Une étude de Samuel Ghiles-Meilhac, parue en 2006, retrace l'histoire du Monde diplomatique et de ses prises de position, en particulier à l'égard du Moyen-Orient[51]. Samuel Ghiles-Meilhac rappelle qu’en 1954 le « Journal des cercles consulaires et diplomatiques », mensuel au service des diplomates, était favorable à Israël, de même que le Ministère des Affaires étrangères. Mais tout comme le Ministère des Affaires étrangères après la guerre des Six Jours, le journal a changé après 1967. Sous la direction de Claude Julien, il est devenu, selon Samuel Ghiles-Meilhac, un journal de la gauche radicale, « se revendiquant engagé et militant, caution intellectuelle de la gauche tiers-mondiste, élément central du mouvement français de solidarité avec les Palestiniens ». D'après Samuel Ghiles-Meilhac, beaucoup de collaborateurs du journal sont engagés dans le soutien de la cause palestinienne : Amnon Kapeliouk, Joseph Algazy, Michel Warchawski, Samir Kassir, Éric Rouleau, Edward Saïd, Étienne Balibar, Alain Gresh, Dominique Vidal et Serge Halimi.

La position du Monde diplomatique sur le conflit israélo-palestinien est vue par Alexandre Del Valle comme une accusation à l'égard d'Israël[52] d'être l'unique responsable des problèmes d'une paix qui tarde à venir. L'auteur fait le reproche au journal de partager les vues pro-palestiniennes d'un certain nombre de personnalités qui interviennent régulièrement dans ses colonnes, comme le journaliste Michel Warschawski, la cinéaste Simone Bitton, le médecin et ancien président de Médecins sans frontières Rony Brauman, le journaliste Uri Avnery et l'historien post-sioniste Ilan Pappé.

Au sujet du sionisme, Alain Finkielkraut a émis une critique virulente, écrivant que :

« Pour Le Monde diplomatique et pour Télérama, tous les sionistes sont des chiens, presque tous les Juifs sont des sionistes et donc des chiens, sauf Rony Brauman, ce juif qui sauve l’honneur[53]. »

Dans un éditorial publié sur le site du journal, Dominique Vidal précise clairement la position du Monde diplomatique à l'égard du sionisme :

« Le Monde diplomatique considère le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël comme une des conditions sine qua non d’une paix juste et durable au Proche-Orient[54] ».

Concernant l'antisémitisme, le magazine de la communauté juive L'Arche a dénoncé l'attitude de l'association Les Amis du Monde diplomatique pour son soutien au livre d'Alain Ménargues, Le Mur de Sharon, que L'Arche juge antisémite[55]. Le rédacteur en chef de L'Arche, Méir Waïntrater, reprochait le silence de Dominique Vidal depuis la sortie du livre.

Dominique Vidal a dénoncé en juillet 2005, dans les colonnes du Monde diplomatique, les passages du livre reprenant des thèmes jugés antisémites par L'Arche[56], écrivant que :

« caractéristiques de la propagande antisémite, ces thèses essentialistes – que nous rejetons s’agissant de l’islam comme du christianisme – sont aussi absurdes que dangereuses[57] ».

Alain Ménargues a dénoncé ce qu'il considère comme :

« la technique classique de l’amalgame et du syllogisme hasardeux, utilisée par L’Arche dans son cas comme pour tous ceux qui critiquent la politique israélienne d’Edgar Morin en passant par Pascal Boniface et Daniel Mermet. Une technique — décrite par l’avocat Guillaume Weil-Raynal dans son livre Une Haine imaginaire (éditions Armand Colin, 2005) — qui consiste à l’utilisation systématique de l’antisémitisme pour interrompre toutes critiques réelles et sérieuses de la politique israélienne.[réf. nécessaire] ».

Il a dit s'étonner qu'un mensuel qui se veut ouvert au débat comme le Monde diplomatique cède à ce qu'il juge être des « pressions injustifiées ».

Ces accusations, reprises par la rédaction, ont eu pour effet :

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

Désaccords au sein de la rédaction[modifier | modifier le code]

Fin 2005, des désaccords apparaissent au sein de l'association ATTAC, recoupant ceux au sein du Monde diplomatique. Les divergences entre Bernard Cassen, Jacques Nikonoff, Ignacio Ramonet et Maurice Lemoine d'une part, Dominique Vidal et Alain Gresh d'autre part, amènent ces derniers à démissionner en janvier 2006 de leur poste de directeurs de rédaction du Monde diplomatique, restant membres de la rédaction comme journalistes.

Le quotidien Libération estime que :

« Alain Gresh et Dominique Vidal se situent dans un courant de « gauche internationaliste » qui s'oppose à une mouvance chevènementiste ou « nationale-républicaine », où l'on retrouve, avec des nuances, Bernard Cassen et le nouveau rédacteur en chef, Maurice Lemoine »[58]

Toujours selon Libération, les tensions viennent notamment de divergences sur la question de la laïcité et du voile, la position de Ignacio Ramonet au sujet du régime cubain et de désaccords au sujet des FARC colombiens.

Polémiques sur la publicité[modifier | modifier le code]

Des critiques quant à l'apparition d'annonces publicitaires dans le journal émanent parfois d'une partie des lecteurs[59],[60]. Le plus souvent, les reproches concernent des publicités pour des activités dont le journal, par ailleurs, critique le mode de fonctionnement. Par exemple les complémentaires santé, les services bancaires ou les produits pharmaceutiques. Ils estiment que ces annonces pourraient affecter la ligne éditoriale et, en particulier, limiter la liberté d'expression sur les thèmes en question.

Deux campagnes publicitaires ont notamment rencontré un flot important de critiques[59]. En novembre et décembre 2003, des annonces publicitaires pour IBM et pour Renault occupèrent deux pages complètes. Dans les éditions de février et mars 2004 apparurent des annonces de Microsoft, pourfendeur du logiciel libre, alors même que le mensuel avait publié des articles favorables aux logiciels libres et qu'il les utilise pour son site internet (SPIP).

En réponse à ces critiques, l'équipe éditoriale apporte les éléments suivants :

  • elle affirme ne pas contrôler le contenu des annonces, qui est décidé par une régie publicitaire (ces annonces publicitaires étant, dans les journaux, l'objet du groupe publicitaire disposant de pages) ;
  • Le Monde Diplomatique veille à ce que les recettes publicitaires n'excèdent pas 5 % de son chiffre d'affaires (la moyenne de la presse généraliste étant plus proche de 40 %)[60].
  • la double page centrale et la dernière page ne sont plus proposées aux annonceurs (depuis mai 2002)[60].

Le journal a également publié des articles critiques sur la publicité[61].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Voici la diffusion du Monde diplomatique, selon les données de l'OJD[62].

Année 2009 2010 2011 2012 2013
Diffusion France payée 123 927 123 753 117 956 111 622 112 850
Diffusion totale 163 703 159 903 152 650 144 000 142 104

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Halimi, « Le Monde » et nous,‎ 2010 : « Le Monde détient 51 % du Monde diplomatique. Notre mensuel est cependant édité par une société distincte de celle du quotidien ; son directeur est élu pour six ans sur proposition de l’ensemble des salariés du journal »
  2. « Éditions internationales » sur le site du Monde diplomatique.
  3. « Réponses diplomatiques », Le Monde diplomatique, 25 avril 2014
  4. « Qui sommes-nous? », Le Monde diplomatique.
  5. Entre 39,5 % et 47,52 % selon les années, d’après l’Insee. Insee Chiffre d’affaires et tirage de la presse de 1985 à 2008, consulté le 26 mai 2010
  6. Jean-Noël Jeanneney, « "Le Monde diplomatique" ouvre le bal sur la Toile », L’Histoire, no 374, avril 2012, p. 86
  7. Stephen Pichon par Ignacio Ramonet dans le Monde diplomatique de février 2003
  8. Pour des données actualisées, voir « Éditions internationales »
  9. Dominique Vidal, « L'internationale du Diplo », Le Monde diplomatique, novembre 2006, p. 27.
  10. http://www.monde-diplomatique.fr/int/
  11. Archives des éditions arabes
  12. Jean-Christophe Servant, « Affrontements très politiques au Kenya », Le Monde diplomatique, février 2008.
  13. Hervé Do Alto et Franck Poupeau, « « Révolution hors la révolution » en Bolivie », Le Monde diplomatique, février 2008.
  14. Olivier Zajec, « Subtile partie d’échecs entre Moscou et Washington », Le Monde diplomatique, avril 2008.
  15. Dominique Baillard, « Comment le marché mondial des céréales s’est emballé », Le Monde diplomatique, mai 2008.
  16. Renaud Lambert, « Carlos Slim, tout l’or du Mexique », Le Monde diplomatique, avril 2008.
  17. Ibrahim Warde, « Des « fonds souverains » au chevet des multinationales », Le Monde diplomatique, mai 2008.
  18. Violaine Lucas et Barbara Vilain, « Le meilleur de l’Europe pour les femmes », Le Monde diplomatique, mai 2008.
  19. Jean-Louis Rocca, « Quand la Chine redécouvre la question sociale », Le Monde diplomatique, mai 2007.
  20. Assane Fall-Diop, « Batailles pour la protection sociale en Afrique », Le Monde diplomatique, mai 2006.
  21. Jean-Philippe Beja, « La mégalomanie en action pour maîtriser le Yangtsé », Le Monde diplomatique, juin 1996.
  22. Alison Katz, « Les dossiers enterrés de Tchernobyl », Le Monde diplomatique, mars 2008.
  23. Sylvain Desmille, « La vague aléatoire de la musique techno », Le Monde diplomatique, février 1999.
  24. Barbara Epstein, « KPFA, la radio californienne qui résiste », Le Monde diplomatique, octobre 1999.
  25. Jean-Claude Sergeant, « Qui veut en finir avec le modèle de la BBC ? », Le Monde diplomatique, juillet 2008.
  26. Thomas Boothe et Danielle Follett, « « Democracy now » donne sa voix à la gauche américaine », Le Monde diplomatique, janvier 2008.
  27. Marie Bénilde, « Prédateurs de presse et marchands d’influence », Le Monde diplomatique, août 2007.
  28. « Propaganda in the Free Press », entretien avec Edward Herman, Z Magazine, 3 mai 2003.
  29. Sous-commandant Marcos, « Le fascisme libéral », Le Monde diplomatique, août 2000.
  30. Ignacio Ramonet, « La pensée unique », éditorial du Monde diplomatique en 1995.
  31. Ignacio Ramonet, « Chine, mégapuissance », Le Monde diplomatique, août 2004.
  32. « Le Monde diplomatique et ATTAC », Le Monde diplomatique, septembre 2006.
  33. Jean Ziegler, « Mort programmée du secret bancaire suisse », Le Monde diplomatique, février 2001.
  34. Toni Negri, «L’« Empire», stade suprême de l’impérialisme», Le Monde diplomatique, janvier 2001.
  35. Dominique Vidal, «Cinquante voix de la résistance», Le Monde diplomatique, juin 2004
  36. André Bellon, « Dieu créa la mondialisation... », Le Monde diplomatique, novembre 2004
  37. Denis Duclos, « Naissance de l’hyperbourgeoisie », Le Monde diplomatique, août 1998.
  38. a et b Olivier Toscer, « Argent public, fortunes privées », Le Monde diplomatique, décembre 2003.
  39. le journal utilise la traduction du terme cubain "el bloqueo", comme l'a parfois fait l'ONU, le terme généralement utilisé étant par ailleurs "embargo".
  40. Deux de ses éditoriaux ont été critiqués par l'association Acrimed : « Quand Philippe Val, analyste "complexe", prétend soutenir Ingrid Betancourt » et « Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias ».
  41. Ignacio Ramonet, « Anticastrisme primaire », Le Monde diplomatique, avril 2002.
  42. On a ainsi pu lire : « Au début du mois d’avril 2003, […] le monde apprenait les peines inacceptables prononcées à La Havane contre des opposants non violents. » (Gianni Minà, « Cuba, le syndrome de l’île assiégée », Le Monde diplomatique, juin 2003).
    voir aussi : Janette Habel, « Cuba en quête d'un modèle socialiste renouvelé », Le Monde diplomatique, janvier 2009)
  43. Nedjma Bouakra, « Mineurs « dangereux » et juges « laxistes » », Le Monde Diplomatique, novembre 2006
  44. Ignacio Ramonet, « Antiterrorisme », Le Monde diplomatique, mars 2004.
  45. Maurice Lemoine, « Demain, Cuba... », Le Monde Diplomatique, septembre 2006.
  46. Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, « Ces zoos humains de la République coloniale », Le Monde diplomatique, août 2000.
  47. Claude Liauzu, « Les archives bâillonnées de la guerre d’Algérie », Le Monde diplomatique, février 1999. Claude Liauzu, « Manipulations de l’histoire », Le Monde diplomatique, avril 2007. Pascal Blanchard, « Manipulations de l’histoire », Le Monde diplomatique, mai 2007.
  48. http://www.monde-diplomatique.fr/recherche?s=annie+lacroix+riz
  49. http://www.historiographie.info/arch/holodomor08.pdf
  50. [1]
  51. Samuel Ghiles-Meilhac, Le Monde diplomatique et Israël, 1954-2005. Histoire moderne de l’État juif à travers un journal français de référence, Éd. Le Manuscrit, 2006.
  52. Alexandre Del Valle « La convergence des totalitarismes, ou les nouveaux visages rouge-bruns-verts de l'antisémitisme  », Blog d'Alexandre del Valle, 5 septembre 2002.
  53. « La querelle Finkielkraut-Brauman », Le Point, 3 octobre 2003.
  54. Dominique Vidal, « Quand Jean-Christophe Rufin prône le délit d’opinion », Le Monde diplomatique, 21 octobre 2004.
  55. « Quand les Amis du Monde diplomatique font la promotion d’un livre antisémite », L’Arche, n°565, mai 2005.
  56. « L’affaire Ménargues (suite) », L’Arche, n° 561, janvier 2005.
  57. Dominique Vidal, « Le Mur de Sharon », Le Monde diplomatique, juillet 2005.
  58. Olivier Costemalle, « Attac diplomatique à la direction du Monde diplo », Libération, 7 janvier 2006.
  59. a et b « Le Monde Diplomatique, publicitaire des multinationales ? », sur Acrimed
  60. a, b et c « À propos de la publicité », Le Monde Diplomatique, mars 2002
  61. Par exemple : Marie Bénilde, « On achète bien les cerveaux. La publicité et les médias », juillet 2007 ; id., « Scanner les cerveaux pour mieux vendre », novembre 2007 ; « Télévision sans frontières, publicité sans limites », 19 décembre 2005.
  62. « Diffusion du Monde diplomatique », sur ojd.com (consulté le 11 avril 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • «  Le Monde Diplomatique passé au crible » in Histoire et Liberté no 44, Calmann-Lévy, 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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