Le Licite et l'Illicite en Islam

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Le licite et l'illicite en islam (en arabe al-halal wa al-haram fil-islam), est un ouvrage de référence islamique écrit en 1960 par Youssef al-Qaradâwî (sunnite) et annoté par Allamah Shaikh Hasan Muhammad Taqi al-Jawahiri (chiite).

L'auteur fait un tour d'horizon détaillé de la jurisprudence islamique actuelle au sujet du licite (halal) et de l'illicite (haram) et s'attache à donner les points de vue des deux principaux courant de l'islam.

Présentation[modifier | modifier le code]

Motivations[modifier | modifier le code]

L'ouvrage a été écrit aux alentours de 1960 à la demande de l'Institut général de la Culture islamique de l'université al-Azhar. Les motivations étaient de fournir des « livres compréhensibles » présentant l'islam et ses enseignements aux musulmans vivant aux États-Unis et en Europe, notamment en le comparant aux autres religions. Le but était également d'attirer des non-musulmans à l'islam[1];

L'auteur annonce placer son travail à un niveau intermédiaire entre les deux visions du licite et de l'illicite à l'époque dans le monde islamique : celle de ceux qui « vénèrent » l'occident, et pour qui tout est permis et ceux qui sont « gelés dans leurs opinions », pour qui tout est interdit, qui refusent de comparer leur point de vue à celui d'autrui et qui « oublient (...) que l'usage du mot haram [ne doit s'appliquer] qu'à ce qui est explicitement interdit. »[1]. L'auteur est toutefois qualifié d'ultrafondamentaliste par l'Express, et a été déclaré persona non grata sur le territoire français en mars 2012[2]

L'auteur espère que le livre « comblera [un] vide de la bibliothèque du musulman contemporain [et] qu'il résoudra de nombreux problèmes qu'il rencontre dans sa vie personnelle, familiale et sociale. »[1]

Sommaire[modifier | modifier le code]

Dans le premier chapitre, Qaradwi présente les principes islamiques qui concernent le licite (halal) et l'illicite (haram) en une dizaine de sections d'une cinquantaine de lignes chacune. Il s'y réfère régulièrement à des sourates et compare les préceptes de l'islam à ceux des autres religions (brahmanisme, christianisme et judaïsme)[3].

Dans les 3 chapitres suivants, Qaradwi aborde respectivement les sujets de la « vie privée du musulman[4]. », du « mariage et de la vie familiale[5] » et enfin de la « vie de tous les jours[6] »[7].

En conclusion, (...)[8].

La dernière phrase de l'ouvrage est une louage à Allah :

« Toute l'éloge est pour Allah Subhanahu wa Ta'ala, Qui nous a guidés à ceci. Ne nous aurait-Il pas donné la direction que nous n'aurions pas trouvé la voie[9] »

— (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Concluding Remarks ».

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Non-musulmans résidant dans un pays islamique[modifier | modifier le code]

Les non-musulmans vivant dans un État islamique, n'ont pas les mêmes droits que les musulmans (dhimmitude)[10]

Critiques de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Avis du relecteur : Sheikh Ahmad Zaki Hammad[modifier | modifier le code]

Le cheikh Ahmad Zaki Hammad considère que Youssef al-Qaradawi a réussi « à rassembler et à résumer » les points essentiels des « références islamiques anciennes et contemporaines » dont a besoin le musulman pour faire face aux évolutions du monde moderne.

Il souligne toutefois que l'ouvrage ne peut pas répondre à tous les questionnements du musulman qui vit dans le monde occidental. Il invite d'autres savants, qui connaissent la culture occidentale, à compléter le travail d'al-Qaradawi et à montrer la « capacité de l'islam, en tant que message final d'Allah à l'humanité, de rencontrer les nécessités de changements de la société humaine »[11].

Extraits polémiques[modifier | modifier le code]

Certains extraits de l'ouvrage sont particulièrement polémiques, notamment en Occident, en raison de leur incompatibilité avec les droits humains.

À tel point qu'il fut même interdit sur tout le territoire français par arrêté ministériel du 24 avril 1995, puis réautorisé[12].

Dans Questions à la Une, de la RTBF l'ouvrage est qualifié de « mode d'emploi du parfait islamiste »[13][réf. insuffisante].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne le thème de l'homosexualité, l'auteur se pose cette question : « Est-ce qu'on tue l'actif et le passif, par quels moyens les tuer, est-ce avec un sabre ou le feu ou on les jetant du haut d'un mur, cette sévérité qui semblerait inhumaine n'est qu'un moyen de débarrasser la société islamique de ces êtres nocifs qui conduisent à la perte de l'humanité »[14],[15].

Traitement de conflit dans le cercle familial[modifier | modifier le code]

Dans un passage sur le droit du divorce l'auteur explique comment de son point de vue l'homme doit réagir lorsque son épouse se rebelle contre son autorité au sein du cercle familial :

« après avoir tenté de rectifier de son mieux l'attitude de son épouse à l'aide de mots choisis, en usant de persuasion subtile et en raisonnant. En cas d'échec, il devra faire couche séparée, tachant ainsi d'éveiller son agréable nature féminine de façon à ce que la sérénité soit restaurée [...]. Si cette approche échoue, il lui est permis de la battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d'éviter le visage ou d'autres parties sensibles. En aucun cas il ne pourra user d'une canne (stick) ou d'aucun autre instrument pouvant causer de la douleur ou la blesser. En fait, cette "correction" (souligné dans le texte original) doit se conformer à celle dont a usé Mahomet, le prophète de l'islam, lorsqu'un jour, en colère contre un serviteur, il lui dit : "si ce n'était de crainte du Jour de la Résurrection (jugement dernier), je t'aurais battu avec ce miswak (écorce tendre d'arbuste servant à se nettoyer les dents) (rapporté par Ibn Sa'd dans son Tabaqat) »[16]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Introduction »
  2. Qui est ce prédicateur islamiste interdit de séjour? L'Express, 23 mars 2012
  3. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « The Islamic Principles pertaining to Halal and Haram »
  4. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « The Halal And The Haram In The Private Life of Muslim »
  5. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « The Halal And The Haram In Marriage And Family Life »
  6. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « The Halal And The Haram In The Daily Life of The Muslim »
  7. Voir la table des matières de l'ouvrage : (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Table of Index »
  8. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Concluding Remarks »
  9. Traduction libre de All praise is for Allah Subhanahu wa Ta'ala, Who guided us to this; had He not given us guidance, we would not have been guided.
  10. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « The Halal And The Haram In The Daily Life of The Muslim / Non-Muslim Residents of an Islamic State »
  11. Voir la note de relecture d'Ahmad Zaki Hammad : (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Table of Index / Reviewer's note »
  12. J.O n° 100 du 28 avril 1995 page 6577. NOR: INTD9500217Asource legifrance.gouv.fr
  13. Question à la une à la 53e minute et 53e seconde
  14. Divorce
  15. Question à la une à la 54e minute et 08e seconde RTBF
  16. (en) Youssef al-Qaradâwî, op. cit. (lire en ligne), « Rebelliousness and Strife » sur la résolution des problèmes conjugaux.