Le facteur sonne toujours deux fois (film, 1946)

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Le facteur sonne toujours deux fois

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Peinture par Jules Grandgagnage.

Titre original The Postman Always Rings Twice
Réalisation Tay Garnett
Scénario Harry Ruskin
Niven Busch
James M. Cain (roman)
Acteurs principaux
Sociétés de production Metro-Goldwyn-Mayer
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1946
Durée 113 minutes (1 h 53)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice) est un film américain de Tay Garnett sorti en 1946, d'après un roman éponyme de James M. Cain.

Le Dernier Tournant (1939) de Pierre Chenal, avec Michel Simon, est la première adaptation du même roman.

Un remake de ce film a été réalisé en 1981 par Bob Rafelson (voir comparaison des versions de 1946 et 1981). Une première version fut tournée par Luchino Visconti en 1946 également sous le titre "Ossessione"avec Carla Calamai et Massimo Girotti.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Lana Turner in The Postman Always Rings Twice trailer.jpg

Fin des années 1930, début des années 1940. Le vagabond Frank Chambers (John Garfield) se fait engager en tant que mécano-pompiste à une station essence le long de la côte en Californie (il y est déposé, après avoir fait du stop, par le voisin, qui est procureur). Son nouveau patron, Nick (Cecil Kellaway), un homme affable dans la cinquantaine, y est également propriétaire d'un restaurant-bar qui accueille les voyageurs de passage. Il est marié à la très belle et très jeune Cora (Lana Turner), qui semble ne pas travailler beaucoup et qui est cependant très ambitieuse.

Cora n'est tout d'abord pas enchantée que Frank reste travailler et vivre avec eux. Frank l'embrasse de force ce premier jour. Le temps passe et Cora et Frank deviennent amants. En l’absence de Nick, il lui demande une fois de s'en aller avec lui, ce qu’ils entreprennent. Sur la route, à pied, les choses s'avèrent plus désagréables que prévues et Cora décide de rentrer chez elle ; Frank la suit.

Un plan pour faire disparaître Nick est mis au point. Celui-ci sera assommé dans son bain, ce qui devra passer pour un accident. Le soir prévu, un court-circuit empêche le plan de se dérouler comme prévu et Nick, seulement assommé et ne se doutant de rien, passe sa convalescence à l'hôpital.

John Garfield in The Postman Always Rings Twice trailer.jpg

Frank quitte ensuite Cora et Nick, mais celui-ci, quelques semaines plus tard, tombe sur Frank par hasard et le ramène à la maison.

Nick annonce qu'il va vendre son commerce pour aller vivre, avec Cora, auprès de sa sœur malade. Cette décision n'enchante pas du tout Cora.

Un nouveau plan pour se débarrasser de Nick est élaboré. Alors qu'ils se rendent tous trois en voiture à une rencontre avec l'acheteur de la station, Nick, qui est saoul, est assommé. L’automobile est poussée dans un ravin mais Frank doit l'aider à dévaler la pente : il chute même avec celle-ci. Le procureur, qui avait des soupçons depuis l’affaire de la baignoire, les a suivis et arrive sur la scène de ce qu’il interprète comme un crime.

Nick est mort et Frank s'en sort avec des blessures. Lui et Cora sont jugés pour meurtre. Après que Frank, manipulé par le procureur, a dénoncé Cora, l'avocat de celle-ci organise une machination subtile où Cora signe des aveux et un arrangement est obtenu avec les compagnies d’assurances, celle sur la vie que Nick avait signée (que ni Cora ni Frank ne connaissaient mais qui s'avère un beau mobile pour le procureur) et celle qui devrait indemniser Frank en raison du tort physique subi dans la chute de la voiture. L’accusation du procureur est finalement modifiée et Cora et Frank sont libérés.

Cecil Kellaway in The Postman Always Rings Twice trailer.jpg

Ils retournent au restaurant mais le cœur n'y est plus puisque Frank a trahi Cora. Les affaires du restaurant se développent grâce à la renommée de leur propriétaire, la sulfureuse Cora. Enfin, pour faire taire les rumeurs, Cora et Frank se marient.

Cora part en déplacement car sa mère est très malade et meurt. Pendant ce temps, Frank, incorrigible, séduit une autre femme. Au retour de Cora, cette dernière et Frank sont victimes d'un chantage sur la base des aveux de Cora mais le maître chanteur se fait vite déborder et Cora et Frank reprennent possession du dangereux document.

Plus tard, Cora apprend que pendant son absence, Frank a séduit une autre femme. Elle s'en fâche et décide de quitter Frank. Mais ce dernier la retient et avoue son amour à Cora. Cora lui apprend qu'elle est enceinte. Toutefois, elle doit être sûre de quelque chose: elle emmène Frank à la plage où ils avaient été si heureux autrefois puis ils nagent en s'enfonçant dans la mer jusqu'à ce que Cora soit épuisée. Elle lui demande, s'il pense qu'elle ne pourra pas le reconquérir, de la laisser se noyer ici. Frank choisit de la ramener au rivage.

Le couple est alors heureux. En rentrant de la plage, Frank, trop occupé à embrasser Cora, ne regarde pas la route et ils ont un accident de voiture dans lequel Cora meurt.

Frank, qui, en tant que mari, hériterait de tous les biens de Cora, est accusé et condamné pour le meurtre de sa femme. Celle-ci a aussi laissé une lettre d'adieu avant son suicide manqué qui les accuse tous les deux du meurtre de Nick.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

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Autour du film[modifier | modifier le code]

Les adaptations du livre[modifier | modifier le code]

Interprétation du titre[modifier | modifier le code]

  • Le titre du livre, comme des deux films le portant, reste vague et matière à interprétation. James M. Cain lui-même a indiqué avoir choisi ce titre à la dernière minute, étonné qu'un éditeur lui octroie enfin un contrat, sans qu'il y ait un véritable sens à donner à la chose.
  • Cependant, dans le film de 1946, les scénaristes ont ajouté, à la fin du film, un Frank qui commente sa condamnation injuste pour le meurtre de Cora (qu'il n'a pas commis puisqu'il s'agit d'un accident de voiture, dans le pire des cas d'un homicide involontaire puisqu'il intervient en raison d'un comportement inconscient du conducteur, Frank, qui est en train d'embrasser Cora sans regarder la route!) mais qui accepte la sentence car il a tué Nick : « C'est tout à fait comme, oui comme lorsque vous attendez une lettre que vous avez hâte d'avoir, et vous êtes attentif dans la crainte de ne pas entendre sonner, mais le facteur sonne toujours deux fois, il a sonné deux fois pour Cora, il sonne deux fois pour moi aussi. À vrai dire vous l'entendez toujours sonner la seconde fois, même si vous êtes loin de la porte d'entrée.»

Les acteurs[modifier | modifier le code]

  • Lana Turner se passionna pour son rôle, visionnant avec soin les rushes et prenant des notes afin de s’imprégner de son personnage[1], elle déclara : « Il peut sembler étrange, avouait-elle, que je fasse de ce personnage de femme totalement mauvaise mon préféré. La vérité est que jouer une " mauvaise femme " permet au public d'apprécier le jeu de l'actrice qui l'interprète. Cora n'était pas une héroïne conventionnelle. Je crois que j'ai compris les raisons profondes qui lui faisaient rêver d'un lopin de terre sur les collines - ce qu'elle considérait comme le symbole de la respectabilité et de la sécurité - alors qu'en même temps elle accomplissait des actes qui lui interdisaient à tout jamais de parvenir à concrétiser ce souhait. »[2]
    Lana Turner reçut des mains de James M. Cain un exemplaire relié de son roman. L'écrivain lui révéla qu’il avait toujours pensé qu'elle serait une Cora parfaite[1].
  • « Quant à John Garfield, déclara Tay Garnett, c'était une trouvaille de distribution absolument parfaite et j'ai adoré travailler avec le gars. Il était simple, sans affectation : il était simplement merveilleux, mais il l'était naturellement. »[3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Regards sur le cinéma américain (1932-1963) - Patrick Brion – Éditions de La Martinière - –(ISBN 2-7324-2771-3)
  2. The Films of Lana Turner - Lou Valentino – Citadell Press – 1976 – New Jersey
  3. Tay Garnett - Regards sur le cinéma américain (1932-1963) - Patrick Brion – Éditions de La Martinière - –(ISBN 2-7324-2771-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]