Le bleu est une couleur chaude

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le bleu est une couleur chaude
One shot
Auteur Julie Maroh
Genre(s) Roman graphique

Thèmes Homosexualité
Personnages principaux Clémentine
Emma
Lieu de l’action France
Époque de l’action années 2000

Pays Drapeau de la France France
Langue originale français
Éditeur Glénat
Collection Hors collection
Première publication 2010
ISBN 978-2-7234-6783-4
Format couleurs, 225 x 320 mm
Nb. de pages 152 pages

Adaptations La Vie d'Adèle (film)

Le bleu est une couleur chaude est une bande dessinée française de Julie Maroh, publiée par Glénat en mars 2010[1]. Elle raconte une histoire d'amour entre deux femmes en France au tournant des années 2000. Abdellatif Kechiche l'a adaptée pour le cinéma en 2013 sous le titre La Vie d'Adèle, film qui a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 2013.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'intrigue se déroule en France au tournant du XXe et du XXIe siècle. À la mort de Clémentine, sa compagne Emma se rend chez les parents de la défunte, car Clémentine a demandé, dans ses dernières volontés, qu'Emma puisse avoir accès à son journal intime. Emma doit faire face à l'hostilité du père de Clémentine, tandis que la mère l'accueille plus aimablement. Le récit suit la lecture du journal de Clémentine par Emma : il retrace toute l'histoire de la relation entre les deux femmes, depuis l'adolescence de Clémentine et sa rencontre avec Emma jusqu'au moment de sa mort. Le journal de Clémentine commence alors qu'elle est au lycée. Elle fait la rencontre d'un garçon, élève en Terminale, et tous deux se plaisent ; mais peu après, Clémentine croise par hasard dans la rue une jeune fille aux cheveux bleus, au bras d'une autre femme. C'est le coup de foudre. Incapable d'oublier cette rencontre, Clémentine commence à avoir des doutes sur sa sexualité. En réaction, elle sort avec le lycéen, par soif de normalité. Mais six mois plus tard, Clémentine, incapable de passer à l'acte avec lui, finit par rompre. Alors qu'elle a le moral dans les chaussettes, elle est secourue par un de ses amis, Valentin. Elle lui avoue tout ; Valentin lui apprend qu'il est déjà sorti avec un garçon, et la discussion rassérène un peu Clémentine.

Quelque temps après, Valentin emmène Clémentine dans des bars gays ; pendant la soirée, à un moment où Valentin la délaisse un peu, la jeune fille entre dans un bar lesbien, et pour la deuxième fois elle rencontre la jeune fille aux cheveux bleus, toujours en couple avec une femme, Sabine. La jeune fille aux cheveux bleus vient lui parler et se présente : c'est Emma. Les deux jeunes filles restent en contact et deviennent amies, mais Clémentine est amoureuse d'Emma. Clémentine doit affronter des ragots et des propos homophobes de la part de certaines de ses camarades de classe. Quelque temps après, alors que la relation entre Emma et Sabine s'est nettement dégradée (entre autres parce que Sabine la trompe souvent), Clémentine finit par craquer et avoue ses sentiments à Emma, qui avoue à son tour être amoureuse d'elle. Les deux jeunes femmes entament alors une liaison. Sabine finit par le découvrir et se met en colère. Mais Emma n'ose pas encore quitter Sabine. Finalement, après une énième dispute, Emma trouve la force de rompre avec Sabine et se met en couple avec Clémentine. Une période heureuse commence... qui s'achève un soir, lorsque les deux jeunes femmes, qui passent la soirée ensemble chez Clémentine, sont prises sur le fait par ses parents, dont la réaction est violemment hostile : Clémentine est chassée de la maison en même temps qu'Emma.

Clémentine part s'installer chez les parents d'Emma, puis les deux femmes s'installent ensemble et vivent heureuses pendant un temps. Emma devient artiste, tandis que Clémentine devient enseignante dans le secondaire. Emma s'engage politiquement et prend part au militantisme LGBT, tandis que Clémentine préfère garder cet aspect d'elle-même dans la sphère privée. Clémentine a quelques problèmes de santé et entame un traitement. Un jour, Emma découvre que Clémentine l'a trompée avec un collègue : furieuse, elle rompt avec elle. Clémentine, réfugiée chez Valentin, sombre dans la dépression, et ses problèmes de santé s'aggravent. Valentin finit par organiser une rencontre et laisse les deux femmes seules sur une plage. Toujours amoureuses, elles se réconcilient. Mais Clémentine, rattrapée par ses problèmes de santé, a une attaque et se retrouve à l'hôpital, où Emma n'obtient d'abord pas le droit de la voir. Les parents de Clémentine, puis Emma, apprennent, consternés, qu'il est trop tard pour la soigner. Clémentine rédige les dernières pages de son journal à l'hôpital, et finit par mourir. En achevant la lecture du journal, Emma se souvient de la femme de sa vie, et garde l'espoir que leur histoire aura permis à l'amour, entre personnes de tous les sexes, de faire peu à peu son chemin.

Histoire éditoriale[modifier | modifier le code]

L'album reçoit le soutien de la Communauté française de Belgique[1].

Du 27 au 30 janvier 2011, cet album est mis à l'honneur lors du 38e festival international de la bande dessinée d'Angoulême, où il fait partie de la sélection officielle[2]. Au cours de cet évènement, Le bleu est une couleur chaude remporte le Prix du Public Fnac-SNCF.

Éditions et traductions[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Jeune Auteur au Salon de la BD et des Arts Graphiques de Roubaix 2010
  • Prix Conseil Régional au festival de Blois 2010[1]
  • Prix du Public Fnac-SNCF au Festival d'Angoulême 2011
  • Diplôme "Isidor" du site altersexualite.com[3]
  • Prix BD des lycéens de la Guadeloupe[4]
  • Prix du Meilleur album international lors du 4e Festival international de la BD d'Alger en 2011[5]

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Une adaptation cinématographique réalisée par Abdelatif Kechiche, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos dans les rôles principaux, est sortie en 2013 au cinéma[6] sous le nom La Vie d'Adèle. Le film a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 2013. Pour son exploitation dans les pays anglo-saxons, c'est le titre de l'ouvrage qui est traduit, devenant ainsi Blue Is the Warmest Color.

Critiques[modifier | modifier le code]

Dans le Nouvel Observateur (du 30 janvier 2014), Nina Bouraoui, interviewée à l'occasion du festival d'Angoulême a parlé en ces termes de cette bande dessinée : « Aucun pathos. Juste l'innocence, sublime innocence qui s'en est allée. C'est une grande histoire d'amour. Un amour qui serait comme une leçon. Un amour qu'il faudrait apprendre puis veiller, défendre, protéger. C'est l'histoire de la force aussi. Force pour accepter son homosexualité, force pour la vivre. Force contre l'ordre social, l'ordre familial, l'ordre à soi :il faut du courage pour se risquer à l'amour-brasier. »

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]